{"id":509669,"date":"2017-08-27T17:48:59","date_gmt":"2017-08-27T16:48:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pressenza.com\/?p=509669\/"},"modified":"2017-08-28T08:38:42","modified_gmt":"2017-08-28T07:38:42","slug":"linsoumission-est-nouvel-humanisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2017\/08\/linsoumission-est-nouvel-humanisme\/","title":{"rendered":"L\u2019insoumission est un nouvel humanisme"},"content":{"rendered":"<p><strong>Un mot qui en dit long<\/strong><\/p>\n<p>Avez-vous remarqu\u00e9 ? Dor\u00e9navant on dit \u00ab l\u2019insoumis untel, la d\u00e9put\u00e9e insoumise une telle \u00bb. Des gens se pr\u00e9sentent \u00e0 moi \u00ab je suis Untel, insoumis du Var ou de Ch\u00e2teauroux \u00bb. Bref, on dit, et on se dit \u00ab insoumis \u00bb comme on se dit r\u00e9publicain au sens large. L\u2019adjectif est devenu une caract\u00e9risation politique, sans crier gare. On pourrait trouver cela tout bien normal apr\u00e8s une \u00e9lection o\u00f9 le mot a bien v\u00e9cu sa vie au c\u00f4t\u00e9 d\u2019un candidat qui en avait fait son drapeau. Mais je vois une diff\u00e9rence qui saute aux yeux. Seul le terme \u00ab insoumis \u00bb d\u00e9crit \u00e0 la fois un engagement politique et une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre personnelle. Et, c\u2019est vrai : l\u2019insoumis fait un choix politique en prolongement d\u2019une fa\u00e7on personnelle d\u2019aborder la vie. Ce n\u2019est pas un fait politique ordinaire qu\u2019un tel enracinement intime de l\u2019engagement.<\/p>\n<p><span id=\"more-7393\"><\/span>Je range cette situation dans la liste des acquis de notre action. Exactement comme lorsque j\u2019entendais les gens applaudir au moment o\u00f9 je disais : \u00ab nous sommes r\u00e9unis par un programme davantage que par la personne de son candidat \u00bb. \u00c0 pr\u00e9sent, en devenant un nom commun, le mot \u00ab insoumis \u00bb introduit dans son usage toute la profondeur de sa signification. Qu\u2019est-ce qu\u2019un insoumis ? Un \u00eatre qui refuse toute suj\u00e9tion. Qu\u2019est-ce qu\u2019une personne assujettie ? Quelqu\u2019un plac\u00e9 sous une domination impos\u00e9e. S\u2019en affranchir c\u2019est s\u2019\u00e9manciper.<\/p>\n<p>Voyez comment, en peu de lignes, pour le simple usage d\u2019une d\u00e9finition, sont convoqu\u00e9s des mots fondamentaux dont le sens est situ\u00e9 au croisement des comportements individuels et de notre programme politique ! Sujet ou partie prenante ? Domination ou \u00e9mancipation ? Autrement dit aussi : sujet ou citoyen, domin\u00e9 ou ind\u00e9pendant. Ces enjeux sont de tous les \u00e2ges. La r\u00e9volte de Spartacus nous parle encore.<\/p>\n<p>Oui, l\u2019insoumission individuelle est le premier acte d\u2019une lutte \u00e9mancipatrice collective. Elle en est le ressort individuel le plus intimement ancr\u00e9. Sa port\u00e9e est si ample ! Car qu\u2019est-ce que l\u2019\u00e9mancipation ? L\u2019histoire des mots nous l\u2019apprend aussi bien qu\u2019un long discours. Le mot vient du latin \u00ab ex mancipium \u00bb. Sortir du mancipium. Le mancipium, c\u2019\u00e9tait le pouvoir absolu accord\u00e9 au p\u00e8re de famille sur sa femme et ses enfants. \u00c0 cette \u00e9poque, \u00ab l\u2019\u00e9mancip\u00e9 \u00bb c\u2019est la personne parvenue \u00e0 l\u2019\u00e2ge o\u00f9 elle n\u2019est plus assujettie \u00e0 ce pouvoir. Comme l\u2019esclave une fois affranchi, elle devient alors son propre maitre.<\/p>\n<p>C\u2019est ce que vise l\u2019insoumis. Dans tous les domaines. Cela concerne aussi bien la vie de la cit\u00e9, celle de son corps, celle de son esprit. Cela concerne les libert\u00e9s publiques, le droit \u00e0 disposer de soi face \u00e0 l\u2019enfantement ou face \u00e0 la mort, le droit de chercher \u00e0 penser librement contre les pr\u00e9jug\u00e9s et les id\u00e9es dominantes. Et le droit de l\u2019exprimer.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e8gle et l\u2019insoumission<\/strong><\/p>\n<p>Pour des observateurs nonchalants, l\u2019insoumis, femme ou homme, est une personne tent\u00e9e par le refus de toute r\u00e8gle, en d\u00e9saccord avec tout ordre social et avec toutes normes. L\u2019insoumission est \u00e0 leurs yeux dangereuse parce qu\u2019elle est \u00e0 la fois incontr\u00f4lable et surtout jamais satisfaite. Le d\u00e9cryptage des motivations de tels donneurs de le\u00e7ons sugg\u00e8re bien des moqueries, non ? Mais j\u2019y renonce. Je pr\u00e9f\u00e8re aller tout droit au d\u00e9menti.