La guerre par les médias et le triomphe de la propagande

24.01.2015 - Rédaction France

La guerre par les médias et le triomphe de la propagande
Crédits image : johnpilger.com

Par John Pilger

Pourquoi tant de journalisme a-t-il succombé à la propagande ? Pourquoi la censure et la distorsion sont-elles la pratique standard ? Pourquoi la BBC est-elle si souvent un porte-parole d’un pouvoir rapace ? Pourquoi le New York Times et le Washington Post trompent-ils leurs lecteurs ? Pourquoi n’enseigne-t-on pas aux jeunes journalistes à comprendre les programmes des médias et à contester la haute prétention et le faible objectif d’une objectivité truquée ? Et pourquoi ne leur enseigne-t-on pas que l’essence de beaucoup de ce qu’on appelle les médias dominants n’est pas de l’information, mais du pouvoir ?

 Ce sont des questions urgentes. Le monde est confronté à la perspective d’une guerre majeure, peut-être d’une guerre nucléaire – avec les Etats-Unis clairement déterminés à isoler et à provoquer la Russie et éventuellement la Chine. Cette vérité est tournée sens dessus dessous et à l’intérieur et à l’extérieur par des journalistes, y compris ceux qui ont favorisé les mensonges qui ont conduit au bain de sang en Irak en 2003.

La période que nous vivons est si dangereuse et si faussée dans la perception publique que la propagande n’est plus, comme l’appelait Edward Bernays, « un gouvernement invisible ». C’est le gouvernement. Il règne directement sans crainte de contradictions et son but principal est de nous conquérir : notre sens du monde, notre capacité de séparer la vérité des mensonges.

La période de l’information est en réalité, une période de médias. On a la guerre par les médias, la censure par les médias, la diabolisation par les médias, le châtiment par les médias, les distractions par les médias – une chaîne de montage surréaliste de clichés dociles et de fausses suppositions.

Ce pouvoir de créer une nouvelle « réalité » est en construction depuis longtemps. Il y a 45 ans, un livre intitulé The Greening of America (La prise de conscience écologique de l’Amérique) avait fait sensation. Sur la couverture, ces mots : « Une révolution est en route. Elle ne sera pas comme les révolutions du passé. Elle tirera son origine l’individu. »

J’étais correspondant aux Etats-Unis à cette époque-là et je me souviens de l’élévation d’un jour à l’autre au statut de gourou de l’auteur, un jeune universitaire de Yale, Charles Reich. Son message était de dire que la vérité et l’action politique avaient échoué et que seules « la culture » et l’introspection pouvaient changer le monde.

En quelques années, poussé par les forces du profit, le culte du « moi-isme » avait presque écrasé notre sens d’agir ensemble, notre sens de justice sociale et l’internationalisme. La classe, le genre et la race étaient séparés. Le personnel était la politique, et les médias étaient le message.

A la suite de la guerre froide, la fabrication de nouvelles « menaces » a complété la désorientation politique de ceux, qui vingt ans plus tôt, auraient formé une opposition véhémente.

En 2003, j’ai filmé une interview à Washington avec Charles Lewis, le distingué journaliste d’investigation américain. Nous avons discuté de l’invasion de l’Irak, quelques mois plus tôt. Je lui ai demandé, « Que se serait-il passé si le média le plus libre dans le monde avait sérieusement contesté George Bush et Donald Rumsfeld et avait vérifié leurs déclarations, au lieu de transmettre ce qui s’est révélé être pure propagande? » Il a répliqué que si nous, les journalistes avions fait notre boulot « Il y a une très, très grande chance qu’on ne serait pas parti en guerre en Irak. » C’est une déclaration épouvantable, et qui est soutenue par d’autres journalistes célèbres à qui j’ai posé la même question. Dan Rather, anciennement de CBS m’a dit la même chose. David Rose de l’Observer et des journalistes et des producteurs importants de la BBC qui ont souhaité garder l’anonymat, m’ont fait la même réponse.

En d’autres mots, si les journalistes avaient fait leur boulot, s’ils avaient interrogé et investigué la propagande au lieu de l’amplifier, des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants pourraient être en vie aujourd’hui, des millions d’autres n’auraient pas fui leur maison, la guerre sectaire entre Sunnites et Chiites pourrait n’avoir jamais été allumée, et l’infâme Etat islamique ne pas exister maintenant.

