{"id":63835,"date":"2013-08-07T01:21:55","date_gmt":"2013-08-07T00:21:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pressenza.com\/?p=63835"},"modified":"2013-08-07T01:21:55","modified_gmt":"2013-08-07T00:21:55","slug":"quatre-portraits-decologistes-resistants-au-sud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2013\/08\/quatre-portraits-decologistes-resistants-au-sud\/","title":{"rendered":"Quatre portraits d\u2019\u00e9cologistes-r\u00e9sistants au Sud"},"content":{"rendered":"<p><strong><span style=\"font-size: 13px; line-height: 19px;\">Par\u00a0<\/span><\/strong><b style=\"font-size: 13px; line-height: 19px;\">Nicolas Sersiron<\/b><span style=\"font-size: 13px; line-height: 19px;\">\u00a0,\u00a0<\/span><b style=\"font-size: 13px; line-height: 19px;\">Robin Delobel<\/b><\/p>\n<div>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/cadtm.org\/local\/cache-vignettes\/L300xH237\/Yacouba-Sawadogo-300x237-c7851.jpg\" width=\"300\" height=\"237\" \/><\/p>\n<p><strong>Yacouba Sawedogo<\/strong><\/p>\n<p>est un petit commer\u00e7ant Burkinab\u00e9 qui, lors de la famine provoqu\u00e9e par la s\u00e9cheresse de 1974, d\u00e9cida de quitter son commerce florissant, pour redevenir un agriculteur comme son p\u00e8re. Il est alors retourn\u00e9 dans son village de Gourga, pour cultiver des c\u00e9r\u00e9ales, l\u00e0 o\u00f9 la terre \u00e9tait parfois devenue dure comme du ciment, et o\u00f9 la v\u00e9g\u00e9tation avait presque totalement disparu. Le thermom\u00e8tre y d\u00e9passe souvent les 40\u00b0 et il n\u2019y a que peu d\u2019eau au fond des puits. Il ne voulait plus voir les villageois mourir de faim ou partir gonfler les bidonvilles de Ouagadougou. Avant d\u2019\u00eatre surnomm\u00e9 l\u2019homme qui arr\u00eate le d\u00e9sert, il a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme un illumin\u00e9 voire un fou. L\u2019universitaire hollandais Chris Reij, sp\u00e9cialiste de la d\u00e9sertification, \u00e9tudie les probl\u00e8mes agricoles du Burkina depuis plus de 20 ans. Il dit de Yacouba, qui n\u2019a fait aucune \u00e9tude, \u00ab\u00a0qu\u2019il a eu plus d\u2019impact sur la pr\u00e9servation de l\u2019environnement du Sahel que toutes les \u00e9quipes de recherches internationales r\u00e9unies.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Yacouba, avec la seule force de sa conviction, a red\u00e9couvert une technique ancestrale abandonn\u00e9e, le Za\u00ef. Elle consiste \u00e0 faire une cuvette de 20 \u00e0 30 cm de diam\u00e8tre et de 15cm de profondeur dans la terre, avec une simple houe. Celle-ci retient l\u2019eau de pluie, et les termites avec leurs galeries irriguent ensuite le sol en profondeur. Dans ces r\u00e9gions, la saison des pluies ne durent que quelques mois. Sur les sols durcis et sans v\u00e9g\u00e9tation, les eaux ruissellent et vont grossir les fleuves sans remplir les nappes phr\u00e9atiques ni humidifier r\u00e9ellement la terre. C\u2019est dans ce trou que l\u2019on semait traditionnellement des graines de mil ou de sorgho bien adapt\u00e9es au climat sah\u00e9lien. Mais avec l\u2019avanc\u00e9e du d\u00e9sert, la s\u00e9cheresse, ponctu\u00e9e de pluies erratiques entre 1974 et 1985, cette technique n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 suffisante.