La libération de la femme ne se fera pas sans celle de l’homme

07.01.2013 - Silvia Swinden

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La libération de la femme ne se fera pas sans celle de l’homme
(Crédit image : http://bit.ly/bAOB3q)

La victime d’un viol collectif dans un bus en Inde est décédée après plusieurs opérations, d’une crise cardiaque, de dégâts au cerveau et de la perte d’organes. Une autre victime, aussi en Inde, s’est suicidée, blâmant non seulement les violeurs mais aussi la police. Des manifestants en colère exigent des changements pour prévenir non seulement d’autres viols, mais aussi que des violeurs connus occupent d’importants postes gouvernementaux. En Egypte, des femmes se rassemblent contre les abus sexuels par les forces de sécurité ainsi que d’autres manifestants au cours des activités politiques.

La plupart des recherches sur le viol démontrent qu’il ne s’agit pas de sexe mais de pouvoir. « Viols et pillages » constitue la description classique de l’attitude des armées conquérantes depuis les temps anciens. Le viol était utilisé comme stratégie de guerre en Bosnie, contre les femmes musulmanes. Bien que de nombreux pays se dotent de cadres légaux et éducatifs visant à protéger les femmes du viol (transférant le besoin de pouvoir et de domination vers des formes moins graves de discrimination comme les différences de salaire pour des emplois égaux et le fameux « plafond de verre »), d’autres restent coincés dans les conceptions les plus brutales selon lesquelles les femmes sont des êtres de seconde catégorie, et l’usage du viol pour asseoir la virilité, la domination, compenser le sentiment d’inadéquation et se défaire de la colère et la dépression. Cela ne signifie pas que des pays plus « avancés » ont éliminé le viol et le viol collectif. Cela s’y produit encore, mais moins souvent et c’est plus généralement condamné. C’est cependant parmi ces pays « avancés » que les formes les plus sophistiquées de viol se sont développées, par exemple le viol en rendez-vous ou l’incorporation de psychotropes dans les boissons de femmes.

Il ne fait pas de doute que des changements légaux et culturels doivent se dérouler, et tout travail d’éducation sera bénéfique, mais il ne faut pas se concentrer uniquement sur le viol et les crimes sexuels. Comme je l’ai dit ci-dessus, le viol n’est pas une affaire de sexe mais de pouvoir, c’est une forme de violence voisine des autres. Seul un système complet d’éducation à la non-violence dans les écoles et les médias peut toucher les enfants, les jeunes et les adultes des deux sexes, pour créer des environnements culturels et sociaux qui ne vont pas déshumaniser, discriminer et chosifier. Le système actuel détruit l’estime de soi des gens de tant de manières, par la violence économique, physique, raciale, religieuse et psychologique. Ensuite, il offre un moyen de compenser cette absence d’estime de soi en recherchant l’illusion du pouvoir par la discrimination et la manipulation des autres.

L’être humain est à la croisée des chemins, l’on ne peut parler d’une seule culture, un pays  ou un groupe ethnique qui serait responsable de la violence. Bien qu’il soit nécessaire de séparer du reste de la société les hommes qui ont violé ensemble des étudiantes indiennes, il est aussi nécessaire de prévenir d’autres viols collectifs par d’autres hommes. Ceci ne peut être accompli qu’en changeant le signe du système vers la non-violence. Cela ne sera pas accompli en un jour, mais on peut commencer maintenant et nous sommes tous responsables.

Traduction de l’anglais : Serge Delonville

 

Catégories: Education, International, Nonviolence

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