Pandémie Coronavirus : la Chine et Cuba envoient des équipes médicales, de l’équipement et des médicaments dans d’autres pays

03.04.2020 - Countercurrents

Cet article est aussi disponible en: Anglais

Pandémie Coronavirus : la Chine et Cuba envoient des équipes médicales, de l’équipement et des médicaments dans d’autres pays

Par Countercurrents Collective

La Chine et Cuba sont intervenus par des mesures pratiques au niveau international, au milieu d’une situation de quasi écroulement des soins de santé dans de nombreux pays capitalistes, face à la pandémie de coronavirus.

La Chine envoie des millions de masques et de gants à la France

La Chine expédie un million de masques et des gants à la France alors que ce membre de l’UE lutte pour contenir le coronavirus, l’Europe devenant le nouveau foyer de la pandémie.

Le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a confirmé l’expédition mercredi lors d’un entretien avec BFM TV.

Le premier des deux avions, est déjà arrivé via la Belgique et le deuxième arrivera vendredi, a-t-il déclaré.

Le geste de la Chine répond à l’envoi de 17 tonnes d’équipement à Pékin quand le virus du Covid-19 a commencé à se propager à Wuhan en décembre dernier.

La France a compté 89 morts de plus dues aux Covid-19 mercredi, pour un total de 264. Le nombre de cas confirmés est aussi monté à 9.134 – en partant de 7.730 le mardi – a déclaré le directeur général de la santé, Jérôme Salomon.

Equipement et équipe médicale venus de Chine en Italie

La semaine dernière, la Chine a envoyé un avion chargé de matériel médical, comprenant des respirateurs et des masques, en Italie, pays européen ayant le plus souffert jusqu’à présent, qui a vu ses hôpitaux surchargés par un nombre de malades augmentant rapidement.

Avec ces 30 tonnes d’équipement, la Chine a aussi envoyé neuf soignants par aider à lutter contre la maladie.

Le chef de la croix rouge italienne, Francesco Rocca, a déclaré que le pays se trouvait en « besoin désespéré » de masques et était reconnaissant de ce don octroyé dans un moment de « grandes difficultés ».

« Aujourd’hui, l’Italie n’est plus seule », a déclaré le ministre italien des affaires étrangères, Luigi Di Maio. « Beaucoup de gens dans le monde nous soutiennent. »

C’est la troisième équipe d’experts déployée par les autorités chinoises.

L’UE n’aide pas

Les rapports précédents disaient :

L’Italie a demandé à l’UE et à des Etats membres de l’UE d’envoyer de l’équipement médical pour combattre le coronavirus. Mais l’UE et ses membres ont refusé de l’aider, disant qu’ils ne voulaient pas épuiser leurs stocks.

Plus tôt dans la semaine, le représentant permanent de l’Italie à l’UE, Maurizio Massari, s’est plaint du fait que la demande d’aide médicale italienne pour lutter contre l’effet désastreux du coronavirus dans le pays n’avait pas été satisfaite.

Massari a souligné que, si l’UE avait ignoré les demandes d’aide italiennes, la Chine avait entamé une aide bilatérale.

« L’Italie, pays européen le plus durement touché par le coronavirus, a fait tout ce qu’elle a pu pour contenir et gérer l’épidémie », a-t-il déclaré.

Poursuivant, il a dit : « Nous devons assurer, sous coordination européenne, la fourniture de l’équipement médical nécessaire et sa redistribution dans les pays de la région qui en ont le plus besoin. Aujourd’hui c’est l’Italie, demain le besoin pourrait se trouver ailleurs. »

« L’Italie a déjà demandé l’activation du mécanisme européen de protection civile pour la fourniture d’équipement médical de protection individuelle.

Mais malheureusement, aucun pays d’Europe n’a réagi à l’appel de la Commission. Seule la Chine a réagi dans un cadre bilatéral. Ce n’est certainement pas un bon signe de solidarité européenne. »

La Chine envoie des masques en Serbie

Prise de court par l’interdiction des exportations de matériel médical depuis l’Europe, la Serbie a trouvé de l’aide en Chine alors qu’elle luttait pour se préparer à la propagation du Covid-19, le Président serbe ajoutant qu’il était clair que la solidarité européenne est un mythe.

