Des problèmes inspirent une solution ingénieuse dans une ville amazonienne du Pérou

12.08.2014 - Inter Press Service

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Des problèmes inspirent une solution ingénieuse dans une ville amazonienne du Pérou
(Crédit image : Crédits photo: Milagros Salazar/IPS)

Un résident de Jepelacio porte un bidon bleu de 20 litres, rempli d’ «eau de Jepe », le long d’une route poussiéreuse mais propre de cette ville dans l’Amazonie péruvienne, une routine de santé que beaucoup de familles font tous les jours.

Par Milagros Salazar

Il a peut-être l’air d’un rappeur, mais à trente-trois ans José Antonio Bardález est le maire de Jepelacio, dans l’Amazonie péruvienne. Ces innovations ingénieuses dans la municipalité comprennent la transformation de la gestion des déchets en une source de revenue et d’avoir transformé l’eau de source en une source d’eau potable.

« Je suis un ingénieur civil, mais les personnes pensent que je suis un ingénieur environnemental », déclare le maire à IPS en conduisant sa camionnette et en s’arrêtant fréquemment pour saluer et blaguer avec les locaux du district, situé dans le département de San Martín, dans la région amazonienne du Nord du pays.

Les bidons bleus d’«eau de Jepe » qui attirent l’œil, sont livrés gratuitement aux écoles et à 100 « familles en bonne santé », qui ont gardé leurs maisons et les environs propres et qui disposent leurs déchets de façons appropriées.

Bardález porte des jeans en denim déchirés et des lunettes foncées et se met du gel dans ses cheveux. Sa camionnette noire, avec des vitres polarisées, fait partie de son image, et il a réarrangé les lettres du nom de la marque pour pouvoir écrire « Jepe », la marque des produits de développement durable de la ville.

Jepelacio, l’un des principaux districts de la province de Mayobomba, est peuplée par 20 000 personnes à travers 70 villages. La plupart des gens vivent de l’agriculture, principalement la production de plantes de café. Le district a une biodiversité luxuriante, mais souffre également de graves problèmes de déforestation.

Entre 2006 et 2011, les zones de déforestation à San Martín sont tombées à une moyenne de 36%, mais le niveau de déforestation dans la vallée du Gera, l’un des principaux bassins de Jepelacio, se trouve encore à 65%, selon l’ ONG Asociación Amazónicos por la Amazonia (AMPA – Amazonians for the Amazon (les Amazoniens pour l’Amazone))

La moitié de la population vit dans la pauvreté et 26% des enfants de moins de 5 ans souffrait de malnutrition chronique en 2009, selon les figures officielles.

Lorsque Bardález a été élu maire à la fin de l’année 2010, il a décidé de tourner ce désavantage en une opportunité de changement. Son budget mensuel était de 93 000 dollars, soit à peu près 4 dollars par tête.

Il a commencé à mobiliser les locaux pour la collecte de la poubelle à être transformé en engrais agricoles à bas prix. Les familles locales gardent les rues propres et trient les matériaux organiques des matériaux inorganiques en les mettant dans des seaux en plastique, des sacs, des bagages ou tous autres récipients appropriés.

Des petits récipients de déchets triés peuvent être vus à l’extérieur des maisons qui bordent les rues poussiéreuses et non pavées de Jepelacio. Ceux-ci sont vidés par le personnel municipal et les déchets sont traités à l’aide de micro-organismes efficaces trouvés dans un mélange de levure, de mélasse, de lactosérum et de panse de vache.

Un litre de cette culture de fermentation peut décomposer 100 tonnes de matériaux organiques, dit le maire. En cinq jours, les matériaux des déchets peuvent atteindre une température de 70°C, et le résidu est passé travers un tamis jusqu’à l’obtention du produit final « l’engrais de Jepe ». Ce processus dure un peu plus de deux semaines.

Tous les mois, le district municipal décompose 30 tonnes de matériaux organiques, pour un coût de 3 500 dollars, qui est couvert par la vente de l’engrais à 143 dollars la tonne.

Selon l’opinion de Bardález c’est une formule gagnante, car construire une décharge sanitaire pour vider les déchets coûterait presque un million de dollars, l’équivalent du budget municipal d’un an et cela l’empêcherait de faire d’autres expériences.

