Pâques, fête païenne

03.06.2021 - Redazione Italia

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Pâques, fête païenne
(Crédit image : Roverhmaniak)

En revenant de l’hyperphagie pascale, il ne serait pas mauvais de faire une réflexion sur cette fête, sur sa genèse et sa transformation historique. Comme toutes (toutes !) les autres fêtes chrétiennes, Pâques n’est pas l’anniversaire réel d’un événement de l’histoire juive/chrétienne, mais la superposition à un culte préexistant établi à table : toutes les fêtes chrétiennes sont superposées à des fêtes païennes établies antérieurement, selon les décisions conciliaires du proto-christianisme, déjà triomphant aux 4e et 5e siècles.

La Pâque chrétienne commémore la résurrection du Christ. C’est une fête errante, dans le sens où elle ne tombe pas toujours le même jour, mais a une dépendance astrale et varie en fonction des phases de la lune. En fait, elle tombe le premier dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps. (21 mars). Pourquoi un calcul aussi élaboré au lieu d’une date fixe ? Voyons voir.

Le proto-christianisme du premier siècle était constitué d’un groupe de Juifs qui voulaient renouveler le judaïsme selon la vision réformatrice de Joshua/Yahushua, un « rabbin » révolutionnaire qui prêchait très efficacement. Il n’y avait pas encore de « chrétiens », seulement un groupe de juifs réformateurs et d’hérétiques. Josué/Jésus (le mashiach/khristos) ne prêchait qu’aux Juifs, son peuple et donc ses adeptes n’étaient que des Juifs, il n’y avait aucune distinction entre les deux religions (cela n’arrivera qu’avec Paul de Tarse qui s’adressera surtout aux « Gentils », les païens christianisés) ni entre les fêtes.

Les hébreux célébraient un événement fondateur de leur identité : lorsque Yahvé/Jahvé décide de frapper les égyptiens dans le but de libérer son peuple de l’esclavage en le dirigeant vers la terre promise, il ordonne aux hébreux de tuer un agneau et de marquer de son sang leurs maisons, afin de pouvoir les reconnaître lorsqu’il enverra l’ange tuer (!) tous les premiers-nés égyptiens. L’ange voyant les jambages maculés de sang « passera son chemin ». Ce terme « passera » est exprimé en hébreu par le terme « PESACH ». Pesach est la Pâque juive, célébrée donc aussi par les disciples et épigones de Josué, même après le détachement de la maison mère juive, qui sera ensuite définitivement entériné par le Concile de Nicée en 325, établissant et préservant la méthode de calcul.

Ainsi, la Pâque chrétienne dérive de la Pâque juive, il ne s’agit pas d’une simple translittération phonétique : les chrétiens utilisent une fête établie antérieurement pour commémorer l’événement le plus important de leur nouvelle religion, la résurrection de leur Dieu fait homme.

Mais les Juifs ont également appelé et appellent toujours Pesach la « fête du printemps » ; en effet, la Pâque est étroitement liée à l’arrivée du printemps, le 21 mars, l’équinoxe vernal. La présence du printemps, de la mort et de la renaissance nous interpelle et nous fait comprendre qu’il s’agit d’un culte beaucoup plus ancien. Et en effet…

Comment la date de Pesach a-t-elle été déterminée à son tour par les Juifs ? Ils ne connaissaient certainement pas le jour où l’ange était « passé ». Et alors ? Ainsi, la Pâque est à son tour issue d’une fête et d’un culte beaucoup plus ancien, lié au paganisme pré-biblique de tous les peuples qui ont habité cette région : Chaldéens, Phéniciens, Akkadiens, Assyriens et Babyloniens.

L’année solaire, de 10 mois, commençait en mars (à Rome aussi, le calendrier pré-romain était de 10 mois et commençait en mars) : les mois d’hiver les plus froids, coïncidant plus ou moins avec nos janvier et février, n’étaient pas pris en compte car ils étaient nus, sans signes de vie. L’année commençait en mars et se terminait en décembre et la lune marquait les cycles mensuels. Tout cela était le résidu d’une très ancienne cosmovision liée à la terre et au cycle des saisons, à la mort et à la renaissance de la végétation et des troupeaux, à la fécondité des femmes et à leur cycle de reproduction, à la durée de la gestation égale à la durée de l’année. Ce concept a été représenté pendant des dizaines de millénaires par la représentation de la Grande Mère à travers des statues d’argile, de pierre, de graffitis et de peintures, des milliers de spécimens dispersés dans toute la Méditerranée et au-delà : l’énergie cosmique portait des vêtements féminins fertiles.

Parmi les diverses occasions de culte liées à la Grande Mère et aux cycles de fertilité, la plus importante coïncidait certainement avec le début de l’année, lorsque le soleil se déplace vers le zénith et que la chaleur du printemps commence, que la nature s’éveille (ressuscite !) et que la vie reprend son cycle. Comme nous l’avons dit, cela s’est produit et se produit autour de l’équinoxe de printemps.