La Serbie est le dernier pays qui impose de sévères restrictions aux voyages et aux rassemblements publics en réaction à la pandémie.

Alors que le Président Aleksandar Vucic déclarait l’urgence nationale dimanche, il a eu des mots durs envers l’UE.

« La crise a prouvé que la solidarité européenne n’existe que sur le papier », a déclaré Vucic, citant l’interdiction d’exportation d’équipements médicaux par les Etats membres de l’UE vers les pays non membres en réaction à la pandémie.

(NDT : omettant de préciser que la solidarité UE n’a vocation à s’appliquer qu’aux Etats membres, ce discours est mensonger)

« Seule la Chine peut nous aider dans cette situation, » a ajouté le dirigeant serbe, annonçant qu’il avait récemment écrit au Président chinois Xi Jinping « je lui ai demandé de l’aide et l’ai appelé frère. »

La Serbie a reçu cinq millions de masques de la Chine, qu’elle ne pouvait recevoir depuis l’Europe et une offre d’envoi de médecins pour aider à lutter contre la maladie, » a déclaré le Président.

« Je dis aux étrangers : ne venez pas en Serbie, sauf les Chinois qui sont appelés à venir, leurs médecins, les gens qui viennent nous aider, » a encore déclaré Vucic.

Selon des sources officielles, le pays a dû acheter des respirateurs sur « un marché à demi gris. »

Depuis lundi 13 mars, la Serbie a fermé tous les sites d’enseignement, mobilisé l’armée pour garder des sites sensibles tels que les hôpitaux et a fermé ses frontières à tous sauf ses nationaux.

Les Serbes qui rentrent doivent se soumettre à une quarantaine ou encourent une peine allant jusqu’à cinq ans de prison.

Lundi 13 mars, il y avait 55 cas confirmés de coronavirus en Serbie, pays dont la population est de sept millions. Deux des patients se trouvent dans un état grave. Le virus a aussi atteint les autres pays des Balkans, à l’exception du Monténégro.

La crise sanitaire a mis à l’épreuve la cohésion de l’UE.

(NDT : peut-être, mais c’est sans aucun rapport avec la situation de la Serbie, qui n’est pas un Etat membre)

Espagne Iran Irak

La Chine a déjà envoyé des missions médicales et des cargaisons de fournitures médicales à l’Espagne, l’Iran et l’Irak.

Pékin a été félicité par l’Organisation Mondiale de la Santé pour ses efforts contre le coronavirus. Les autorités ont réagi à l’épidémie en construisant de nouveaux hôpitaux en quelques jours et en confinant la province de Hubei, dont la population compte 58 millions de personnes, pour contenir la propagation de la maladie.

Vers les Etats Unis

En plus de l’aide du gouvernement, le milliardaire chinois Jack Ma a envoyé une cargaison de masques chirurgicaux et de kits de dépistage du Covid-19 aux Etats Unis, qui connaissent une pénurie des kits.

Afrique

Ma a déclaré lundi qu’il donnerait aussi des masques et des kits de dépistage à tous les pays d’Afrique.

Malgré ses efforts d’intervention et son aide à d’autres pays durement touchés, la Chine a subi un barrage de couverture médiatique négative dans l’ouest, l’administration Trump se référant souvent au Covid-19 comme « virus chinois » et « virus de Wuhan » parce qu’il a commencé là en décembre.

Equipe médicale cubaine en Italie

Cuba, pays socialiste, a envoyé une équipe médicale en Italie pour aider cet Etat membre de l’UE à lutter contre le coronavirus.

Equipe cubaine au Venezuela

Une délégation technique spécialisée cubaine s’est rendue au Venezuela le 15 mars pour soutenir la stratégie d’endiguement du Covid-19 de ce pays.

Médicaments de Cuba expédiés en Chine pour lutter contre le coronavirus

Parmi les trente médicaments sélectionnés par la Commission Nationale de Santé chinoise pour endiguer le coronavirus, se trouve un antiviral cubain, l’Interferon Alpha 2b. Ce médicament a été produit par la Chine depuis 2003, par l’entreprise ChangHeber, une association sino-cubaine.

