Manifestation « La vie des Arabes compte » à Tel-Aviv : des milliers de personnes exigent la fin des violences et de l’inaction de l’État

Des milliers de manifestant·e·s – des personnes arabes et juives réunies en solidarité – ont défilé ce samedi soir 31 janvier dans le centre de Tel-Aviv lors d’un puissant rassemblement intitulé « La vie des Arabes compte : STOP à la violence », appelant à des mesures urgentes pour enrayer la recrudescence de la criminalité violente dans les communautés arabes et mettre fin à ce que les participants ont décrit comme des années d’inaction de l’État et des forces de l’ordre.

Organisée par le Haut Comité de suivi des citoyens arabes d’Israël, en collaboration avec des organisations de la société civile arabo-juives, la manifestation a rassemblé sur la place Habima des protestataires venus de tout le pays, brandissant des drapeaux noirs, des pancartes et des photos de leurs proches tués lors des récentes violences. Des slogans tels que « Assez de violence et de meurtres ! » et « Plus de silence ! » ont résonné dans les rues, tandis que la foule réclamait des réformes, un renforcement des forces de l’ordre et des investissements dans la prévention de la criminalité.

Lors du rassemblement, des orateur·rice·s, dont des maires et des mairesses, des familles de victimes et des responsables communautaires ont exhorté le gouvernement à traiter l’épidémie de fusillades, d’extorsions et de meurtres comme une crise nécessitant une intervention concrète. Nombre d’entre eux ont critiqué les services de sécurité nationale pour leur incapacité à endiguer le trafic d’armes illégales et le crime organisé, ainsi que pour leur négligence systématique des villes arabes.

L’événement de Tel-Aviv faisait suite à une série de manifestations importantes et à une grève générale qui avaient eu lieu plus tôt dans la semaine dans des villes arabes comme Sakhnin, où des dizaines de milliers de personnes avaient protesté contre la violence généralisée, paralysé les commerces et bloqué les écoles en signe d’indignation collective. Les organisateurs ont présenté la marche de Tel-Aviv comme un volet d’une campagne plus vaste de pression citoyenne soutenue, comprenant notamment des « journées de perturbation » et la poursuite des manifestations si les autorités ne prennent pas de mesures fermes.

Face à une frustration croissante, les militant·e·s ont souligné que l’appel à la sécurité transcende les clivages communautaires, invitant les citoyens juifs et arabes à s’unir pour défendre le droit fondamental à la sécurité et à la dignité pour tous.

Photos de Sharon Dolev