Lorsque le pénis devient une arme ou un outil de torture

06.02.2014 - Silvia Swinden

Cet article est aussi disponible en: Anglais

Crédits du graphique : « All India Crimes against Women during 2011-2012 » publié par le National Crime Records Bureau. Auteur : Kenfyre. Wikimedia Commons

Un nouveau viol collectif a eu lieu en Inde, en zone rurale cette fois-ci. Une jeune femme a été trouvée en compagnie d’un homme de religion musulmane venant d’un autre village. Le conseil du village a alors imposé une lourde amende à la famille de la jeune femme. Mais n’ayant pas les moyens de la payer, cette dernière aurait alors été violée collectivement par les hommes de son village.

Il a été défendu à la famille d’avertir les autorités mais compte tenu de ses saignements importants, la jeune femme a été discrètement emmenée à l’hôpital deux jours plus tard. La police a été avertie et le Guardian newspaper a dépêché l’un de ses correspondants sur place pour couvrir l’affaire.

Il est quasiment possible d’entendre les soupirs pleins de rage et d’impuissance des femmes du monde entier mais également de la plupart des hommes. Comment une chose pareille est-elle possible ? Comment l’Inde peut-elle être à la fois empreinte d’une révolution scientifique et technologique et de poches culturelles fermement ancrées dans des pratiques anachroniques, datant d’une époque où les femmes étaient considérées comme inférieures, voire inhumaines ? Non pas qu’il s’agisse d’un problème propre à l’Inde.

Malheureusement la liberté et (la quasi) égalité dont jouissent aujourd’hui de nombreuses femmes de par le monde ne sont pas partagées par tous et les exemples de violence sexuelle continue à voir le jour un peu partout. Tandis que les violations des droits de l’homme sont aujourd’hui encore condamnables, le cas particulier de la violence sexuelle constitue l’un des symptômes d’une maladie bien plus répandue qui se transmet de génération en génération, de famille en société et engloutit aussi bien les hommes que les femmes dans le bourbier de la déshumanisation.

Il existe d’ores et déjà un consensus comme quoi le viol n’est pas un acte sexuel mais bien une agression. En temps de guerre les femmes sont violées dans le seul but de revendiquer le pouvoir des conquérants. De manière générale, les violeurs qui agissent seuls manquent tellement d’amour propre qu’ils ont le sentiment de ne pouvoir revendiquer leur pouvoir sur les femmes qu’en ayant recours à cet acte brutal. La torture sous forme de viol ou d’humiliation sexuelle est d’ordinaire davantage infligée aux victimes de sexe féminin (bien qu’il ne s’agisse pas d’une exclusivité) et continue d’exister.

Cet épisode est peut-être plus difficile à comprendre socialement, puisqu’il semblerait que tout le village, hommes et femmes, ait participé à la création des conditions de cette « punition ». Pas d’erreur possible dans ce cas précis, les hommes ont été autorisés à utiliser leurs organes sexuels comme une sorte d’arme pour imposer ce qui semble être leur « justice ». Leurs femmes nient les actes commis par leurs maris mais les examens médicaux semblent confirmer le récit de la victime. En cas de confirmation, cet évènement relèverait directement de la torture et aucune « relativité culturelle » ne pourrait justifier le fait «  de ne pas se mêler de la vie des autres » en cas de confrontation à une telle violence. Et comme le disait Martin Luther King : « Toute injustice, où qu’elle se produise, est une menace pour la justice partout ailleurs. »

Désolée de me répéter

Il y a de nombreux endroits dans le monde, comme le village en question, où les gens ont un accès très restreint à l’éducation. Mais même lorsqu’ils ont cette chance, une éducation spécifiquement tournée vers une diminution des violences (toutes formes de violences confondues) constituant certainement le seul moyen d’empêcher toute autre violence envers les femmes, est absente de la plupart des programmes. C’est bien triste. Une structure légale adaptée à la gestion de tels crimes est nécessaire. Malheureusement la prévention contre ces crimes ne peut se comparer à l’éducation de masse.

Le désir compréhensible d’auto-défense des « Brigades rouges », n’aurait pas pu protéger la jeune femme dans ce cas. Une formation pour ceux qui souhaitent entreprendre de nombreuses formes différentes d’Éducation à la Non-violence est accessible gratuitement en ligne. La société civile peut dès maintenant commencer à réseauter pour atteindre un certain niveau de dissémination de cette connaissance de base, mais en fin de compte, seule l’éducation soutenue par le gouvernement pourra atteindre la pleine portée que cette urgence requiert.

Traduction de l’anglais : Marion Grandin

 

Catégories: Droits humains, Education, International, Nonviolence, Opinion
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