Et si l’espace d’un instant, l’Afrique ressemblait à une grande maison emplie de musique, d’histoires et de rêves partagés ?
Par Kimberley Khasiala
Que se passe-t-il lorsque la musique devient un langage universel, même sans paroles ? Pendant cinq jours à Arusha, des inconnus se sont salués comme de vieux amis, unis par le rythme, les couleurs et un but commun. C’était un rassemblement où une chanson pouvait commencer d’un côté de la salle et, d’une certaine manière, appartenir à tous à la fin.
Ce sentiment s’est concrétisé à Arusha lors d’un rassemblement qui a réuni des artistes, des musiciens et des représentants de la communauté dans une atmosphère naturelle, chaleureuse et profondément humaine. Du 17 au 22 mars, la ville est devenue un lieu de rencontre pour la créativité et le partage, axé sur la paix, la non-violence et la souveraineté alimentaire.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du travail thématique du Forum humaniste mondial sur la musique, l’art et la culture, célébrant la paix, la non-violence et la souveraineté alimentaire. Elle a réuni des artistes humanistes d’Afrique de l’Est et australe et s’est déroulée à Arusha, sous l’égide de Four Rivers of Blessings et de MTO Wa Baraka. Les organisateurs n’ont pas simplement créé un évènement ; ils ont créé un espace où chacun se sentait pleinement intégré.
Chaque journée s’est déroulée harmonieusement. Les matinées commençaient par des échanges introspectifs, tandis que les après-midi et les soirées étaient remplies de musique, des spectacles, des expositions artistiques et des récits. Il ne s’agissait pas seulement de mettre en valeur des talents, mais aussi de partager des messages essentiels, du respect de la dignité humaine à la protection de l’environnement, en passant par le soutien à l’accès des communautés à une alimentation saine et locale.

Photo: Kimberley Khasiala
Au cœur de cet événement se trouvait l’organisatrice, Tracey Kadada, dont la passion pour le travail communautaire a insufflé un véritable esprit à la rencontre. Elle a évoqué la joie de travailler en étroite collaboration avec les gens, et plus particulièrement les enfants, en les aidant à découvrir et à développer leurs talents.
Ses paroles aux jeunes artistes étaient sincères et encourageantes. Le succès en musique, a-t-elle affirmé, exige du temps, des efforts et de la patience. Il ne s’acquiert ni facilement ni rapidement. L’essentiel est la constance et la conviction, dès le départ, de pouvoir s’investir pleinement dans son projet.
L’un des moments les plus marquants de la semaine s’est déroulé à la Shades of Hope Academy. Les enfants ont exploré l’art, la musique, le conte, la danse et la photographie. À la fin des ateliers, ils ont présenté leurs créations avec assurance, témoignant d’une réelle progression et d’une belle expression de soi.
Les échanges culturels ont apporté une dimension supplémentaire à cette expérience. Les participants ont partagé et découvert les traditions de communautés telles que les Wahehe, les Sandawe, les Wachaga, les Wasukuma et les Iraqw. Ces moments ont favorisé la compréhension et l’appréciation mutuelles, rappelant à tous la richesse et la diversité de la culture tanzanienne.

Photo: Kimberley Khasiala
Le message de paix s’est diffusé bien au-delà des lieux principaux. Une visite à l’église de Mlima Moto a réuni artistes et membres de la communauté pour un concert axé sur l’unité et la non-violence. La musique emplissait l’espace, mais c’est le sentiment de fraternité qu’elle a inspiré qui a le plus marqué les esprits.
En fin de semaine, l’équipe Énergie s’est associée au festival Washarusha. Elle a apporté son soutien à Mdai Jasho, musicien hip-hop humaniste, poursuivant ainsi la célébration du lien social, de la créativité et d’une vision sans frontières de l’Afrique.
L’événement était ouvert à tous. Il s’agissait de se rassembler, de vivre une expérience enrichissante et de constater comment l’art et la culture peuvent unir les peuples tout en inspirant un avenir plus pacifique et durable.
Photos : Kimberley Khasiala & Hamisi Omolo
Traduction : Evelyn Tischer