L’Interferon Alpha 2b cubain a démontré une efficacité pour des virus aux caractéristiques similaires à celles du coronavirus, officiellement dénommé COVID-19.

Le spécialiste cubain de biotechnologie, le docteur Luis Herrera Martinez, a expliqué que « sa prise prévient les aggravations et complications chez les patients qui arrivent à un stade pouvant être fatal. »

Cuba a commencé par développer et utiliser les interferons pour mettre fin à la propagation d’un virus de dengue en 1981, et cette expérience a catalysé le développement de l’industrie de biotechnologie de l’île, à présent l’un des leaders mondiaux.

En 1981, le Front Biologique, un forum interdisciplinaire professionnel, a été fondé pour développer cette industrie à Cuba. Alors que la plupart des pays en développement n’avaient que peu d’accès aux nouvelles technologies (ADN recombiné, thérapie génique, biosécurité), la biotechnologie cubaine s’est développée et a joué un rôle stratégique croissant tant dans le secteur de la santé publique que dans le plan de développement économique national. Cela s’est produit en dépit du blocus américain restreignant l’accès aux technologies, à l’équipement, aux matières premières, aux financements et même à l’échange de connaissances. Entraîné par la demande de santé publique, ce secteur s’est caractérisé par le passage rapide de la recherche à l’innovation, à l’expérimentation et l’application, comme le démontre l’histoire de l’interferon cubain.

Les interferons sont des protéines « signalisatrices » produites par des cellules en réaction aux infections, qui alertent les cellules proches et améliorent leurs défenses antivirales.

Des pays demandent à Cuba d’envoyer des médicaments

Le médicament cubain Interferon Alpha 2B a été demandé par plus de dix pays.

Un navire de croisière infecté par le coronavirus admis à Cuba pour que ses passagers l’évacuent

Un navire de croisière britannique qui errait depuis plus d’une semaine dans la mer des Caraïbes, après que plusieurs cas graves du nouveau coronavirus ont été confirmés à bord, a pu accoster à Cuba mercredi pour permettre à ses passagers épuisés de débarquer et prendre l’avion vers leurs pays.

Le ministre britannique des affaires étrangères Dominic Raab a exprimé jeudi en parlement sa gratitude envers le gouvernement communiste de Cuba, qui a offert un port sûr au Braemar, navire qui embarquait plus de 1.000 passagers et membres d’équipage, la plupart britanniques, après que plusieurs ports des Caraïbes aient refusé de le laisser accoster.

« La prévention et l’endiguement du nouveau coronavirus nécessitent les efforts de toute la communauté internationale, » a déclaré le ministre cubain des affaires étrangères, Bruno Rodriguez. « Renforçons les soins de santé, la solidarité et la coopération internationale. »

Les passagers devaient rentrer au Royaume Uni depuis l’aéroport international de La Havane dans la soirée, à bord de quatre vols charters, dont un spécial pour les passagers détectés positifs au coronavirus ou présentant des symptômes similaires à ceux de la grippe.

Toute personne dont l’état de santé ne permettait pas de prendre l’avion se verrait offrir un soutien et un traitement médical à Cuba.

Le navire n’avait pas pu accoster dans la Barbade et aux Bahamas, deux Etats membres du Commonwealth britannique – l’ironie n’a pas échappé à certains passagers.

« Aucun d’entre nous n’oubliera ce que Cuba a fait pour nous, s’engageant alors qu’aucun des pays membres du Commonwealth et protectorats de la région n’a proposé son aide, » a tweeté l’un des passagers du Braemar, Steve Dale.

Les autorités cubaines testent les voyageurs aux aéroports, ont lancé la production de masques faciaux et interdit les grands événements culturels. Les médecins de famille effectuent plus de visites à domicile pour veiller sur les communautés locales.

Cependant le gouvernement n’a pas annulé les vols provenant des pays les plus touchés par la pandémie, restreint les transports à l’intérieur du pays ou interdit tout rassemblement social, à la différence d’autres pays de la région, ce qui a inquiété certains Cubains depuis le débarquement du Braemar.