<\/p>\n<p>Refuser une r\u00e8gle, une norme une loi ce n\u2019est certainement pas refuser toute r\u00e8gle en g\u00e9n\u00e9ral, ni toute loi ou toute norme. D\u2019une certaine fa\u00e7on, c\u2019est tout le contraire. On nous aura pris pour d\u2019autres. Les lib\u00e9raux, eux, pensent que la libert\u00e9 na\u00eet dans le retrait des r\u00e8gles. Pour eux la libert\u00e9 se constate quand les m\u00e9canismes spontan\u00e9s qui animent la r\u00e9alit\u00e9 ne sont plus d\u00e9form\u00e9s ou emp\u00each\u00e9s par des interf\u00e9rences ext\u00e9rieures. La main invisible du march\u00e9 ne doit-elle pas \u00eatre totalement libre de ses mouvements ? De fil en aiguille, cette vision du monde accorde \u00e0 notre \u00e9go\u00efsme individuel le r\u00f4le de bienfaiteur de l\u2019humanit\u00e9. Et \u00e0 la fin, l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral est cens\u00e9 \u00eatre la somme des int\u00e9r\u00eats particuliers. Et cela qu\u2019il s\u2019agisse de nos pulsions ou de la circulation des marchandises. \u00c0 nos yeux, cette libert\u00e9 ouvre directement la porte \u00e0 la loi du plus fort. C\u2019est le fameux renard libre dans le poulailler libre. Pour notre part, nous croyons au contraire que la libert\u00e9 n\u2019existe pas en dehors des r\u00e8gles qui organisent son exercice et la rendent donc possible. C\u2019est pourquoi nous sommes si vigilants sur l\u2019origine des r\u00e8gles et sur leur contenu.<\/p>\n<p>Pour nous donc, la libert\u00e9 pour \u00e9valuer la r\u00e8gle nous est ch\u00e8re entre toutes. Elle est la base de notre consentement \u00e0 la norme. Le message de l\u2019insoumission fonctionne comme une sorte d\u2019adage : \u00ab Comment pourrais-je accepter ce que je n\u2019aurai pas le droit de contredire ? \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019insoumis n\u2019est donc nullement un nihiliste. Il ne refuse pas toute r\u00e8gle tout le temps. Il sait que la r\u00e8gle est la fa\u00e7on de rendre concr\u00e8te une libert\u00e9. Il est donc pr\u00eat \u00e0 participer \u00e0 son \u00e9laboration, \u00e0 composer, et m\u00eame \u00e0 laisser s\u2019exercer une r\u00e8gle si c\u2019est la loi, quand bien m\u00eame il la d\u00e9sapprouve. Mais il y met deux conditions. D\u2019abord que la d\u00e9cision soit prise collectivement apr\u00e8s d\u00e9lib\u00e9ration contradictoire et non du fait d\u2019un seul. Ensuite que la libert\u00e9 de contester une d\u00e9cision ne soit jamais \u00e9teinte.<\/p>\n<p><strong>L\u2019extension du champ de l\u2019insoumission<\/strong><\/p>\n<p>Dans l\u2019ordre politique c\u2019est ce qui se passe quand on vote. Le vote est ouvert \u00e0 tous. Il est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019un d\u00e9bat contradictoire. Certes, le mode de d\u00e9cision est arbitraire puisqu\u2019on d\u00e9cr\u00e8te que 51 ont le dernier mot sur les 49 autres. Mais le vote ne produit que la d\u00e9cision \u00e0 prendre. Il n\u2019oblige pas \u00e0 changer de conviction. On accepte le r\u00e9sultat du vote, mais personne ne peut nous obliger \u00e0 changer de point de vue. \u00c0 partir de l\u00e0, notre droit \u00e0 contester le contenu de la d\u00e9cision prise doit rester intact. Et cela quand bien m\u00eame la d\u00e9cision s\u2019applique quand m\u00eame parce que c\u2019est la loi vot\u00e9e par la majorit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la vie de l\u2019esprit c\u2019est encore plus simple. \u00c0 tout moment nous pouvons remettre en cause nos d\u00e9cisions parce que nous avons appris quelque chose qui modifie notre regard ou parce que nous avons fait une exp\u00e9rience qui a contredit nos certitudes. Sans exag\u00e9rer, on peut dire que l\u2019insoumission est le fil conducteur du processus qui fait de vous une personne unique. Et \u00e7a commence t\u00f4t. Pour pouvoir devenir une personne, l\u2019enfan\u00e7on doit assimiler des r\u00e8gles de comportements qu\u2019il ne lui est pas permis de contredire ou d\u2019ignorer. Elles vont lui permettre de prendre place dans le monde qui lui pr\u00e9existe. Jusqu\u2019au point o\u00f9 en commen\u00e7ant \u00e0 dire \u00ab non \u00bb, souvent \u00e0 tous propos, la jeune personne commence exister en tant que sujet de la relation avec les autres. La sortie du \u00ab mancipium \u00bb est une histoire intime autant que politique. Mais tout commence par l\u2019insoumission.