Samedi dernier, 16 octobre, la première édition de la Journée internationale du Nous a eu lieu à Barjols commune du Var (83) en France. En toutes et tous s’est exprimée cette force unitive pour que cette journée puisse être ce à quoi nous aspirons, un temps où le présent rencontre le futur. Un futur où cet être que Nous sommes ne cherche ni à posséder, ni à conquérir. Nous voulons sentir et ressentir le vivant, partager, réunir nos différences, s’aimer et semer la Liberté. Tel fut l’esprit de cette Journée Internationale du Nous où grands et petits se sont retrouvés dans l’énergie de la joie.

Des retrouvailles ont eu lieu, des chemins se sont croisés pour devenir des liens, l’association Les Artisans du Nous a pris la parole en début de journée, PASAPAZ chorale pour la paix a fait la première partie de HK et ses musiciens et la Chorale de la Redonne est intervenue pendant la soirée en chanson pour soutenir le monde paysan.

De rencontre, en partage, en échange, à Tavernes (83) dans un lieux inspiré et inspirant, Dékal’Âges, où les étoiles ont brillé pour toutes les personnes présentes ce soir là, une synergie d’intentions collectives est retournée en son centre pour devenir ce Nous dont nous avons tant besoin. HK et Richard Maccotta de l’association Office Culture Provence Verdon racontent dans une interview téléphonique la naissance et le sens de cette journée.

 

Interview HK

Extraits:

« On était à Barjols la semaine précédente pour jouer notre spectacle, La fin du Moi, le Début du Nous. C’est Richard qui nous nous a fait venir dans le cadre d’un événement annuel pour commémorer l’esprit de la non-violence. On avait une date qui était prévue ce 16 octobre et qui s’est annulée. En discutant comme ça avec Richard et presque en plaisantant autour de cette Journée internationale de la non-violence, est venu: se serait chouette qu’on revienne faire un concert … »

« …il nous a pris au jeu, au mot, en disant allez, banco, on y va. Je sens qu’il a en tête de dire on va y aller comme ils y sont allés pour la journée de la non-violence, année après année, pierre après pierre, et avec le rêve fou de dire à un moment donné, il y aura cette Journée internationale du Nous qui sera officiellement intégrée dans l’esprit de plein de gens à travers la France, à travers le monde. »

« Si on veut qu’il y ait l’émergence d’une société réellement démocratique et non violente. Je lie les deux, c’est à dire que l’issue de toute contestation, de tout mouvement social, de toute question de fond peut être réglée de façon démocratique, peut être réglée par des discussions, des débats, puis par des formes de vote, de plébiscite ou en tout cas d’expression des populations. Donc ça, c’est les bases d’une société non violente et c’est tout le contraire de ce qui se passe aujourd’hui. Lorsqu’il y a des contestations de fond, il y a un pouvoir en place qui est rigide à l’extrême et qui s’enferme dans des formes d’autoritarisme. »

« …On voit bien que suite à la crise sanitaire, il y a une autre crise qui est née médiatiquement et on nous a mis en avant un des plus grands xénophobes de notre société. On sent bien qu’il est sur tous les plateaux télé, qu’il est invité, qu’il peut lâcher sa morve, qu’il peut insulter, qui peut dire ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut et ça c’est atroce. »

« Parce que nous, avec tous les discours que l’on peut avoir, qui sont, je crois des discours salutaires et bienveillants, nous n’avons pas accès aujourd’hui à tous ces médias de masse. Bon, on s’en accommode. On fait les choses de façon artisanale, de fond et on construit pierre après pierre. On est des artisans et on aime le travail bien fait, qui prend du temps ; on sait qu’il s’inscrit sur le moyen et long terme. »

« Mais ça révèle notre société, c’est à dire que tu as quelques grands groupes industriels qui détiennent quelques grands médias, qui détiennent aussi les instituts de sondage et donc ils peuvent se créer des monstres, des Frankenstein comme ils veulent et donc ils peuvent créer de la peur, un climat, un contexte dans toute une société, à leur guise. Sans savoir si c’est de façon inconsciente ou pas, de façon concertée ou pas concertée. Mais le fait est qu’après cette période de peur jusqu’à l’extrême du virus, derrière, on nous a vendu d’une certaine manière un nouveau virus qui vend une autre peur. »