<\/p>\n<p>Yacouba a alors am\u00e9lior\u00e9 ce proc\u00e9d\u00e9 en mettant une couche de fumier compost\u00e9 au fond du trou et en le recouvrant de paille ou d\u2019autres v\u00e9g\u00e9taux pour prot\u00e9ger l\u2019ensemble de la s\u00e9cheresse. Une mani\u00e8re de faire travailler encore mieux les termites dont on estime qu\u2019elles rendent un service du m\u00eame genre que les vers de terres en zone temp\u00e9r\u00e9e. Des auxiliaires indispensables \u00e0 une agriculture respectueuse de la vie des sols car elles les transforment et participent \u00e0 rendre les sels min\u00e9raux assimilables pour les plantes. Et c\u2019est dans ce petit tas de mat\u00e9riaux vivants (compost) et fertiles que la graine \u00e9tait sem\u00e9e par Yacouba. Le syst\u00e8me d\u00e9crit ici n\u2019aborde pas la complexit\u00e9 de la microbiologie des sols, du travail de la micro faune et de la microflore, dont celui tr\u00e8s important des mycorhizes avec toute l\u2019importance des symbioses racinaires. Le Za\u00ef am\u00e9lior\u00e9 est un moyen qui permet de remettre en route toute cette extraordinaire machinerie microbiologique des sols et des plantes que l\u2019on nomme aujourd\u2019hui agro\u00e9cologie.<\/p>\n<p>Fort de sa r\u00e9ussite qui lui a permis tr\u00e8s vite de multiplier les rendements par deux, trois ou plus, Yacouba est parti avec sa moto montrer aux autres paysans cette technique. Puis il a aid\u00e9 \u00e0 la formation de groupe de paysans qui ont eux-m\u00eames r\u00e9pandu le Za\u00ef, en se r\u00e9unissant et en \u00e9changeant leurs exp\u00e9riences et leurs semences. Ils ont r\u00e9ussi \u00e0 l\u2019am\u00e9liorer par des plantations d\u2019arbres de la r\u00e9gion pour maintenir l\u2019humidit\u00e9, une des formes de l\u2019agroforesterie dont on parle de plus en plus pour r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer les sols d\u00e9truits par l\u2019agriculture productiviste. Ils ont aussi construit de petites lev\u00e9es de pierre et de terre permettant d\u2019endiguer les flux d\u2019eau de pluie et ainsi forcer l\u2019infiltration dans le sol. Tout ceci a permis d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la remise en marche des processus naturels de fertilit\u00e9 et de faire reverdir le d\u00e9sert. Trois millions d\u2019hectares dans le Sahel selon Olivier de Schutter, successeur \u00e0 l\u2019ONU de Jean Ziegler, sont redevenus productifs aujourd\u2019hui gr\u00e2ce \u00e0 la pers\u00e9v\u00e9rance et \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de cet homme. Lutter efficacement contre la faim et l\u2019avanc\u00e9e du d\u00e9sert, r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer les sols et les nappes phr\u00e9atiques sans aide ext\u00e9rieure est une r\u00e9ussite mal reconnue par les d\u00e9cideurs. L\u2019autosuffisance alimentaire de quelques milliards de personnes, capables de produire et de se nourrir des fruits de leurs terres, est insupportable pour l\u2019agrobusiness. C\u2019est un manque \u00e0 gagner pour les entreprises transnationales, des semenciers aux sp\u00e9culateurs, des fabricants d\u2019intrants aux grandes entreprises de commerce c\u00e9r\u00e9alier. Alors m\u00eame que nous savons que ce syst\u00e8me d\u2019agro-alimentation industriel est responsable de 50% des \u00e9missions de GES dans le monde\u00a0|<a id=\"nh1\" title=\"Grain, Hold up sur l\u2019alimentation. Comment les soci\u00e9t\u00e9s transnationales\u00a0(...)\" href=\"http:\/\/cadtm.org\/Quatre-portraits-d-ecologistes#nb1\" rel=\"footnote\">1<\/a>| et qu\u2019inversement l\u2019agro\u00e9cologie, en captant le CO2, pourrait refroidir le climat.