Un article paru le 18 mars 2020 dans le quotidien Granma, portant le titre « Un port sûr dans l’adversité, » exposait ceci :

Les dimensions humanitaires et altruistes de ces événements peuvent fournir la matière d’une scène de cinéma. L’équipage du MS Braemar, propriété de la société de croisière britannique Fred Olsen, a navigué durant plusieurs jours dans les Caraïbes avec à son bord des passagers souffrant d’infection au coronavirus.

Malgré les efforts diplomatiques du gouvernement britannique, le navire s’est vu refuser l’accès à plusieurs ports de la région. Mais l’urgence de la situation pour les passagers, notamment les malades dont les vies étaient en danger, les autres redoutant un risque de contamination, au milieu de l’océan, n’avait rien d’une œuvre de fiction.

Cuba a accepté et offert un port sûr au milieu de l’adversité, modestement, ne cherchant pas à faire la une des médias, ne demandant absolument rien en retour. Une telle décision a peut-être causé de l’incompréhension chez certains, qui ignorent la valeur de la main tendue lors d’une catastrophe.

Mais pour la plupart des Cubains, l’opportunité d’offrir de l’aide nous remplit de fierté patriotique, accompagnée d’une émotion que seuls peuvent comprendre les hommes et les femmes de bonne volonté sous toutes les latitudes. Parce que, en cette « époque de coronavirus », les mots « aide, coopération, œuvre commune » doivent être la norme sur toute la surface de la planète. Parce que la civilisation humaine doit comprendre une fois pour toutes que c’est ensemble seulement que nous pourrons venir à bout des tragédies et défis communs.

Cuba, fidèle à ses principes, ne pouvait agir autrement et ce n’est pas la première fois que nous agissons ainsi. La solidarité se trouve dans les gènes du peuple cubain. Elle fait partie de notre identité unique et a déjà écrit de mémorables chapitres de notre histoire.

Pour cette raison peut-être, dans cette époque de Covid-19, les regards du monde se tournent avec espoir vers Cuba et notre peuple, lequel malgré les difficultés et un blocus féroce, n’a pas hésité à réagir.

Des demandes d’aide sont venues de plusieurs endroits du monde.

Pendant ce temps, d’autres envoient des milliers de militaires en Europe pour organiser les plus grandes manœuvres depuis la guerre froide, tout en menant une campagne insultante contre la collaboration médicale cubaine dans le monde. Quelle est la réponse de Cuba ? Une armée de blouses blanches au service des démunis, plus de 400.000 professionnels de la santé qui, durant 56 ans, ont mené des missions dans 164 nations.

Les femmes et les hommes de cette île des Caraïbes ont combattu Ebola en Afrique, la cécité en Amérique latine avec l’Opération Miracle, et le choléra en Haïti. Vingt-six brigades cubaines du contingent international Henry Reeve de médecine, spécialisés en catastrophes et épidémies, – reconnu par le prix de santé publique du Dr. Lee Jong-wook, décerné par le conseil exécutif de l’Organisation Mondiale de la Santé – ont apporté leur aide dans des moments difficiles, notamment au Pakistan, en Indonésie, au Mexique, en Equateur, au Pérou, au Chili et au Venezuela.

En fait, cet événement n’a rien d’un film. C’est une expression de solidarité du peuple cubain, qui comprend que la santé est un droit de l’homme, aide autant qu’il peut ceux qui en ont le plus besoin dans les moments difficiles.

Martí a dit : « Cuba ne fait pas le tour du monde pour mendier. Elle y va comme une sœur et œuvre avec autorité. En se sauvant, elle sauve. » Alors et à présent, et dans le futur.

 

Traduit de l’anglais par Serge Delonville

Catégories: Relations internationales, Santé
Tags: , , , ,

Newsletter

Indiquez votre adresse e-mail pour vous abonner à notre service de news quotidien.

Recherchez

 

Le début de la fin des armes nucléaires

documentaire « RBUI, notre droit de vivre »

Mobilisons-nous pour Assange!

App Pressenza

App Pressenza

Milagro Sala

je vis: documentaire interactif en Grèce

International Campaign to Abolish Nuclear Weapons

International Campaign to Abolish Nuclear Weapons

Archives

Except where otherwise note, content on this site is licensed under a Creative Commons Attribution 4.0 International license.