La plupart des pays qui aident ou proposent d’aider Cuba affirment que c’est pour des raisons purement humanitaires, car les mesures prises par Trump auront de graves répercussions sur la vie de tout le peuple cubain. Ils s’excusent ainsi pour ne pas être punis par le fou qui dirige le monde.

À cet égard, il faut comprendre la position du gouvernement mexicain, car son économie dépend dans une large mesure de l’empire du nord, les États-Unis étant son principal acheteur pour des raisons géographiques, puisqu’ils partagent plus de trois mille kilomètres de frontière commune. Cependant, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a souvent répété à Trump que le Mexique est un pays libre, indépendant et souverain, qui collabore avec les États-Unis, notamment en matière de sécurité et de lutte contre le trafic de drogue, mais qui ne se subordonne pas à eux.

Le lundi 9 février 2026, le Mexique a envoyé à Cuba deux navires transportant des marchandises que Cuba avait lui-même demandées, telles que du lait, de l’huile, des produits carnés, alimentaires et d’hygiène. Des milliers de tonnes de lait en poudre restent dans les ports mexicains et seront expédiées très prochainement. La présidente a également déclaré que le Mexique ne renonçait pas à envoyer du pétrole et ses dérivés. Nous verrons comment elle s’y prendra.

Le gouvernement mexicain a ouvertement condamné l’intervention américaine au Venezuela et le renforcement du blocus contre Cuba, désormais appliqué par voie maritime et terrestre afin d’empêcher non seulement l’arrivée de pétrole sur l’île, mais aussi celle de denrées alimentaires et de médicaments. Il est très clair qu’on veut les exterminer par la faim (comme c’est fait à Gaza) et paralyser tout le pays par manque de carburant : il n’y aura plus de transports, plus d’électricité, plus d’usines, plus d’hôpitaux, plus rien du tout. Cela a déjà commencé : ils l’ont dit eux-mêmes.

Les personnes qui connaissent Cuba et sa population savent qu’ils se défendront comme des fauves. L’histoire mondiale compte de nombreuses villes assiégées qui ont résisté héroïquement et triomphé.

Pour ne pas m’étendre, je ne citerai que le cas le plus connu, celui de Leningrad : Hitler avait ordonné d’assiéger la ville pour la faire mourir de faim. Le siège a commencé le 8 septembre 1941, lorsque les forces allemandes ont coupé la dernière liaison terrestre avec la ville pendant la Seconde Guerre mondiale. Le siège a duré 872 jours, jusqu’au 27 janvier 1944. La ville a subi des bombardements constants, un froid extrême et une pénurie de nourriture, de carburant et d’électricité. On estime que plus d’un million d’habitants sont morts, principalement de famine.

Le siège de Leningrad a pris fin le 27 janvier 1944 avec une victoire soviétique décisive après 872 jours de siège.

La population cubaine est capable de cela et bien plus encore.

Ils s’éclaireront à la bougie, cuisineront au bois, marcheront des dizaines de kilomètres parce qu’il n’y a plus de transports, mangeront des crapauds et des serpents.

Trump ne se rend pas compte de l’échec qui l’attend : ce sera la meilleure louange de ce que le socialisme bien compris peut faire.

Souvenons-nous de Playa Girón, la première défaite américaine en Amérique latine.

Eh bien, beaucoup d’entre nous qui soutenons ou aimerions soutenir Cuba le faisons essentiellement pour des raisons politiques, et pas seulement humanitaires.

Les raisons politiques sont simplement que nous croyons au socialisme, et Cuba est l’un des rares pays socialistes à avoir survécu à la chute de l’URSS et de tous les pays du système politique d’Europe de l’Est.

Tout cela n’était pas la faute de Gorbatchev, comme on l’a toujours dit, mais celle de Staline, qui, à son époque, s’était consacré à éliminer toute la vieille garde bolchevique, avait fait assassiner Trotsky au Mexique et ses descendants où qu’ils se trouvaient, et avait même supprimé de nombreux anciens militaires qui pouvaient lui faire de l’ombre. Et finalement, il a dû conclure le sinistre pacte Molotov-Von Ribbentrop, qui n’a servi à rien. Ce sont les courageux peuples russes qui ont gagné la guerre contre les nazis, comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises.

Le socialisme n’est pas tombé en Europe parce qu’il était mauvais, mais parce qu’il n’était pas un véritable socialisme.

Le socialisme authentique doit être le gouvernement du peuple, ce qui permet de créer une conscience de solidarité, de respect pour la communauté et pour l’autre, le désir d’une vie plus simple et l’amour de la nature. Non pas parce que les êtres humains sont toujours bons, généreux et créatifs, mais parce que ce sera la seule façon de survivre dans ce nouveau monde que nous devons construire.

 

Traduction : Evelyn Tischer