Deux journalistes arbitrairement détenus à Petit-Goâve

30.06.2011 - Port-au-Prince - Reporters Sans Frontières

L’émetteur et d’autres équipements de la radio ont été confisqués.

La législation haïtienne, contrairement à la tendance générale sur le continent, prévoit toujours des peines de prison en cas de diffamation. Or, une incarcération pour un délit de presse est contraire aux standards internationaux en matière de liberté de presse et à la jurisprudence de la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Outre les poursuites judiciaires pour « diffamation », cette procédure arbitraire à l’encontre de ces deux journalistes révèle un abus de pouvoir qui constitue une autre forme de censure. Reporters sans frontières demande leur libération immédiate et inconditionnelle et exige des autorités de mener une enquête impartiale et de restituer les équipements confisqués.

Selon le secrétaire général de l’Association des médias de la région des Palmes, Guyteau Mathieu, les animateurs ont été convoqués au parquet de Petit-Goâve, le 22 juin 2011, suite à une pétition signée par des officiels, dont le maire de la ville, Justal Ronald, et des membres de la société civile, pour répondre à des questions relatives à des informations et opinions émises au cours de leurs émissions. Deux groupes de sympathisants accompagnaient respectivement les journalistes et le maire au tribunal.

Des accrochages ont éclaté. Des pierres ont été lancées contre les locaux du parquet. Des personnes ont été blessées. C’est alors que le commissaire du gouvernement a ordonné l’arrestation d’Ernst Joseph et Wolf ‘Duralph’ François, qui se trouvaient alors dans son bureau. D’après le secrétaire général de SOS Journalistes, Joseph Guyler C. Delva, il aurait considéré les journalistes comme responsables des actes commis par certains de leurs sympathisants.

Un juge de paix a apposé des scellés le même jour sur les locaux de la station et saisi le matériel dans un véhicule de la police. Les deux journalistes ont été transférés depuis le commissariat de police de Carrefour, zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Trois autres journalistes, Eddy Jackson Alexis, Josias Pierre et Jacques Innocent, révoqués de la Télévision nationale d’Haïti en avril dernier, sont poursuivis pour « diffamation » par le directeur général de la chaîne, Pradel Henriquez (http://fr.rsf.org/haiti-trois-journalistes-revoques-de-la-11-04-2011,40006.html).

Catégories: Amérique centrale, Droits humains

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