En janvier 2026, lors d’épreuves officielles de la Coupe du monde de combiné nordique disputées en Europe centrale — avec des actions visibles dans des sites tels que Seefeld, en Autriche, et Oberstdorf, en Allemagne — les athlètes du circuit féminin ont mené la protestation la plus forte jamais enregistrée contre leur exclusion du programme olympique. Dans les zones d’arrivée, lors des cérémonies et dans les espaces médiatiques, des dizaines de compétitrices se sont mobilisées de manière coordonnée pour dénoncer le fait que le combiné nordique demeure, en plein XXIᵉ siècle, la seule discipline olympique d’hiver réservée exclusivement aux hommes.
La protestation n’était ni spontanée ni isolée. Elle est le résultat de de nombreuses années de reports, de promesses non tenues et de décisions dilatoires de la Fédération internationale de ski et du Comité international olympique. Quelques semaines auparavant, les deux institutions avaient une nouvelle fois écarté toute inclusion contraignante du combiné nordique féminin dans les futurs programmes olympiques, confirmant aux athlètes que le blocage n’était plus technique ni transitoire, mais structurel.
Le combiné nordique associe deux disciplines extrêmement exigeantes : le saut à ski et le ski de fond. Les femmes concourent depuis des années au plus haut niveau dans ces deux disciplines séparément, y compris lors de championnats du monde et de compétitions olympiques. L’exclusion ne relève donc ni d’une incapacité physique ni d’un manque de préparation. Il s’agit d’une anomalie institutionnelle : aucun autre sport d’hiver ne maintient aujourd’hui une catégorie exclusivement masculine.
Depuis plus d’une décennie, les instances dirigeantes invoquent trois arguments pour justifier cette exclusion. Le premier renvoie à une prétendue absence de masse critique d’athlètes. Or, en 2026, il existe des circuits féminins stables, des classements internationaux et des programmes nationaux consolidés dans des pays tels que l’Allemagne, la Norvège, l’Autriche, le Japon et les États-Unis. Le deuxième argument affirme que le niveau compétitif féminin serait insuffisant, malgré le fait que les athlètes réalisent des sauts et des épreuves de fond avec des standards techniques comparables à ceux des hommes dans d’autres disciplines. Le troisième invoque la saturation du programme olympique, une justification contredite par l’ajout récent de nouvelles épreuves masculines et mixtes dans d’autres sports.
La protestation de 2026 éclate précisément parce que ces arguments ont perdu toute crédibilité. Les athlètes l’ont exprimé clairement dans des déclarations publiques et des communiqués collectifs : il ne manque ni le niveau ni la participation, mais la volonté politique. Ce qui leur est refusé, ce n’est pas l’entraînement ou la compétition, mais la reconnaissance institutionnelle — celle qui définit quelles disciplines méritent une visibilité olympique et lesquelles sont reléguées aux marges.
L’arrière-plan du conflit est culturel et politique. Le combiné nordique a été historiquement construit comme un symbole d’endurance extrême et de masculinité traditionnelle dans le ski nordique européen. Ce récit a fonctionné comme une barrière persistante à l’accès des femmes, alors même que la science du sport et la pratique compétitive ont démantelé toute justification biologique à l’exclusion. Maintenir la discipline comme un espace masculin permet de préserver des hiérarchies internes, une répartition inégale des ressources et une définition restrictive de celles et ceux qui ont le droit d’occuper le centre de la scène olympique.
Contrairement aux protestations antérieures, fragmentées ou canalisées par des voies internes, la mobilisation de janvier 2026 a été collective, internationale et ouvertement politique. Les athlètes ont cessé de demander un développement progressif et ont commencé à dénoncer une discrimination. Elles ont nommé le problème sans détour : le machisme institutionnel. Ce faisant, elles ont déplacé le débat de la gestion sportive vers le terrain des droits et de l’égalité.
Les conséquences de cette exclusion sont concrètes et matérielles. L’absence de statut olympique limite le financement public, réduit l’accès au sponsoring, raccourcit les carrières sportives et condamne les athlètes à une visibilité marginale. Dans le sport de haut niveau, le caractère olympique définit quelles disciplines existent pleinement et lesquelles restent dans un entre-deux compétitif. L’exclusion du combiné nordique féminin n’est pas symbolique : elle a des effets directs sur des vies et des trajectoires.
Le silence prolongé du Comité international olympique face à cette revendication renforce la perception d’un double standard. Tandis que le discours officiel promeut l’égalité et la diversité, les décisions structurelles perpétuent l’exclusion. La protestation de 2026 a exposé cette contradiction avec clarté : il ne s’agit pas d’un retard technique à résoudre, mais d’une résistance à céder des espaces de pouvoir historiquement masculins.
Ce qui est en jeu dépasse une discipline particulière. Le conflit autour du combiné nordique féminin est devenu un cas emblématique de la manière dont l’olympisme gère le changement : non par conviction, mais sous la pression. Les athlètes ne demandent plus de patience. Elles exigent l’égalité d’accès, la reconnaissance et le droit de concourir dans un sport qu’elles pratiquent et maîtrisent.
En janvier 2026, en pleine saison internationale et sous le regard du circuit mondial, les femmes du combiné nordique ont décidé de ne plus accepter le silence comme réponse. Ce faisant, elles ont montré que l’exclusion ne peut plus se dissimuler derrière le langage de la tradition. Le machisme olympique a été mis à nu non par un slogan extérieur, mais par la voix organisée de celles qui ont été systématiquement écartées.








