{"id":9697,"date":"2012-07-06T00:00:00","date_gmt":"2012-07-06T00:00:00","guid":{"rendered":""},"modified":"2012-07-06T09:58:15","modified_gmt":"2012-07-06T09:58:15","slug":"les-effets-de-la-cooperation-x-quel-lien-genere-la-solidarite-internationale-x","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2012\/07\/les-effets-de-la-cooperation-x-quel-lien-genere-la-solidarite-internationale-x\/","title":{"rendered":"Les effets de la coop\u00e9ration : quel lien g\u00e9n\u00e8re la solidarit\u00e9 internationale ?"},"content":{"rendered":"<p>Ce texte de Denis Merklen, qui fait \u00e9cho \u00e0 celui de Ra\u00fal Zibechi sur les politiques de lutte contre la pauvret\u00e9 est issu d\u2019une conf\u00e9rence prononc\u00e9e au Centre culturel de la coop\u00e9ration, \u00e0 Buenos Aires, le 1er avril 2009, en ouverture du S\u00e9minaire international \u00ab Dimension sociale de la coop\u00e9ration internationale \u00bb organis\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 nationale General San Mart\u00edn et par l\u2019Universit\u00e9 complutense de Madrid. Il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en espagnol dans un ouvrage issu de ce s\u00e9minaire publi\u00e9 en 2010 [2]. <\/p>\n<p>*L\u2019auteur a bien voulu nous confier la publication du texte original, qui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 en fran\u00e7ais. Cet article propose une analyse critique de l\u2019\u00e9volution des politiques sociales depuis les ann\u00e9es 1980 et du r\u00f4le qu\u2019y joue d\u00e9sormais la coop\u00e9ration internationale.*<\/p>\n<p>Depuis plus de vingt-cinq ans, toute une s\u00e9rie d\u2019acteurs qu\u2019on peut inscrire dans le champ de la \u00ab coop\u00e9ration internationale \u00bb a investi le domaine des politiques sociales. Ceci marque un changement important car cet univers \u00e9tait jusque-l\u00e0 r\u00e9serv\u00e9 aux acteurs nationaux, principalement \u00e9tatiques. Les enjeux politiques qui donnaient lieu \u00e0 la d\u00e9finition du \u00ab social \u00bb \u00e9taient d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des fronti\u00e8res nationales, et les solidarit\u00e9s qu\u2019on cherchait \u00e0 promouvoir \u00e0 travers l\u2019intervention publique \u00e9taient \u00e9galement pens\u00e9es par rapport \u00e0 ces limites territoriales. Cette forme de concevoir le social a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9 dans les pays \u00ab du Sud \u00bb, notamment par l\u2019intervention de nouveaux acteurs \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980. On constate depuis ce qu\u2019on pourrait appeler la \u00ab transnationalisation du social \u00bb.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, reste \u00e0 savoir quelles sont les principales cons\u00e9quences de ce mode d\u2019intervention sur le social. Nous nous proposons de r\u00e9pondre \u00e0 cette question en consid\u00e9rant trois registres bien distincts : les modes de conceptualiser l\u2019action sociale ; les changements au niveau des acteurs impliqu\u00e9s dans la r\u00e9alisation des politiques sociales ; et la nature m\u00eame des nouvelles politiques sociales propos\u00e9es par la coop\u00e9ration internationale. Nous verrons comment l\u2019action sociale a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment marqu\u00e9e \u00e0 partir de ce tournant op\u00e9r\u00e9e \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980. C\u2019est suite \u00e0 l\u2019action de la coop\u00e9ration internationale qu\u2019une nouvelle approche du social s\u2019est structur\u00e9e. Nous verrons aussi qu\u2019on n\u2019est pas encore sorti de cette nouvelle articulation et cela malgr\u00e9 les changements dans la conjoncture politique intervenue dans les ann\u00e9es 2000.<\/p>\n<p>Je pr\u00e9senterai une s\u00e9rie d\u2019observations qui prennent appui sur l\u2019attention que j\u2019ai pu pr\u00eater \u00e0 cette probl\u00e9matique depuis pr\u00e8s de quinze ann\u00e9es. Ces observations r\u00e9sultent non seulement d\u2019une exploration th\u00e9orique, mais \u00e9galement de mes propres travaux de recherche dans diff\u00e9rents r\u00e9gions du monde. Je pense notamment \u00e0 mon exp\u00e9rience latino-am\u00e9ricaine car j\u2019ai pu mener des enqu\u00eates en Argentine, \u00e0 Ha\u00efti et en Uruguay ainsi qu\u2019\u00e0 des enqu\u00eates conduites en France, en Chine et au S\u00e9n\u00e9gal, toujours dans l\u2019observation des politiques sociales, de politiques de \u00ab lutte contre la pauvret\u00e9 \u00bb ou de \u00ab d\u00e9veloppement \u00bb local. N\u00e9anmoins, l\u2019Am\u00e9rique latine prendra ici une place privil\u00e9gi\u00e9e pour deux raisons. Premi\u00e8rement, parce qu\u2019elle occupe une position centrale dans les exp\u00e9rimentations n\u00e9olib\u00e9rales, et ceci depuis le tout d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Deuxi\u00e8mement, parce que le tournant \u00e0 gauche de la plupart des pays de la r\u00e9gion \u00e0 partir des ann\u00e9es 2000 ne s\u2019est pas traduit par une sortie compl\u00e8te des formes de l\u2019action sociale con\u00e7ues trente ans plut\u00f4t suite \u00e0 l\u2019influence des organismes internationaux et, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, de la \u00ab coop\u00e9ration internationale \u00bb.<\/p>\n<p>**La conceptualisation du social ou comment sait-on ce qu\u2019il faut faire pour r\u00e9soudre quel type de probl\u00e8me**<\/p>\n<p>Toute action sociale trouve ses origines dans une d\u00e9finition pr\u00e9cise des probl\u00e8mes sociaux. Avant d\u2019agir il y a le \u00ab diagnostic \u00bb qui permet l\u2019action, une d\u00e9finition publique des probl\u00e8mes. Mais, comment identifie-t-on les probl\u00e8mes les plus importants, les plus urgents, ceux qui m\u00e9ritent attention ? Comment con\u00e7oit-on les politiques susceptibles de donner r\u00e9ponse aux probl\u00e8mes sociaux dans le cadre de la coop\u00e9ration internationale ? Comment d\u00e9finit-on le p\u00e9rim\u00e8tre de l\u2019action sociale ? Quelles sont les questions pertinentes, c\u2019est-\u00e0-dire celles qui m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre pos\u00e9es avant m\u00eame qu\u2019on pense aux r\u00e9ponses possibles ?