À l’approche de l’année 2026, les traditionnels vœux de bonne année envahissent l’espace public. Mais pour des dizaines de milliers de personnes sans-papiers vivant en France, l’horizon reste marqué par l’incertitude. Derrière les statistiques et les discours politiques, il y a des femmes et des hommes qui travaillent, paient des loyers, élèvent des enfants et participent pleinement à la vie économique et sociale du pays, sans pour autant être reconnus par l’administration.

L’un d’eux accepte de témoigner anonymement.

Vivre dans la peur permanente

Arrivé en France il y a plusieurs années, il s’est inséré progressivement dans la société. Il parle français, travaille régulièrement, souvent avec des horaires pénibles et des salaires modestes. Pourtant, chaque déplacement est accompagné d’une peur silencieuse. « Le simple fait de prendre le métro, d’aller travailler ou d’emmener mes enfants à l’école peut devenir une source d’angoisse. Un contrôle peut tout faire basculer. »

Pour 2026, son premier vœu est simple : ne plus vivre caché. La régularisation représenterait bien plus qu’un document administratif. Elle serait la fin d’une vie marquée par l’instabilité, les abus et la peur.

Travailler sans être exploité

Dans de nombreux secteurs dits « en tension », les personnes sans-papiers occupent des postes essentiels. Faute de statut légal, elles sont souvent confrontées à des conditions de travail difficiles : heures supplémentaires non payées, absence de contrat, licenciements abusifs.

« Je travaille dur, parfois plus que les autres, mais je n’ai aucune protection. Si je tombe malade ou si mon employeur décide de ne plus me payer, je n’ai aucun recours. »

Pour 2026, il souhaite pouvoir travailler légalement, cotiser, déclarer ses revenus et bénéficier des mêmes droits et devoirs que tout travailleur. « Je ne veux pas rester dans l’illégalité. Je veux contribuer normalement. »

Accéder aux droits fondamentaux

Sans titre de séjour, l’accès aux droits reste partiel et fragile. Se loger devient un parcours d’obstacles, se soigner peut devenir un risque, ouvrir un compte bancaire relève parfois de l’impossible.

« On survit, mais on ne vit pas vraiment. On dépend toujours de quelqu’un : un ami, une association, un employeur. »

Son vœu pour 2026 est celui de l’autonomie : pouvoir louer un logement à son nom, se soigner sans crainte, faire des démarches administratives sans avoir peur d’être dénoncé.

Reconstruire l’avenir et la dignité

Au-delà des aspects matériels, c’est la question de la dignité qui est en jeu. « Être sans-papiers, c’est souvent être réduit à un numéro de dossier ou à un problème politique. Mais nous sommes des êtres humains avec des projets. »

Il rêve d’une vie stable : suivre une formation, évoluer professionnellement, fonder une famille ou offrir un avenir meilleur à ses enfants. Pour lui, la France n’est pas un pays de passage, mais un pays d’ancrage.

Un appel à l’humanité et à la responsabilité politique

À travers ses vœux pour 2026, ce témoignage s’adresse aussi aux responsables politiques. « Je demande qu’on regarde nos parcours avec humanité. Les lois doivent protéger, pas condamner à l’invisibilité. »

Dans un contexte de durcissement des politiques migratoires, il appelle à une approche plus juste, fondée sur la réalité du terrain et la reconnaissance des contributions des personnes sans-papiers à la société française.

Un vœu universel

En 2026, cette personne sans-papiers ne demande ni privilège ni traitement de faveur. Son vœu est universel : vivre en sécurité, travailler honnêtement et être reconnu.

Un souhait qui, au fond, rejoint celui de millions d’autres : celui d’une société plus juste, où personne n’est condamné à vivre dans l’ombre.