Le palais de San Carlos, siège du ministère colombien des Affaires étrangères, les 24 et 25 janvier 2026 eu lieu la rencontre de plus de 100 responsables politiques et sociaux du monde entier  lors du sommet d’urgence « Nuestra América », qui vise à discuter et à élaborer un plan de défense de la souveraineté de la région latino-américaine.

La rencontre, organisée par l’Internationale progressiste, a réunit des ministres, des parlementaires et des représentant·e·s de mouvements sociaux latino-américains afin d’établir des mécanismes de coopération et de solidarité entre les gouvernements face à l’escalade interventionniste croissante des États-Unis dans les pays du centre et du sud du continent.

Le sommet est l’occasion de « commencer à tracer un ordre international de résistance plus représentatif, plus inclusif et plus juste, qui place l’être humain et sa dignité au centre », a déclaré la ministre colombienne des Affaires étrangères, Yolanda Villavicencio, lors de l’ouverture du sommet.

La fonctionnaire a rappelé que le vendredi 23 janvier, l’armée étasunienne a attaqué un bateau soupçonné de transporter de la drogue dans l’est du Pacifique, une opération qui a fait deux morts et qui s’inscrit dans le cadre de l’opération de lutte contre le trafic de drogue baptisée « Lanza del Sur » (Lance du Sud).

« L’attaque menée sous le prétexte de la lutte contre le trafic de drogue a entraîné l’exécution extrajudiciaire d’au moins deux personnes (…) Elles s’ajoutent aux plus de 120 personnes assassinées dans la mer des Caraïbes et dans l’océan Pacifique depuis le 3 septembre dernier », a-t-elle déclaré.

La ministre des Affaires étrangères a dénoncé le fait que cet événement s’inscrit dans le cadre des « mesures unilatérales, de l’ingérence dans la souveraineté, de la pression sur nos systèmes judiciaires et de l’ambition sur nos ressources naturelles » exercées par les États-Unis « au cours des 12 derniers mois, mais aussi au cours des deux derniers siècles, dont notre Amérique latine a été victime ».

Pour sa part, le coordinateur général de l’Internationale progressiste, David Adler, a souligné que « Notre Amérique » appelle toutes les forces sociales de l’hémisphère à défendre non seulement la souveraineté de la Colombie, mais aussi « l’autodétermination de tous les peuples », grâce au renouveau des idées des différents dirigeants.

« Le message est que face à la tyrannie de la coercition étrangère, nous allons unir nos forces et former un nouveau front pour rechercher l’unité des peuples d’Amérique latine et protéger le principe sacré de l’autodétermination qui est aujourd’hui confronté à une menace existentielle », a-t-il déclaré dans une interview accordée à Xinhua.

Le dirigeant a annoncé que l’organisation soutiendrait le président Gustavo Petro lors de sa prochaine visite à Washington, où il rencontrera son homologue étasunien, Donald Trump.

Cela pourrait être une étape historique pour rétablir une relation qui ne repose pas sur une domination du nord, mais sur la compréhension mutuelle et le respect de la souveraineté de la Colombie. « C’est pourquoi nous sommes ici, pour renforcer et soutenir le président avant la visite et créer de meilleures conditions », a-t-il déclaré.

Dans le même ordre d’idées, la sénatrice colombienne María José Pizarro, invitée spéciale au sommet, a déclaré à Xinhua qu’elle se réjouissait que les voies diplomatiques soient ouvertes pour « apaiser les tensions existantes ».

« Tant que le porte-avions sera encore à proximité et que le président Petro figurera toujours sur la liste de l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), nous ne serons pas tout à fait rassurés par cette visite », a-t-elle déclaré.

« Bien sûr, ce sera également l’occasion d’évoquer les différentes préoccupations que nous exprimons concernant le président de la République de Colombie et la souveraineté de notre pays et de notre continent », a-t-elle ajouté.

Le sommet s’est achevé dimanche 24 janvier par une déclaration commune des participants, parmi les participant·e·s figurent notamment Thiago Ávila, organisateur de la Flottille mondiale Sumud du Brésil, Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale française, Gerardo Pisarello, député espagnol, et Bettiana Díaz, sénatrice uruguayenne.

 

Traduction, Evelyn Tischer