<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de nouveaux dispositifs d\u2019action sociale dans le cadre de la coop\u00e9ration internationale a donc n\u00e9cessit\u00e9 de nouveaux outils conceptuels. Ce sont ces outils qui ont rendu possible la r\u00e9orientation de la politique sociale \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980. Et ceci s\u2019est fait gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019une v\u00e9ritable \u00ab th\u00e9orie \u00bb du social, une r\u00e9orientation conceptuelle faite par une oblit\u00e9ration progressive de la question du travail. Organisations internationales, ONG et bailleurs de fonds se sont engag\u00e9s dans la r\u00e9\u00e9laboration des formes de concevoir le social, provoquant ainsi l\u2019abandon des sch\u00e8mes de raisonnement qui fa\u00e7onnaient l\u2019action sociale jusqu\u2019alors. Colloques, forums, ouvrages collectifs, num\u00e9ros de revues scientifiques, toute une agitation intellectuelle a eu comme objectif la mise en place de ces nouveaux outils de la connaissance, de cette nouvelle \u00ab th\u00e9orie \u00bb de la pauvret\u00e9 et de la m\u00e9thodologie qui l\u2019accompagne, rendant ainsi possible des accords sur les diagnostics, des accords sur ce qu\u2019il fallait faire et sur ce qu\u2019il fallait cesser de faire.<\/p>\n<p>Du moment que la vieille question sociale centr\u00e9e sur le travail est red\u00e9finie dans les termes d\u2019une \u00ab nouvelle pauvret\u00e9 \u00bb, se d\u00e9ploie tout un appareil statistique destin\u00e9 \u00e0 quantifier la pauvret\u00e9, \u00e0 mesurer le niveau de pauvret\u00e9 de chaque soci\u00e9t\u00e9 [3]. Ainsi, les \u00ab m\u00e9thodes \u00bb se d\u00e9multiplient et pendant les ann\u00e9es 1980 on assiste \u00e0 une v\u00e9ritable querelle concernant la m\u00e9thodologie appropri\u00e9e pour \u00ab lutter contre \u00bb la pauvret\u00e9. \u00c0 la question du revenu, servant \u00e0 estimer le seuil de pauvret\u00e9, viennent s\u2019ajouter ensuite d\u2019autres \u00ab dimensions \u00bb de la pauvret\u00e9, comme le logement, l\u2019acc\u00e8s aux services urbains (la question de l\u2019eau potable deviendra centrale) ou certaines aspects sanitaires (notamment le probl\u00e8me du SIDA). De nombreuses m\u00e9thodologies sont propos\u00e9es et nombreuses sont les techniques mises en avant pour identifier et quantifier la pauvret\u00e9. On va de la tr\u00e8s simple m\u00e9thode de la Banque mondiale du \u00ab deux dollars par jour \u00bb \u00e0 l\u2019extr\u00eamement complexe m\u00e9thode de l\u2019\u00ab Indice de d\u00e9veloppement humain \u00bb du Programme des Nations unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD). Entre les deux peuvent \u00eatre cit\u00e9es de nombreuses \u00ab m\u00e9thodes \u00bb, comme celle qui distingue le \u00ab seuil de pauvret\u00e9 \u00bb (essentiellement mon\u00e9taire et tr\u00e8s expos\u00e9 aux conjonctures \u00e9conomiques, comme dans les cas d\u2019inflation ou de d\u00e9valuation de la monnaie) et la m\u00e9thode dite de la \u00ab pauvret\u00e9 structurelle \u00bb ou des \u00ab besoins \u00e9l\u00e9mentaires \u00bb qui prend en compte des aspects comme l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation ou \u00e0 la ville, pas n\u00e9cessairement en lien imm\u00e9diat avec le revenu des individus ou des m\u00e9nages. Mais ces d\u00e9bats m\u00e9thodologiques cachent le fait qu\u2019ils supposent un changement de probl\u00e9matique, ou un glissement s\u00e9mantique qui se fait par le passage de la figure du \u00ab travailleur \u00bb \u00e0 celle du \u00ab pauvre \u00bb. Les politiques sociales ne s\u2019inqui\u00e8tent plus du travailleur car elles ont d\u00e9sormais fix\u00e9s leur attention sur le pauvre.<\/p>\n<p>La discussion m\u00e9thodologique recouvre donc d\u2019importants enjeux, et la conception du social par la pauvret\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sans effets. En ce qui concerne le cas latino-am\u00e9ricain, la sortie des dictatures qui s\u00e9virent dans les ann\u00e9es 1970 et 1980 fut aussi observ\u00e9e \u00e0 travers ce prisme. Dans la plupart des cas, les soci\u00e9t\u00e9s sortaient de leur p\u00e9riode autoritaire avec une plus grande proportion de pauvres. Les diff\u00e9rentes m\u00e9thodes permettaient aussi d\u2019avoir un param\u00e8tre de comparaison entre les pays. La dictature du g\u00e9n\u00e9ral Pinochet, au Chili, semblait, de ce point de vue, plus performante que celle de ces voisins car elle montrait des niveaux de pauvret\u00e9 inf\u00e9rieurs. Les appareils statistiques ont permis \u00e9galement de constater la r\u00e9gression en mati\u00e8re sociale. On a ainsi qualifi\u00e9 les ann\u00e9es 1980 de \u00ab d\u00e9cennie perdue \u00bb pour l\u2019Am\u00e9rique latine car aux taux de croissance quasi nuls, s\u2019ajoutait une progression consid\u00e9rable des taux de pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>Or, l\u2019ensemble des points de vue qui se sont oppos\u00e9s sur les questions de m\u00e9thode partageaient une philosophie qui leur \u00e9tait commune : une d\u00e9finition de la question sociale. Ces querelles m\u00e9thodologiques cachaient une question plus importante : les modalit\u00e9s d\u2019intervention sur le social. Cette probl\u00e9matisation du social permettait de d\u00e9finir ce qu\u2019il \u00e9tait l\u00e9gitime de faire pour lutter contre la pauvret\u00e9 et d\u2019identifier ce qu\u2019il \u00e9tait recommand\u00e9 de ne plus faire. Si nous revenons sur les documents qui ont orient\u00e9 les politiques sociales pendant les ann\u00e9es 1980 et 1990, nous observons l\u2019exclusion syst\u00e9matique de toute r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab travail \u00bb. C\u2019est-\u00e0-dire que les nouveaux dispositifs de lutte contre la pauvret\u00e9 vont se faire contre la tradition que l\u2019Am\u00e9rique latine avait h\u00e9rit\u00e9e des principaux courants occidentaux de conceptualisation du social [4].