« L’avantage des micro-organismes est qu’elles ne génèrent pas de mauvaises odeurs, il n’y a pas non plus de pollution et les gens apprennent à traiter les ordures dans le but d’en tirer un revenue en vendant des engrais », dit-il.

Pour répliquer ce projet, la municipalité organise un concours de mini fabrique d’engrais dans 10 villages environnants. « Cela signifie que j’ai obtenu 10 cantons propres », a déclaré le maire.

Dans les classes supérieures des écoles secondaires du district, les élèves apprennent comment fabriquer de l’engrais, ainsi que les bases nécessaires pour gérer une entreprise familiale, afin de pouvoir améliorer la gestion des fermes familiales.

« Cet engrais a de la valeur. Cela ne vaut pas la peine de le donner gratuitement, si c’est gratuit pour les personnes, cela n’a aucune valeur pour eux » dit Bardález. Il explique que certains programmes gouvernementaux donnent des sacs d’engrais aux fermiers, et au lieu de les utiliser, ils les vendent à moitié prix afin d’avoir de l’argent liquide.

« C’est bien qu’ils produisent de l’engrais pour le vendre à des personnes à moindre frais », dit Martina Díaz Vásquez, une mère de sept enfants de 39 ans. Elle a dit à IPS qu’elle est venue à Jepelacio de Cajamarca à l’âge de 11 ans.

Plus de 80 pour cent des résidents du district sont originaires d’autres départements, principalement des régions des Andes de Cajamarca et de Piura. Le challenge c’est de les impliquer dans un projet dans une zone autre que là où ils sont nés, dit la directrice AMPA Karina Pinasco à IPS.

« C’est très innovant pour une autorité de transformer un problème (tel que les déchets) en une opportunité. Je n’ai pas vu cela ailleurs à San Martín » dit Pinasco.

L’ingénuité de Bardález a été appliquée à d’autres projets municipaux liés aux ressources naturelles du district.

Le maire a vu le potentiel de rendre l’eau claire des sources naturelles propres à la consommation humaine et ainsi résoudre le problème des maladies diarrhéiques dans le district. Maintenant, l’eau est filtrée et traitée avec des tiges fines en argent, qui ont un puissant effet bactéricide.

Ces deux dernières années, les résidents ont pu acheter des conteneurs de 20 litres d’eau potable pour moins de 50 centimes. « Si elle est bonne à boire, nous n’avons plus besoin de bouillir notre eau. Nous économisons du temps et de l’argent », explique Margarita Delbado qui a trois enfants à IPS.

À présent les bidons bleus d ‘« eau de Jepe »qui attirent l’oeil sont livrés gratuitement aux écoles et à 100 « familles en bonne santé », qui ont gardé leurs maisons et les environs propres et qui disposent leurs déchets de façon appropriées.

En avril 2013, la municipalité de Jepelacio a été reconnu par le gouvernement départemental de San Martín entant qu’alliée clé pour la mise en œuvre d’un programme spécial visant à l’amélioration de la nutrition des enfants.

En décembre, le ministère de la santé a reconnu en tant que la seule municipalité qui a contribué à surmonter les problèmes sociaux qui affectent la santé des personnes.

En plus de la gestion des déchets et du traitement de l’eau, une piscine naturelle a été créee sous une cascade sur le ruisseau du Rumi Yacu. Un trou d’eau a simplement été endigué et entouré de pierres, créant un espace de loisirs pour les enfants et les familles.

« L’innovation peut se faire par des petites étapes. La prochaine étape est de fournir plus d’eau de Jepe pour le district entier, d’améliorer le traitement de déchets et de continuer à faire des progrès, » dit Bardález qui s’est lancé dans la politique à cause du fait que dans son travail technique il ne pouvait pas faire les changements qu’il voulait.

Au début de son mandat il a demandé un emprunt pour acheter de l’équipement lourd. Les critiques s’abattirent sur lui: Pourquoi acheter un excavateur, un tracteur, un bulldozer ou une benne à ordures? Se sont posé les gens.

Mais ces voix ont disparu lorsque les personnes ont vu les rues qui se construisaient et les pierres qui ont été retirés. Bardález est convaincu que cela en valait le risque. Et en effet c’est ce qu’il a fait.

Traduction de l’anglais : Catherine Pageault

 

 

Catégories: Amérique du Sud, Ecologie et Environnement, Economie, Opinion, Peuples originaires
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