Mike Ishii, directeur de Tsuru for Solidarity, a publié un article dans le Seattle Times intitulé « 84 ans après le décret 9066, nous répétons l’histoire », rappelant que l’histoire ne disparaît pas simplement parce que le temps a passé. Quatre-vingt-quatre ans après que le gouvernement américain ait déporté et incarcéré de force les Américains d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, Ishii affirme que les conditions qui ont rendu cette injustice possible réapparaissent. Ce qui était autrefois justifié par la « sécurité nationale » est à nouveau invoqué pour normaliser les détentions massives, les soupçons racistes et l’érosion des droits fondamentaux, en particulier à l’encontre des immigrants et des réfugiés.

S’appuyant sur la mémoire vivante de l’incarcération des Américains d’origine japonaise, Ishii relie le passé au présent à travers le travail de Tsuru for Solidarity, un mouvement populaire conduit par des survivants et des descendants des camps. Il décrit comment les anciens qui vivaient autrefois derrière des barbelés se solidarisent aujourd’hui avec les migrants détenus dans les centres de détention modernes, reconnaissant des schémas familiers de peur, de déshumanisation et de silence. Le langage a peut-être changé et les cibles sont peut-être différentes, mais la logique reste la même : lorsqu’une société permet que des communautés entières soient traitées comme des menaces plutôt que comme des êtres humains, l’injustice devient une politique.

Cet article sert à la fois d’avertissement et d’appel à l’action. Ishii insiste sur le fait que le souvenir sans responsabilité est vide de sens, et qu’honorer les victimes du décret 9066 nécessite plus que des monuments commémoratifs : cela exige de résister à ses échos modernes. En écoutant ceux qui ont enduré l’incarcération et en tenant compte de leurs avertissements aujourd’hui, affirme-t-il, nous avons encore une chance de briser le cycle. Il nous rappelle que l’histoire ne se répète pas par accident ; elle se répète lorsque les gens choisissent le confort plutôt que la conscience et n’agissent pas au moment où cela compte le plus.