« Ouverture et imagination : l’avenir de l’humain vers la liberté et l’indétermination », Roberta Consilvio

17.04.2021 - Rome, Italie - Roberta Consilvio

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol, Italien, Portugais

« Ouverture et imagination : l’avenir de l’humain vers la liberté et l’indétermination », Roberta Consilvio
Roberta Consilvio (Crédit image : Daniel Alvarez)

Nous publions ici la contribution présentée par Roberta Consilvio, investigatrice au Centre Mondial d’Études Humanistes Salvatore Puledda, dans le cadre du Symposium international qui s’est tenu virtuellement du vendredi 16 avril au dimanche 18.

Introduction

Bonjour à tout le monde. Je tiens à remercier les nombreuses personnes qui ont rendu possible la tenue de ce symposium, sous cette nouvelle forme interconnectée.

Mon intervention porte sur l’être humain, en mettant en évidence certaines caractéristiques qui différencient son fonctionnement psychique et sa relation avec l’environnement qui l’entoure. De cette façon, je voudrais arriver à la conclusion que l’être humain, en tant qu’individu et en tant qu’espèce, est constitué pour être capable de créer de nouvelles réalités, en changeant les conditions dans lesquelles il agit : il, ou plutôt NOUS, sommes capables de créer non seulement un nouveau monde mais aussi un nouvel être humain.

Parler de l’être humain, ce n’est pas uniquement en débattre comme si c’était un objet d’étude philosophique, ou s’il s’agissait d’une entité naturelle à observer depuis l’extérieur. Au contraire, j’invite chacun et chacune d’entre nous à se connecter au discours, car je parlerai de chacun d’entre nous, de notre expérience quotidienne, de notre vie intérieure, de la façon dont nous percevons et articulons notre existence.

Pour cela, je vais me poser quelques questions, à partir desquelles je commencerai à dérouler les nombreux éléments dont j’ai besoin pour arriver à la conclusion.

1. Comment l’être humain entre-t-il en relation avec l’environnement ? En d’autres termes, comment la conscience entre-t-elle en contact avec le monde et comment ce contact se manifeste-t-il ?

2. Dans quelle mesure la capacité à créer des images mentales oeuvre-t-elle pour l’évolution ?

3. En quoi le passé me concerne-t-il ? En quoi le futur me concerne-t-il ?

4. Quel degré de liberté puis-je obtenir par rapport à ce qui me limite aujourd’hui dans ma vie ?

Mes réponses ont trouvé leurs racines dans l’œuvre de Silo 1, le pseudonyme littéraire de Mario Rodriguez Cobos, penseur argentin et fondateur du courant de l’Humanisme Universaliste, qui a également conçu ce symposium en 2008. Je suis également redevable aux contributions de tous les chercheurs qui ont approfondi les nombreux thèmes qu’il a abordé.

Développement

Je vais donc entrer au cœur du sujet.

La première question est la suivante : comment l’être humain entre-t-il en relation avec l’environnement ? Autrement dit, comment la conscience entre-t-elle en contact avec le monde et de quelle manière ce contact se manifeste-t-il ?

J’utilise ici le mot « conscience » dans un sens psychologique et non moral. Par le mot « conscience », j’entends l’appareil interne qui nous fait percevoir le monde extérieur et organise les réponses que nous donnons à ce monde extérieur. La conscience fait un énorme travail : parce qu’elle reçoit continuellement des données de tous les sens externes et internes, elle les élabore et les combine avec les données de la mémoire et elle programme des actions. La conscience a pour but de maintenir l’homéostasie (équilibre) du fonctionnement de l’unité psychophysique dont elle est l’expression. Et jusqu’à là nous ne sommes pas si différents de notre chat.

Quelle est la nature des élaborations de la conscience ? Que fait exactement notre conscience ? Prend-elle des photos du monde extérieur, puis joue-t-elle avec ces représentations et, à la fin du jeu, propose-t-elle une action à réaliser ? Dans cette perspective, la conscience ferait-elle une reproduction du monde, comme s’il s’agissait d’une entité passive en face d’elle, et élaborerait mécaniquement des solutions aux problèmes que le monde pose.

