[L’empreinte des leaders] Le cycle mortel de l’impunité

23.07.2020 - Bogota - Redaccion Colombia

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[L’empreinte des leaders] Le cycle mortel de l’impunité
Texte : L'empreinte des leaders (Crédit image : Pressenza)

Nous publions une série d’articles (lien pour pour voir tous les articles) que nous partagerons pendant plusieurs jours. Il s’agit d’une initiative colombienne pour la paix, que nous nous proposons de faire connaître et de diffuser.

Par Aura Lucía Mera*

Michel Forst, alors rapporteur des Nations Unies, a déclaré en février de cette année que la Colombie est l’un des pays les plus dangereux au monde pour la défense des droits humains.

Les chiffres seuls ne montrent pas la tragédie humaine qui se cache derrière chaque cas. C’est pourquoi un groupe de chroniqueurs a voulu retrouver les visages et les vies de certains des dirigeants assassinés et raconter brièvement leur histoire.

Querubín de Jesús Zapata Avilés était un jeune homme de 27 ans, joyeux, engagé dans son travail de defenseur de la communauté LGBTI et de la diversité, représentant la Plateforme Municipale de la Jeunesse dans la municipalité de Caucasia, Antioquia. Son seul péché a été de dénoncer les affrontements incessants entre les bandes des Caparrapos et des Autodefensas Gaitanistas de Colombia pour le contrôle du territoire, et aussi les trafiquants de drogue dans la municipalité.

Il a travaillé à la fondation Semillas de Paz y Progreso. Il a mené des campagnes de prévention sur la consommation de drogue. Fan de l’Atlético Nacional (équipe de foot), il était charismatique et discutait avec des amis ce samedi 16 février 2019, au bord du ravin de l’Atascoso, lorsqu’un tueur à gages à moto s’est approché de lui et l’a tué à bout portant, s’enfuyant ensuite. Depuis 2017, ce jeune dirigeant avait reçu des menaces de mort, il les avait dénoncées, mais il n’avait jamais reçu de réponse ni de protection. Jusqu’à présent, l' »auteur présumé » de sa mort est alias Lápiz, qui aurait donné les coordonnées au tueur à gages.

Gilberto Valencia, de Pueblo Nuevo, Suarez, Cauca, a été tué le 1er janvier, en célébrant la nouvelle année. Ce leader, musicien, compositeur, promoteur d’activités culturelles, artistiques et sportives et président de l’Assemblée d’action communautaire de son village, âgé de 32 ans, s’est consacré à la résolution des conflits et à la construction de la paix chez les jeunes. Il a dirigé le groupe musical Los Herederos et a fondé le projet « Dialogues itinérants » pour socialiser des points de l’Accord de Paix, une initiative qui a été récompensée en 2015, lors du Forum des mobilisateurs pour la paix de RECON. Au milieu de la célébration du Nouvel An, dans les veillées populaires de la municipalité, alors qu’il tentait de servir de médiateur dans une discussion, il a été brutalement attaqué au couteau et tué. On dit que beaucoup de personnes dans le village connaissent l’auteur de l’infraction, mais il n’y a rien de concret.

Bernardo Cuero Bravo, né à Tumaco, a été déplacé par la violence en 2000 et s’est installé avec sa famille à Malambo, dans l’Atlantique. Le 7 juin 2017, alors qu’il regardait un match de football chez lui, des types à moto l’ont interrogé et, en sortant, ils lui ont tiré dessus à plusieurs reprises, le tuant sur le coup. Il a été procureur de l’Association nationale des Afro-Colombiens déplacés (Afrodes).

Des années auparavant, Bernardo avait dénoncé plusieurs menaces contre des dirigeants de Afrodes et avait déclaré que « si un membre de la famille était victime d’une attaque, il tiendrait le gouvernement pour responsable de ne pas avoir pris les mesures nécessaires.”

Il a bénéficié d’une protection jusqu’en 2016, puis enlevée et il a été tué en juin 2017. Le dernier détenu, il y a trois ans, vient d’être libéré il y a quelques jours pour « expiration des mandats ». Sa famille souffre toujours de ce fléau, car il y a deux mois, deux proches ont été assassinés à Tumaco.

Des centaines de leaders sociaux ont été assassinés. Personne ne répond, personne ne s’en soucie. Le gouvernement ferme les yeux et croit peut-être qu' »ils ne cueilleraient pas le café ». Comme je l’ai écrit dans le titre de la chronique, le cycle mortel de l’impunité se poursuit sans relâche.

P.S. Et le monde continue de tourner !


* Journaliste et écrivaine. Lectrice et animatrice de la paix. Chroniqueuse pour les journaux colombiens El Espectador et El Pais, et El Comercio, à Quito.

Catégories: Amérique du Sud, Droits humains, Opinion, Paix et Désarmement
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