IL Y A URGENCE À AGIR ! Secrets toxiques : le film dont nous avons besoin pour ouvrir enfin les yeux car

« […] l’histoire le montre, ce qui fait la différence à la fin, c’est le nombre et la force de nos convictions. »

Logo du film et de la campagne

 

SECRETS TOXIQUES, LA CAMPAGNE SUR LES PESTICIDES ET SON DOCUMENTAIRE :

« Alors que la loi exige qu’aucun pesticide ne soit autorisé si son innocuité sur la santé ou l’environnement n’a pas été prouvée, comment est-il possible que des publications scientifiques les rendent responsables de cancers, de maladies respiratoires, de troubles cognitifs et autres maladies chroniques, ainsi que d’effets néfastes sur l’environnement comme la chute des populations d’insectes et l’appauvrissement des sols ? »

En exergue du documentaire, une citation de Rachel Carlson dont l’ouvrage culte au début des années 60, Printemps silencieux, était déjà visionnaire et a été à l’origine de la campagne d’interdiction du DDT aux États-Unis :

« Les innombrables petites expositions quotidiennes et permanentes peuvent s’avérer plus dangereuses encore. »

Les alertes lancées dès 1947 et 1948 par les apiculteurs en France sur les effets néfastes des pesticides n’auront pas fait beaucoup de vagues, mais comme en témoignent les documents présentés dans le film, elles ont déjà, à l’époque, tenté de faire réfléchir sur l’usage abusif de ces produits dangereux.

Au fil des décennies, ce ne sont donc ni les études, livres, reportages, dossiers, ni les maladies, en un mot, les informations… qui manquent, pour dénoncer les molécules dangereuses dont non seulement notre univers agricole s’est laissé submerger depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais également notre vie quotidienne. Rien que les livres de Fabrice Nicolino (1) sont un Sésame ouvre-toi pour pénétrer dans les coulisses de l’univers néfaste dans lequel les marchands de produits toxiques nous font évoluer. Si vous ne les avez pas encore dévorés, je vous les conseille, ils sont passionnants et se lisent comme des polars bien ficelés. Et si vous avez déjà regardé les documentaires de Marie-Monique Robin, Gilles-Éric Séralini n’est plus un inconnu pour vous. C’est l’un des protagonistes de Secrets Toxiques ; l’étude qu’il a cosignée avec Gerald Jungers en 2020, parue dans Science Direct, est à la base de cette campagne.

Au royaume de l’embrouille, nous sommes les dindons de la farce

En regardant le film Secrets toxiques, j’ai n’ai pu m’empêcher de penser à la multinationale EXXON qui, après avoir reçu les résultats de l’étude de son impact sur le climat, a vite compris les risques qui la menaçaient et enrôlé des savants pour prêcher le contraire de ce qu’avait révélé l’étude. L’industrie du tabac a fait la même chose avec les risques de cancer liés à la consommation de cigarettes. Comment pourrait-il en être autrement avec les géants de l’industrie chimique, Bayer et Cie : sans eux et toute la gamme de leurs produits « phytosanitaires », il est évident que le monde entier mourra de faim car les récoltes ne seront plus protégées. Cet argument-choc est un pur rejeton de TINA : There Is No Alternative. Dès lors qu’il est propagé, il est évident qu’il jette une ombre difficile à dissiper sur les méthodes d’agroécologie, même si la question de savoir si l’agroécologie nourrira le monde ou non est faussée dès le départ : ce n’est pas le rendement à l’hectare d’un seule plante qui est en jeu, mais le rendement dans son ensemble et sa diversité. Et c’est là que l’agroécologie fait ses preuves, qu’on le veuille ou non. Seulement, avec l’argument cité plus haut, trônant comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, au niveau gouvernemental, on n’ose pas investir par peur de l’échec et donc, on entrave le développement d’une agriculture respectueuse du vivant. Alors que la majorité des consommateurs réclament l’abandon des pesticides.

Au moment où l’agriculture doit faire face aux nouvelles méthodes du génie génétique et au brevetage renouvelé du vivant, il devient clair que le combat doit être mené sur tous les fronts : ce sont les même firmes qui tiennent les ficelles.

Nous avons le choix entre les cancers, les perturbateurs endocriniens qui génèrent des problèmes de fertilité, les maladies respiratoires ou chroniques, les maladies auto-immunes… C’est tout ?!

Oh non, nous avons aussi le choix de pousser les pesticides vers la sortie et de conserver la souveraineté de notre alimentation, une alimentation saine pour la planète et pour nous toutes et tous à l’échelle mondiale.

Vous hésitez encore ?! Alors allez voir le film ! Ou organisez une projection, ou bien diffusez le lien du film sur YouTube.

Où se cachent les failles ?

D’abord dans le cocktail ! On ignore totalement quel est l’impact sur notre santé de la mixture née des différentes molécules composant les pesticides. Mais si on mesure leur agressivité à l’aune de la disparition des espèces, il n’est vraiment pas difficile d’imaginer ce qui se passe en nous… qui y sommes sans cesse exposés, puisque nous les retrouvons dans notre assiette, dans l’air, l’eau, le sol. Ces molécules n’étant pas déclarées dans le détail, on se contente de parler d’une substance active, de co-formulants et d’impuretés. Mais si on effectue des analyses plus poussées, comme cela a été le cas en 2020 lorsque Séralini et Jungers ont acheté des produits sans glyphosate, dits de biocontrôle (!), on y trouve de l’arsenic, du plomb, des métaux lourds… alors qu’ils sont censés ne contenir comme substances actives que de l’acide acétique (vinaigre), de l’acide pélargonique ou autres substances quasi inoffensives.