<\/p>\n<p>L\u2019insoumission n\u2019est pas seulement un fait politique ou social. C\u2019est aussi un acte de la pens\u00e9e quand elle cherche \u00e0 devenir souveraine. Car les forces qui jugulent ma libert\u00e9 peuvent \u00eatre bien plus insidieuses que la matraque du tyran. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles peuvent parvenir \u00e0 faire oublier qu\u2019elles sont impos\u00e9es, elles aussi, de l\u2019ext\u00e9rieur et qu\u2019elles \u0153uvrent en moi sans mon approbation formelle. J\u2019y consens seulement parce que cela me parait \u00e9vident sans que j\u2019y ai r\u00e9fl\u00e9chi, sans en avoir \u00e9valu\u00e9 le bien fond\u00e9. Telle est la force des pr\u00e9jug\u00e9s, des dressages sociaux, des id\u00e9es et des go\u00fbts dominants.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, l\u2019\u00e9tat d\u2019insoumission n\u2019interpelle pas seulement l\u2019ordre social ou politique mais aussi le syst\u00e8me des id\u00e9es dominantes qui justifie son pouvoir. C\u2019est peut-\u00eatre l\u2019essentiel. Car on voit bien comme une autorit\u00e9 politique ill\u00e9gitime gouverne d\u2019autant plus facilement si elle a pu me faire admettre qu\u2019elle est au service de ce que je crois juste. L\u2019insoumis sait que le dominateur avance toujours masqu\u00e9. Au plan intellectuel, l\u2019insoumission s\u2019oppose \u00e0 la domination sur soi des id\u00e9es auxquelles elle n\u2019a pas consenti librement. Pas besoin de faire un dessin pour pr\u00e9senter le lien qui unit l\u2019insoumission intellectuelle et politique. Mieux qu\u2019un discours \u00e0 ce sujet, voici une preuve majeure : nous-m\u00eame, les insoumis. Nous, \u00ab en troupe en ligue en procession et puis tout seuls \u00e0 l\u2019occasion \u00bb comme chantait Ferrat.<\/p>\n<p><strong>L\u2019insoumission et la libert\u00e9 de conscience<\/strong><\/p>\n<p>De ce petit remuement d\u2019id\u00e9es, on peut conclure un autre point tr\u00e8s important. Rejeter les r\u00e8gles ill\u00e9gitimes et mettre en quarantaine les pr\u00e9jug\u00e9s, c\u2019est faire vraiment un rude m\u00e9nage. Que reste-t-il apr\u00e8s \u00e7a ? Tout, parce qu\u2019on ne peut pas se vider la t\u00eate, rien parce que tout est suspect ! Et pourtant il faut vivre. Et donc d\u00e9cider en permanence. Et de toute fa\u00e7on nous le faisons. Ici entre en sc\u00e8ne une aptitude essentielle, notre bien le plus pr\u00e9cieux : la libert\u00e9 de conscience. Elle nous permet de choisir nos outils pour faire le tri entre les possibles.<\/p>\n<p>La libert\u00e9 de conscience est premi\u00e8re. C\u2019est elle le poste de pilotage d\u2019o\u00f9 tout s\u2019\u00e9value : qu\u2019il s\u2019agisse de ce qui est bon pour soi comme de ce qui est bon pour tous. Au demeurant la libert\u00e9 de conscience est la seule libert\u00e9 \u00e0 qui on ne peut imposer aucune limite. M\u00eame recluse sous les monceaux de dressages, m\u00eame abrutie par les pr\u00eaches m\u00e9diatiques, la petite lumi\u00e8re est pourtant rallum\u00e9e \u00e0 chaque seconde. Cela parce qu\u2019il faut vivre et que cela veut dire choisir, du matin au soir, \u00e0 propos de chaque geste. La libert\u00e9 de penser est la condition de notre survie quotidienne. Et quand l\u2019esprit aborde le domaine des id\u00e9es, ou celui des r\u00e8gles \u00e0 respecter pour agir chez soi ou dans la cit\u00e9, il en va de m\u00eame. L\u2019insoumission est directement li\u00e9e \u00e0 l\u2019instinct de survie. Pour prendre la bonne d\u00e9cision quelle qu\u2019elle soit, je dois commencer par r\u00e9fl\u00e9chir et mettre en balance les possibles. Bien s\u00fbr, dans les situations d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cues, heureusement que la m\u00e9moire des bons gestes est l\u00e0 ! Mais devant chaque nouveaut\u00e9, face \u00e0 tous les paradoxes