En tant que sociologue, j’étudie le monde du travail et l’influence que notre époque post-moderne et ses
technologies de l’information exercent sur lui. Le télétravail comprend également ses propres conditions.
Nous faisons face à une nouvelle forme de révolution industrielle, où l’oppression (des travailleurs
dépersonnalisés et des consommateurs compulsifs) ne se fait plus dans les usines, mais par internet, par le
biais de techniques de psychologie et de neuromarketing sophistiquées.

L’absence ou la faiblesse du nouveau « droit du travail numérique » est la cause de différentes formes
d’esclavagisme numérique. Des entreprises numériques, voire même certains États, tendent de plus en
plus vers une numérisation de l’intégralité de leur système.

À cet égard, Mirko Maldonado-Meléndez, docteur péruvien en droit de l’université du Pays
basque et spécialiste du droit numérique, s’est penché sur les besoins de « numérisation de
l’administration publique », en soulignant l’importance d’« une dose d’humanité en faveur du
citoyen et de la nécessité pour les autorités publiques de débattre de la possible création d’une
charte des droits digitaux allant jusqu’à assurer un droit à la non-numérisation ».

Mais ce problème se pose depuis des décennies. Un demi-siècle plus tôt, l’écrivain et
philosophe Aldous Huxley (1894-1963) écrivait : « La nature de la contrainte psychologique
est telle que ceux qui agissent sous contrainte ont l’impression d’agir de leur propre initiative.
La victime de manipulation mentale ne sait pas qu’elle est une victime. Pour elle, les murs de sa prison sont invisibles et elle se croit libre. Qu’elle ne soit pas libre n’apparaît qu’aux autres.
Sa servitude est strictement objective. » (Traduction de Jules Castier)

Comme nous le verrons ici, l’avènement de l’« ère des fréquences » rend propice le développement de la
manipulation cérébrale grâce à des technologies électromagnétiques et l’utilisation intentionnelle du
spectre de fréquences.

L’application détournée des nouvelles technologies engendre de nouvelles formes d’esclavagisme
numérique. Elles font partie de la machinerie économique et génèrent de nouveaux moyens de production
ainsi que des mécanismes d’adaptation sociale de plus en plus virtuels.

Le facteur décisif menant à la perpétuation d’un système basé sur la subjugation objective est, et a
toujours été, le conditionnement subjectif, ou plus communément appelé « manipulation mentale ». Il n’y
a rien de plus efficace qu’un système de production qui se reproduit dans l’esprit des travailleurs et
travailleuses qui l’alimentent à la « sueur de leur front », avec leur main-d’œuvre et leur énergie vitale.
En ce sens, les travailleurs et consommateurs modernes, sous le dictat du marché du travail et du
consumérisme numérique, voient leurs vies entièrement gouvernées par une sorte de « télécommande ».
Loin d’identifier et de se libérer de cette volonté étrangère, ils constituent sans aucun doute, « cachés à la
vue de tous », les nouveaux esclaves du XXIe siècle.

Il semblerait que l’asservissement de l’esprit et, par conséquent, du comportement humain atteigne un
point de non-retour à cause de l’action combinée du corps et de l’esprit, qui réfrène sans merci les
éventuelles rébellions des victimes contre un ordre social, intrinsèquement inhumain et exploiteur.
Ceux d’entre nous qui s’opposent à de telles formes d’esclavagisme continueront à lutter pour la
formation d’une conscience collective afin de contrer et de mettre fin à toute forme d’exploitation
économique, d’oppression politique, de discrimination sociale et d’aliénation humaine.

Depuis la « révolution industrielle » du XIXe siècle, nous observons un nouveau « machinisme » à travers
la numérisation des processus de production et la virtualisation du travail. D’un point de vue
sociologique, la plupart des entreprises et des institutions privées et publiques n’utilisent pas leur système
de gestion du personnel, « les ressources humaines », de manière adéquate. Depuis la conception de la
gestion scientifique, tous les efforts se sont tournés vers une optimisation des moyens (technologie,
ressources économiques, matières premières, information et main-d’œuvre) afin d’atteindre des objectifs
économiques.

Les entreprises désirant se renforcer avec le temps nécessitent bien plus qu’un capital social, des systèmes
de production, du marketing et des technologies. La clef du succès d’une société est humaine, c’est-à-dire
les employés (avant toute chose), les collaborateurs ainsi que l’environnement social immédiat et toutes
les personnes en lien avec le gouvernement local, les fournisseurs et les clients.

Il est nécessaire d’étudier en détail la vraie signification de la « gestion du personnel » et son application
concrète dans le développement du système des ressources humaines. Cette étude doit détailler la manière
dont le concept est appliqué, la manière dont les résultats sont évalués et quels aspects sont les plus
significatifs : le salaire, le respect des contrats et des lois nationales, la formation, l’environnement de
travail ou les interactions familiales ?

Les entreprises péruviennes doivent assimiler et développer des paramètres modernes qui établissent des
modes de gestion du personnel en accord avec notre époque afin de favoriser le développement optimal
des capacités humaines des travailleurs et travailleuses, les incitant ainsi à améliorer leurs talents.
D’après des approches modernes (Romero, 1998, et Caicedo, 2000) « la gestion d’entreprise
est considérée comme la forme de régulation du comportement d’une collectivité sociale, qui
dispose de ressources limitées devant être utilisées pour atteindre des objectifs à partager dans
leur finalité ultime ».

Le travail de gestion doit suivre un objectif. La gestion ne s’autosuffit pas puisqu’elle est le résultat de
l’interaction entre de multiples facteurs. Ces derniers forment un système de relations humaines, de
gestion, de projection et de vision de la vie quotidienne et de l’avenir. De la gestion d’entreprise résultent
des objectifs et des décisions. Les premiers orientent et guident les actions collectives et les secondes
sélectionnent les combinaisons et les interactions nécessaires à la réalisation des objectifs (Caicedo,
2000).

Les travailleurs et travailleuses doivent non seulement avoir des motivations externes (salaire, revenus,
incitations financières), mais ils doivent également pouvoir développer leurs compétences et talents, être
constamment formés et s’identifier aux objectifs institutionnels de leur entreprise, car ils sont la base de
l’organisation. La qualité des performances de l’entreprise s’en verra grandement améliorée.