Election US : nous venons peut-être d’éviter une guerre nucléaire avec la Russie

10.11.2016 - Budapest, Hongie - Tony Robinson

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Election US : nous venons peut-être d’éviter une guerre nucléaire avec la Russie
Donald Trump et Hillary Clinton (Crédit images : BU Rob13 et Gage, respectivement, Wikimedia commons)

Le monde est aujourd’hui [NDR. 9/11/2016] dans un état de choc après les résultats de l’élection présidentielle américaine. Comme lorsque le Royaume-Uni a voté pour quitter l’Union européenne, les analystes politiques et les sondages d’opinion ont complètement échoué à préparer le monde à ce qui allait se passer.

Et cela ne devrait plus nous surprendre, car il est clair que malgré tous les efforts et l’argent investis dans les sondages d’opinion, un facteur n’est pas pris en compte : la capacité humaine à mentir face à une question.

Aux Etats-Unis, pour dire que vous pourriez voter pour Trump il fallait vraiment être, soit : 1) raciste xénophobe (hostile aux étrangers) ou misogyne ; ou 2) un membre de la classe ouvrière préoccupé par son emploi et fatigué des guerres incessantes du gouvernement.

Mais les médias traditionnels ont regardé presque uniquement le racisme et le comportement personnel de Trump, et beaucoup moins sa politique économique et étrangère. Par conséquent, face à quelqu’un qui vous demande votre intention de vote, et étant donné que le seul moment et lieu où votre opinion compte, c’est quand vous mettez votre croix sur le bulletin de vote, alors les gens se sont sentis libres de mentir pour préserver une image politiquement correcte face à l’intervieweur. De même, à la question de savoir si le Royaume-Uni devait quitter ou rester dans l’UE, la réponse politiquement incorrecte était évidemment « quitter », et donc,  dans les sondages d’opinion les gens, ont préféré soit parler de leur indécision, soit mentir, laissant leur véritable réponse pour le secret de l’isoloir.

Le fait est que nous voulions vraiment une femme comme président, tout comme avant nous voulions un homme noir comme président… mais tout simplement pas cette femme (et pas cet homme noir).

Ainsi comme le Royaume-Uni l’a constaté lorsque Margaret Thatcher a été élue, être une femme ne veut pas dire avoir les caractéristiques que nous associons à la figure maternelle et que nous appréciions lorsque nous étions enfants : la force, la sagesse et la bonté. (Thatcher a eu de la force, on peut douter de sa sagesse, et quant à sa gentillesse, elle était inexistante).

Les femmes, tout comme les hommes, ont la capacité de tuer, de déclencher des guerres, d’appauvrir des communautés et d’être égoïstes ; et dans le monde dominé par les hommes de la politique néolibérale de nos soi-disant démocraties, la force, la sagesse et la bonté ne sont pas les qualités qui vous amènent à la tête de votre parti.

Donc, aujourd’hui, si nous n’étions pas préparés à l’élection de Trump comme président, nous nous réveillons un peu choqués, mais en réalité, la tâche pour les humanistes n’a pas changé.

Alors que Hillary nous aurait donné la victoire historique d’une femme : une source d’inspiration pour les femmes (et les hommes) à travers le monde pour atteindre leurs objectifs, un visage amical pour rencontrer d’autres leaders mondiaux, et quelqu’un pouvant lutter pour les droits des femmes, la communauté LGBT, les minorités ethniques, etc.. elle aurait pu aussi nous amener à une escalade de tensions avec la Russie, à une situation pire encore en Syrie et en Ukraine, et peut-être même à une troisième guerre mondiale, avec tous les risques pour l’humanité qu’implique l’utilisation des armes nucléaires.

De l’autre côté, nous avons Trump, une source d’inspiration pour les racistes, les misogynes et les personnes intolérantes aux différences, un homme qui a l’intention de construire un mur entre le Mexique et les Etats-Unis, et de tenir à l’écart 1,6 milliard de musulmans du monde des Etats-Unis. Mais peut-être sa sympathie apparente vers la Russie signifie-t-elle que nous allons éviter une guerre nucléaire et la fin de l’humanité.

Quelle que soit la situation que l’on aurait pu avoir sous Clinton et ce qu’elle sera sous Trump, pour ceux d’entre nous qui veulent une Nation Humaine Universelle, notre tâche n’a pas changé. Le prochain président des Etats-Unis ne fera rien de plus que déplacer les chaises sur le pont du Titanic qui se dirige vers l’iceberg.

La tâche des humanistes est de prendre la barre du navire (ou inspirer quelqu’un pour le faire) et de changer la direction du bateau. Nous avons besoin de l’orienter vers la Nation Humaine Universelle où la vie humaine est la valeur centrale et où l’argent et le pouvoir sont au service de l’humanité et non pas  l’inverse comme nous le vivons aujourd’hui. Ni Hillary ni Trump ne pourrait jamais imaginer, même à distance, nous aider à faire cela.

Catégories: Opinion
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