Discours d’ouverture du 8e Symposium du Centre Mondial d’Études Humanistes CMEH

18.04.2021 - Portugal - Centro Mundial de Estudios Humanistas

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol, Italien, Portugais

Discours d’ouverture du 8e Symposium du Centre Mondial d’Études Humanistes CMEH
(Crédit image : Sharon Mc Cutcheon | Unsplash)

Ce vendredi 16 avril 2021, le 8e symposium international du Centre mondial d’études humanistes a débuté par une vidéoconférence mondiale : « Un nouvel humanisme pour un nouveau monde – Échanges pluriels à partir d’un monde en crise ». Le symposium est diffusé sur des chaînes Youtube dédiées.

Tous les détails peuvent être consultés dans le programme sur le Web : http://2021.worldsymposium.org/program

Voici les propos de Luis Felipe Guerra lors de la séance d’ouverture :


Bonsoir (ou bonjour, selon le fuseau horaire) !

Nous vous souhaitons la bienvenue au 8ème Symposium International du Centre Mondial d’Etudes Humanistes.

Cette édition du symposium s’intitule « Un nouvel humanisme pour un monde nouveau – Echanges pluriels à partir d’un monde en crise », car il prétend envisager, voire esquisser, l’avenir sous une perspective humaniste pluraliste, en conformité avec le monde multiple et inclusif dans lequel nous voulons vivre: « multiple au niveau des ethnies, des langues et des coutumes; multiple au niveau des localités, des régions et des autonomies; multiple aussi d’idées et d’aspirations; de croyances, l’athéisme et la religiosité; multiple au niveau du travail; multiple dans la créativité », comme référé dans le Document du Mouvement Humaniste.[1]

En effet, tout au long de l’histoire, l’humanisme a pris plusieurs expressions, ayant toujours en commun, en plus d’une certaine philosophie, une attitude humaniste de base, ancrée sur six points centraux, qui ont inspiré l’environnement social et l’activité humaine de leur époque: 1) l’affirmation de l’être humain comme valeur et préoccupation centrale; 2) l’affirmation de l’égalité de tous les êtres humains; 3) la défense de la liberté d’idées et de croyances; 4) reconnaissance de la diversité personnelle et culturelle et opposition à toutes les formes de discrimination; 5) la tendance à porter la connaissance au-delà de ce qui est établi à chaque instant comme une vérité absolue; et 6) la non-acceptation de la violence[2].

C’est cette attitude humaniste et les « moments humanistes » qu’elle a procuré dans chaque culture, même si à des moments historiques différents, qui permettent un dialogue constructif entre les différents humanismes et c’est dans cette disposition que le Centre Mondial d’Etudes Humanistes (CMEH) organise ce symposium, ouvrant des possibilités d’échanges entre le mouvement de pensée nommé humanisme universaliste, auquel il appartient, et toutes les forces progressistes et les individus qui se sentent, en quelque sorte, humanistes.

Cependant, ce symposium ne sort pas du vide, il s’agit de la dernière étape d’un processus commencé en 2008, avec le 1er Symposium, intitulé « L’Éthique dans la Connaissance » et tenu au Parc d’étude et de réflexion de Punta de Vacas (Argentine), et qui a eu les éditions suivantes :

En 2010, s’est réalisé le II Symposium, intitulé « Fondations de la nouvelle civilisation », qui a eu lieu dans les parcs d’étude et de réflexion, Punta de Vacas (Argentine), Attigliano (Italie), Manantiales (Chili), La Reja (Argentine) et Aloasí (Équateur), tous connectés.

– En 2012, le III Symposium, intitulé « Un nouvel humanisme pour une nouvelle civilisation », qui s’est déroulé à deux endroits, l’un dans le parc d’étude et de réflexion de Tolède (Espagne) et l’autre dans le parc d’étude et de réflexion de La Reja (Argentine), les d’eux situés à l’entrée du printemps dans chacun des hémisphères, respectivement au nord et au sud.

– En 2014, s’est réalisé le IV Symposium, intitulé « Vers la découverte de l’humain – Du monde de l’établi à la liberté », organisé au Parc d’Etude et de Réflexion Attigliano (Italie) et à l’Université de Santiago (Chili), à deux moments différents, dans les mêmes termes que le précédent.

– En 2016, s’est tenu le V Symposium, intitulé « La révolution humaine nécessaire », dans le Parc d’étude et de réflexion Attigliano (Italie) et dans la ville d’Asunción (Paraguay), également avec des sessions décalées dans le temps, comme les éditions précédentes.

