La paix : urgence tant pour la Colombie que le Venezuela

18.10.2012 - Pressenza IPA

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La paix : urgence tant pour la Colombie que le Venezuela

Par Luisa Fernanda López

La paix a réveillé tant d’attente en Colombie, tout comme dans les zones frontières qui depuis des années subissent les conséquences d’un conflit extérieur.

Le président colombien Juan Manuel Santos l’a annoncé et les Colombiens ne furent pas les seuls à le fêter ! Les négociations de paix qui sont sur le point de débuter en Norvège entre le gouvernement et la guérilla réveillent l’espoir et attisent l’attente des habitants de la zone frontière entre Colombie et Venezuela.  Ces derniers ont subi des années durant les conséquences d’une guerre voisine mais étrangère : recrutements forcés, séquestrations, tueurs à gage et bien d’autres phénomènes propres à ce conflit colombien qui dure.

Territoire indigène occupé

Une des zones les plus touchées est le territoire habité par les indigènes Wayuus. La communauté vit dans une région dense qui fait partie des deux états et ses membres jouissent de la double nationalité. Le conflit armé colombien les encercle depuis des années et modifie leur mode de vie traditionnel.

Les guérilleros, selon José David Gonzalez, coordinateur du comité des Droits de l’Homme de la région de Guarjira, parcourent la nuit les fermes indigènes dans le but de convaincre les jeunes à s’enrôler auprès d’eux. Parfois ils les séduisent avec un salaire, d’autres fois ils utilisent la force. Au-delà du recrutement de ses jeunes, le peuple Wayuu a vu son territoire petit à petit occupé par les FARC, ce qui a modifié son mode de vie traditionnel et sa culture. Sans oublier que les Wayuus se trouvent au milieu des affrontements lorsque l’Armée colombienne décide d’entrer sur le territoire vénézuélien pour poursuivre les guérilleros.

Abandon de la campagne

La séquestration est un autre problème que risquent les Vénézuéliens vivant à la frontière. Au cours des dernières années, le nombre de personnes enlevées a augmenté. Manuel Rincón, vice-président de l’association des éleveurs de Machiques, observe cependant que toutes les séquestrations ne sont pas actes des FARC, beaucoup étant perpétrées par la délinquance commune.

Pour Rincon, l’abandon des campagnes par les éleveurs et agriculteurs vénézuéliens est la conséquence la plus grave du conflit armé en Colombie.  « Quand nous faisons des sondages avec nos associés, la première raison qu’ils mentionnent pour justifier une basse productivité est l’insécurité. » Cette insécurité a provoqué l’abandon des campagnes et une perte de production d’aliments de première nécessité, au point que le Venezuela importe aujourd’hui 70% de ses produits alimentaires.

L’impôt infligé par les FARC aux éleveurs contribue également à une productivité basse. « Cela influe sur la rentabilité puisque si on doit payer des impôts comme la TVA ou autres, nous devons en plus en donner une partie au FARC, la marge bénéficiaire est donc minime. A cause de cela, beaucoup de gens ont arrêté d’investir et, parfois même, ont décidé d’abandonner leurs terres », note Rincon.

 Des communautés déplacées

Comme aucun autre pays, le Venezuela a vu affluer sur son territoire des milliers de Colombiens fuyant la guerre. Par obligation, les Vénézuéliens ont dû se préparer à devenir une terre d’accueil, à accepter et à vivre avec une population vulnérable et très frappée par la violence.

Le psychologue José Rafael Zurga travaille avec des Colombiens victimes de déplacement, et raconte comment au début, l’arrivée de ces personnes a eu des effets très marqués. « La personne qui arrivait rejetait le lieu d’accueil et critiquait tout : les coutumes, le climat, les lois. Et naturellement la population locale n’acceptait pas ce type de critiques. Les Vénézuéliens stigmatisaient et tenaient les Colombiens pour coupables de tous les problèmes sociaux et de tous les délits qui touchaient leur localité. » Selon Zurga, la situation s’est améliorée avec les années, et aujourd’hui dans une ville comme Machiques, les deux communautés cohabitent totalement.

Tant pour les indigènes que pour les éleveurs déplacés, et en général pour les habitants des zones frontières, la paix est vitale, tout comme pour la Colombie. Les effets de l’annonce de ces négociations ont commencé à se faire sentir dit l’éleveur Manuel Rincon : « nous avons constaté un repli des groupes armés, nous sentons moins de pression ». Ceci est un motif suffisant pour que tous les espoirs se tournent vers Oslo, puis la Havane, et vers un commun accord entre les parties.

 

Traduction de l’espagnol : Frédérique Drouet

Catégories: Amérique du Sud, Politique
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