que la vie courante oppose \u00e0 notre premier mouvement, il faut r\u00e9fl\u00e9chir. Pour prendre la bonne d\u00e9cision, il faut anticiper les cons\u00e9quences. Se projeter c\u2019est d\u00e9j\u00e0 se d\u00e9tacher de l\u2019instant, du lieu de la circonstance particuli\u00e8re. C\u2019est-\u00e0-dire ne pas se soumettre \u00e0 la dictature de l\u2019impulsion incontr\u00f4l\u00e9e. L\u2019arbre de la vie et celui de la connaissance ont partie li\u00e9e. Rien ne peut emp\u00eacher de penser, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019\u00e9valuer le sens de nos actes. Et m\u00eame sous la contrainte, la pens\u00e9e peut rester libre. \u00ab Et pourtant elle tourne \u00bb soupire Galil\u00e9e, musel\u00e9 mais insoumis.<\/p>\n<p><strong>Un mot qui vient de loin<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e8s lors, la racine de ce que nous sommes, nous les \u00ab insoumis \u00bb, plonge bien plus profond que ne le signale l\u2019apparition si r\u00e9cente de la formule \u00ab la France insoumise \u00bb dans ma campagne pr\u00e9sidentielle. J\u2019esp\u00e8re l\u2019avoir montr\u00e9 en faisant ce tour d\u2019horizon des d\u00e9finitions et de quelques champs d\u2019applications de l\u2019id\u00e9e d\u2019insoumission. Beaucoup s\u2019en doutaient. Ils le savaient d\u2019instinct. Mais je dois encore montrer autre chose : comment le mouvement si intimement ancr\u00e9 en nous a d\u00e9chir\u00e9 les voiles obscurs qui masquaient l\u2019oppression autrefois. Car tout n\u2019a pas commenc\u00e9 avec nous. Je me fais donc un devoir de montrer comment elle est notre fil rouge courant dans le fouillis des \u00e9v\u00e8nements aussi loin qu\u2019on aille dans le temps. \u00c0 chacun ensuite de le rep\u00e9rer et de le prolonger dans son domaine. Telle est la mission de ces millions de personnes qui dor\u00e9navant assument d\u2019\u00eatre des insoumis politiques.<\/p>\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 nommer ce dont il est question quand j\u2019ai parl\u00e9 de cet \u00ab humanisme \u00e9cologique et social \u00bb qui serait notre philosophie commune. Pour faire court, j\u2019ai parl\u00e9 de \u00ab nouvel humanisme \u00bb. D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale je crois que ces mots ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 parce qu\u2019ils semblaient aller de soi pour qui proclame \u00ab l\u2019humain d\u2019abord \u00bb. Peut-\u00eatre parce qu\u2019ils r\u00e9sument l\u2019id\u00e9e de l\u2019attachement \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement de la personne humaine dans une soci\u00e9t\u00e9 capitaliste qui tient si peu compte des besoins mat\u00e9riels et culturel les plus \u00e9l\u00e9mentaires des \u00eatres humains.<\/p>\n<p>Je vais rester sur cette formule. J\u2019aime sa simplicit\u00e9. J\u2019aime le plan d\u2019explication qu\u2019elle sugg\u00e8re aussit\u00f4t par les deux questions qu\u2019elle appelle. La premi\u00e8re : qu\u2019est-ce que l\u2019humanisme ? Le deuxi\u00e8me : en quoi notre humanisme est-il nouveau ?<\/p>\n<p><strong>Du fond du temps<\/strong><\/p>\n<p>En proposant de nous penser comme un nouvel \u00e2ge de l\u2019humanisme mon intention est de placer le moment pr\u00e9sent de la pens\u00e9e insoumise dans l\u2019histoire des id\u00e9es. Je veux l\u2019inscrire dans le contexte \u00e9tendu des si\u00e8cles qui l\u2019ont amen\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 nous. Car la pens\u00e9e critique du mouvement ouvrier \u00ab socialiste \u00bb n\u2019a pas non plus surgi pas elle-m\u00eame \u00e0 partir de rien. Elle a prolong\u00e9 des si\u00e8cles de r\u00e9flexion sur la vie des \u00eatres humains en soci\u00e9t\u00e9, le sens de l\u2019existence individuelle, la l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir et celle des r\u00e8gles qui s\u2019appliquent \u00e0 tous. Sa contribution particuli\u00e8re aura \u00e9t\u00e9 de montrer comment l\u2019injustice et l\u2019in\u00e9galit\u00e9 ont leurs causes dans les rapports sociaux de production et d\u2019\u00e9change. Mais pour que cela lui fut possible, il lui avait aussi fallu h\u00e9riter d\u2019une tradition philosophique et politique qui lui fournisse le go\u00fbt de la pens\u00e9e critique et les mat\u00e9riaux de base pour l\u2019engager.