<\/p>\n<p>La tradition latino-am\u00e9ricaine qui mettait le travail au c\u0153ur du social se consolide d\u00e8s le d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle. C\u2019est le cas au Chili avec la cr\u00e9ation de l\u2019Oficina del trabajo [Bureau du travail] \u00e0 la fois charg\u00e9e d\u2019\u00e9tablir les statistiques \u00ab sociales \u00bb et investie du pouvoir d\u2019inspection et de contr\u00f4le des entreprises. Ou comme lorsque le gouvernement argentin commande \u00e0 l\u2019ing\u00e9nieur Juan Bialet Mass\u00e9 un rapport sur la situation sociale du pays en vue de pr\u00e9parer la premi\u00e8re loi du travail, rapport qui deviendrait le c\u00e9l\u00e8bre Informe sobre el estado de la clase obrera (Madrid, Hyspam\u00e9rica, 1985, 2 vol.). On pourrait citer ainsi toute une s\u00e9rie de rapports, de politiques et de propositions l\u00e9gislatives dont la plus accomplie est sans doute l\u2019\u0153uvre du pr\u00e9sident uruguayen Jos\u00e9 Batlle y Ordo\u00f1ez \u00e0 partir de 1903. Sur le plan politique, l\u2019ensemble des courants en conflit construisent leurs oppositions \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une probl\u00e9matisation qui place le travail au c\u0153ur du social. Cela peut para\u00eetre \u00e9vident pour les courants de gauche (socialistes et communistes, principalement), mais cela est aussi central pour les \u00ab populismes \u00bb (de Juan Per\u00f3n \u00e0 Getulio Vargas) ou pour les courants \u00ab d\u00e9veloppementistes \u00bb, notamment dans les ann\u00e9es 1950 et 1960 [5]. Enfin, la pol\u00e9mique sur la \u00ab marginalit\u00e9 \u00bb appara\u00eet comme un dernier \u00ab moment \u00bb dans la probl\u00e9matisation latino-am\u00e9ricaine du social autour du travail, dans les ann\u00e9es 1960 et 1970. Dans ce d\u00e9bat s\u2019est retrouv\u00e9 toute une s\u00e9rie d\u2019acteurs, d\u2019institutions et de chercheurs allant de la CEPAL au projet DESSAL, des universit\u00e9s \u00e9tats-uniennes \u00e0 la Fondation Ford, des r\u00e9seaux j\u00e9suites \u00e0 une partie des plus influents sociologues du continent tels Gino Germani, Fernando Henrique Cardoso et Jos\u00e9 Nun.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qui fait de tous ces mouvements et courants une \u00ab probl\u00e9matisation \u00bb, une conception probl\u00e9matique conduisant \u00e0 un m\u00eame type d\u2019actions ? Qu\u2019est-ce qui diff\u00e9rencie la \u00ab nouvelle pauvret\u00e9 \u00bb con\u00e7ue \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 des conceptions traditionnelles du social ? La conception classique se fonde sur l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019\u00e9poque du \u00ab paup\u00e9risme \u00bb observ\u00e9 en Angleterre d\u00e8s le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle. La question que se pose alors est celle de savoir comment prot\u00e9ger les travailleurs contre la pauvret\u00e9. On partage la conviction qu\u2019il faut introduire une s\u00e9rie de protections et de r\u00e9gulations \u00ab du social \u00bb pour \u00e9viter aux travailleurs de tomber dans la pauvret\u00e9. Cette probl\u00e9matisation inscrit \u00e0 la fois la cause de la pauvret\u00e9 et le lieu de sa r\u00e9solution au c\u0153ur des rapports sociaux car elle identifie son \u00e9picentre dans le travail lui-m\u00eame. L\u2019action sociale prend la forme principale d\u2019une r\u00e9gulation des dynamiques sociales qui conduisent vers la pauvret\u00e9, et qui sont \u00e0 l\u2019origine des principaux conflits sociaux.<\/p>\n<p>En revanche, la conception du social qui va orienter les politiques sociales \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 se consolide en rupture et en opposition totale avec cette tradition. La nouvelle probl\u00e9matisation cherche \u00e0 \u00ab faire sortir \u00bb les pauvres de la pauvret\u00e9. Et la pauvret\u00e9 ainsi con\u00e7ue n\u2019est plus le r\u00e9sultat de processus intrins\u00e8ques \u00e0 l\u2019organisation sociale. Elle est simplement pens\u00e9e comme un \u00e9tat, une situation regrettable o\u00f9 se trouve une partie de la population. Il s\u2019agit maintenant de transf\u00e9rer des ressources, de donner des outils, d\u2019aider les pauvres \u00e0 \u00e9laborer des projets leur permettant de surmonter leur condition. De ce point de vue, les politiques de lutte contre la pauvret\u00e9 sont des politiques qui visent la \u00ab mobilisation \u00bb de ceux qui sont en situation de pauvret\u00e9. C\u2019est une politique d\u2019activation sociale, et c\u2019est pourquoi la \u00ab participation \u00bb des individus est toujours vent\u00e9e et promue. On remarque que dans l\u2019ancienne conception, on consid\u00e9rait que les travailleurs n\u2019avaient rien d\u2019autre \u00e0 faire que travailler. On n\u2019exigeait pas davantage d\u2019eux. Le seul fait de travailler devait suffire pour qu\u2019ils puissent mener une vie \u00ab digne \u00bb. L\u2019\u00c9tat devait prot\u00e9ger les individus des principaux risques sociaux pour \u00e9viter qu\u2019ils tombent dans la d\u00e9ch\u00e9ance, d\u2019o\u00f9 la nature des principales politiques sociales : prot\u00e9ger les individus contre le risque du ch\u00f4mage, la maladie ou l\u2019accident, les assurer face \u00e0 la vieillesse, pendant l\u2019enfance, la grossesse ou l\u2019accouchement, r\u00e9guler les \u00e2ges et le temps du travail. \u00c0 partir de quel \u00e2ge on autorise la mise au travail et jusqu\u2019\u00e0 quel \u00e2ge un employeur peut embaucher quelqu\u2019un ? \u00c0 l\u2019interdiction du travail enfantin et l\u2019institutionnalisation de la retraite, on ajoute la journ\u00e9e de 8 heures, le temps de repos hebdomadaire, les vacances, etc.<\/p>\n<p>\u00c0 ce passage de la \u00ab protection \u00bb \u00e0 l\u2019\u00ab activation \u00bb sociale va s\u2019ajouter la \u00ab territorialisation \u00bb de la question sociale. Celle-ci va jouer un r\u00f4le central dans l\u2019\u00e9laboration de la nouvelle probl\u00e9matisation du social. Penser les individus \u00e0 partir du lieu o\u00f9 ils se trouvent (les bidonvilles ou les quartiers pauvres, par exemple) permet, en premier lieu, de concevoir ces cat\u00e9gories sociales (les \u00ab pauvres \u00bb) en dehors de la trame de rapports sociaux qui les maintient en situation de pauvret\u00e9. En second lieu, le fait de penser les pauvres \u00e0 partir de leur ancrage territorial donne l\u2019illusion de pouvoir \u00ab aller \u00bb aupr\u00e8s d\u2019eux et de les aider \u00e0 \u00ab s\u2019en sortir \u00bb. La d\u00e9marche est illusoire car on peut ainsi \u00e9viter de prendre conscience des conflits que toute politique sociale r\u00e9aliste devrait prendre en compte et affronter. Comme l\u2019a signal\u00e9 Else Oyen, pr\u00e9tendre sortir les pauvres de la pauvret\u00e9 sans conflit rel\u00e8ve d\u2019une v\u00e9ritable duperie collective [6].