C’est n’est pas ainsi : la conscience n’attend pas passivement un quelconque signal du monde extérieur. Comme l’affirment Brentano, Husserl et Silo, la conscience est sans cesse en activité, cherchant sans cesse des objets mentaux, c’est-à-dire des représentations qui complètent au mieux les actes qu’elle a elle-même lancés. Je me représente le monde non pas parce que je le trouve devant moi, mais parce que ma conscience fait un travail continuel de construction active. À l’intérieur de moi-même, je n’ai pas des photos, mais des élaborations originales et uniques. Ce travail continu de construction active que la conscience effectue sur les données en sa possession est si vrai que, même dans le domaine judiciaire, des études sont menées sur la fiabilité des témoignages donnés lors de procès ou interrogatoires, car il existe d’énormes différences entre les récits de personnes qui rapportent le même événement : chacun a construit l’événement d’une manière différente, voir même avec des détails qui étaient absents de la scène à décrire.

Nous sommes donc des constructeurs de la réalité, chacun de sa propre réalité.

Si je n’avais pas en moi des données de perception ou des données de mémoire sur le monde, que resterait-il en moi, comme matériel mental pour faire travailler ma conscience ? Peu de choses : la conscience n’aurait pas de représentations et le monde n’existerait finalement pas pour moi. Et à ce stade, je n’existerais pas non plus, puisque mes élaborations ont une base dans le monde. En d’autres termes, je me constitue, immédiatement, depuis que je suis dans le ventre de ma mère, par
rapport au monde dans lequel je vis, compris à la fois comme un monde matériel et social. Ma façon particulière de percevoir est entrelacée avec la façon dont je suis perçu par d’autres êtres comme moi, et j’interagis avec un monde qui n’existe que dans la mesure où je peux en saisir les aspects saillants pour ma vie, pour les sens et la conscience. Je construis la réalité de mon monde, et je peux le faire grâce aux éléments du monde qui me sont accessibles. Je suis, en définitive, une structure conscience-monde en perpétuelle activité. La frontière entre moi et le monde extérieur, que je peux aussi situer physiquement dans la limite tactile de la peau, est, au niveau de la représentation, une frontière élastique, ou plutôt théorique, définissable comme une communication entre des espaces ouverts. Silo explique ce concept à l’aide du terme « paysage » : il existe un paysage interne, donné par toutes mes représentations mentales, et un paysage externe, le monde tel que je peux le percevoir, et c’est dans l’entrelacement de ces deux paysages que se déploie ma structure conscience-monde, qui me permet d’apprendre (d’assumer de nouvelles données à partir de l’interaction avec le paysage externe) et d’agir sur le paysage externe par l’action de mon corps, qui y est inclus.

Saisir l’inéluctable étreinte dans laquelle ces deux paysages interagissent continuellement est le résultat d’un entraînement pour saisir un registre interne particulier, celui du regard. Autre concept siloïste, le regard intérieur est le registre que nous avons du point d’observation à partir duquel nous voyons fonctionner la conscience et tous ses actes. Tout changement dans le regard se reflète dans la manière dont les paysages réalisent leur action. Cette conscience du regard est très
importante si nous voulons changer quelque chose à la situation de violence généralisée dans le monde d’aujourd’hui. Tous les livres de développement personnel du style : « prends ta vie en main » soulignent la capacité humaine de prendre conscience du regard et de le diriger vers la direction souhaitée, ainsi que de nombreux travaux psychothérapeutiques : la prophétie qui s’auto-réalise est l’exemple le plus clair de la manière dont le regard influence nos actions et les événements que nous provoquons.

Le regard intérieur n’est pas seulement le regard de l’individu sur lui-même et ses paysages, mais aussi celui de toute une catégorie de personnes, par exemple les scientifiques. En commençant par les sciences physiques, aujourd’hui, dans tous les domaines de la connaissance, le principe anthropique progresse, c’est-à-dire la prise en compte du rôle de l’observateur dans la construction de la réalité. L’illusion de la connaissance objective est abandonnée au profit d’une perspective qui se concentre sur l’interaction entre l’être humain avec ses moyens épistémiques et le monde à connaître, du niveau microscopique des particules subatomiques au niveau macroscopique de la cosmologie. En prenant en compte le regard de l’être humain, une nouvelle vision de l’Univers émerge, bien plus complexe que celle d’il y a un peu plus de 100 ans : le physicien Carlo Rovelli la définit comme « un monde qui n’existe pas dans l’espace et n’évolue pas dans le temps ». Un monde fait uniquement de champs quantiques en interaction dont le fourmillement de quanta génère, par un réseau dense d’interactions réciproques, l’espace, le temps, les particules, les ondes et la lumière ».

