Milagro : Noble, forte, relevant les défis et digne !

28.02.2017 - Buenos Aires, Argentine - Lia Mendez

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Milagro : Noble, forte, relevant les défis et digne !
(Crédit image : agenciapacourondo.com.ar)

La violation des Droits humains en Argentine a un visage de femme. C’est le visage de Milagro Sala.

C’est ce visage qui représente des siècles d’injustice accumulée. L’injustice de la marginalisation, de la pauvreté, du dépouillement, des humiliations subies, injustice non assumée comme telle.

C’est pour cela que Milagro s’est dressée face à cet héritage forcé qui semblait n’en jamais finir, qui paraissait n’avoir aucune issue, cet héritage d’injustice si naturalisée qu’il n’y avait plus rien à espérer d’autre que l’aumône que chaque gouvernement se chargeait de renouveler tous les quatre ans.

Elle a eu la capacité, le courage et la désobéissance face à un avenir qui se présentait comme étant ainsi déterminé depuis toujours par cette frange de la société, celle qui justifie et soutient l’affirmation sans cesse répétée « qu’il y a toujours eu des pauvres ».

Et Milagro sait bien qu’il y a toujours eu des pauvres, comme elle sait qu’il y a toujours eu des canailles, des pervers, des spoliateurs, des injustes, des antidémocrates, en somme des violents. Et elle a décidé de les affronter pour donner un tournant à la direction de cette histoire.

Elle avait seulement besoin d’avoir la possibilité de montrer par une expérience concrète que le problème durant des siècles entiers est la négation constante, de la part des gouvernants, de l’accès aux droits en conditions d’égalité, et que le seul empire de l’égalité face à la loi n’assurait pas la compensation de ces siècles de dédain.

Il était nécessaire de mettre les conditions, de mettre sur le même plan en termes d’opportunités les marginalisés durant des siècles, les mettre sur le même pied d’opportunités que ceux qui ont toujours eu l’opportunité.

Et c’est cette possibilité d’établir une base d’égalité que les gouvernements de Nestor et Cristina ont permis à Milagro et à son organisation, la Tupac Amaru.

Le gouverneur de Jujuy Gerardo Morales, dans son intention destructrice, est en train de faire grandir la figure de Milagro et de confirmer la force et le sentiment d’une lutte sociale qui est déjà un exemple dans le monde entier. Une lutte à travers une construction, une lutte avec les armes que sont le travail, l’inclusion et la dignité.

Les vers sortent de la pomme mais ils ne sont pas nés d’hier, ils ont toujours été là. Ils ont agi dans la politique locale et nationale, avec la même perversion, avec la même brutalité.

Le cas Milagro résume et exhibe non seulement les immoralités de Morales mais aussi celles de la politique criminelle de Macri, politique de grande violence dans tous les domaines. La seule chose qui s’est développée durant son gouvernement est la violence : la violence des licenciements, de la destruction de l’industrie nationale, de la trahison de la souveraineté, la violence qui focalise le dépouillement du peuple travailleur.

L’histoire de Milagro est la force de l’intention et de l’esprit humain.

Où se niche-t-elle sinon dans la force qu’impulse la rébellion ? La rébellion contre ce qui a été imposé, tout ce qui n’a pas été choisi, contre l’injustice, pas seulement contre l’acte injuste mais aussi contre la méthodologie de la violence qui s’impose, se justifie, se naturalise et finit par s’installer dans la conscience humaine.

Où se niche-t-elle sinon dans la force de se rebeller en construisant, en ouvrant le futur, en apportant la liberté à chaque pas et en promouvant la libération de grands ensembles humains ?

Cette force est celle de l’esprit humain qui, malgré tout, se fraie toujours un chemin en rendant possible l’expression des meilleures aspirations.

Et Milagro a fait ce qu’elle a fait et va continuer de le faire, mue depuis ce lieu profond, où git le Sacré, ce qui n’a pas de limite.

Milagro est dotée d’une grande rébellion et surtout d’une grande spiritualité, forgée dans une culture dans laquelle l’humain occupe une place centrale, en totale opposition à l’externalité de la culture matérialiste et violente dans laquelle nous sommes immergés.

À la différence de ses bourreaux, Milagro garde sa liberté intacte, même sous les barreaux, tandis que la canaille – qui dispose de toutes les ressources matérielles pour acheter des délateurs, des corrompus et des injustes – est irrémédiablement enchaînée au ressentiment, à la haine et à la vengeance et demeure non pas dans l’obscurité d’une cellule mais dans celle d’un esprit décadent.

Force Milagro !

Ces quelques réflexions font suite à la visite d’un groupe de militants humanistes faite à Milagro Sala peu avant son anniversaire, en février 2017.

Catégories: Amérique du Sud, Droits humains, Opinion
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