“RIO CAMERA KIDS”, un projet pour que les jeunes des favelas de Rio de Janeiro se construisent en dehors des modèles violents.

17.06.2015 - Marie-Laurence Chanut Sapin

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“RIO CAMERA KIDS”, un projet pour que les jeunes des favelas de Rio de Janeiro se construisent en dehors des modèles violents.
(Crédit image : Sandrine Dionys - Bondy Blog)

Marco Nicoletti a une vraie sensibilité aux autres. Ce cinéaste italien, aujourd’hui installé en France, aime filmer les gens mais il aime surtout leur donner la parole et les aider à découvrir leur capacité créative.

Son nouveau projet “Rio Caméra Kids” qui va se dérouler dans la favela Rocinha récemment pacifiée de Rio de Janeiro au Brésil est la continuité logique d’un long parcours à la rencontre de jeunes – enfants ou adolescents – aux conditions de vie particulièrement difficiles.

 

En 2007, il y a eu un roman-photos réalisé avec des gamins qui travaillaient sur une décharge publique au Guatemala. Celui-ci racontait une histoire, celle de leurs vies, résumée, imagée et sortie tout droit de leur imaginaire. En faisant ce travail créatif, ils ont découvert que s’exprimer leur  était possible.

Dans le même esprit, en Angola en 2005, Marco Nicoletti a accompagné des jeunes – enfants et adolescents – pour faire une bande dessinée.

De 2002 à 2010 au Salvador, c’est un travail de prévention sur les problèmes de violence qui a été mené démontrant que les jeunes sont capables de s’en éloigner pour peu qu’on leur en donne la possibilité.

“Rio Caméra kids” s’inscrit dans la même veine : favoriser l’expression et faire comprendre à des jeunes que leur futur n’est pas conditionné par leur histoire personnelle mais qu’ils peuvent se donner les moyens de le construire avec leurs propres intentions.

Modifier l’image qu’ils ont d’eux-mêmes peut tout changer pour ces jeunes issus d’une immense et dangereuse favela de 5000 personnes où le narcotrafic fait partie du paysage quotidien. Ces gamins, dit Marco Nicoletti, ont une culture du rap et du graffiti mais ont besoin de se trouver une vraie identité et doivent comprendre qu’un circuit économique légal, autre que celui de l’économie criminelle, existe. L’outil audiovisuel peut leur permettre de se révéler de façon créative et être utilisé comme moyen de communication.

 

Concrètement, l’idée est de leur apprendre à faire des films de quelques minutes dans lesquels ils interprètent leur vie et donnent leur vision de la favela. Le réalisateur les guide pour construire une histoire, ce qui selon lui, n’est pas si difficile puisque cela revient à structurer une idée et à la mettre en scène en laissant aller sa propre inspiration. Puis il se place derrière la caméra, leur demande de “faire les acteurs” et les laisse jouer spontanément pour préserver l’immédiateté et l’improvisation qui révèlent souvent des choses intéressantes.

Ces petits films seront mis sur un site web auquel ils auront accès. Ils pourront y déposer les vidéos qu’ils feront par la suite et/ou échanger des images avec d’autres cinéastes du Brésil et d’ailleurs.

Pour conclure cette aventure en beauté, un documentaire sur le processus sera présenté dans un théâtre de Rio, ainsi qu’une projection des films réalisés. A cette occasion, la meilleure production sera primée.

Avec cette méthode comme outil de transmission et l’expérience directe, l’idée est de favoriser le plus possible l’autonomie et la reproduction de ce qui a été fait.

 

Ce programme a également pour objectif de démontrer que réaliser un film avec peu de moyens est possible.

Marco Nicoletti a écrit à ce sujet une méthode “One euro le film” qu’il a récemment présentée lors d’une masterclass du Bondy Blog, présentation suivie d’un exercice pratique – écriture de l’histoire, tournage et montage dans la foulée – .

Le choix du Bondy Blog n’est pas anodin car ce média installé depuis 10 ans – suite aux émeutes de 2005 – en Seine-Saint-Denis à proximité de Paris, un département souvent stigmatisé, a toujours eu pour vocation de permettre à ceux qui y vivent au quotidien de raconter eux-mêmes leurs banlieues, et au-delà de cela de donner leurs opinions et leurs ressentis.

Le mini-film réalisé par les bloggeurs peut être vu en allant directement sur le site du Bondy Blog : http://bondyblog.liberation.fr/201505182100/%E2%80%AF1euro-film%E2%80%AFr-lart-de-realiser-un-film-sans-argent/#.VYFaw6bqSbI ou avec ce lien https://vimeo.com/129786237

 

Et si vous êtes sensible au projet “Rio Caméra kids”, vous pouvez d’une part le suivre à partir de sa page facebook – https://www.facebook.com/riocamerakids – d’autre part participer à la campagne de crowdfounding qui a lieu en ce moment – https://kriticalmass.com/p/riocamerakids.

Catégories: Amérique du Sud, Culture et Médias, Droits humains, Education, Europe, International
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