« On sent bien que pour faire face à cela, il y a une seule raison possible, une seule façon possible, c’est celle de continuer à se retrouver et de continuer à être ensemble dans ce monde où l’on nous pousse à nous isoler. Pendant la crise covid c’était: restez chez vous, ne sortez pas, ne vous rassemblez pas dehors, ne chantez pas, ne dansez pas ensemble et là on commence à nous vendre la peur de l’étranger, la peur de l’autre. »

« Le but est toujours pareil. Ne vous rassemblez pas, ne soyez pas ensemble, ne formez pas ce Nous, ce grand Nous. Alors, évidemment, on est des rêveurs, mais on est aussi réaliste. On sait que c’est d’abord presque d’une certaine manière, la journée des nous, des petits nous, de plein de petits nous qui se mettra en confiance, en connexion les uns avec les autres avant de pouvoir rêver d’un grand Nous. »

« Recréer du nous dans tous les sens, être ensemble, c’est un peu ça l’idée. »

« On fait des rassemblements où il y a moins de monde. Des fois aussi il y a plus de monde. Mais ce n’est pas notre indicateur. Évidemment, il y avait beaucoup, beaucoup de monde par rapport à ce village et c’était une belle soirée, mais notre plus grand indicateur, c’est la somme de tout ça. Comme tu disais, c’est le sourire, des yeux qui brillent. C’est ça, notre principal indicateur. C’est sûr que là, la machine a tourné à plein. »

« Il y avait cette idée de bonheur partagé et et en même temps, de fond, des gens dont on sentait qu’il y avait une hétérogénéité, des gens très différents. Mais on sentait qu’il y avait un socle commun quand même. On sentait qu’il y avait des valeurs communes et c’est le seul préalable, le seul pré-requis que l’on met sur cette histoire du Nous. De dire voilà quelques valeurs de base, de se dire que l’on est foncièrement étranger à toute forme de racisme, de xénophobie, de phobie de l’autre et à partir de là, on comprend que les gens ont commencé à discuter de ce qui est possible, le champ des possibles est large. Il est large et en plus, on essaie de l’élargir et d’en créer de nouveaux. »

Interview Richard Macotta de l’association Office Culture Provence Verdon

Extraits:

« Nous à Barjols, on organise depuis six ans, donc c’était la 7ème édition, un festival qui s’appelle Le futur sera non violent autour de la Journée internationale de la non-violence, qui a été déclarée en tout cas par l’ONU en 2007 et qui est donc, le 2 octobre, l’anniversaire du Mahatma Gandhi. Cette édition, cette année se terminait par la pièce de théâtre musical La fin du Moi, Le Début du Nous jouée le samedi 9 octobre. »

« Suite à ses deux représentations, on s’est retrouvé à une trentaine dans un éco lieu géré principalement par l’association Dékal’Âges, d’autres associations étaient là, MeltingPotes de Barjols, l’Épicerie des Poètes, et quelques amis. On a discuté et on s’est aperçu, que la pièce de théâtre qui avait été jouée à guichets fermés, avait suscité un engouement et on s’est dit en discutant: si on faisait quelque chose sur Barjols la semaine prochaine?

« On est parti sur l’idée d’un bal sur la place publique et ensuite le matin au petit déjeuner, avec Kadour (HK), il m’a interpellé en disant c’est bien un bal mais il faudrait donner un peu plus de sens. Et dans la discussion, il a proposé la Journée internationale du Nous. On l’a validée comme ça. On a contacté tous les gens que l’on connaissait, lui les musiciens, nous les amis et les structures qui étaient autour de ça. Nous avons communiqué, soit quatre jours avant et on s’est retrouvé à près de 1000 personnes à Barjols et j’espère qu’il y a eu d’autres personnes pour fêter cette journée. »

« Le 16 octobre et nous tous les ans, on continuera à commémorer cette journée et j’espère que partout dans le monde, ce sera le cas. »