Des monnaies à buts non lucratifs

14.10.2013 - France Libertes

Des monnaies à buts non lucratifs
(Crédit image : Image : formaRezo | Commons Wikipedia)

Qu’est ce que la richesse ? Cette question est le fil conducteur de l’action de France Libertés, dans le cadre du programme « Reconsidérer la richesse ».

L’ampleur des crises financières sociales et écologiques qui secouent le monde, montre de manière dramatique les limites du modèle capitaliste. Ce qui nous incitent à penser la société que nous voulons construire pour demain. Pour cela, nous devons identifier ce qui « compte » vraiment, pour construire une société plus solidaire, responsable et « durable ».

 

Les inégalités de richesses sont-elles une fatalité ? 

A l’origine, la monnaie était un outil établissant une unité commune pour faciliter l’échange et l’activité entre les êtres humains sur un espace économique donné (pays, région…). Le crédit (vient du latin credere ou croire) était basé sur la confiance qu’on donnait à autrui. Aujourd’hui, les prêts sont accordés uniquement en fonction des critères financiers. C’est-à-dire qu’il faut de l’argent pour avoir de l’argent !

L’argent qui était un moyen d’échange, est devenu une fin en soi, un but ultime. La fonction d’origine a disparu avec l’avènement du capitalisme, qui implique la possibilité de posséder, d’accumuler et d’investir. Le capitalisme est ainsi basé sur l’accumulation des richesses monétaires et le profit d’une partie de la population au détriment de groupes exclus du système. Le fossé se creuse quotidiennement entre les exclus et une élite qui manipulent une masse de milliards dans les bourses du monde entier.

France Libertés, en total désaccord avec cette logique, défend un modèle solidaire basé sur la répartition des richesses, via des projets de monnaies sociales et complémentaires qui mettent enfin l’économie au service de l’humain.

 

Pourquoi des monnaies sociales et complémentaires ?

Des Systèmes d’Echanges Locaux (SEL) au Palmas brésilien en passant par le Talente allemand, l’Abeille et la Luciole françaises, le Brixton Pound londonien, la carte NU néerlandaise ou encore l’Accorderie québécoise, les expériences de monnaies sociales et complémentaires ne manquent pas (voir annexe pour en savoir plus).

Certaines favorisent la réorganisation de l’économie locale via des microcrédits et des monnaies locales, d’autres proposent des échanges de services en troquant du temps (une heure de repassage = une heure de jardinage).

Ce sont des monnaies alternatives ayant la capacité de pallier et/ou compléter le rôle de la monnaie dominante. Elles s’appuient sur des principes de solidarité et non plus de concurrence et favorisent la diminution de la pauvreté, de l’exclusion et des inégalités, en incluant des personnes marginalisées par l’économie marchande.

L’enjeu n’est pas seulement de redonner vie à l’activité économique d’une région. Il est aussi question de créer de la cohésion et de la solidarité entre habitants d’un même quartier ou région et d’encourager des comportements de consommation responsables et écologiques.

Elles contribuent en effet aussi à la préservation de l’environnement, en limitant les dépenses carbones engendrés par les flux d’argent (eh oui !) et en évitant aux produits de consommation de parcourir des milliers de kilomètres.

Ces monnaies sociales et complémentaires sont souvent « fondantes » : elles sont détruites régulièrement. Elles doivent donc être utilisées en un temps donné et ne peuvent être ni épargnées, ni faire l’objet de spéculation. Elles favorisent le retour de la monnaie à sa fonction première : un outil permettant d’échanger.

Loin de se limiter à quelques petits villages de montagne, on trouve aujourd’hui des exemples de ces monnaies au cœur des grandes villes. Elles attestent d’une volonté politique de changer nos sociétés au cœur et pas forcément en marge du système. Elles illustrent le besoin des citoyens de tisser du lien social.

Ces monnaies s’inscrivent dans une économie dite sociale et solidaire que nous soutenons via divers projets comme les rencontres « déchets et citoyenneté » et qui remettent l’humain et l’environnement au cœur de l’économie. C’est dans ce cadre qu’ont émergé des initiatives tels que les finances solidaires, monnaies sociales et complémentaires, systèmes d’échanges locaux, banques du temps, etc.

 

Perspectives des monnaies sociales et complémentaires

Il faut encourager l’intervention des politiques publiques pour soutenir et développer ces initiatives afin de voir apparaître de nouvelles lois reconnaissant la valeur de ces monnaies sociales et complémentaires. En échangeant les savoir-faire et les compétences, il est plus facile pour les acteurs de lutter contre l’hyperconsommation et de revenir à une certaine sobriété. L’expérience a montré la solidité et l’efficacité de ces échanges, notamment lorsque l’argent s’effondre.

Le développement de ces monnaies s’inscrit dans un courant de pensée particulier : la permaculture. Cette mouvance replace les droits de la terre mère, droits des peuples et droits humains comme des principes fondamentaux. Elle assure que chaque être humain doit pouvoir jouir de ces droits.

 

La position de France Libertés face à l’avenir de ces monnaies…

Il est urgent de rassembler nos forces et mutualiser nos pratiques, pour construire des propositions concrètes. C’est au travers de ces exemples que nous pourrons renforcer notre plaidoyer et négocier avec les pouvoirs publics une place pour ces monnaies sociales et complémentaires dans le paysage économique.

Nous sommes conscients qu’il nous reste du travail. La pérennité de ces monnaies passe par la reconnaissance de leur fonction d’utilité publique par l’Etat, notamment en temps de crise, où elles doivent pouvoir jouer leur rôle de complémentarité…

Ces monnaies portent en elles un enjeu capital, le besoin qu’ont nos sociétés aujourd’hui de recréer du lien social, sans utiliser d’argent. Pour cela, nous devons sortir de la logique actuelle de surconsommation et arrêter de produire sans cesse de nouveaux besoins.

Une chose est sure, le mouvement des monnaies sociales et complémentaires s’inscrit dans le creuset d’une alternative socio-économique où la richesse se mesure en bien-vivre bien plus qu’en croissance monétaire. Il incarne l’émergence d’une conscience citoyenne et se fait le défenseur du bien commun. Autant de valeurs que nous défendons avec force et convictions.

Source : http://www.france-libertes.org/DES-MONNAIES-A-BUTS-NON-LUCRATIFS.html

Catégories: Economie, Europe, Humanisme et Spiritualité, International
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