<\/p>\n<p>Dans l\u2019histoire r\u00e9cente, c\u2019est-\u00e0-dire depuis trois ou quatre si\u00e8cles, la possibilit\u00e9 de penser \u00ab autrement \u00bb a \u00e9t\u00e9 le plus souvent \u00e9t\u00e9 l\u2019enjeu de luttes dont la port\u00e9e exc\u00e9dait de loin l\u2019objet du litige. Quand la \u00ab Renaissance \u00bb intervient \u00e0 partir du 15e si\u00e8cle en Italie dans les lettres et la pens\u00e9e europ\u00e9ennes, la revendication d\u2019une pens\u00e9e distincte des injonctions du discours religieux et de l\u2019ordre social qu\u2019il soutient est vite un acte de combat politique. Le retour des textes de l\u2019antiquit\u00e9 grecque et romaine avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9flagrateur. Les certitudes p\u00e9trifi\u00e9es de l\u2019univers politico-culturel chr\u00e9tien avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement \u00e9branl\u00e9es par le contact dans les croisades avec les savoirs conserv\u00e9s par les musulmans affront\u00e9s. Ce fut d\u2019abord un retour aux sources. La reprise d\u2019un cheminement intellectuel stopp\u00e9 par l\u2019\u00e9touffement dogmatique religieux. Ainsi la Renaissance a-t-elle \u00e9t\u00e9 le d\u00e9but de la fin intellectuelle de l\u2019id\u00e9e de l\u2019\u00eatre humain par essence p\u00e9cheur et fl\u00e9tri. Sa plus d\u00e9cisive contribution aura \u00e9t\u00e9 de recentraliser la personne humaine et l\u2019\u00e9panouissement de ses aptitudes comme finalit\u00e9 de l\u2019organisation sociale. Il fallait en montrer \u00e0 la fois la n\u00e9cessit\u00e9 et les moyens.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi les premiers pas de l\u2019humanisme en tant que vision du monde sont ceux d\u2019une lutte pour le droit de penser en dehors du cadre religieux. Si bien qu\u2019elle est devenue, comme c\u2019\u00e9tait pr\u00e9visible, une pens\u00e9e contre ce cadre religieux ! En cela, d\u2019entr\u00e9e de jeu, il fut subversif, c\u2019est-\u00e0-dire dangereux pour l\u2019univers mental qu\u2019il pulv\u00e9risait et surtout pour les institutions dont il prouvait l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9. Il fut donc tr\u00e8s cruellement r\u00e9prim\u00e9. Mais la rupture fondatrice du nouveau point de vue n\u2019a pas pu \u00eatre \u00e9radiqu\u00e9e. Sa dynamique ne s\u2019est jamais \u00e9puis\u00e9e. Car elle dispose de toute la force propulsive d\u2019un point central : les \u00eatres humains sont seuls producteurs de leur r\u00e9alit\u00e9. Une id\u00e9e qui reste radicalement neuve.<\/p>\n<p>Elle retentit d\u00e8s qu\u2019elle fut \u00e9nonc\u00e9e. Par exemple avec le livre de Pic de La Mirandole, <em>De la dignit\u00e9 de l\u2019homme<\/em> (1487). Il fait figure de manifeste parmi les textes fondateurs de cette p\u00e9riode de l\u2019histoire des id\u00e9es. Les \u00eatres humains, dit-il, se distinguent de toutes les autres \u00ab cr\u00e9atures \u00bb en ceci qu\u2019ils d\u00e9finissent eux-m\u00eames ce qu\u2019ils sont et ce qu\u2019ils doivent faire \u00e0 partir de l\u00e0. L\u2019humain peut ou r\u00e9gresser ou bien progresser selon la sculpture qu\u2019il fera de lui-m\u00eame d\u2019apr\u00e8s les conclusions de ses raisonnements. Cette th\u00e8se enracine la libert\u00e9 de pens\u00e9e consubstantielle \u00e0 l\u2019existence humaine. Ce n\u2019est donc pas une option id\u00e9ologique. C\u2019est une n\u00e9cessit\u00e9. Et du coup c\u2019est le point de vue contraire, celui du dogme, qui devient \u00ab id\u00e9ologique \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire relatif alors qu\u2019il se pr\u00e9tendait absolu.