Même maintenant, malgré les millions de personnes qui sont descendues dans la rue pour protester, la plupart des gens dans les pays occidentaux n’ont qu’une petite idée de l’envergure des crimes commis par nos gouvernements en Irak. Encore moins sont conscients que pendant les 12 ans qui ont précédé l’invasion, les gouvernements américain et britannique avaient mis en place un plan de génocide en refusant aux populations civiles de l’Irak les moyens d’existence. Tels sont les mots d’un représentant britannique, important responsable dans les années 1990 pour les sanctions en Irak  – où eu lieu un siège moyenâgeux causant la mort d’un demi-million d’enfants de moins de cinq ans, rapporté par l’UNICEF. Le nom du représentant est Carne Ross. Au bureau des Affaires étrangères à Londres, il était connu comme “M. Irak”. Aujourd’hui il raconte la vérité sur comment les gouvernements trompent et comment les journalistes répandent de plein gré la duperie. « Nous alimentions les journalistes de renseignements apparemment factuels ou expurgés, » m’a-t-il dit, « sinon on les excluait. »

Le principal dénonciateur  pendant cette terrible période de silence était Denis Halliday. A ce moment-là, assistant du Secrétaire général des Nations Unies et  autorité supérieure de l’ONU en Irak, Denis Halliday a démissionné au lieu d’appliquer une politique qu’il a décrite comme génocidaire. Il estime que les sanctions ont tué plus d’un million d’Irakiens. Ce qui est arrivé alors à Halliday est instructif. Il a été vaporisé. Ou il a été diffamé. Sur le programme « Newsnight » de la BBC, le présentateur Jeremy Paxman lui a crié :  » N’êtes-vous pas simplement un apologiste de Saddam Hussein ? ». Le Guardian a récemment décrit ceci comme un des « moments mémorables » de Paxman. La semaine dernière, Paxman a signé un contrat d’un million de livres sterling avec une maison d’édition.

Les serviteurs de la répression ont bien fait leur travail. Jugez plutôt les résultats.

En 2013, un sondage ComRes a montré qu’une majorité du public britannique croyait que le nombre des victimes en Irak était inférieur à 10.000 – une petite fraction de la vérité. Une traînée de sang qui va de l’Irak à Londres a été nettoyée presqu’à fond.

On dit que Rupert Murdoch est le parrain de la clique médiatique, et personne ne devrait douter de l’augmentation de pouvoir de ses journaux – tous ses 127 journaux, avec un tirage total de 40 millions d’exemplaires, et son réseau Fox. Mais l’influence de l’empire Murdoch n’est pas plus grande que son reflet dans le reste des médias.

La propagande la plus efficace se trouve non pas dans le Sun ou sur Fox News, mais sous une auréole libérale. Quand le New York Times a publié des déclarations que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive, on a cru ce faux témoignage parce que ce n’était pas Fox News qui le diffusait mais le New York Times. La même chose est vraie pour le Washington Post et the Guardian, qui ont tous deux joué un rôle critique en conditionnant leurs lecteurs à accepter une guerre froide nouvelle et dangereuse. Les trois journaux libéraux ont déformé les événements en Ukraine comme un acte pernicieux de la Russie – quand, en fait, le coup dirigé par des fascistes en Ukraine, était le travail des Etats-Unis, aidés par l’Allemagne et l’OTAN. L’inversion de la réalité est tellement omniprésente que l’encerclement militaire et l’intimidation de la Russie par Washington ne sont même pas contestés. Ce ne sont même pas des nouvelles, mais de la dissimulation derrière une campagne de diffamation ou pour faire peur, du genre de celle avec laquelle j’ai grandi pendant la guerre froide. Une fois de plus, l’empire du mal est venu nous chercher, dirigé par un autre Staline ou paradoxalement, un nouvel Hitler. Nommez votre démon et en avant!

La dissimulation de la vérité sur l’Ukraine est un des black-out le plus complet dont je puisse me souvenir. La plus grande construction militaire occidentale dans le Caucase et l’Europe de l’Est depuis la Seconde guerre mondiale est effacée. L’aide secrète de Washington à Kiev et à ses brigades néo-nazies responsables de crimes de guerre contre la population d’Ukraine de l’Est est effacée. Des preuves qui contredisent la propagande que la Russie était responsable du tir contre un avion de ligne malais sont effacées. Et de nouveau, des médias supposés libéraux sont les censeurs. Ne citant pas de faits, pas de preuves, un seul journaliste a identifié un dirigeant pro-russe en Ukraine comme l’homme qui a abattu l’avion de ligne malais. Cet homme, a-t-il écrit, est connu comme le Démon. C’était un homme effrayant qui avait fait peur au journaliste.  Ça, c’était la preuve.

Beaucoup de médias occidentaux ont travaillé dur pour présenter la population ethnique russe d’Ukraine comme des étrangers dans leur propre pays, presque jamais comme des Ukrainiens cherchant une fédération à l’intérieur de l’Ukraine et comme des citoyens ukrainiens résistant contre un coup orchestré par l’étranger contre leur gouvernement élu.