Le concept d’interaction devient central dans toutes les sciences. Les catégories épistémiques et leurs limites, qui étaient utiles jusqu’à récemment, empêchent désormais de comprendre la nature de la nouvelle vision qui émerge des connaissances actuelles. Ce que j’ai cru jusqu’à présent doit s’effondrer afin de configurer une nouvelle façon de voir les choses. Face à cette « nouvelle » complexité de mon regard, je me sens comme ont dû se sentir les explorateurs européens du
XVIe siècle, confrontés à la découverte de terres jusqu’alors insoupçonnées. Une image du monde à changer complètement. Quel étonnement je ressens en regardant la photo du télescope Hubble qui saisit des centaines de galaxies de l’Univers profond, remettant définitivement en question la perception géocentrique du monde dans lequel j’ai vécu jusqu’à présent. Soudainement, l’Univers est pratiquement infini et se déploie grâce à mon regard qui le capte. La conscience humaine sur cette petite planète périphérique devient importante parce qu’elle représente finalement, pour le moment et selon ce que nous savons, un des niveaux d’interaction possibles et une des manières de construire la connaissance, mais certainement le seul auquel nous avons accès. Cette réflexion touche tous les domaines de la connaissance humaine, qui doivent reconsidérer les fondements épistémiques des disciplines et élaborer un nouveau programme cognitif dans lequel le regard de l’être humain est inclus comme élément central de la méthode.

Deuxième question : Dans quelle mesure la capacité à créer des images mentales oeuvre-t-elle pour l’évolution ?

La dynamique conscience-monde s’exprime à travers l’activité de représentation, c’est-à-dire de production d’images, telles qu’elles sont communément définies en psychologie. Les images sont des re-constructions synthétiques que la conscience produit comme résultat de sa propre activité, elles sont donc originales, uniques, bien que l’éducation et la sociabilité opèrent constamment pour que la communication réciproque des images soit possible. Dès le plus jeune âge et tout au long de notre vie, nous partageons à travers le langage des concepts, c’est-à-dire les significations de base que nous associons à nos images. C’est en effet dans l’échec des actions et de la communication, dans les ambiguïtés, dans les erreurs, que nous rendons compte de la subjectivité de nos images et de nos paysages et cela nous oblige à nous remettre d’accord, à retrouver un consensus sur les croyances pré-dialogiques à la base de nos échanges conversationnels. C’est la nature de notre connaissance, comme l’écrit Edgar Morin : « Toute connaissance comporte le risque de l’erreur et de l’illusion ».

L’historien Harari parle des « constructions de l’imagination » qui ont habitué les gens depuis leur naissance à se conformer à certains comportements et à penser d’une certaine manière, créant ainsi des « instincts artificiels » que nous appelons culture.

Les croyances sont des images complexes et prescriptives dont le caractère subjectif est difficile à reconnaître, car la culture a une forme coopérative basée sur les grands nombres et les évidences dont nous disposons sont tout le contraire : ceci est la vérité puisque tout le monde le croit. Heureusement, de nombreux penseurs brillants sont allés à contre-courant, ont remis en question ce qui était considéré comme vrai et ont ainsi permis l’accès à de nouvelles connaissances.

Les images sont flexibles : elles sont continuellement reconstruites, modifiées, mises à jour pour permettre l’adaptation de la structure psycho-physique au monde physique et social, et vice versa d’adapter le monde physique et social selon ses propres désirs. Cette activité d’adaptation mutuelle vise une direction évolutive, puisqu’elle opère à travers l’instrument du corps, à la fois sujet et objet du monde matériel et social, pour transformer les paysages dans le sens du dépassement de la douleur physique et de la souffrance mentale. Cette intention fondamentale de notre espèce nous guide depuis les premiers hominidés, puisque ce sont les mêmes conditions de finitude et de manque qui sont le moteur de l’intention évolutive. Nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’une direction implicite dans la Vie elle-même, depuis ses formes les plus simples à ses formes les plus complexes.

Cette direction dans l’être humain agit en articulant dans la conscience un horizon temporel dans lequel le passé, le présent et le futur sont imbriqués les uns dans les autres, mais où finalement prévaut la construction du futur, du fait de la même mécanique intentionnelle de la conscience, toujours tendue vers l’avant à la recherche de nouveaux objets mentaux. Nous appellerons l’activité de représentation dans la direction du futur l’imagination et c’est ce qui permet l’émergence de
nouveaux contenus, qui dépassent les anciennes croyances en les rejetant ou en les intégrant dans des visions plus larges. Giordano Bruno a écrit : « Chaque fois, en effet, que nous croyons qu’il reste une vérité à connaître, un bien à atteindre, nous cherchons toujours une autre vérité et aspirons à un autre bien. En somme, le questionnement et la recherche ne se contenteront pas d’atteindre une vérité limitée et un bien défini. »

Tout ce processus, au niveau de l’individu et de l’espèce, entraîne un changement continuel, et les positions qui prétendent préserver l’équilibre actuel, ou pire encore, revenir à des situations passées que l’on croyait positives à des époques lointaines, sont myopes.