<\/p>\n<p>L\u2019humanisme, en commen\u00e7ant le parcours pour l\u2019\u00e9mancipation intellectuelle, ne pouvait manquer de conclure sur la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019\u00e9mancipation politique. Peut-il en \u00eatre autrement tant que le pouvoir politique pr\u00e9tendait tirer sa l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019un ordre divin, par nature ind\u00e9montrable ? De l\u2019humanisme philosophique surgit ainsi bien vite un \u00ab humanisme civique \u00bb. Celui-ci a \u00e9tendu \u00e0 l\u2019organisation de la cit\u00e9 le devoir de libre d\u00e9lib\u00e9ration \u00e0 propos de la l\u00e9gitimit\u00e9 de ses institutions. Les premiers textes des libertins fran\u00e7ais du 16e si\u00e8cle concluent vite : \u00ab tout pouvoir politique qui se r\u00e9clame de Dieu est une imposture \u00bb. Avant eux, le quattrocento italien \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 parvenu \u00e0 des conclusions r\u00e9publicaines certes diverses mais bien affirm\u00e9es. Le concept d\u2019\u00ab humanisme civique \u00bb qui regroupe ce moment de la pens\u00e9e est sans doute discut\u00e9 depuis son invention mais il a le m\u00e9rite de faire conna\u00eetre une rupture dans l\u2019ordre de la pens\u00e9e politique comme suite \u00e0 un basculement philosophique.<\/p>\n<p>Ce basculement commence par l\u2019insoumission intellectuelle. Pour elle, toute norme est suspecte aussi longtemps que son bien-fond\u00e9 n\u2019est pas d\u00e9montr\u00e9. Le doute m\u00e9thodique comme m\u00e9thode de penser vient de loin lui aussi. Elle surgit parfois o\u00f9 on ne l\u2019attend pas. Une pol\u00e9mique \u00e0 propos de ce qu\u2019est le \u00ab bon usage \u00bb de la langue fran\u00e7aise au d\u00e9but du 17e\u00a0si\u00e8cle l\u2019illustre. La Mothe Levayer montre qu\u2019on ne peut dire comment on doit parler correctement sans tenir compte de ceux qui \u00e9dictent cette norme. Car elle n\u2019est pas socialement neutre. Peut-on penser librement si la norme de l\u2019usage de la langue est fix\u00e9e sur des consid\u00e9ration qui excluent des locuteurs ? Et si tel est le cas alors peut-on dire que l\u2019on est en \u00e9tat de penser librement ? Bref, en toutes circonstance l\u2019\u00eatre humain raisonnant est le si\u00e8ge d\u2019o\u00f9 part le chemin vers la v\u00e9rit\u00e9. Celle-ci ne vient plus ni de Dieu ni de la direction de conscience d\u2019une cl\u00e9ricature. Mais l\u2019exercice de cette libert\u00e9 de conscience ne peut jamais \u00eatre dissoci\u00e9e des conditions sociales dans lesquelles elle s\u2019exerce.<\/p>\n<p><strong>L\u2019Humain dans sa nature ?<\/strong><\/p>\n<p>Du coup, la centralit\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain exige donc d\u2019abord qu\u2019il dispose d\u2019une pens\u00e9e capable d\u2019\u00eatre libre. Cette lib\u00e9ration est un art bien d\u00e9licat. Il dispose de son outil : la raison et son mode d\u2019emploi. L\u2019id\u00e9e mettra du temps \u00e0 s\u2019\u00e9noncer clairement et dans toute ses cons\u00e9quences avant Descartes. Cet apurement des id\u00e9es a eu des cons\u00e9quences dont ses auteurs n\u2019envisageaient pas la port\u00e9e. Car il en est r\u00e9sult\u00e9 une sorte de guerre \u00e9vidente contre tout ce qui viendrait de l\u2019int\u00e9rieur de celui qui pense et pourrait perturber la libert\u00e9 de sa d\u00e9lib\u00e9ration. On a t\u00f4t fait d\u2019y ranger les passions et les pulsions. Elles sont si promptes \u00e0 se rendre ma\u00eetre de nous ! Et elles s\u2019imposent a nous si souvent contre les recommandations que nous fait la raison. Ici, d\u2019une certaine fa\u00e7on, l\u2019asc\u00e8se intellectuelle rationaliste prendrait facilement le relai des mortifications religieuses traditionnelles. Encore une fois, l\u2019esprit devrait dominer le corps, c\u2019est-\u00e0-dire s\u2019en tenir \u00e0 distance, pour que l\u2019inverse ne se produise pas. En poussant \u00e0 combattre tout ce qui dans l\u2019\u00eatre humain le rattache aux d\u00e9terminismes qui le lient \u00e0 la nature, le pas est vite franchi qui consiste \u00e0 voir dans cette nature la source de tous les d\u00e9r\u00e8glements.<\/p>\n<p>Un chemin bien clair est trac\u00e9. Mais il est exclusif. Par la science et l\u2019exp\u00e9rience, qui refusent a-priori le dogme, on conna\u00eetra la v\u00e9rit\u00e9 ultime, celles des lois qui organisent la vie de la nature. Et donc on ma\u00eetrisera celle-ci. Dominer et ma\u00eetriser la nature est, dans ce premier temps de l\u2019humanisme historique, ins\u00e9parable de l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9mancipation. L\u2019immense Descartes, r\u00e9sume : l\u2019homme qui cherche et trouve par lui-m\u00eame, sans recours \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e ni \u00e0 celle des usages coutumiers, pourra \u00ab se rendre comme ma\u00eetre et possesseur de la nature \u00bb.