Selon les scientifiques du Bulletin of Atomic Scientists, depuis la création de l’Horloge de l’Apocalypse (Doomsday Clock) en 1947, nous n’avons jamais été aussi près de l’apocalypse nucléaire. A 100 secondes de minuit en 2020, nous n’en sommes plus qu’à 85 secondes. Leur avertissement doit être pris très au sérieux. Il existe aujourd’hui plus de 12 000 armes nucléaires, dont environ 4 000 « déployées », c’est-à-dire prêtes à être lancées et exploser à tout moment (Cf. SIPRI Yearbook 2025). Chacune est en moyenne dix fois plus puissante que celle d’Hiroshima qui fit au moins 200 000 morts. Chacun de nous est assis sur un baril de poudre.
Censée préserver la paix par la dissuasion, elle n’empêche pas les guerres dites « conventionnelles ». Au contraire, elle suscite l’arrogance de certains de ses détenteurs et les incite à piétiner le droit international, comme Poutine en Ukraine, Netanyahou au Proche-Orient, ou Trump un peu partout. L’arme nucléaire ne dissuade évidemment pas les terroristes. Elle peut seulement tomber entre leurs mains.
Au lieu d’unir ses forces pour relever les nombreux défis, notamment climatiques, auxquels elle doit faire face, l’humanité se déchire économiquement, politiquement, militairement. Au lieu de respecter le droit international, les dirigeants des États nucléaires le bafouent. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU – dont la France – sont tenus par l’article VI du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP) de « de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace » (Cour Internationale de Justice, Avis consultatif du 8 juillet 1996). Ils ne l’ont jamais fait, première source du désordre mondial actuel.
Seul un désarmement nucléaire multilatéral, progressif et contrôlé – donc négocié – pourrait nous permettre de nous éloigner d’une catastrophe sans cela irrémédiable. La France pourrait jouer un rôle décisif en prenant l’initiative de ces négociations.
Nos trois associations ont écrit au Président de la République le 6 août 2025, 80e anniversaire du bombardement atomique d’Hiroshima, pour lui demander que la France, plutôt que de vouloir étendre sa « dissuasion nucléaire » au reste de l’Europe, invite les autres puissances nucléaires parties au TNP à se réunir pour appliquer enfin son article VI. Ces négociations devraient également impliquer les quatre autres États connus pour être possesseurs d’arme nucléaires, et ceux qui en hébergent. Le chef de l’État ne nous a pas répondu.
Dès lors, il nous paraît urgent que les peuples, à commencer par le nôtre, prennent leur destin en mains. Urgent que les parlementaires s’emparent de cette question. Alors que six Français sur dix souhaitent l’élimination complète des armes nucléaires (sondage IFOP-ACDN, mars 2025), nous appelons le Parlement à donner la parole au peuple qu’il représente, et les citoyens à exiger qu’on la leur donne. Notre survie dépend en partie de chacun de nous.
Pour ACDN, IDN, PUGWASH-France
Jean-Marie MATAGNE, Bernard NORLAIN, Nicolas DELERUE
Voir en ligne : Bulletin of Atomic Scientists – Doomsday Clock January 2026
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