<\/p>\n<p>Les diagnostics sur la nouvelle pauvret\u00e9 souffrent donc de ce qu\u2019il convient appeler avec Pierre Bourdieu une \u00ab illusion empiriste \u00bb : les uns et les autres partagent la conviction qu\u2019il faut aller voir les pauvres pour savoir de quoi ils souffrent. Cette attitude peut \u00eatre motiv\u00e9e par une inspiration humaniste visant la \u00ab proximit\u00e9 \u00bb. Mais dans la pratique, elle s\u2019est traduite par une d\u00e9connexion compl\u00e8te entre les principales dynamiques sociales et cette conception de la pauvret\u00e9. En effet, l\u2019origine de la pauvret\u00e9 n\u2019est plus pens\u00e9e comme cons\u00e9quence des hi\u00e9rarchies sociales, elle est d\u00e9connect\u00e9e de toute r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab pouvoir \u00bb et de toute conflictualit\u00e9 sociale. Et ce qui est encore plus surprenant c\u2019est que les organismes internationaux, les ONG et les agents de la coop\u00e9ration internationale ont \u00e9vit\u00e9 syst\u00e9matiquement toute conception du social pouvant associer le sort des pauvres aux syst\u00e8mes d\u2019\u00e9changes internationaux \u2013 ou avec toute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la mondialisation, si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re.<\/p>\n<p>Puisque la nouvelle probl\u00e9matisation du social con\u00e7oit le monde d\u2019une mani\u00e8re radicalement oppos\u00e9e, elle va proposer une nouvelle panoplie de mesures et va s\u2019appuyer sur un nouveau syst\u00e8me d\u2019acteurs.<\/p>\n<p>**Un nouveau syst\u00e8me d\u2019acteurs pour une nouvelle politique sociale**<\/p>\n<p>La r\u00e9orientation des politiques sociales propos\u00e9e dans le cadre de la coop\u00e9ration internationale implique avant tout un changement des acteurs de la politique. Comme le premier changement que nous venons de d\u00e9crire au niveau conceptuel, ce changement a aussi repr\u00e9sent\u00e9 une rupture radicale avec le mod\u00e8le du social r\u00e9gnant au XXe si\u00e8cle, mais cette fois il ne s\u2019agit pas d\u2019une rupture de nature \u00ab th\u00e9orique \u00bb mais de nature pratique.<\/p>\n<p>Sur le plan pratique donc, on observe d\u2019abord un changement de la \u00ab cible \u00bb des politiques. La lutte contre la pauvret\u00e9 ne vise plus les dynamiques sociales ni les rapports sociaux identifi\u00e9s comme \u00e9tant \u00e0 l\u2019origine de l\u2019appauvrissement. Elle s\u2019adresse plut\u00f4t aux sujets, les pauvres, que se trouvent d\u00e9j\u00e0 soumis \u00e0 une telle condition. Ce changement d\u2019orientation est aussi un changement dans la mani\u00e8re d\u2019interpeller les b\u00e9n\u00e9ficiaires de la politique. L\u00e0 o\u00f9 on pensait auparavant au travailleur, on pense d\u00e9sormais au pauvre ou \u00e0 l\u2019habitant. Le sujet qui sera sollicit\u00e9 \u00e0 \u00ab participer \u00bb \u00e0 la mise en \u0153uvre des nouvelles politiques n\u2019est plus con\u00e7u par rapport \u00e0 sa participation dans la division sociale du travail mais par rapport au lieu o\u00f9 il habite. On peut ais\u00e9ment voir que l\u2019univers des possibles qui s\u2019ouvrent \u00e0 cette \u00ab participation \u00bb change parce que on fait maintenant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un sujet engag\u00e9 dans des modes de participation hors-travail. Les individus, les foyers et les formes d\u2019organisation ou d\u2019association que la politique interpelle se mobilisent autour de ce que la sociologie appelait les \u00ab conditions de vie \u00bb. Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant que le quartier devienne l\u2019un des espaces privil\u00e9gi\u00e9s de la nouvelle politique sociale (nous reviendrons sur la dimension territorialis\u00e9e ou localis\u00e9e de l\u2019action).<\/p>\n<p>Ce changement fondamental de l\u2019action par la red\u00e9finition du b\u00e9n\u00e9ficiaire s\u2019accompagne et se compl\u00e8te par l\u2019intervention de deux autres acteurs, aussi directement li\u00e9s \u00e0 l\u2019origine transnationale de la nouvelle politique. Les organisations dites \u00ab non gouvernementales \u00bb constituent un cas singulier. L\u2019\u00e9mergence d\u2019acteurs \u00ab sociaux \u00bb \u00e0 proprement parler, c\u2019est-\u00e0-dire situant leur action dans l\u2019espace de la soci\u00e9t\u00e9 civile et se diff\u00e9renciant de la sph\u00e8re politique n\u2019est \u00e9videmment pas une nouveaut\u00e9 du dernier quart du XXe si\u00e8cle. De ce point de vue, les ONG ne font qu\u2019approfondir ou renforcer toute la tradition de l\u2019action \u00ab sociale \u00bb \u2013 par opposition \u00e0 \u00ab politique \u00bb. Mais, au-del\u00e0 de cette continuit\u00e9 \u00e9vidente, l\u2019appellation \u00ab ONG \u00bb comporte une inflexion majeure. Une sociologie du personnel des ONG peut aider \u00e0 comprendre la nature de ce nouvel acteur.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on regarde la gen\u00e8se et la sociologie des ONG, on observe dans ce mouvement l\u2019\u00e9mergence d\u2019un march\u00e9 de travail b\u00e9n\u00e9ficiant \u00e0 un segment des classes moyennes \u00ab locales \u00bb (aussi bien qu\u2019en provenance des pays coop\u00e9rants). Autour des ann\u00e9es 1980, les membres des ONG \u00e9mergent comme un acteur post-militant, universitaire et transnational (c\u2019est-\u00e0-dire pensant son action sur un pays \u00e9tranger). Le circuit de la coop\u00e9ration internationale repr\u00e9sente pour ce groupe social un v\u00e9ritable moyen de vie (dans lequel les individus peuvent aspirer \u00e0 sur\u00e9valuer leurs revenus en les diff\u00e9rentiant des salaires locaux et en les tirant vers les revenus de r\u00e9f\u00e9rence en Europe ou aux \u00c9tats-Unis) [7]. Pour ce faire, il faut cr\u00e9er des projets susceptibles de trouver financement aupr\u00e8s des bailleurs. C\u2019est pourquoi ces projets doivent se distancier autant que possible des enjeux politiques et des conflits locaux. La d\u00e9fense de la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 civile \u00bb et la revendication d\u2019une la\u00efcit\u00e9 \u00ab apolitique \u00bb aigu\u00eb ob\u00e9issent surtout aux exigences du syst\u00e8me d\u2019acteurs qui rend possible cette modalit\u00e9 de l\u2019intervention sociale. C\u2019est pourquoi ce sont en g\u00e9n\u00e9ral des dipl\u00f4m\u00e9s universitaires capables de donner une certaine \u00ab technicit\u00e9 \u00bb aux projets des ONG. Sur un autre plan, cette technicit\u00e9 et cette prise de distance avec les conflits locaux permet aux ONG de se distinguer des mouvements sociaux classiques. Et c\u2019est pourquoi les ONG ne font pas appel aux espaces publics nationaux mais font reposer la l\u00e9gitimit\u00e9 de leur action \u00e0 la seule r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un humanisme \u00ab cosmopolite \u00bb caract\u00e9ristique de l\u2019espace public transnational [8].