\u00a0|<a id=\"nh2\" title=\"ibid\" href=\"http:\/\/cadtm.org\/Quatre-portraits-d-ecologistes#nb2\" rel=\"footnote\">2<\/a>|<\/p>\n<p>.<\/p>\n<p><strong>Chandramma<\/strong><\/p>\n<p>est une paysanne pauvre de la caste des dalits, les intouchables, les hors castes comme le sont aussi les Adivasis, les aborig\u00e8nes indiens. Elle est devenue un personnage tr\u00e8s important pour la survie des petit-e-s paysan-ne-s de l\u2019Inde du centre, une r\u00e9gion semi-aride, comme Yacouba dans le Sahel \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. Les moussons sont devenues capricieuses, comme la saison des pluies ailleurs, cons\u00e9quence du changement climatique. En 1980, une s\u00e9cheresse a priv\u00e9 les paysans de r\u00e9colte, donc de nourriture et pire, de semences pour l\u2019ann\u00e9e suivante. Des semences hybrides, sans moisson possible quand on les ress\u00e8me, ont alors \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es par le gouvernement indien pour les secourir. Les premi\u00e8res r\u00e9coltes ont donn\u00e9 une \u00ab\u00a0malbouffe\u00a0\u00bb incapable d\u2019apporter aux populations vigueur et force. Elles ont alors surv\u00e9cu sous assistance alimentaire jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de la DDC (Deccan development society) dans leur r\u00e9gion, une ONG indienne ax\u00e9e sur la recherche de solutions permettant aux plus pauvres de retrouver leur ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Avec cette aide, Chandramma va mettre toute son \u00e9nergie dans la cr\u00e9ation de sanghams de femmes, des associations de villageoises pauvres, compos\u00e9es essentiellement de dalits. Des multiples r\u00e9unions de ces sanghams vont na\u00eetre de nombreuses id\u00e9es mises en \u0153uvre aussit\u00f4t. En effet, chacune d\u2019entre elles, selon le directeur de la DDS, en \u00e9tant incluses dans les d\u00e9cisions prises au cours de ces r\u00e9unions, va se sentir responsable. Une v\u00e9ritable r\u00e9volution sociale pour ces femmes. Les paysannes dalits sont souvent tr\u00e8s pauvres et leurs paroles rarement prises en consid\u00e9ration. \u00catre une intouchable \u00e0 la campagne revient \u00e0 subir une double punition\u00a0: machisme et mauvais traitements r\u00e9serv\u00e9s aux personnes hors castes.<\/p>\n<p>Les difficult\u00e9s semblaient insurmontables. Malgr\u00e9 ou \u00e0 cause de la s\u00e9cheresse, des terres pauvres et des semences hybrides, face \u00e0 l\u2019impossible, comme l\u2019\u00e9tait Yacouba, ces femmes vont r\u00e9agir. Est-ce l\u2019\u00e9nergie collective qui a donn\u00e9 \u00e0 Chandramma l\u2019id\u00e9e magnifique qui va tout changer\u00a0? Alors qu\u2019aucune des femmes n\u2019avait assez d\u2019argent pour acheter des semences, Chandramma demanda aux fermiers de la r\u00e9gion qu\u2019ils lui donnent une part de leurs semences anciennes et proposa en \u00e9change de leur rendre le double apr\u00e8s les r\u00e9coltes. Et cela a r\u00e9ussi. En utilisant la fumure des b\u00eates et avec un bon travail de pr\u00e9paration des sols, ces graines &#8211; mil et sorgho &#8211; ont tout de suite donn\u00e9 de bons r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019inverse des clones hybrides donn\u00e9es par le gouvernement. Elles \u00e9taient adapt\u00e9es aux conditions climatiques &#8211; peu de pluies et de fortes chaleurs &#8211; et aux caract\u00e9ristiques des terroirs gr\u00e2ce \u00e0 la s\u00e9lection paysanne