– En 2018, le VI Symposium, intitulé « Façonnant de Nouveaux Chemins », s’est tenu au Centre Culturel La Moneda de Lima, dans la ville de Lima (Pérou).

– En 2019, le VII Symposium, intitulé « L’avenir, un mythe à construire – Le chemin vers la nation humaine universelle, » a eu lieu dans les villes de Rome, Attigliano et Florence (Italie) et Porto (Portugal), le premier des deux jours de manière synchrone et, le deuxième jour, avec les programmes locaux.

Et voilà comment nous sommes arrivés ici.

Malgré l’expérience du symposium précédent, c’est le premier qui se réalise de manière totalement synchrone entre tous les continents et pays, dans le monde entier, en nous adaptant aux circonstances établies par la pandémie appelée Covid-19 et profitant du développement des technologies de la communication à distance.

Cette option, cependant, est parfaitement logique, car l’humanité connaît aujourd’hui une situation similaire dans toutes les régions du monde.

En effet, la pandémie a accéléré le processus de mondialisation déjà en cours, créant une situation existentielle très similaire pour tous les êtres humains, quelle que soit leur localisation, malgré les conditions matérielles différentes de chaque lieu.

À ce propos, nous avons écrit il y a environ un an que, et je cite : « En raison de l’enfermement et du silence physique qui entourent maintenant une grande partie de la population, les perceptions internes occupent un plus grand espace mental et nous réalisons nos envies et désirs ajournés, laissant paraître parfois beaucoup de créativité et parfois aussi des contradictions et de la violence.

Compte tenu de la proximité de la mort, la vie et la santé individuelles, ainsi que celles des autres, apparaissent comme des prioritaires. L’importance du groupe devient évidente, à travers l’attention et la solidarité, et tout cela fait reculer l’individualisme.
C’est en présence de la finitude que les croyances sont renversées. Il se passe des choses que nous n’aurions jamais pensé pouvoir arriver et un certain vide s’installe qui nous fait voir la réalité différemment.

(…) L’avenir, devenu imprévisible, nous invite à créer de nouvelles réponses, en laissant de côté la perspective linéaire du passé.

Des images sombres sur le futur se produisent quotidiennement, mais il y a une opportunité de produire des changements importants dans la vie elle-même. »[3]

« (…) Sur le plan social, on se retrouve dans un paysage jamais vu, aujourd’hui vu par tout le monde.

La machine infernale qu’était ce système, apparemment invincible, commence à s’écrouler. Les rouages ​​de l’économie se bloquent et le système des relations sociales et économiques est menacé. L’opportunité d’un changement s’ouvre, une fenêtre sur une nouvelle aube. »[4]

« (…) Que se passera-t-il après l’arrêt de la pandémie ?

Certes, il y aura une lutte entre ceux qui veulent réaliser un changement de système et les élites qui essaieront de maintenir leurs privilèges. Les humanistes sont parmi les premiers. Nous aspirons à une nation humaine universelle.

Le projet de la Nation Humaine Universelle pourra se concrétiser dans la mesure où l’être humain se constitue comme une valeur centrale. C’est un changement qui doit avoir lieu dans la conscience de larges couches de la population, de sorte que les différences ethniques, nationales, idéologiques, confessionnelles, de classe sociale, etc. deviennent des facteurs secondaires face à l’égalité essentielle inhérente à l’espèce humaine.

Nous pensons que les événements qui se produisent en ce moment favorisent le processus de changement mentionné, car d’une part ils paralysent les urgences de la vie quotidienne, rendant possible un état de réflexion, et d’autre part ils mettent en évidence qu’il s’agit d’une expérience et d’une menace communes à tous les êtres humains, indépendamment des différences qui peuvent exister entre les uns et les autres.

Elle ouvre la possibilité d’un changement dans un sens humanisant ».[5]

C’est sur cette possibilité de changement que nous parions encore, bien qu’après un an nous puissions voir plus clairement les difficultés de ce processus, mais aussi son besoin pressant.

De quoi l’être humain a-t-il besoin pour réaliser cette transformation tant souhaitée par tant de personnes ?

Bien sûr, il a besoin de redécouvrir le sens personnel et collectif qui donne une direction et une signification à son processus historique : le dépassement de la douleur et de la souffrance, comme condition pour continuer son processus d’évolution.

Parallèlement, il doit changer le mode de vie encore dominant, marqué par l’individualisme, la concurrence et le consumérisme, pour un mode de vie qui englobe « le respect de la diversité, des droits, des opinions et des intérêts d’autrui, le rejet de la violence et de l’exploitation, l’intention d’entretenir des relations harmonieuses avec la nature et la société, le désir d’approfondir ses connaissances et d’élargir et de perfectionner ses compétences. »[6]

Et, enfin, il doit construire un modèle social diversifié qui traduise et embrasse ces aspirations profondes, aux niveaux politique, économique, juridique et culturel, et qui soit cohérent, solidaire, inclusif et durable, sans aliéner la richesse de la subjectivité de chaque être humain.

