Ce dimanche 18 janvier, Pressenza a organisé le webinaire « Bonne gouvernance », organisé par l’agence de presse internationale Pressenza, avec la participation de personnes représentantes de la société civile de différents pays. Dans une ambiance conviviale, les participants ont analysé les défis auxquels le monde est confronté pour exercer son droit à la bonne gouvernance, garant du développement de tous les peuples.
L’événement a réuni des figures engagées dans la lutte contre la corruption, la promotion de la bonne gouvernance et le journalisme non violent.
Ainsi, la première intervenante fut la docteure Delia Espinoza, procureure générale du Pérou, mise à l’écart pour avoir enquêté sur des individus corrompus, qui a parlé de la bonne gouvernance, de ses mécanismes et de l’importance d’une politique publique qui forme les nouvelles générations de dirigeants.
Proposition 1 : Des dirigeants porteurs de valeurs et un consensus citoyen
« Je sais que c’est un projet à long terme, mais en travaillant avec les enfants et les adolescents, nous avons l’opportunité de transmettre des valeurs aux futures personnes dirigeantes et de marquer durablement leur esprit. C’est pourquoi l’éducation civique est si importante. Si nous leur inculquons ces valeurs, les adultes qui grandiront avec elles ne toléreront pas la corruption. Actuellement, nous avons de très bonnes lois, mais elles ne suffisent pas, car le problème ne réside pas dans les lois, mais dans les individus », a-t-elle déclarée.
La procureure Espinoza a également mis en avant l’Accord historique citoyen (AHC) qui propose des mesures pour le contexte péruvien telles que le rétablissement de l’ordre constitutionnel, la réparation pour les victimes de la répression et la réforme de l’enseignement universitaire, de base et régulier en vue de l’industrialisation et du développement national.
Proposition 2 : Transparence gouvernementale et respect des droits humains
Pour sa part, Khiang Nayan (France), activiste pour les droits des migrants et des jeunes, a souligné la transparence, la responsabilité des dirigeants, la participation active de la population aux décisions publiques et le respect des droits humains comme stratégies de bonne gouvernance.
Khiang Nayan a souligné que la bonne gouvernance comprend « le libre accès à l’information et la clarté des décisions ; les élus doivent rendre des comptes ; la participation active des citoyens à la prise de décision ; elle comprend également l’utilisation optimale des ressources humaines et financières ; et le strict respect de la loi. »
Proposition 3 : État de droit, liberté d’expression et administration exempte de corruption
Dans une troisième présentation, Mohammad Mejanur Rahman Talukder Pasha (Bangladesh), un militant humaniste du bureau de Dhaka, a souligné que « la bonne gouvernance n’est pas un concept abstrait ; elle repose sur des piliers tels que l’état de droit, la liberté d’expression, la responsabilité et une administration exempte de corruption ».
« La bonne gouvernance n’est pas un privilège accordé par ceux qui sont au pouvoir ; c’est un droit fondamental de tous les citoyens. Lorsqu’une nation est responsable, que les lois sont appliquées équitablement et que chacun peut s’exprimer librement sans crainte, elle prospère. L’histoire du Bangladesh démontre que le développement ne peut être durable sans justice, transparence et participation citoyenne. Par conséquent, garantir une bonne gouvernance n’est pas seulement une responsabilité de l’État, mais aussi une exigence et un droit du peuple. Ce n’est que lorsque ce droit est respecté que le véritable progrès et la dignité humaine pourront être atteints », a déclaré Pasha.
Proposition 4 : Travailler ensemble pour le développement
Enfin, Javier Tolcachier, chercheur, écrivain et militant humaniste argentin, a plaidé pour une approche humaniste de la bonne gouvernance. Il a soutenu qu’elle « doit être évaluée à la lumière des opportunités accrues de développement humain qu’elle génère pour la société dans son ensemble. Par développement humain, nous entendons l’amélioration des conditions permettant à la volonté humaine de s’exprimer librement. De cette manière, la participation populaire s’accroît, redonnant un sens à ce qui est aujourd’hui une “démocratie” en déclin. »
« La conception d’une bonne gouvernance repose sur la responsabilité de chaque membre de la communauté, sans la participation duquel ce modèle serait vain. Travailler ensemble, tant sur le plan externe qu’interne, nous permet de nous libérer et d’avancer en ayant pour objectif un être humain solidaire et non violent », a-t-il ajouté.
Cet événement de deux heures a réuni les efforts d’humanistes et de citoyens du monde entier, préoccupés par les questions sociales, qui ont conclu que « la bonne gouvernance est un droit fondamental que nous devons exiger des responsables politiques, mais que nous devons aussi, en tant que société, cultiver, pratiquer activement et inculquer aux nouvelles générations les valeurs civiques… Une tâche immense nous attend ! »
Découvrez ces propositions et bien d’autres pistes inspirantes en faveur d’une bonne gouvernance.
Pour voir l’enregistrement du webinaire, vous pouvez accéder au lien suivant :