ancestrale. Les terres utilis\u00e9es \u00e9taient pourtant pauvres et d\u00e9laiss\u00e9s avant que Chandramma et ses compagnes ne les remettent en culture. Pourtant, elles ont retrouv\u00e9 rapidement sant\u00e9 et \u00e9nergie gr\u00e2ce \u00e0 la diversit\u00e9 et la qualit\u00e9 nutritionnelle de ces c\u00e9r\u00e9ales. Les rendements ayant rapidement doubl\u00e9 voire tripl\u00e9, ces femmes en mettant en pratique une v\u00e9ritable souverainet\u00e9 alimentaire, ont pu reconqu\u00e9rir leur autonomie et ont permis de faire red\u00e9marrer la r\u00e9gion \u00e9conomiquement en seulement quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/cadtm.org\/local\/cache-vignettes\/L436xH313\/seeds1-9c979.png\" width=\"436\" height=\"313\" \/><\/p>\n<p>En appliquant l\u2019id\u00e9e de rendre pr\u00e8s du double de la quantit\u00e9 de semences emprunt\u00e9es, elles ont pu cr\u00e9er des maisons de semences, ou chaque paysan-ne a pu se fournir sans \u00eatre contraint-e de faire un emprunt aupr\u00e8s des usuriers ou des banques de microfinance. Des taux qui varient autour de 50% par an. N\u2019oublions pas que la cause des 275 000 paysan-ne-s indien-e-s qui se sont suicid\u00e9s ces 15 derni\u00e8res ann\u00e9es est l\u2019impossibilit\u00e9 d\u00e9finitive, apr\u00e8s de mauvaises r\u00e9coltes, de rembourser les cr\u00e9dit faits pour obtenir des engrais, des pesticides et des semences hybrides ou OGM tr\u00e8s on\u00e9reuses, \u00e0 renouveler chaque ann\u00e9e.\u00a0|<a id=\"nh3\" title=\"\u00ab Toutes nos enqu\u00eates montrent que 90 % de la population d\u2019Andhra Pradesh en\u00a0(...)\" href=\"http:\/\/cadtm.org\/Quatre-portraits-d-ecologistes#nb3\" rel=\"footnote\">3<\/a>|<\/p>\n<p>La DDS a ensuite r\u00e9pandu aupr\u00e8s de plusieurs millions de paysan-e-s ces m\u00e9thodes agro\u00e9cologiques et ces maisons de semences paysannes. Chandramma est une femme illettr\u00e9e, comme Yacouba du Burkina, mais comme son homologue africain, leurs exp\u00e9riences rayonnent aujourd\u2019hui \u00e0 travers leur pays, voire au del\u00e0. Tous deux, dos au mur, la faim au ventre, ont fait revivre et am\u00e9liorer des savoirs ancestraux pour trouver une solution de survie. Puis ils ont rassembl\u00e9 les paysans pour regrouper les intelligences et les \u00e9nergies. Ces derniers ont ensuite invent\u00e9 de nouvelles relations b\u00e2ties sur la gratuit\u00e9\u00a0: semences et savoirs. En s\u2019\u00e9cartant de la course aux profits, en faisant l\u2019oppos\u00e9 de ce que propose les grands semenciers, la\u00a0<a href=\"http:\/\/cadtm.org\/Banque-mondiale,769\" name=\"mot769_0\">Banque mondiale<\/a>\u00a0et les gouvernements, Chandramma offre \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile un chemin pour retrouver le sens du \u00ab\u00a0bien vivre\u00a0\u00bb et du respect de l\u2019\u00e9cologie, indispensable pour construire un futur \u00e0 l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>.