Cette étape évolutive ne peut se faire sans un « réveil » individuel et collectif, un saut dans le niveau de conscience qui permette à l’humanité de contourner la violence des désirs les plus grossiers, qui ont causé la destruction et la mort, ni sans être guidée par des aspirations plus élevées.

Toutefois, ce saut n’est pas possible sans une intention claire et permanente ou un besoin fort, de sorte que la simple mécanique des événements ne suffit pas à le provoquer.

Nous n’ignorons pas que le thème de l’“Homme Nouveau” a été, d’une certaine manière, à l’origine des grands totalitarismes du XXème siècle, en corrompant la proposition nietzschéenne du “surhomme”, et nous affirmons, par conséquent, notre engagement envers la méthodologie de la non-violence active, en aspirant à persuader et à réconcilier, et à traiter les autres comme nous souhaitons être traités, comme il sied à la bonne connaissance.

Compte tenu de ce qui précède, ce symposium se veut volontairement transdisciplinaire, en essayant d’embrasser toute la complexité humaine, de la réalité la plus interne à la plus externe, de la sphère personnelle à la sphère sociale, du microcosme au macrocosme, de la matérialité de l’existence quotidienne à la transcendance des temps éternels et des espaces infinis.

Dans ce sens, les activités du symposium sont divisées en treize axes thématiques : L’Humanisme dans le moment présent ; Nouvel Humanisme, Posthumanisme et Transhumanisme ; Dépassement de la violence ; Réduction des armes et élimination des armes nucléaires ; La crise climatique : propositions pour une sortie dans une perspective d’écologie sociale ; Économie pour la Liberté ; La question du genre dans un nouveau monde ; La santé ; Vers une éducation humanisante ; Conscience et monde ; Transcendance et spiritualité ; Vers de nouveaux styles de vie ; et Visions du Futur.

Les axes thématiques mentionnés ci-avant représentent des propositions de réflexion et d’échange d’idées et d’expériences, formulées dans l’intention d’obtenir des images directrices pour la Nation Humaine Universelle, thème central de la réunion plénière avec laquelle nous clôturerons le Symposium.

Comme vous pourrez le constater dans le programme, les activités se déroulent dans trois salles virtuelles (Zoom 1, Zoom 2, Zoom 3) et beaucoup d’entre elles se dérouleront simultanément et séquentiellement, permettant à la fois le choix du sujet qui suscite le plus d’intérêt, ainsi que la circulation en plusieurs sessions, s’étendant dans une plage horaire qui cherche à couvrir diverses longitudes.

Toutefois, comme pour cette séance d’ouverture, certaines séances se déroulent quotidiennement dans une tranche horaire centrale, ce qui permet de concilier plusieurs fuseaux horaires, afin de pouvoir les suivre de manière exclusive.

Pour tout ce qui précède, je suis sûr qu’il y a de nombreuses raisons intéressantes d’accompagner ce symposium pendant ces trois jours et que de nombreuses idées inspirantes pour la vie quotidienne et pour l’avenir de chacun d’entre nous seront présentées et discutées.

Il ne me reste plus qu’à vous remercier pour l’émouvante invitation à faire cette communication d’ouverture, et aussi pour la participation de chacun d’entre vous, en souhaitant que derrière le rectangle, qui encadre le visage de chacun sur l’écran d’ordinateur, soit profondément enregistré le sentiment de fraternité qui nous rapproche et nourrit le projet de la Nation Humaine Universelle, diverse et convergente en construction.

Bon travail !

Paix, force et joie pour toutes et tous !

Merci beaucoup pour votre attention.

 

Luis Filipe Guerra

Porto, 16/04/2021

 

Notes

[1] Silo. Œuvres Complètes, Vol. I : Lettres à Mes Amis. www.silo.net

[2] Cfr. Silo. Oeuvres Complètes, Vol. I: Discours. Qu’est-ce que nous comprenons par Humanisme Universaliste ?

[3] Document du Centre Mondial d’Etudes Humanistes sur la pandémie COVID-19. Auteurs variés. www.cmehumanistas.org

[4] Idem

[5] Ibidem

[6] Silo. Oeuvres Complètes, Vol. II: Dictionnaire du Nouvel Humanisme. Style de Vie. www.silo.net

Catégories: Humanisme et Spiritualité, International
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