<\/p>\n<p>Un troisi\u00e8me changement dans le syst\u00e8me d\u2019acteurs appara\u00eet avec l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 par la coop\u00e9ration internationale elle-m\u00eame au domaine du social. C\u2019est le nouveau r\u00f4le assum\u00e9 autant par les organisations internationales que par la coop\u00e9ration bilat\u00e9rale. Le changement est majeur car jusqu\u2019alors le social \u00e9tait du domaine exclusif des \u00c9tats et la r\u00e9solution de ce type de probl\u00e8mes relevait d\u2019une politique intra-fronti\u00e8res. La Banque mondiale (BM) ou la Banque interam\u00e9ricaine de d\u00e9veloppement (BID) ont \u00e9t\u00e9 parmi les premi\u00e8res promotrices des nouvelles politiques sociales pour l\u2019Am\u00e9rique latine : non seulement parce qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 parmi les principales bailleuses de fonds, mais aussi parce qu\u2019avec d\u2019autres agences (comme la CEPAL, l\u2019UNICEF, l\u2019UNESCO ou le PNUD), ces organismes ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine du formidable investissement intellectuel permettant le changement des orientations politiques. Alors que, jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1970, ils limitaient leurs aides \u00e0 financer des syst\u00e8mes financiers ou des \u0153uvres d\u2019infrastructure (barrages, routes, ponts, ol\u00e9oducs, centrales \u00e9lectriques), ces organismes ont commenc\u00e9 \u00e0 financer de plus en plus les politiques sociales. L\u00e0 o\u00f9 ils finan\u00e7aient les \u00c9tats et les gouvernements, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 ils ont commenc\u00e9 \u00e0 financer \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les ONG.<\/p>\n<p>Nous avons ainsi un syst\u00e8me d\u2019action qui tente d\u2019en remplacer un autre. Jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1970, le social constituait un champ d\u2019action domin\u00e9 pour l\u2019essentiel par l\u2019\u00c9tat et les syndicats et qui se centrait autour de la figure du travailleur. D\u00e9sormais, s\u2019articule un nouveau groupe d\u2019acteurs qui sp\u00e9cifiquement cherche \u00e0 se distinguer du pr\u00e9c\u00e9dent. Lorsque nous observons l\u2019installation de ce nouveau syst\u00e8me d\u2019acteurs, nous pouvons mieux comprendre les changements que nous avons d\u00e9crits tout \u00e0 l\u2019heure sur la \u00ab th\u00e9orie \u00bb qui anime la nouvelle politiques sociale centr\u00e9e sur la pauvret\u00e9. L\u2019ancien syst\u00e8me d\u2019acteurs tentait de saisir le c\u0153ur des conflits et des enjeux sociaux en le d\u00e9finissant autour du travail. Le nouveau syst\u00e8me place au centre les habitants, les ONG et les organismes internationaux. Il red\u00e9finit la place de l\u2019\u00c9tat et \u00e9carte les syndicats. L\u00e0 o\u00f9 la politique sociale tentait de prot\u00e9ger les individus des dynamiques d\u2019appauvrissement et des risques sociaux, les nouveaux acteurs tentent d\u2019agir par une logique de \u00ab projets \u00bb qui cherche une sortie de la pauvret\u00e9 au cas par cas en \u00ab mobilisant \u00bb ou en \u00ab activant \u00bb les pauvres. C\u2019est cette nouvelle logique d\u2019action que nous allons tenter de d\u00e9crire maintenant.<\/p>\n<p>**Ce que devient la politique sociale dans le cadre de la coop\u00e9ration internationale**<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qui est financ\u00e9 par la coop\u00e9ration internationale ? Qu\u2019est-ce qui est promu par les organisations internationales ? Quelles sont les actions privil\u00e9gi\u00e9es par les ONG ?<\/p>\n<p>Dans la panoplie des projets promus, il y a un certain nombre de caract\u00e9ristiques qui deviennent visibles d\u00e8s qu\u2019on regarde ce qui n\u2019est pas financ\u00e9 ; c\u2019est-\u00e0-dire tout ce que, curieusement, reste en dehors du social. Pendant les ann\u00e9es 1980 et 1990, ni les ONG, ni les coop\u00e9rations bilat\u00e9rales, ni les organismes internationaux ne viennent solliciter l\u2019\u00c9tat pour am\u00e9liorer les syst\u00e8mes de retraite, pour rendre possible des augmentations de salaires ou des am\u00e9liorations dans la protection sociale. Il est difficile de trouver de tels projets dans les dossiers des nouveaux acteurs.<\/p>\n<p>Ce que la sociologie a baptis\u00e9 \u00ab logique par projets \u00bb [9] appara\u00eet dans le langage des nouveaux acteurs comme une triade m\u00e9thodologique : \u00ab ciblage \u00bb, \u00ab d\u00e9centralisation \u00bb et \u00ab participation \u00bb. Encore une fois, la m\u00e9thodologie propos\u00e9e cherche \u00e0 se diff\u00e9rencier des anciens mod\u00e8les de l\u2019action sociale. L\u2019intervention internationale vise de cette fa\u00e7on \u00e0 maintenir son action en marge de \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, entendue comme l\u2019ensemble national \u2013 ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00c9tat-nation, si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re. Dans un tel but, il y a dans un premier temps une promotion des vertus de la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 civile \u00bb, des \u00ab microprojets \u00bb et de la \u00ab proximit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Pourquoi une telle volont\u00e9 mise \u00e0 \u00e9viter de penser \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb comme un tout et \u00e0 promouvoir uniquement des projets clairement \u00ab cibl\u00e9s \u00bb ? On invoque souvent des raisons \u00ab techniques \u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, les nouveaux acteurs partagent une v\u00e9ritable conviction politique, et ceci malgr\u00e9 leur autoproclam\u00e9e volont\u00e9 d\u2019agir de fa\u00e7on \u00ab apolitique \u00bb.