À compter du 1er janvier 2026, les protections menstruelles seront nettement moins chères en Autriche. La raison : la taxe sur les tampons est totalement supprimée. Concrètement, la TVA de 10 % qui s’appliquait auparavant aux serviettes hygiéniques, tampons et autres protections périodiques ne sera plus en vigueur – une mesure que beaucoup jugent attendue depuis longtemps. [NdE : Évolution en France : avant 2016, taux 20% (« biens de confort »). 2016-2023 : 5,5% (première nécessité). Fin 2023 : taux 0% (biens de santé essentiels)].

« Une taxe imposée uniquement aux personnes menstruées est injuste », déclare Maria Mayrhofer , directrice générale de #aufstehn. Raison de plus pour se réjouir de la disparition de cette taxe. Cette organisation à but non lucratif est à l’origine de la campagne « À bas la taxe sur les tampons », qui a déjà permis une première réduction de 20 % à 10 % en 2021.

La précarité menstruelle touche des centaines de milliers de personnes

Pour beaucoup, les menstruations représentent non seulement un problème de santé, mais aussi un fardeau financier. On estime qu’environ 500 000 femmes en Autriche sont touchées par la précarité menstruelle. Les femmes menstruées dépensent en moyenne au moins 2 500 € en protections périodiques au cours de leur vie, une charge considérable, surtout pour celles qui disposent de faibles revenus.

Paradoxalement, il y a quelques années encore, les tampons et les serviettes hygiéniques étaient taxés plus fortement que des produits de luxe classiques comme le caviar ou les huîtres. « Depuis la première baisse de taxe, ces produits sont en réalité devenus moins chers – la réduction a directement profité aux consommatrices », explique Mayrhofer. La suppression totale de cette taxe est une étape cruciale dans la lutte contre la précarité menstruelle.

D’un sujet tabou à une réussite politique

Le chemin parcouru n’a pas été facile. Au lancement de la campagne en 2017, les menstruations étaient encore un sujet tabou dans le débat public. « Nous avons essuyé beaucoup de moqueries et de résistance », se souvient Mayrhofer. Mais le discours social a considérablement évolué ces dernières années.

L’abolition de la taxe sur les tampons démontre l’efficacité des pressions politiques et de la mobilisation de la société civile. Parallèlement, Mayrhofer souligne la nécessité de mesures supplémentaires : la distribution gratuite de protections menstruelles dans les écoles, les toilettes publiques ou les institutions sociales pourrait contribuer à lutter durablement contre la précarité menstruelle.

Conclusion

En supprimant la taxe sur les tampons, l’Autriche envoie un signal fort en faveur de l’égalité et de la justice sociale. Ce qui était longtemps considéré comme une question marginale fait désormais partie d’un large débat de société et illustre comment les tabous peuvent tomber lorsque l’engagement rencontre la persévérance.

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