<\/p>\n<p><strong>Magui Balbuena<\/strong><\/p>\n<p>vit dans un pays o\u00f9 \u00eatre une femme demande encore plus de courage qu\u2019ailleurs. En effet, chaque jour, six femmes sont victimes de violences physiques dans leur foyer. Le Paraguay poss\u00e8de le plus fort taux de grossesse pr\u00e9coce chez les adolescentes en Am\u00e9rique latine et seuls trois enfants sur 10 sont reconnus par leurs p\u00e8res&#8230;<\/p>\n<p>En tant que femme paysanne, Magui doit faire face \u00e0 une lutte permanente pour faire valoir ses droits de femme et de paysanne. Si la situation des femmes est difficile au Paraguay, celle des paysans n\u2019est pas plus enviable. Depuis une quarantaine d\u2019ann\u00e9es, un mod\u00e8le agricole n\u00e9faste pour la grande majorit\u00e9 de la population a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9. Des \u00e9trangers ont d\u2019abord commenc\u00e9 \u00e0 cultiver du soja conventionnel \u00e0 grande \u00e9chelle. Quelques ann\u00e9es plus tard, cinq \u00e0 six vari\u00e9t\u00e9s de soja transg\u00e9nique de Monsanto ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9es et les compagnies internationales, en grande partie br\u00e9siliennes, ont commenc\u00e9 \u00e0 planter ces vari\u00e9t\u00e9s pour tester le sol paraguayen. De grandes surfaces de for\u00eats ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9es. La fertilit\u00e9 des sols, utilis\u00e9s intens\u00e9ment, est d\u00e9truite par la culture de ces plantes transg\u00e9niques et par les \u00e9normes machines utilis\u00e9es par les producteurs. L\u2019imposition de ce mod\u00e8le aboutit \u00e0 l\u2019\u00e9touffement de communaut\u00e9s enti\u00e8res qui doivent quitter leurs terres. Les compagnies rach\u00e8tent les terres des paysans qui migrent ensuite vers la ville. Certains refusent mais sont alors pers\u00e9cut\u00e9s. Les familles qui acceptent de cultiver du soja transg\u00e9nique deviennent ensuite d\u00e9pendantes des compagnies car elles doivent leur acheter les semences, l\u2019\u00e9quipement et les pesticides. Cette situation pousse plus de 15 000 paysans-es \u00e0 quitter leurs terres chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Magui a souffert personnellement de ce mod\u00e8le agricole et des m\u00e9thodes des grandes compagnies. Son activisme pour le droit des paysans l\u2019a men\u00e9e en prison pendant la dictature de Stroessner et elle a perdu de nombreux amis et coll\u00e8gues. Cependant, Magui et ses compagnons de lutte n\u2019abandonnent pas et croient \u00e0 la loi du nombre. Il y a dix ans, un jeune gar\u00e7on fut infect\u00e9 par l\u2019\u00e9pandage de pesticides. Quatre jours apr\u00e8s, Silvino d\u00e9c\u00e9dait d\u2019une intoxication chimique extr\u00eame. Les analyses de sang pr\u00e9lev\u00e9 sur ses fr\u00e8res et s\u0153urs indiquaient un haut niveau de glyphosate (Roundup). La m\u00e8re de Silvino \u00e9tait enceinte \u00e0 l\u2019\u00e9poque et perdit son b\u00e9b\u00e9.<\/p>\n<p>Avec son association, la\u00a0<i><a href=\"http:\/\/conamuri.org.py\/\" rel=\"external\">Conamuri<\/a><\/i>,\u00a0<i>Coordination nationale de femmes rurales et indig\u00e8nes<\/i>, Magui attaqua en justice le producteur. L\u2019affaire Silvino \u00e9tait le premier cas de mort caus\u00e9e par les agrotoxiques. Il y eut deux jugements, remport\u00e9s tous les deux par Magui et ses companeros, qui faisaient figure de David contre Goliath. Ils furent menac\u00e9s par les grands producteurs de soja, qui b\u00e9n\u00e9ficiaient du soutien de la police, du syst\u00e8me judiciaire, de l\u2019ex\u00e9cutif et du parlement. Ce qui fait dire \u00e0 Magui que l\u2019on peut tout de m\u00eame vaincre des int\u00e9r\u00eats puissants en se battant avec sa vie. Magui a cr\u00e9\u00e9 la Conamuri afin de lutter contre les in\u00e9galit\u00e9s &#8211; sociales, politiques, \u00e9conomiques- et promouvoir la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Un gros travail de sensibilisation est effectu\u00e9 \u00e0 travers l\u2019organisation d\u2019ateliers, de programmes radios et la mobilisation des femmes pour la d\u00e9fense de la terre-m\u00e8re. Une de leur mission est de donner envie aux habitants de rester \u00e0 la campagne, principalement les jeunes. Ces derniers migrent en trop grand nombre vers les grandes villes ou vers l\u2019Argentine et l\u2019Espagne. Actuellement, 60% des personnes vivant \u00e0 la campagne ont plus de 40 ans. Le Paraguay compte 650 000 sans abris (pour une population de 7 millions d\u2019habitants) et ce sont en grande partie des paysans.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/cadtm.org\/local\/cache-vignettes\/L400xH298\/maison-semence-blog-d6929.jpg\" width=\"400\" height=\"298\" \/><\/p>\n<p>La Conamuri lutte \u00e9galement en faveur d\u2019une r\u00e9forme agraire pour les paysans et les indig\u00e8nes et indirectement pour le d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture biologique. La sauvegarde des semences traditionnelles fait \u00e9galement partie des combats men\u00e9s par Magui. La Conamuri a cr\u00e9\u00e9 un syst\u00e8me d\u2019\u00e9change de semences appel\u00e9\u00a0<i>Semilla Roga<\/i>, maison des semences en guarani. Il y a une\u00a0<i>Semilla Roga<\/i>\u00a0dans le Caaguazu, le d\u00e9partement o\u00f9 vit Magui, mais l\u2019objectif est qu\u2019ensuite chaque d\u00e9partement en poss\u00e8de une. Apr\u00e8s avoir v\u00e9cu des ann\u00e9es de r\u00e9pression terrible lors de la dictature, l\u2019\u00e9nergie de Magui Balbuena reste intacte. Elle s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d\u2019avril 2013 en compagnie de Lilian Soto pour la plateforme f\u00e9ministe Ku\u00f1a Pyrenda.<\/p>\n<p>Se battre pour un monde plus juste peut consister \u00e0 construire cet autre monde que nous recherchons \u00e0 travers des alternatives telles que la pratique de l\u2019agro\u00e9cologie, la sauvegarde et l\u2019\u00e9change de semences, l\u2019exp\u00e9rimentation d\u2019autres modes d\u2019habitats plus \u00e9cologiques et plus solidaires\u2026 mais aussi dans le refus des grands projets, du gigantisme si cher \u00e0 nos \u00e9lites.<\/p>\n<p>.<\/p>\n<p><strong>Liu Futang<\/strong><\/p>\n<p>En Chine, le nombre de riches se multiplie, il faut donc r\u00e9pondre \u00e0 leurs besoins et s\u2019adapter, se d\u00e9velopper. Les b\u00e2timents sont construits \u00e0 une vitesse effr\u00e9n\u00e9e, les industries doivent tenir le rythme et surtout ne pas ralentir. Les ressources n\u00e9cessaires pour satisfaire cette volont\u00e9 de d\u00e9veloppement \u00e9conomique sont toujours plus immenses et demander l\u2019avis des populations ne fait pas partie du processus.<\/p>\n<p>Un retrait\u00e9 de l\u2019administration des for\u00eats de l\u2019\u00eele de Hainan est devenu le symbole de la lutte pour la pr\u00e9servation des richesses naturelles.\u00a0<strong>Liu Futang<\/strong>\u00a0a 65 ans et souffre de diab\u00e8te. Cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 les autorit\u00e9s chinoises de l\u2019arr\u00eater dans sa chambre d\u2019h\u00f4pital en juillet 2012. Pour quel motif\u00a0? L\u2019ancien responsable de la pr\u00e9vention des incendies de la province est accus\u00e9 de \u00ab\u00a0publication, impression et distribution ill\u00e9gale\u00a0\u00bb de trois livres publi\u00e9s \u00e0 compte d\u2019auteur \u00e0 Hong Kong.