Vous l’aurez remarqué, ces derniers temps, le glyphosate a mauvaise presse : il fait les gros titres et l’objet de protestations quant à la prolongation de son utilisation, les maux qu’il nous inflige semble être enfin parvenus jusqu’à nous. Pour les grandes firmes de l’industrie chimique, il était temps de réagir, le maquillage est parfait, on continue de faire du chiffres d’affaires comme si de rien n’était.

Ensuite, dans le processus de contrôle. Il est effectué par l’EFSA (European Food Safety Authority, en français dans le texte) et les différentes agences sanitaires des États membres, des organismes chargés de procéder à l’homologation et à l’autorisation de vente des produits qui passent entre leurs mains. Comme ils se fient aux tests de l’entreprise, elle peut donc raconter ce qu’elle veut. Seulement ces processus sont totalement déconnectés de la réalité, parce qu’ils ne tiennent pas compte de la nécessité d’approfondir les analyses pour détecter les centaines de molécules qui s’ébattent en toute quiétude dans les bidons d’intrants chimiques. Ces organismes, veillant sur notre santé, ne sont peut-être même pas dotés des laboratoires performants capables de dépister toutes les traces de toxicité. Et ceci bien que la loi souligne la nécessité de nous protéger en prouvant l’innocuité de ces produits. Il ne reste plus qu’à engager une procédure juridique pour mettre une bonne fois pour toutes l’Union européenne au pied du mur et lui faire appliquer la loi. « Le chemin du recours est long », « la tâche est énorme, mais on n’a pas le droit de ne pas la mener », « les paysans sont les premières victimes » (paroles du film).

De quoi avons-nous besoin ?

De changer le système. Et ceci de fond en comble, pas seulement en y apportant quelques petites touches cosmétiques ici et là qui ne feront rien évoluer dans la bonne direction : « (…) non seulement transformer la production agricole mais les filières de distribution de cette production ». Tout est à revoir ! Il faut revenir à la diversité et au bon goût des produits agricoles qui faisaient la fierté et la réputation de notre alimentation française. En faisant la course aux produits tristement uniformes et aux moindres coûts depuis des décennies, nous avons perdu cet objectif de vue. Et ce n’est pas avec un label HVE que nous y arriverons !

De sols sains. C’est la condition sine qua non. Des sols sains grâce à la rotation de cultures, aux parcelles entourées de haies abritant des colonies d’oiseaux et d’insectes et protégeant contre l’érosion, grâce aux cultures qui s’entraident les unes les autres et sauront résister aux aléas climatiques, sans tassement des sols par des engins monstrueux, disproportionnés et aux pneus inadaptés à la résilience du sol et remplacés s’il le faut par la traction chevaline. Avec des sols sains, plus besoin de pulvérisations chimiques nocives. Il ne s’agit pas ici de retourner aux méthodes archaïques du Moyen Âge, comme ne manqueront pas de le faire remarquer les détracteurs qu’abrite la FNSEA, mais d’agir avec la nature et non contre elle. Juste un peu de bon sens, somme toute… sachant que les sols pollués par les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) le sont ad vitam eternam

De circuits de distribution courts. Ni les AMAP ni les alternatives existantes ne peuvent couvrir tout le territoire de l’Hexagone et bien qu’elles se multiplient, elles sont encore trop marginales et insuffisantes. L’État et les régions doivent ici aussi intervenir pour favoriser « une pluralité des circuits de commercialisation ».

D’une PAC (Politique Agricole Commune) plus équitable qui ne distribue pas les subventions à ceux qui n’entretiennent pas le vivant et qui, en raison de leur taille, sont déjà bien nantis. Les efforts des petits paysans pour entretenir la biodiversité, qui subviennent aux besoins d’une population locale, doivent être honorés par des espèces sonnantes et trébuchantes ou de réelles compensations adéquates, et non par des promesses jamais tenues.

Et de règlements stricts imposant l’interdiction d’exporter ces produits nocifs. Si nous les refusons ici, ce n’est pas pour qu’ils aillent ailleurs saboter la vie et les terres d’autres populations encore plus vulnérables que nous ne le sommes. Les multinationales ne reculent devant aucun argument pour gonfler leurs profits et misent sur une publicité aguicheuse et des campagnes de désinformation.

À la fin du film, Benoît Biteau, paysan député au Parlement européen pour Europe Écologie Les Verts, déclare : « Il n’y a que les combats que l’on ne mène pas qui sont perdus ». Relevons le défi, en tant que David devant Goliath, tenons tête aux multinationales de l’agrochimie !

(1) Pesticides. Révélations sur un scandale français (co-écrit avec Francois Veillerette) ; Le crime était presque parfait ; Nous voulons de coquelicots , Un empoisonnement universel

Pour soutenir le mouvement, regardez le film, signez la pétition, partagez-les largement autour de vous et surtout, n’oubliez pas d’envoyer vos dons, car si la campagne en a besoin, vous avez besoin d’elle pour obtenir une alimentation purgée des pesticides :

« Cette action va nous permettre d’obtenir le retrait de produits toxiques dangereux du marché, mais aussi, si nous sommes assez nombreux, de faire pression pour améliorer les systèmes d’évaluation des pesticides en France et en Europe. Ce sera une avancée historique pour notre santé et celle des générations futures. »

 

(1) Pesticides. Révélations sur un scandale français (co-écrit avec Francois Veillerette) ; Le crime était presque parfait ; Nous voulons des coquelicots ; Un empoisonnement universel