Milagro Sala en prison : un scandale qui grandit et qui implique les pouvoirs de Jujuy, Argentine

08.02.2020 - Argentine - Redacción Mar del Plata

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Milagro Sala en prison : un scandale qui grandit et qui implique les pouvoirs de Jujuy, Argentine

Par Osvaldo Bocero, membre du Comité de Libération de Milagro Sala

Les entretiens audios récemment diffusés, dans lesquels le président du Tribunal Supérieur de Justice de Jujuy Pablo Baca, reconnaît que Milagro Sala est emprisonnée par décision du gouverneur Gerardo Morales ont déclenché un scandale entre les divers pouvoirs de la province. 

Ces preuves sont la base d’un projet de procès politique contre Baca qui encourage le blocage de députés du péronisme de Jujuy en accord avec les officiels. Ce cas a beaucoup résonné dans la province et a déclenché une série de déclarations croisées dans laquelle on continue à questionner l’indépendance du Pouvoir Judiciaire par rapport à l’Exécutif.

Depuis le blocage, on tente d’avancer sur le cas du Procureur Sergio Lello Sanchez, titulaire au Ministère Public de l’Accusation. Selon les audios entre Baca et son amie, Lello Sanchez est impliqué en tant que maître-chanteur de juges et procureurs. Il a également rédigé avec le fils du gouverneur une loi en faveur du Pouvoir Exécutif.

Après la diffusion des audios, Pablo Baca a reconnu qu’il s’agissait de sa voix, mais que les bandes avaient été manipulées, modifiées et mal interprétées. Le média qui a rendu public ces enregistrements, El Cohete a la Luna, a répondu que seule la voix de l’interlocutrice avait été modifiée pour protéger son identité.

Lundi dernier, le 3 février, devant le tollé provoqué par ses déclarations, Baca a demandé à ne pas exercer provisoirement ses fonctions, mais a affirmé qu’il ne renoncerait pas car cela reviendrait à admettre sa culpabilité. Il s’est lâchement défendu en soulignant qu’il s’agissait d’une embuscade.

Retour en arrière

Gerardo Morales a pris ses fonctions de gouverneur le 10 décembre 2015. Durant la première semaine de sa gouvernance, il a modifié la structure du Pouvoir Judiciaire. Cinq jours après sa prise de fonction seulement, il a proposé un projet visant à augmenter le nombre de membres du Tribunal Supérieur de Justice de cinq à neuf. Le vote fut favorable au projet, et deux députés radicaux qui avaient voté pour le projet ont été nommés juges du Tribunal. L’un d’eux est Pablo Baca. Les deux autres juges nommés étaient d’anciens députés radicaux. C’est ainsi que fut garantie la majorité de cinq votes pour la présidente de l’époque Clara Langhe de Falcone, également affiliée aux radicaux et ancienne avocate de Morales. Cette dernière est également connue pour avoir expliqué publiquement que l’emprisonnement de Milagro Sala correspond à ce que les gens voulaient.

Deux jours après l’élargissement du Tribunal, la Législature a accordé la création du Ministère Public de l’Accusation qui est resté sous la responsabilité de Lello Sanchez, ami du fils du gouverneur. Selon les révélations audios de Baca, c’est le gouverneur qui aurait dessiné la structure de ce Ministère.

Il est important de se souvenir que le 14 décembre de cette année-là, Milagro Sala, avec son organisation Tupac Amaru a commencé un sitting sur la Plaza Belgrano, devant le siège du gouvernement pour réclamer des subventions pour les coopératives. Morales avait manifestement décidé de ne pas faire bénéficier l’organisation de subventions.

Un mois plus tard, Milagro Sala a été arrêtée dans le cadre de cette protestation sociale, accusée de perturber l’ordre public. Ce fait ne peut pas donner suite à plus de 48 heures de détention et une amende. C’est ce laps de temps qu’ont utilisé Morales et l’appareil judiciaire à ses ordres pour dénoncer et monter des poursuites à l’encontre de la militante sociale. Quatre ans se sont écoulés et Milagro est toujours détenue (aujourd’hui assignée à résidence), tout comme d’autres membres de la Tupac. Cette détention constitue le cas le plus immoral de persécution politique en démocratie.

Fruit du hasard, cette semaine, la radicale Josefa Herrera a été titularisée au Bureau Anti-corruption de Jujuy. Elle fut conseillère de Gerardo Morales au Sénat. Interrogée sur sa proximité avec le Gouverneur, Herrera a fait une déclaration qui restera dans les anales à Jujuy : « Je resterai indépendante, ce sont les instructions de monsieur le gouverneur ».

 

Traduit de l’espagnol par Frédérique Drouet

Catégories: Amérique du Sud, Droits humains, Opinion
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