Troisième question : En quoi le passé me concerne-t-il ? En quoi le futur me concerne-t-il ?

La temporalité de la conscience découle de l’articulation des trois temps que nous pouvons expérimenter : passé, présent et futur. Le passé, c’est tout ce qui est mémoire, c’est le paysage de formation et il entre toujours en jeu dans la construction de nouvelles images. Le passé me définit, je suis donc un être historique imprégné de la culture où j’ai grandi. Elle me définit également en tant qu’être social, étant donné que c’est dans l’interaction avec les intentions des autres que j’ai configuré ma propre intention. Plus le passé s’accumule dans la mémoire plus il prédomine. Pourtant, c’est le futur qui prévaut : c’est la dimension planificatrice de l’existence, c’est la programmation de mes actions, c’est l’intention qui se manifeste dans le corps et dans le monde. Le présent, est le point de croisement des images provenant de la mémoire et des images résultant des processus imaginatifs dans lesquels je me projette dans des situations futures. C’est dans le présent que j’agis, que je ressens, que je pense, et où j’inclus le passé, alors que je suis poussé vers le futur, élargissant ainsi le regard qui observe la temporalité en action.

Et maintenant la dernière question : quel degré de liberté puis-je obtenir par rapport à ce qui limite ma vie aujourd’hui ?

L’élan vers la futurisation, provenant de la direction évolutive qui veut transformer les conditions données, correspond dans l’histoire humaine à un processus de libération personnel et sociale dans lequel nous sommes, chacun d’entre nous, appelés à apporter notre contribution. Cette libération s’enracine dans le corps avec des actions pour s’éloigner de la douleur et s’approcher du plaisir. Au fur et à mesure que les besoins et les possibilités se sont élargis, les êtres humains ont lutté contre la maladie et la pauvreté, contre la peur qui génère la souffrance. Le corps lui-même peut être transformé dans ce processus de libération : chirurgie, prothèses, procréation assistée ne sont que quelques-unes des façons dont nous intervenons sur le corps lorsqu’il représente une limite à nos intentions.
Le processus de libération de l’être humain ne fait que commencer. Apparu le dernier sur la planète, son évolution a été rapide, et dans une boucle de rétroaction vertueuse, plus il changeait, plus il était capable de changer. La possibilité de la représentation a accéléré encore plus le développement de ses capacités, étant donné qu’il ne devait pas nécessairement procéder par tentatives et erreurs, mais qu’il pouvait imaginer des situations et trouver des solutions.

John Stewart, spécialiste du développement de la conscience, définit deux caractéristiques fondamentales de l’être humain : l’auto-évolution et l’autogestion systémique. La première est la capacité de se libérer des limitations biologiques et culturelles du passé afin de pouvoir choisir ce qui est nécessaire au bénéfice du futur ; la deuxième est la capacité de développer des modèles mentaux d’interaction entre soi et l’environnement, qui permettent d’identifier les actions utiles pour le futur évolutif.

Ces capacités sont présentes chez tous les êtres humains en tant que possibilités inhérentes au fonctionnement même de la conscience. Mais ce n’est qu’en présence d’un choix intentionnel que nous pouvons en prendre conscience, les développer, les mettre au service de l’amélioration de la vie individuelle et collective. Quel saut qualitatif aura-t-elle la vie humaine et non humaine sur cette planète si chacun agissait pour se libérer des limites imposées à tous les niveaux ?

Ce symposium est un moment de rencontre et de circulation d’idées qui prétendent éclairer une partie du chemin de libération qui nous attend dans le futur. Nous libérer de la tyrannie de l’argent, par exemple, avec un revenu de base universel; nous libérer de la menace destructrice avec la réduction des armes et l’élimination de l’énergie nucléaire ; nous libérer de l’inégalité entre les sexes et de toutes sortes de discriminations en général ; nous libérer de la menace d’un désastre écologique; nous libérer de la violence qui affecte tant de domaines de la vie humaine.

