La finale de la Coupe d’Afrique des Nations, qui s’est déroulée ce dimanche 18 janvier à Rabat, la capitale du Maroc, a opposé l’équipe locale à celle du Sénégal, plus connue sous le nom des Lions de la Teranga.

Les deux équipes sont arrivées en finale du plus grand tournoi de football du continent avec l’objectif de remporter leur deuxième trophée, ce que le Maroc, en tant que pays hôte, espérait particulièrement après avoir remporté son premier titre il y a 50 ans.

Le match n’a pas été exempt de controverse et d’émotions extrêmes. À quelques minutes de la fin de la deuxième mi-temps, après avoir annulé un but sénégalais, l’arbitre a sifflé un penalty contre le Sénégal, ce qui a provoqué de vives protestations et le départ du terrain de l’équipe visiteuse.

Cependant, à la reprise du match, Brahim Díaz, joueur du Real Madrid, a raté son penalty, remettant docilement le ballon au gardien.

Le match est donc arrivé à la prolongation, avec un score nul de zéro à zéro.

La Teranga

« Teranga » n’est pas seulement le surnom de l’équipe de football du Sénégal. En wolof, ce mot signifie bien plus que la simple « hospitalité » – définition qui a surtout imprégné les guides touristiques – et c’est un concept profondément ancré dans la philosophie de vie du peuple sénégalais.

Fondée sur l’idée de générosité, elle est présente dans la vie quotidienne de la population sénégalaise. Suivre la teranga, c’est faire en sorte que l’autre se sente à l’aise, indépendamment de sa nationalité, de sa religion ou de sa classe sociale. L’historien sénégalais Ibra Sène explique que la teranga consiste notamment à conseiller et à traiter les autres comme s’ils étaient des membres de sa famille.

Dans le domaine alimentaire, la teranga se traduit par le fait que les familles sénégalaises préparent un plat supplémentaire au cas où un visiteur arriverait. La coexistence entre les religions est un autre aspect de la teranga : par exemple, les chrétiens préparent pour les musulmans le ngalax (millet, beurre de cacahuète, poudre de baobab) à l’approche de Pâques. De même, les musulmans partagent le repas de l’Aïd. Les différents groupes ethniques du Sénégal cohabitent et le Sénégal ne connaît pas de conflits liés à cette diversité, grâce à la teranga, selon Ibra Sène.

Selon l’interprétation historique, la teranga a joué un rôle important dans la coexistence des différents groupes ethniques et a contribué à l’unité nécessaire pour obtenir l’indépendance du régime colonial.

Le premier président du Sénégal, le célèbre poète international de la négritude, Léopold Sédar Senghor, a proposé que la « teranga » soit l’instrument et le moyen permettant l’union de tout le pays, devenant ainsi le fondement de son identité nationale.

Même si le pays n’a pas été épargné depuis lors par les conflits internes, les tentatives de coup d’État et les mouvements sécessionnistes, le Sénégal a réussi à consolider au fil du temps une paix relative et à renforcer sa souveraineté. En juillet 2025, la France a rendu ses dernières bases sur le territoire sénégalais, mettant fin à 65 ans de présence militaire française dans le pays.

Le résultat du match

On peut se demander quel a été le résultat final de la finale. Au début des prolongations, à la 93e minute, Pepe Gueye, du Sénégal, a tiré depuis l’extérieur de la surface pour enfin ouvrir le score. Ce but, malgré les assauts acharnés des Marocains, a scellé l’issue du match et consacré le Sénégal champion de la Coupe 2026.

Peut-être que l’esprit de la Teranga, de la solidarité, du souci de l’autre, de l’humanisme, finira également par triompher, en ces temps troublés, marqués par des attaques contre le bien-être de l’humanité.