Ce que le président russe a à dire n’a aucune importance ; c’est un pantomime de méchant dont on peut abuser en toute impunité. Un général américain qui dirige l’OTAN tout droit sorti du film Docteur Folamour – le Général Breedlove – parle systématiquement d’invasions russes sans l’ombre d’une évidence visuelle. Son imitation du personnage de Stanley Kubrick le Général Jack D. Ripper est tout simplement parfaite. Quarante mille Russes sont massés à la frontière, d’après Breedlove. Ça a suffi au New York Times, au Washington Post et à l’Observer – ce dernier s’étant déjà précédemment distingué par des mensonges et des inventions visant à soutenir l’invasion de l’Irak par Blair, comme l’a révélé un ancien journaliste du quotidien, David Rose.

On croirait à une blague de réunion d’anciens élèves de promo:  les « agents de presse » du Washington Post sont les mêmes éditorialistes qui avaient déclaré que les armes de destruction massive de Saddam étaient « des faits vérifiés ».

« Si on se demande, » a écrit Robert Parry, « comment le monde pourrait s’engager dans la Troisième Guerre mondiale – en grande partie comme il l’a fait pour la Première Guerre mondiale, il y a cent ans – tout ce qu’on a à faire est de regarder la folie qui a entouré virtuellement l’entière structure politique/médiatique américaine  au sujet de l’Ukraine où un faux récit de casquettes blanches contre des casquettes noires a été diffusé dès le début et s’est avéré imperméable aux faits ou à la raison. » Parry, le journaliste qui a révélé l’Irangate, est un des rares qui enquête sur le rôle central des médias dans ce « jeu de poulets », comme l’a appelé le Ministre russe des Affaires étrangères. Mais est-ce un jeu ? Pendant que j’écris ceci, le congrès américain vote la Résolution 758 qui en un mot dit : « Soyons prêts pour une guerre contre la Russie. »

Au 19ème  siècle, l’écrivain Alexander Herzen décrivait le libéralisme laïc comme « l’ultime religion, bien que son église ne soit pas dans l’autre monde mais dans celui-ci ». Aujourd’hui, ce droit divin est bien plus violent et dangereux que n’importe quoi que le monde musulman puisse  créer, bien que peut-être son plus grand triomphe soit l’illusion d’une information libre et ouverte.

Dans l’actualité, des pays entiers sont appelés à disparaître. L’Arabie saoudite, la source de l’extrémisme et de la terreur soutenue par l’occident, n’est pas un récit, sauf quand elle pousse le prix du pétrole vers le bas. Le Yémen a subi 12 ans d’attaques américaines de drones. Qui sait cela ? Qui s’en soucie ?

En 2009, l’Université de l’Ouest de l’Angleterre a publié les résultats d’une étude sur  10 ans de couverture de la BBC du Venezuela. Sur les 304 reportages diffusés, seuls trois mentionnent des politiques positives introduites par le gouvernement d’Hugo Chavez. Le plus grand programme d’alphabétisation dans l’histoire humaine y est  à peine mentionné. En Europe et aux Etats-Unis, des millions de lecteurs et  de téléspectateurs ne savent pratiquement rien sur les changements de vie remarquables appliqués en Amérique latine, dont beaucoup inspirés par Chavez. Comme la BBC, les informations du New York Times, du Washington Post, du Guardian et le reste des respectables médias occidentaux étaient notoirement de mauvaise foi. On s’est même moqué de Chavez sur son lit de mort. Comment explique-t-on cela, je me le demande, dans des écoles de journalisme ?

Pourquoi des millions de gens en Grande Bretagne sont-ils persuadés qu’une punition collective appelée « austérité » est nécessaire ? A la suite du crash économique en 2008, un système pourri a été dénoncé. Pendant une fraction de seconde les banques ont été alignées comme escrocs avec des obligations envers le public qu’elles avaient trahi. Mais, en l’espace de quelques mois, – à part quelques-unes envoyées en l’air pour des « bonus » excessifs – le message a changé. Les photos d’identité judiciaire de banquiers coupables se sont évaporées des journaux et quelque chose appelé « austérité » est devenu le fardeau de millions de gens ordinaires. Y a-t -il  jamais eu tour de passe plus effronté ?