Jusqu’où pouvons-nous aller sur le chemin de la libération ? Il est clair que vu d’ici, vu du présent d’où nous observons, nous entrevoyons au loin des bifurcations que nous pourrions prendre et des bifurcations que nous espérons éviter, mais le chemin n’est en rien défini. A partir d’Heisenberg en avant, dans le domaine scientifique (mais avec des conséquences d’importance épistémologique sur toute la connaissance humaine), l’indétermination a décrit de manière plus sensible le comportement non mécanique et non déterministe de certains phénomènes physiques, en étant capable de généraliser cette acquisition aux phénomènes beaucoup plus aléatoires de la vie et de l’être humain.

Pic de la Mirandole décrit de manière poétique cette immense liberté qui s’offre à l’être humain : « Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, créateur presque libre et souverain, puisses te façonner et te sculpter dans la forme que tu aurais choisie. Tu peux dégénérer dans les choses inférieures, qui sont brutales ; tu peux te régénérer, selon ta volonté, dans les choses supérieures qui sont divines ».

Il est certain que cette dimension d’indétermination fascine et effraie en même temps.

Parfois, elle peut prendre la forme concrète de la question suivante : « Allons-nous nous éteindre ou serons-nous capables de transformer notre espèce et notre environnement d’une manière qui va même au delà de tout ce que nous pouvons imaginer ? » Des abîmes et de brillantes perspectives coexistent comme autant de possibilités à concrétiser.

Conclusions

La caractéristique de l’être humain est l’ouverture, car sa conscience, en entrelaçant son activité constructive en interaction avec le monde, structure et donne forme à lui-même et au monde. La capacité de créer des images et de les projeter dans le futur dans le but de dépasser la douleur et la souffrance est la base de la transformation des conditions limitées dans lesquelles il agit. La transformation se donne dans le regard avec lequel il observe, dans les paysages intérieurs et extérieurs qui le constituent, dans le monde lui-même. Il a écrit en lui-même, codifié dans son propre fonctionnement, son destin de libération personnelle, sociale et spirituelle.

Tout cela est très important aujourd’hui. Selon Hugo Novotny : « Dans le moment historique actuel, il est devenu impératif que l’espèce humaine assume un rôle de premier plan pour surmonter la crise et passer à la future étape évolutive de la vie sur notre planète ; et pour que cela soit possible, le saut intentionnel vers un nouveau niveau de conscience, vers une nouvelle éthique et une nouvelle spiritualité est impératif. »

Les « choses supérieures et divines » de Pic de la Mirandole et la nouvelle spiritualité de la prochaine étape de l’évolution humaine font référence à la dimension mystique que les êtres humains explorent depuis plusieurs milliers d’années, cherchant la voie vers un nouveau niveau de conscience et de connaissance. Les limites de l’identité individuelle sont des berges dans lesquelles est contenu le registre du moi conscient, mais il existe un fleuve profond qui n’a pas de berges et qui concerne les expériences de contact avec le monde ineffable des significations universelles.

Sasha Volkoff décrit très bien le procédé de méditation pour y parvenir :  » À mesure que le silence se fait et que la conscience est vidée de tout contenu, il peut se produire un moment dans lequel, dépourvue de contenu vers lesquels se diriger, la conscience fait un mouvement vers l’intérieur et se registre elle-même, à ce moment-là, lorsque le sujet se rencontre lui-même, la rupture de niveau se produit. A la disparition des objets de conscience, celle-ci se découvre « vide » et se voit elle-même non pas comme objet mais directement comme sujet. »

L’étape suivante du processus de libération auquel nous aspirons est celle de pouvoir imaginer notre évolution au-delà de la limite de la mort du corps. Dans le mystère et la foi qui accompagnent ce passage, les mystiques de différentes religions ont affirmé la possibilité d’un chemin de l’esprit, au-delà du corps physique, indépendamment du moi avec lequel nous nous identifions dans la vie, se projetant vers un chemin de transcendance.

Je termine par une très belle citation tirée du conte de Silo « L’argile du cosmos »:

« Ainsi, le visiteur espérait une nouvelle naissance de cette espèce en qui il avait reconnu la peur de la mort et le vertige de la furie destructrice. Il avait été témoin du vécu de ces êtres qui vibraient sous l’hallucination de l’amour, qui s’angoissaient face à la solitude du vide de l’univers, qui imaginaient leur futur, luttaient pour déchiffrer les traces du commencement qui les avait vu naître. A un moment donné, cette espèce faite de l’argile du cosmos se mettrait en marche pour découvrir ses origines, et le ferai en passant par des chemins imprévisible. »

Merci de votre attention.

 

Traduction de Claudia Salé

Catégories: Humanisme et Spiritualité, International
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