<\/p>\n<p>Les acteurs de la nouvelle politique sociale sont persuad\u00e9s que l\u2019une des causes de la pauvret\u00e9 est la corruption des \u00e9lites dirigeantes locales. L\u2019\u00c9tat et l\u2019administration sont per\u00e7us comme des machines \u00ab bureaucratiques \u00bb, colonis\u00e9es par les disputes politiciennes, qui ne font que maintenir la corruption \u00e0 l\u2019\u00e9tat end\u00e9mique. La promotion des politiques sociales se fait donc par une tactique pr\u00e9cise. Selon une conviction n\u00e9olib\u00e9rale alors \u00e0 la mode, les organismes internationaux visent clairement une transformation de l\u2019\u00c9tat en mati\u00e8re d\u2019\u00e9conomie. Cependant, en mati\u00e8re sociale, la coop\u00e9ration internationale cherche \u00e0 \u00e9viter le conflit, \u00e0 contourner l\u2019\u00c9tat, et non pas \u00e0 le transformer.<\/p>\n<p>En plus de la \u00ab lutte contre la pauvret\u00e9 \u00bb, le discours des nouvelles politiques sociales allait \u00e9voluer vers d\u2019autres th\u00e8mes, surtout vers la fin des ann\u00e9es 1990 et \u00e0 partir des ann\u00e9es 2000. Ainsi, toute une s\u00e9rie d\u2019acteurs inspir\u00e9s par les travaux de Robert Putnam a commenc\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir des projets afin de promouvoir une am\u00e9lioration du \u00ab capital social \u00bb. Dans la m\u00eame logique, un peu plus tard, le terme d\u2019\u00ab empowerment \u00bb fait son apparition avec une telle r\u00e9ussite qu\u2019il migre vers l\u2019Am\u00e9rique latine o\u00f9 il est adopt\u00e9 comme \u00ab empoderamiento \u00bb [10]. Or, toutes ces th\u00e9matiques s\u2019inscrivent dans la m\u00eame logique d\u2019action. La cible de la politique n\u2019est pas une dynamique perverse qui produirait de l\u2019appauvrissement et qu\u2019il faudrait contrer. La cible, ce sont les individus ou les populations pauvres qu\u2019il faut aider, et surtout amener \u00e0 se mobiliser.<\/p>\n<p>Les politiques sociales promues par la coop\u00e9ration internationale, nous l\u2019avons dit, se placent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du politique. Or, elles se placent \u00e9galement \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019\u00e9conomie. En effet, \u00ab r\u00e9guler le march\u00e9 du travail \u00bb ou renforcer des distributions de ressources \u00e0 vocation universelle, est vu, dans tous les cas, comme une \u00ab intervention \u00bb perverse de l\u2019\u00c9tat dans l\u2019ordre de l\u2019\u00e9conomie. La politique sociale peut aider les gens, elle ne doit dans aucun cas provoquer des distorsions \u00e9conomiques. C\u2019est ce double a priori (ni dans le politique ni dans l\u2019\u00e9conomie) qui ouvre son champ d\u2019action aux nouvelles politiques sociales, et c\u2019est exactement dans cet espace que se positionnent les ONG. Et c\u2019est cette double contrainte qui \u00e9vite aux politiques sociales de viser les dynamiques qui conduisent \u00e0 la pauvret\u00e9. C\u2019est dans le divorce entre processus d\u2019appauvrissement et lutte contre la pauvret\u00e9 qu\u2019on observe le point aveugle de ce type d\u2019intervention sociale.<\/p>\n<p>L\u2019ext\u00e9riorit\u00e9 nationale des nouveaux acteurs contribue \u00e0 cette s\u00e9paration entre politique sociale et causes de l\u2019appauvrissement. Les acteurs \u00ab arrivent \u00bb \u00e0 chaque fois sur un contexte local avec un projet entre les mains (de lutte contre le sida, pour les m\u00e8res c\u00e9libataires, de logement, d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable\u2026) et ont la sensation que l\u2019histoire locale commence avec leur projet. Le moment de leur intervention \u00e9tant l\u2019ann\u00e9e z\u00e9ro o\u00f9 l\u2019issue commence \u00e0 s\u2019entrevoir. Mais, lorsqu\u2019on se place du point de vue des populations b\u00e9n\u00e9ficiaires, on d\u00e9couvre qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 il y a toute une histoire d\u2019interventions \u00e9trang\u00e8res. Des coop\u00e9rants, des \u00e9tudiants et des militants d\u2019ONG se succ\u00e8dent les uns aux autres, la plupart du temps affili\u00e9s \u00e0 des structures diff\u00e9rentes, chacun ignorant l\u2019intervention du pr\u00e9c\u00e9dent. Chaque groupe de coop\u00e9rants croit amener avec eux un nouveau commencement. Cependant, l\u2019histoire locale inscrit leur action dans la longue s\u00e9rie de ceux qui sont venus les inviter \u00e0 \u00ab se bouger \u00bb.<\/p>\n<p>Les interventions se suivent et se remplacent les uns aux autres, en g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9composant la r\u00e9alit\u00e9 sociale dans d\u2019innombrables projets qui exigent \u00ab la participation \u00bb des habitants. Or, \u00e9tant donn\u00e9 que les rapports sociaux continuent \u00e0 structurer le social et que les processus d\u2019appauvrissement sont ignor\u00e9s, les effets de trente ann\u00e9es d\u2019interventions internationales ont eu des effets \u00e9videmment nuls sur la r\u00e9duction globale de la pauvret\u00e9. C\u2019est l\u2019\u00e9cart, maintes fois signal\u00e9, entre l\u2019observation du bien fond\u00e9 de chaque projet pris individuellement, et les effets globaux d\u2019une politique sociale \u00e9clat\u00e9e et qui ne peut pas (et qui ne veut pas) agir sur \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>**Conclusion : quel lien social ?**<\/p>\n<p>Je voudrais, pour finir, poser deux derni\u00e8res questions. Quel est le lien qui unit les d\u00e9cideurs d\u2019un bailleur de fonds originaire d\u2019Europe ou des \u00c9tats-Unis et les b\u00e9n\u00e9ficiaires de ce projet vivant, eux, dans un pays de l\u2019Am\u00e9rique latine ou d\u2019Afrique ? Ensuite, quel type de lien promeut localement une politique sociale qui se d\u00e9ploie \u00e0 partir de la coop\u00e9ration internationale ? Est-ce que le type de lien promu prot\u00e8gerait les individus contre une \u00e9ventuelle retomb\u00e9e dans les eaux troubles de la pauvret\u00e9 ? La question du \u00ab lien social \u00bb est rarement pos\u00e9e dans le cadre des nouvelles politiques sociales, des projets de \u00ab lutte contre la pauvret\u00e9 \u00bb. Or, comment penser une politique sociale si l\u2019on ne pense pas \u00e0 la nature des liens sociaux qui l\u2019animent et \u00e0 la nature des liens sociaux qu\u2019elle est cens\u00e9 mettre en place ?