<br \/>\nCes livres portent sur les d\u00e9g\u00e2ts environnementaux caus\u00e9s sur l\u2019\u00eele de Hainan. Grande comme trois fois la Corse et peupl\u00e9e de 8 millions d\u2019habitants, elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9e en 2010 \u00ab\u00a0\u00eele touristique internationale\u00a0\u00bb et figure parmi les destinations pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es des riches Chinois. D\u2019apr\u00e8s Greenpeace, le quart des for\u00eats de Hainan a disparu au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, elles furent remplac\u00e9es par des terrains de golf et des h\u00f4tels de luxe.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/cadtm.org\/local\/cache-vignettes\/L340xH297\/main_liu_futang__photo-aaca1.jpg\" width=\"340\" height=\"297\" \/><\/p>\n<p>Liu s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fait remarquer en mobilisant la presse sur la destruction des mangroves et de palmiers pour installer un site touristique haut de gamme. Suite \u00e0 cela, il re\u00e7ut le prix du journalisme citoyen remis par le Guardian et le portail Sina. Peu avant son arrestation, Liu \u00e9tait \u00e9galement le seul \u00e0 informer sur le combat des habitants de Yinggehai, un village situ\u00e9 au sud-ouest de l\u2019\u00eele. Ces derniers \u00e9taient des milliers \u00e0 protester contre la construction d\u2019une centrale thermique. Les autorit\u00e9s ont alors essay\u00e9 d\u2019imposer le projet dans deux villages \u00e0 proximit\u00e9 de Yinggehai. Liu a finalement \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 trois ans de prison avec sursis et lib\u00e9r\u00e9 en d\u00e9cembre apr\u00e8s plusieurs mois de d\u00e9tention.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p>|<a id=\"nb1\" title=\"Notes 1\" href=\"http:\/\/cadtm.org\/Quatre-portraits-d-ecologistes#nh1\" rev=\"footnote\">1<\/a>| Grain, Hold up sur l\u2019alimentation. Comment les soci\u00e9t\u00e9s transnationales contr\u00f4lent l\u2019alimentation du monde, font main basse sur les terres et d\u00e9traquent le climat. Ed Cetim-Grain 2012<\/p>\n<p>|<a id=\"nb2\" title=\"Notes 2\" href=\"http:\/\/cadtm.org\/Quatre-portraits-d-ecologistes#nh2\" rev=\"footnote\">2<\/a>| ibid<\/p>\n<p>|<a id=\"nb3\" title=\"Notes 3\" href=\"http:\/\/cadtm.org\/Quatre-portraits-d-ecologistes#nh3\" rev=\"footnote\">3<\/a>| \u00ab\u00a0Toutes nos enqu\u00eates montrent que 90\u00a0% de la population d\u2019Andhra Pradesh en Inde est endett\u00e9e et ne survit qu\u2019en passant d\u2019un cr\u00e9dit \u00e0 l\u2019autre. Les familles prennent du cr\u00e9dit aupr\u00e8s des IMF non parce qu\u2019elles ont \u00ab\u00a0confiance\u00a0\u00bb mais parce qu\u2019elles ne peuvent pas faire autrement. Elles remboursent \u00e0 100\u00a0% non par \u00ab\u00a0confiance\u00a0\u00bb mais parce qu\u2019elles ont besoin de renouveler le cr\u00e9dit pour vivre.\u00a0\u00bb\u00a0<a href=\"http:\/\/cadtm.org\/Microfinance-surendettement-et\" rel=\"nofollow\">http:\/\/cadtm.org\/Microfinance-suren&#8230;<\/a><\/p>\n<p>Source :\u00a0<a href=\"http:\/\/cadtm.org\/Quatre-portraits-d-ecologistes\">http:\/\/cadtm.org\/Quatre-portraits-d-ecologistes<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par\u00a0Nicolas Sersiron\u00a0,\u00a0Robin Delobel Yacouba Sawedogo est un petit commer\u00e7ant Burkinab\u00e9 qui, lors de la famine provoqu\u00e9e par la s\u00e9cheresse de 1974, d\u00e9cida de quitter son commerce florissant, pour redevenir un agriculteur comme son p\u00e8re. 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