Aujourd’hui beaucoup des prémisses d’une vie civilisée en Grande-Bretagne sont démantelées afin de rembourser une dette frauduleuse – la dette d’escrocs. Les coupes de « l’austérité » sont estimées à 83 milliards de livres sterling. C’est presque exactement le montant des impôts évité par les mêmes banques et des entreprises comme Amazon et Murdoch’s News UK. De plus, on donne aux banques malhonnêtes une subvention annuelle de 100 milliards de livres sterling en assurance gratuite et en garanties – un montant qui financerait complètement le système national de santé. La crise économique est de la pure propagande. Des politiques extrêmes dirigent maintenant la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, et une grande partie de l’Europe, du Canada et de l’Australie. Qui se lève pour la majorité ? Qui raconte leur histoire ? Qui clarifie les choses à ce sujet ? N’est-ce pas ce que les journalistes sont supposés faire ?

En 1977, Carl Bernstein, célèbre pour le Watergate a révélé que plus que 400 journalistes et des cadres de l’information travaillaient pour la CIA. Parmi eux, des journalistes du New York Times, du Time et de réseaux de télévision. En 1991, Richard Norton Taylor du Guardian a révélé quelque chose de semblable dans son pays.

Rien de tout cela n’est nécessaire aujourd’hui. Je doute que quelqu’un ait payé le Washington Post et beaucoup d’autres diffuseurs médiatiques pour accuser Edward Snowden d’aider le terrorisme. Je doute que quelqu’un paie ceux qui systématiquement diffament Julian Assange – bien que d’autres récompenses peuvent être abondantes. Il est clair pour moi que la raison principale pour laquelle Assange a attiré autant de venin, de malveillance et de jalousie est que WikiLeaks a démoli la façade d’une élite politique corrompue maintenue intacte par les journalistes. En proclamant une époque extraordinaire de révélations, Assange s’est fait des ennemis en illustrant et faisant honte aux portiers des médias, et en particulier au journal qui a publié et s’est approprié cette grande exclusivité. Il est devenu non seulement une cible mais une poule aux œufs d’or. Des livres lucratifs et des accords de films à Hollywood ont été conclus et des carrières médiatiques lancées ou démarrées sur le dos de WikiLeaks et de son fondateur. Des gens ont fait beaucoup d’argent, tandis que WikiLeaks a lutté pour survivre.

Rien de tout cela n’a été mentionné à Stockholm, le 1er décembre quand l’éditeur du Guardian, Alan Rusbridger, a partagé avec Edward Snowden le Right Livelihood Award, connu comme un Prix Nobel de la paix alternatif. Ce qui était choquant au sujet de cet événement était qu’Assange et WikiLeaks étaient évaporés. Ils étaient des non-personnes. Personne n’a parlé en faveur de l’homme qui a été le premier à dénoncer digitalement et a fourni au Guardian une des meilleures exclusivités dans l’histoire. De plus, c’était Assange et son équipe WikiLeaks qui ont effectivement et brillamment – sauvé Edward Snowden à Hong Kong et lui ont assuré la sécurité. Pas un mot de cela. Ce qui a rendu cette censure par omission si ironique, poignante et scandaleuse était que la cérémonie se déroulait au Parlement suédois – où le silence veule sur le cas Assange était de connivence avec une grotesque erreur judiciaire à Stockholm.

« Quand la vérité est remplacée par le silence, » disait le dissident soviétique Yevtushenko, « le silence est un mensonge ». C’est ce genre de silence que nous, journalistes, devons briser. Nous devons nous regarder dans un miroir. Nous devons appeler à la responsabilisation un média irresponsable qui sert le pouvoir et une psychose qui menace le monde d’une guerre mondiale.

Au 18e siècle, Edmund Burke a décrit le rôle de la presse comme un Quatrième pouvoir contrôlant les puissants. Cela a-t-il jamais été vrai ? Cela ne marche certainement plus. Ce dont nous avons besoin est d’un Cinquième pouvoir: un journalisme qui contrôle, qui déconstruit et contrecarre la propagande et enseigne aux jeunes à être des agents du peuple, pas ceux du pouvoir. Nous avons besoin de ce que les Russes appelaient perestroika –une insurrection contre la connaissance assujettie. Je l’appellerais le journalisme réel.

Cent ans ont passé depuis la Première Guerre mondiale. Des journalistes ont alors été récompensés et anoblis pour leur silence et leur collusion. Au plus fort du massacre, le Premier ministre britannique David Lloyd George s’est confié à C.P. Scott, éditeur du Manchester Guardian : « Si les gens savaient vraiment (la vérité) la guerre serait arrêtée demain, mais bien sûr, ils ne savent pas et n’ont pas la possibilité de savoir. »

Il est temps qu’ils sachent.

TRADUCTION : Nicolas Caseaux Source : http://johnpilger.com/articles/war-…

 

 

Catégories: Culture et Médias, Opinion, Politique
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