<\/p>\n<p>Les ressources qui rendent possible les politiques de lutte contre la pauvret\u00e9 dans le cadre de la \u00ab coop\u00e9ration \u00bb ne sont soumises \u00e0 pratiquement aucune contrainte. Le flux d\u2019argent qui va du Nord au Sud est volontaire, provient de la coop\u00e9ration et il peut, en cons\u00e9quence, s\u2019interrompre \u00e0 tout moment sans cons\u00e9quences majeures pour le Nord. Du point de vue des populations aid\u00e9es, de fait, les projets finissent, les coop\u00e9rants partent et les populations locales n\u2019ont qu\u2019une capacit\u00e9 tr\u00e8s limit\u00e9e pour emp\u00eacher ce d\u00e9part. C\u2019est une caract\u00e9ristique intrins\u00e8que \u00e0 cette relation qui r\u00e9sulte de l\u2019aide. L\u2019exp\u00e9rience de mon travail m\u2019a permis d\u2019\u00eatre dans les quartiers lorsqu\u2019un intervenant arrive avec un projet, et de rester dans le m\u00eame quartier une fois qu\u2019il est parti. La distance sociale qui s\u00e9pare un agent (le \u00ab coop\u00e9rant \u00bb ou l\u2019\u00ab intervenant \u00bb) de l\u2019autre (le \u00ab b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00bb) est tellement importante que les projets sont per\u00e7us comme un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00ab naturel \u00bb \u2013 en ce qu\u2019ils constituent une ressource dont la reproduction \u00e9chappe \u00e0 tout contr\u00f4le de la part des b\u00e9n\u00e9ficiaires. Les fonds, les ONG et les militants humanitaires simplement arrivent un jour, sans qu\u2019on sache quel chant ou quelle danse pratiquer pour invoquer leur venue.<\/p>\n<p>Nous devons prendre au s\u00e9rieux cet \u00e9l\u00e9ment car dans ce cadre, \u00ab coop\u00e9ration \u00bb s\u2019oppose \u00e0 \u00ab solidarit\u00e9 \u00bb, tout au moins au sens qu\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 ce mot par le courant \u00ab solidariste \u00bb de la fin du XIXe si\u00e8cle. Car la solidarit\u00e9 qui a permis de cr\u00e9er \u00ab le social \u00bb n\u2019est pas le fait d\u2019une coop\u00e9ration volontariste mais d\u2019une contrainte. C\u2019est ce qui a inscrit le social au c\u0153ur d\u2019un syst\u00e8me d\u2019\u00e9changes qu\u2019\u00c9mile Durkheim (et avec lui toute la sociologie classique) appelait la \u00ab division sociale du travail \u00bb. En revanche, les politiques sociales mises en place \u00e0 travers la coop\u00e9ration internationale sortent de cet espace de contraintes et s\u2019\u00e9cartent ainsi \u00e9galement de l\u2019espace politique. Salari\u00e9s et employeurs sont contraints de cotiser pour payer les indemnit\u00e9s des ch\u00f4meurs et des retrait\u00e9s, oblig\u00e9s de payer pour l\u2019assistance aux malades, aux mal-log\u00e9s, aux femmes enceintes.<\/p>\n<p>Au mieux, les \u00c9tats et les organismes internationaux pr\u00e9sentent leur aide devant leurs opinions publiques, dans leurs espaces publics nationaux sans contrainte. Parfois, les donneurs agissent devant une diffuse \u00ab opinion publique mondialis\u00e9e \u00bb, \u00e0 supposer qu\u2019une telle chose existe. Et lorsqu\u2019ils agissent de la sorte, c\u2019est en d\u00e9connexion compl\u00e8te avec le politique. Le social est envoy\u00e9 ainsi devant les forums d\u2019une \u00e9thique humanitaire, d\u2019un \u00ab devoir \u00bb qui ne trouve derri\u00e8re lui aucune institution pour contraindre son accomplissement. Toute discussion sur la politique sociale r\u00e9sultant de la coop\u00e9ration internationale devrait pouvoir compter son flux de ressources \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une comptabilit\u00e9 mesurant l\u2019ensemble des \u00e9changes internationaux. De la m\u00eame fa\u00e7on que nous comptabilisons le \u00ab poids \u00bb d\u2019un syst\u00e8me de retraites par rapport au budget de l\u2019\u00c9tat ou par rapport au PIB d\u2019un pays. Comment l\u2019\u00e9valuer sans cela ?<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me question est tout aussi importante. Supposons que la solidarit\u00e9 internationale ne s\u2019inscrit dans aucun syst\u00e8me d\u2019\u00e9changes p\u00e9renne et qu\u2019elle d\u00e9pend uniquement de la bonne volont\u00e9 des donateurs. M\u00eame dans ce cadre, cet investissement peut se traduire en une politique importante avec des impacts consid\u00e9rables. En effet, une aide peut provoquer un impact consid\u00e9rable, surtout dans les pays pauvres. Mais, comment faire pour que ces milliers de projets mis en \u0153uvre chaque ann\u00e9e par des dizaines d\u2019ONG et d\u2019autres organismes aient une quelconque projection dans l\u2019avenir ?<\/p>\n<p>Nous avons observ\u00e9 la mise en place de plusieurs r\u00e9seaux d\u2019eau potable en Am\u00e9rique latine et en Afrique. Souvent, lorsque nous sommes revenus une ann\u00e9e plus tard, il ne sortait d\u00e9j\u00e0 plus d\u2019eau des robinets. Parfois, nous avons observ\u00e9 la construction d\u2019\u00e9coles o\u00f9 un peu plus tard, il n\u2019y avait point d\u2019instituteur pour enseigner. On pourrait citer les centaines d\u2019exemples de microcr\u00e9dits sans avenir, de dispensaires sans m\u00e9decins et sans m\u00e9dicaments, d\u2019ambulances envoy\u00e9es dans des bidonvilles que nous avons vu pourrir faute d\u2019entretien avec leurs pneus \u00e0 plat et leurs \u00e9quipements de haute technologie en panne. Autant de merveilleux projets dont la vie terminait avec les financements qui leur avaient donn\u00e9 naissance.