Cette fête était donc liée à l’observation du soleil : la ligne d’horizon était observée vers l’est (ce qui signifie « se lever », participe présent du latin « orior » = je suis né) et lorsque le soleil arrivait à un point prédéterminé de la ligne d’horizon, on célébrait la nouvelle année. Mais ATTENTION ! Présidant à cette naissance, la Grande Mère, la véritable reine de la Terre, l’énergie cosmique unitaire qui préside à tout et donc aussi à la naissance quotidienne et à la croissance annuelle de l’étoile solaire. Son épiphanie la plus importante était la Lune, qui la représentait pleinement avec ses cycles et ses renaissances : il ne pouvait y avoir de fête sans la présence de la Déesse.

Le regard est tourné vers l’EST, où naît le soleil, mais il est aussi tourné vers la Lune, dans l’attente de sa plénitude : lorsque la Lune/Déesse/Grande Mère est dans la plénitude de sa splendeur, la fête peut commencer, car à ce moment-là, il y a la hiérogamie, le mariage avec le Soleil.

Il existe une preuve évidente que les festivités de Pâques judéo-chrétiennes se réfèrent à ces anciens rites archaïques et ce, dans une approche philologique très triviale. Dans les langues qui sont restées indemnes du révisionnisme linguistique catholique, comme l’anglais et l’allemand, les racines de nombreux mots remontent aux civilisations pré-chrétiennes. EST/EAST/OSTEN, terme indo-européen ayant une racine commune ST, phonème inchangé pour indiquer l’Est (par métonymie, on note que le verbe italien « orientare » (« orienter » en français) signifie diriger et non plus « face à l’est », comme c’était son sens original. Nous pourrions actuellement dire « oriéntati verso sud » (orienté vers le sud) sans percevoir la contradiction. L’est est le lieu où naît la lumière, le secteur du ciel habité par les dieux favorables, par opposition à l’ouest, le lieu des ténèbres et de la mort.

La Grande Mère, la déesse de la fertilité et de la vie était présente dans toute la Méditerranée et, pendant des dizaines de millénaires, elle a présidé et garanti l’éternel retour du soleil et des saisons ; c’est vers l’est qu’elle tournait son regard vif. Même lorsqu’elle a été supplantée par des divinités masculines, elle a survécu dans les divinités féminines multiformes et diversifiées, gardiennes de la fertilité des champs et des corps, de l’amour sexuel ainsi que des graines.

Dans les noms de ces divinités, il y a cet ancien phonème/racine, cette ancienne origine ST/EST qui est parvenue jusqu’à nous, une trace parmi tant d’autres du culte de la Terre Mère. En anglais et en allemand, nous disons EASTER et OSTERN : la référence à l’EST géographique est évidente dans cette racine ST. La racine commune prouve le contact originel entre le lieu et la fête. Mais cela ne suffit pas.

La même racine ST compose les noms des déesses méditerranéennes héritières de la Grande Mère, prouvant une unité primitive entre le lieu, l’événement et le culte, une unité espace/temps sacré. En effet : ISHTAR était la déesse babylonienne de la fertilité ; ASTARTE/ASHTART la déesse phénicienne présente dans toute la Méditerranée, également à Phrygie où elle avait un temple, ou à Mistretta, une ville de la province de Messine où se déroule chaque année la fête des « Géants », qui est fils de la terre (Gea-genoi) et qui tire son nom de AM-ASHTART ; la biblique ASHTORETH et l’EOSTRE équinoxial germanique déesse-lepre. Jusqu’à la grecque ESTIA, déesse aniconique fondamentale du foyer, à notre VESTA et à ses prêtresses liées au feu sacré inextinguible, analogie archaïque avec l’éternel retour de la lumière et de la chaleur solaire.

Une dernière note folklorique : les directeurs de supermarché qui empilent sur les étagères les œufs de Pâques colorés de toutes tailles et de toutes formes à côté des lapins en chocolat n’imaginent pas que l’ŒUF a été un symbole de fertilité dans toutes les cultures de la Méditerranée. Les personnages allongés sur les sarcophages étrusques sont souvent représentés en train de tendre un œuf, symbole de renaissance. Eurinome a pondu l’Œuf universel duquel le monde est né. Le lièvre a toujours été un symbole de fertilité en raison de sa capacité de reproduction bien connue, à tel point que la déesse EOSTRE était parfois représentée avec la tête d’un lièvre.

Soleil levant, pleine lune, printemps, œufs et lapins : notre « Lundi de Pâques » reprend ce rite de fertilité en le traduisant en une fête champêtre.

Giuliano Fabriziani

Catégories: Europe, Humanisme et Spiritualité, Opinion
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