Crise du coronavirus : la santé est un droit universel qui prime sur les profits

01.04.2020 - Redazione Italia

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Crise du coronavirus : la santé est un droit universel qui prime sur les profits

Dans différentes régions du monde, de nombreux humanistes ont réfléchi sur la situation actuelle et ont préparé cette déclaration et cette campagne que Pressenza est heureux de soutenir.

La santé est un droit universel.
Au-delà de l’économie de marché et de la spéculation financière.

Par cet appel, nous assumons la responsabilité qui nous incombe. Nous utiliserons toutes nos forces pour faire face à l’urgence du coronavirus. Et nous le ferons du mieux que nous pourrons en restant chez nous, en continuant à faire notre travail si nécessaire, et en aidant ceux qui sont dans le besoin de toutes les manières possibles. Nous serons responsables et tenterons de convaincre notre entourage d’en faire autant.

Nous continuerons à être responsables, même lorsque cette situation sera derrière nous, lorsque nous devrons payer le prix de la catastrophe qui aura affectée des millions de personnes – au-delà de la perte de tant de personnes touchées dans des conditions inhumaines – avec des conséquences extrêmement graves pour le système de santé et l’économie.

Mais nous demandons également que vous, nos représentants, ceux à qui nous avons délégué des décisions très importantes et à qui nous faisons également confiance pour notre vie et pour celle de nos proches, assumiez aussi votre responsabilité.

Nous ne sommes pas naïfs et nous savons parfaitement que nous ne vivons pas seulement un accident, mais que nous payons au contraire le prix de priorités totalement inadéquates et de choix inacceptables.

La santé des personnes, la recherche scientifique et la vie elle-même ont été subordonnées à d’autres éléments : le marché, les choix financiers et la considération de paramètres économiques qui n’ont rien à voir avec le bien-être de la communauté.

Ce virus n’a pas créé les contradictions que nous constatons, il nous a juste aidés à les voir. Aujourd’hui, les conséquences sont évidentes pour tous. Il est clair que les mécanismes qui ont régi notre société jusqu’à présent ne garantissent pas notre bien-être et menacent même notre survie.

Les difficultés, le manque de coordination, la lenteur et l’indécision avec lesquels nos gouvernements ont répondu à cette urgence nous ont montré clairement à quel point ils ont les mains liées par les marchés, le système financier et le chantage de l’économie mondiale. Nous dire que c’est inévitable, c’est admettre que notre démocratie ne fonctionne plus. Et c’est inacceptable, immoral et contraire à l’évolution humaine. Nous exigeons de nos gouvernements qu’ils représentent les intérêts des citoyens et non ceux des marchés.

Nous reconnaissons les erreurs que nous avons commises. Nous avons naïvement pensé qu’en suivant certaines prescriptions économiques, en nous soumettant à un chantage économique, nous nous sauverions de la situation dans laquelle des millions de personnes ont été mises dans les pays dits « en développement ». Mais aujourd’hui, face à cette crise, face à la menace de nouvelles guerres, de nouvelles pandémies possibles et de désastres écologiques, nous réalisons qu’aucun d’entre nous ne peut se sentir en sécurité si le bien-être de tous n’est pas garanti, tout comme nous réalisons qu’il n’y a plus de peuples séparés mais une seule grande famille humaine.

La solidarité qui se manifeste, l’entraide entre les individus, entre les régions, entre les États, montre la direction dans laquelle nous devons aller.

Nous ne serons plus manipulés par des campagnes de haine qui ne servent qu’à nous diviser.

Aucun d’entre nous n’est isolé, aucun d’entre nous ne peut être sacrifié et personne ne peut se sauver seul.

Le progrès de quelques-uns finit par n’être le progrès de personne.

Nous demandons aux gouvernements de tous nos pays, immédiatement, de :

faire tous les efforts possibles pour surmonter cette crise, en lui donnant la priorité logistique et économique absolue jusqu’à ce que le danger soit passé. La vie humaine est la valeur la plus importante.

renforcer de manière adéquate et permanente les systèmes de santé publique et les adapter à nos besoins réels. Leur fonctionnement ne devrait plus être évalué en termes de productivité, mais en fonction de leur capacité à améliorer la santé publique et la prévention. Ce renforcement devrait également porter sur la recherche et la formation du personnel.

fournir des subventions massives, adaptées et non remboursables pour venir en aide aux personnes, aux familles et aux entreprises de production qui seront gravement touchées par cette situation d’urgence. Ces fonds ne doivent en aucun cas être compensés par de nouvelles réductions des dépenses publiques, mais doivent être prélevés sur la richesse qui s’est concentrée dans les mains de quelques individus, banques et fonds spéculatifs au cours des dernières décennies. Par exemple, en taxant les investissements spéculatifs et en taxant les revenus des grandes entreprises qui ne paient actuellement pas d’impôts dans les pays où elles ont des activités. Il est urgent de réduire d’autres postes budgétaires tels que ceux liés aux dépenses militaires, en particulier les missions à l’étranger et l’achat de nouvelles fournitures et de nouveaux équipements.

créer un fonds d’urgence international géré par l’ONU afin de soutenir les pays les plus fragiles économiquement (tels que ceux d’Afrique subsaharienne), où cette pandémie risque d’avoir les conséquences les plus dévastatrices. Cette aide ne doit en aucun cas être convertie en une nouvelle dette.

Quant à nous, nous ne serons plus de simples spectateurs passifs.

Nous avons ressenti le besoin de nous rassembler et d’écouter ce qui est au plus profond de nos cœurs. Nous avons redécouvert ce qui est essentiel dans la vie et nous en ferons le fondement de notre existence. Nous allons changer nos priorités et cultiver nos meilleures aspirations. Nous sommes nombreux, de toutes générations et cultures, et notre force sera telle qu’il ne sera plus possible de nous ignorer.

« Nous sommes à la fin d’une période sombre de l’histoire et rien ne sera plus jamais comme avant. Peu à peu, un nouveau jour se lèvera. Les cultures commenceront à se comprendre, les peuples aspireront à un progrès partagé par tous, comprenant que le progrès pour une minorité finit par n’être le progrès pour personne. Oui, il y aura la paix et, par nécessité, on comprendra que les contours d’une nation humaine universelle commencent à apparaître. » – Silo, 2004

Humanistes pour le #DroitUniverselALaSanté

Pour soutenir la campagne et pour plus d’informations : salutedirittouniversale@gmail.com

Catégories: International, Politique, Santé
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