<\/p>\n<p>Une chose semble \u00e9chapper au raisonnement de ce type de politique sociale. La pauvret\u00e9 est le r\u00e9sultat d\u2019un ensemble de rapports sociaux qui la provoquent. Sans r\u00e9gulation efficace de ce type de rapport, toute ressource envoy\u00e9e vers ceux qui en ont besoin rentrera tr\u00e8s probablement dans le m\u00eame circuit qui extrait les richesses du bas vers le haut et de la p\u00e9riph\u00e9rie vers le centre. Comment faire pour qu\u2019un microcr\u00e9dit visant la cr\u00e9ation d\u2019un projet \u00e9conomique \u00e9chappe aux lois du march\u00e9 ? Et les investissements visant les services urbains ont besoin d\u2019une institution capable de garantir leur fonctionnement. Le probl\u00e8me n\u2019est pas l\u2019installation d\u2019un r\u00e9seau d\u2019eau potable si l\u2019on entend par cela seulement de la tuyauterie. Le probl\u00e8me de l\u2019eau potable r\u00e9side dans l\u2019institution capable de garantir l\u2019arriv\u00e9e d\u2019eau de bonne qualit\u00e9 chaque jour, sans faille. Tout comme le probl\u00e8me de l\u2019\u00e9ducation r\u00e9side dans l\u2019assurance du travail d\u2019instituteurs comp\u00e9tents et encadr\u00e9s. Le contraire serait de croire que les difficult\u00e9s du transport sont une question de buses ou de routes, et que le probl\u00e8me du ramassage des ordures m\u00e9nag\u00e8res est une question de camions. Ce n\u2019est pas par vocation \u00ab structuraliste \u00bb ou par amour du \u00ab mat\u00e9rialisme \u00bb que nous mettons l\u2019accent sur ces dimensions politiques des probl\u00e8mes \u00e0 traiter. C\u2019est simplement que l\u2019observation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e des projets mis en \u0153uvre nous a, \u00e0 chaque fois, rappel\u00e9 que la vie quotidienne est toujours une affaire de hi\u00e9rarchies, de rapports sociaux et de conflits. Si l\u2019on veut, pour des raisons parfaitement pratiques ou pragmatiques, r\u00e9guler les \u00e9changes \u00e9conomiques ou faire fonctionner les services publics ou les \u00e9quipements urbains pose la question d\u2019une puissance publique capable de le faire.<\/p>\n<p>Il faut faire en sorte que les populations les plus d\u00e9munies ne soient pas contraintes \u00e0 recommencer \u00e0 chaque fois, qu\u2019elles ne soient pas condamn\u00e9es \u00e0 une perp\u00e9tuelle \u00ab mobilisation \u00bb, qu\u2019elles ne soient pas oblig\u00e9es \u00e0 \u00ab participer \u00bb \u00e9ternellement pour assurer l\u2019\u00e9l\u00e9mentaire. Nous devons cr\u00e9er les conditions pour que ces populations puissent au contraire se reposer sur ce qu\u2019elles auront acquis, et une fois pour toutes. Avoir l\u2019eau assur\u00e9e seulement permet de s\u2019occuper du transport, et savoir la sant\u00e9 acquise donnera de l\u2019air pour consacrer son \u00e9nergie \u00e0 l\u2019\u00e9ducation. C\u2019est seulement ainsi que l\u2019on pourra inscrire l\u2019action sociale dans le sens d\u2019un progr\u00e8s, si l\u2019on pense \u00e0 ce \u00ab progr\u00e8s \u00bb du point de vue des individus et des familles aujourd\u2019hui \u00ab pauvres \u00bb.<\/p>\n<p>**Notes**<\/p>\n<p>[2] Denis Merklen, \u00ab El impacto de la cooperaci\u00f3n. \u00bfQu\u00e9 tipo de relaciones sociales genera la solidaridad internacional ? \u00bb, dans La dimensi\u00f3n social de la cooperaci\u00f3n internacional : aportes para la construcci\u00f3n de una agenda post-neoliberal, \u00e9dit\u00e9 par Ana Josefina Arias et Miguel Gabriel Vallone, Buenos Aires, Centro de integraci\u00f3n, comunicaci\u00f3n, cultura y sociedad (CICCUS), 2010, p. 97-112.<\/p>\n<p>[3] En 1979 la Commission \u00e9conomique pour l\u2019Am\u00e9rique latine des Nations unies (CEPAL) publie un outil m\u00e9thodologique pour l\u2019estimation de la pauvret\u00e9 qui aura une influence \u00e9norme sur tout le continent : Oscar Altimir, \u00ab La dimensi\u00f3n de la pobreza en Am\u00e9rica Latina \u00bb, Cuadernos de la CEPAL, n\u00b0 27, Santiago de Chile, 1979.<\/p>\n<p>[4] L\u2019\u0153uvre de Robert Castel constitue la premi\u00e8re r\u00e9f\u00e9rence pour la compr\u00e9hension de l\u2019articulation du social autour du travail : Les M\u00e9tamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat, Paris, Gallimard, \u00ab Folio. Essais \u00bb, [1995] 1999. On peut aussi consulter, Jacques Donzelot, L\u2019Invention du social, Paris, Seuil, \u00ab Points \u00bb, [1984] 1994.<\/p>\n<p>[5] La Banque interam\u00e9ricaine de d\u00e9veloppement, qui deviendra par la suite l\u2019un des principaux bailleurs de fonds pour les nouvelles politiques sociales dans la r\u00e9gion, est l\u2019une des plus claires expressions de ce courant \u00e9mergeant dans les ann\u00e9es 1950.<\/p>\n<p>[6] Else Oyen, \u00ab Les aspects politiques de la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 \u00bb, Revue internationale de sciences sociales n\u00b0 162, Paris, d\u00e9cembre 1999, pp. 527-533.<\/p>\n<p>[7] Sur le r\u00f4le des ONG dans la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau segment des classes moyennes, voir l\u2019int\u00e9ressant travail de B\u00e9atrice Pouligny : \u00ab Ha\u00efti : recompositions politiques et interventions ext\u00e9rieures \u201cen faveur de la d\u00e9mocratie\u201d \u00bb, in Christophe Jaffrelot : D\u00e9mocraties d\u2019ailleurs, Paris, CERI\/Karthala, 2000, pp. 543-585. On pourrait ajouter que dans la plupart des pays d\u2019Am\u00e9rique du Sud, beaucoup d\u2019ONG ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es par des anciens exil\u00e9s qui trouvaient ainsi un moyen de retourner au pays profitant du capital social qu\u2019ils avaient accumul\u00e9 pendant leurs ann\u00e9es d\u2019exil.<\/p>\n<p>[8] Dans la tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne et multiple constellation des ONG, nous faisons surtout r\u00e9f\u00e9rence aux \u00ab ONG de d\u00e9veloppement \u00bb qui sont les acteurs directement impliqu\u00e9s dans la \u00ab lutte contre la pauvret\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>[9] Luc Boltanski et \u00c8ve Chiapello ont d\u00e9crit ce type d\u2019orientation pour les politiques publiques (Luc Boltanski et \u00c8ve Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999.<\/p>\n<p>[10] Cette fois, non loin de l\u2019influence exerc\u00e9e par les positions d\u2019Amartya Sen autour des \u00ab capabilities \u00bb.<\/p>\n<p>[L&rsquo;orginal](http:\/\/www.alterinfos.org\/spip.php?article5337)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte de Denis Merklen, qui fait \u00e9cho \u00e0 celui de [Ra\u00fal Zibechi](http:\/\/www.alterinfos.org\/spip.php?article4847) sur les politiques de lutte contre la pauvret\u00e9 est issu d\u2019une conf\u00e9rence prononc\u00e9e au Centre culturel de la coop\u00e9ration, \u00e0 Buenos Aires, en ouverture du S\u00e9minaire international \u00ab Dimension sociale de la coop\u00e9ration internationale \u00bb. <\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[85,40,163,95],"tags":[],"class_list":["post-9697","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-europe-fr","category-international-fr","category-opinion-fr","category-affaires-etrangeres"],"yoast_head":"<!-- This site is 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