Au milieu des tensions géopolitiques, des stratégies militaires et des discours politiques conflictuels, une réalité reste indéniable :

Dans l’Iran d’aujourd’hui, les enfants et les étudiants ne sont plus en marge de la crise.
Ils en sont de plus en plus au centre.
Non pas en tant qu’acteurs, mais en tant que victimes.

Janvier 2026 : quand la répression s’est abattue sur les plus jeunes

Au cours des manifestations de janvier 2026, une vague de répression généralisée s’est abattue sur les villes iraniennes, touchant même des adolescents et des étudiants.
Selon les informations disponibles, plus de 200 étudiants âgés de moins de 18 ans ont perdu la vie au cours de ces événements.
Des dizaines d’autres ont été placés en détention. Beaucoup ont été pris pour cible non pas pour des activités politiques organisées, mais pour leur présence dans les espaces publics ou leurs propos sur les réseaux sociaux.
Ce ne sont pas là des chiffres abstraits.
Chaque chiffre représente une vie fauchée, une famille bouleversée à jamais, un avenir qui n’a jamais pu se réaliser.
Ce qui rend ces événements particulièrement alarmants, ce n’est pas seulement leur ampleur, mais leurs implications : les frontières entre le conflit politique et la protection des mineurs se sont effritées.

Guerre et infrastructures fragiles : Quand l’école devient un lieu dangereux

Parallèlement, l’escalade des tensions régionales et les frappes militaires attribuées à Israël et aux États-Unis contre des cibles en Iran ont mis en évidence une nouvelle source de vulnérabilité.
Les infrastructures critiques, notamment les réseaux énergétiques et les zones urbaines, sont mises à rude épreuve.
Si ces opérations sont souvent présentées comme des actions stratégiques ou militaires, leurs conséquences s’étendent bien au-delà des cibles visées.
Elles perturbent la vie quotidienne, affaiblissent les services essentiels et créent des conditions dans lesquelles les civils, y compris les enfants, sont de plus en plus exposés à des dangers.
Dans ce contexte, les écoles ne sont plus de simples lieux d’enseignement.
Elles s’inscrivent désormais dans un environnement fragile où la sécurité ne peut plus être assurée.
Les enfants, qui devraient bénéficier de stabilité et de protection, grandissent au contraire sous l’ombre constante de l’incertitude, de la peur et de la violence.

Le bilan humain et l’effondrement du système éducatif

D’après les données disponibles, 252 élèves et enseignants ont été tués depuis le début de ces événements.
Ce chiffre comprend 201 élèves et 51 enseignants.
En outre, 183 personnes ont été blessées, dont 164 élèves et 20 membres du personnel éducatif.
Au-delà du bilan humain immédiat, l’impact sur les infrastructures éducatives est considérable.
Au total, 723 établissements scolaires et administratifs ont été endommagés.
Parmi eux, on compte 636 écoles, 42 centres administratifs et 45 installations culturelles et sportives.

Les conséquences vont bien au-delà des dégâts matériels

Pour de nombreux enfants, survivre ne signifie pas se remettre de cette épreuve.
Cela signifie retourner à une réalité où les salles de classe n’existent plus,
où la routine a cédé la place au chaos,
et où l’avenir devient incertain.

Une crise plus profonde : la banalisation de l’horreur

L’aspect le plus inquiétant de cette situation réside peut-être non seulement dans l’ampleur des dégâts, mais aussi dans leur banalisation progressive.
Lorsque la mort d’un enfant ne suscite plus de réaction mondiale durable, c’est qu’un changement fondamental s’est opéré.
Dans un tel environnement, la souffrance humaine risque d’être absorbée par des discours conflictuels.
D’un côté, les acteurs étatiques peuvent intégrer ces événements dans leurs messages politiques.
De l’autre, la polarisation peut réduire la tragédie à un simple outil au sein de conflits plus larges.
Dans les deux cas, l’individu disparaît.
L’enfant devient un symbole,
une statistique,
ou un élément de discours.

Responsabilité juridique et morale

Le droit international offre un cadre clair.
La Convention relative aux droits de l’enfant oblige les États à garantir la protection, la sécurité et la dignité des mineurs.
De même, le droit des conflits armés impose les principes de distinction et de proportionnalité afin de réduire au minimum les dommages causés aux civils.
Pourtant, le fossé entre les principes et la réalité reste considérable.
Que ce soit dans le contexte d’une répression interne ou d’une intervention militaire extérieure, ces protections semblent de plus en plus fragiles.
Aucune justification, aucune équivalence.
Il est essentiel de reconnaître un point fondamental : le meurtre d’enfants, quel que soit le contexte, ne peut être justifié.
La violence émanant d’un État n’excuse pas la violence venant de l’extérieur.
Les attaques extérieures ne déchargent pas de la responsabilité interne.
Chaque acte est à considérer séparément,
et chacun exige que des comptes soient rendus.

Au-delà de la polarisation : la nécessité d’une perspective centrée sur l’humain

Le moment que nous traversons révèle bien plus qu’une simple crise politique.
Il révèle une crise de perspective.
Lorsque l’analyse est dominée par la stratégie, le pouvoir et l’alignement, la dimension humaine est souvent mise de côté.
Pourtant, toute compréhension significative d’un conflit doit commencer par ses conséquences humaines.
Les enfants ne sont pas des instruments de politique.
Ils ne sont pas des variables collatérales dans les calculs géopolitiques.
Ce sont des individus dont la vie définit les limites morales de tout système politique.

Conclusion : le devoir de regarder et de réagir

Entre la guerre et la répression, il existe une autre voie.
Une voie qui fait passer la dignité humaine avant les prises de position politiques.
Reconnaître cette réalité n’implique pas de se rallier à un narratif spécifique.
Cela exige un engagement envers un principe fondamental : la protection des enfants n’est pas un choix politique, mais une obligation universelle.
Afin que ce principe conserve tout son sens, il doit être appliqué de manière rigoureuse.
Et cela doit commencer par reconnaître la réalité des faits.