<\/p>\n<p>Les sciences et l\u2019exp\u00e9rimentation jouent donc un r\u00f4le consid\u00e9rable. L\u2019\u00e9lucidation des causes et l\u2019observations m\u00e9ticuleuses des effets produisent une \u00e9mancipation que personne ne peut nier. Bayle, visant l\u2019action divine sur le cours des faits, \u00e9nonce : \u00ab il n\u2019y a rien de plus ridicule que de disserter sur les cons\u00e9quences d\u2019une cause qui n\u2019existe pas \u00bb Mais elle est toujours et syst\u00e9matiquement pens\u00e9e aussi comme une domination sur la nature. Au mieux celle-ci est-elle charg\u00e9e passivement de fournir \u00e0 la pens\u00e9e les ingr\u00e9dients de sa survie mat\u00e9rielle et de ses objets de r\u00e9flexion. La nature apparait comme un cadre, un moyen, un objet de savoir \u00e0 conqu\u00e9rir.<\/p>\n<p><strong>La nature existe-t-elle ?<\/strong><\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, cette description force le trait. L\u2019humanisme naissant, comme celui des Lumi\u00e8res triomphantes, ne m\u00e9conna\u00eet pas si radicalement l\u2019implication d\u00e9terminante de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 la nature et d\u2019abord \u00e0 lui-m\u00eame, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 son corps. Spinoza ne proclame-t-il pas : \u00ab la pens\u00e9e sera toujours davantage que le corps pensant, mais jamais moins \u00bb. Au demeurant, la source philosophique de cette nouvelle fa\u00e7on de penser ne le permettrait pas. C\u2019est par le contact avec les textes du mat\u00e9rialisme antique que se fait la renaissance intellectuelle. Certes, Epicure, Epict\u00e8te, D\u00e9mocrite et combien d\u2019autres ont ouvert le chemin et le voyage a repris \u00e0 partir de leurs acquis. Mais cela ne suffit pas.<\/p>\n<p>Car en toute hypoth\u00e8se, la question de la nature n\u2019a pas eu la centralit\u00e9 qu\u2019elle s\u2019est donn\u00e9e \u00e0 notre \u00e9poque. Sans doute aussi nos p\u00e8res fondateurs redoutaient-ils trop de voir la nature devenir la nouvelle instance de normes et de v\u00e9rit\u00e9s transcendantes. Admettons que le risque n\u2019est pas si exag\u00e9r\u00e9. Les \u00e9lans mystiques contemporaines sur la \u00ab pacha mamma \u00bb, \u00ab la terre m\u00e8re \u00bb, etc. en attestent. Et je le dis l\u00e0 encore avec des r\u00e9serves pour signifier que je sais faire la part entre l\u2019\u00e9lucubration folklorique et la version plus \u00e9labor\u00e9e de la \u00ab pacha mama \u00bb en tant que globalit\u00e9 de l\u2019espace-temps. Mais admettons que \u00ab la nature \u00bb impose ses \u00ab lois \u00bb sans aucune discussion\u2026 Faut-il d\u00e8s lors admettre que les libres microbes envahissent nos organismes conform\u00e9ment \u00e0 leurs objectifs de survie dans l\u2019\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral de la biosph\u00e8re ?<\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, la question de la relation de l\u2019homme \u00e0 la nature est l\u2019impens\u00e9 ou le mal pens\u00e9 de l\u2019Humanisme historique. On ne peut le lui imputer davantage qu\u2019\u00e0 une autre branche des courants politique de l\u2019\u00e9mancipation. Le 20e si\u00e8cle a bien propag\u00e9 son h\u00e9g\u00e9monie productiviste. Je sais bien aussi \u00e0 quel point cette assertion peut \u00eatre contredite par les innombrables incises de Karl Marx lui-m\u00eame sur la nature comme \u00ab corps inorganique de l\u2019homme \u00bb et sur la capacit\u00e9 du capitalisme \u00e0 \u00ab \u00e9puiser l\u2019homme et la nature \u00bb. Mais personne n\u2019a r\u00e9clam\u00e9 cette part de l\u2019h\u00e9ritage parmi ceux qui se sont ensuite r\u00e9clam\u00e9s de lui. C\u2019est ce que prouve le lien intime entre la strat\u00e9gie social-d\u00e9mocrate et la dynamique productiviste du capitalisme. Puis celui du communisme d\u2019\u00c9tat avec le culte aveugl\u00e9 du d\u00e9veloppement des forces productives.<\/p>\n<p>Tout cela montre \u00e0 quelle limite interne la prise de conscience \u00e9cologiste s\u2019est encore heurt\u00e9e \u00e0 des \u00e2ges r\u00e9cents. On doit conclure que c\u2019est au d\u00e9chainement productiviste du capitalisme, \u00e0 son incapacit\u00e9 intrins\u00e8que \u00e0 assumer un quelconque int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral humain, que l\u2019on doit d\u2019avoir vu la question devenir incontournable. C\u2019est parce que tout l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me compatible avec la vie humaine est menac\u00e9 de destruction que la pens\u00e9e sur cette menace a pu naitre. Elle nous oblige \u00e0 revisiter toutes nos constructions intellectuelles. Et \u00e0 mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve nos h\u00e9ritages doctrinaux.<\/p>\n<p><strong>Le fil rouge<\/strong><\/p>\n<p>Le fil rouge qui part des philosophes mat\u00e9rialistes de l\u2019antiquit\u00e9, passe par \u00ab l\u2019humanisme civique \u00bb du 16e\u00a0si\u00e8cle, se prolonge dans l\u2019id\u00e9al \u00e9mancipateur du socialisme historique. Il est de nouveau convoqu\u00e9 pour aider \u00e0 penser les d\u00e9fis de notre temps. L\u2019humanisme est ant\u00e9rieur \u00e0 la gauche qui est un \u00e9pisode de son histoire. Il est innocent des crimes du stalinisme et de la social-d\u00e9mocratie. Il englobe toutes les traditions \u00e9mancipatrices l\u00e0 o\u00f9 les autres en excluent tout ou partie. Mais une nouvelle fois, il doit se reformuler dans sa perception des impasses intellectuelles de la civilisation humaine et dans ses conclusions politiques.<\/p>\n<p>La foi aveugle dans la pr\u00e9tendue \u00ab loi du march\u00e9 \u00bb, la n\u00e9gation de la crise catastrophique de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me humain, le refus de voir le lien entre les deux, tout cela fonctionne comme un obscurantisme dogmatique, violent et d\u00e9sastreux. Le caract\u00e8re globalitaire d\u2019un syst\u00e8me de production, d\u2019\u00e9changes et de consommation qui formate les go\u00fbts autant que les comportements individuels suscite une insoumission ardente en m\u00eame temps qu\u2019un \u00e9c\u0153urant suivisme de masse. Dans cet ordre des choses, la marchandise et sa consommation sont au centre de la vie en soci\u00e9t\u00e9. L\u2019accumulation \u00e9go\u00efste de la richesse, sans limite, est son horizon ultime. Le capitalisme et la culture dominante de notre \u00e9poque sont un anti-humanisme.<\/p>\n<p>Mais, de son c\u00f4t\u00e9, l\u2019Humanisme ne saurait conna\u00eetre la renaissance dont a besoin notre temps sans reformuler son rapport au \u00ab corps inorganique de l\u2019homme \u00bb qu\u2019est la nature. Car le choix de la centralit\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain et de son accomplissement comme objet de la vie en soci\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas abrog\u00e9 par la prise de conscience \u00e9cologiste. C\u2019est m\u00eame le contraire. Car \u00ab la nature \u00bb avec laquelle il s\u2019agit de cr\u00e9er un lien nouveau par rapport \u00e0 l\u2019\u00e2ge productiviste ne se pr\u00e9sente pas comme une totalit\u00e9 immuable par essence. La \u00ab nature \u00bb ne cessera jamais, quand bien m\u00eame l\u2019esp\u00e8ce humaine aurait-elle enti\u00e8rement saccag\u00e9 son \u00e9cosyst\u00e8me. Rien d\u2019autre qu\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me particulier ne prendra fin. La plan\u00e8te peut en produire bien d\u2019autres sur les bases m\u00eames de la destruction de celui-ci. La suite n\u2019en sera pas moins \u00ab la nature \u00bb pour les milliers d\u2019ann\u00e9es de vie qui restent au soleil pour br\u00fbler dans l\u2019espace infini.<\/p>\n<p>C\u2019est donc en partant de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral humain que l\u2019on aborde utilement et rationnellement le probl\u00e8me de la relation humaine \u00e0 la nature. Ce qui est en cause change alors. Il ne s\u2019agit pas d\u2019assumer une \u00ab loi de la nature \u00bb, mais de concilier l\u2019activit\u00e9 humaine avec la p\u00e9rennit\u00e9 de son \u00e9cosyst\u00e8me. L\u2019\u00e9volution chaque ann\u00e9e de la date d\u2019entr\u00e9e en dette \u00e9cologique de la civilisation humaine pose le probl\u00e8me dans toute son effrayante r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est moins mystique mais c\u2019est plus concret. Toute l\u2019affaire, \u00e9clair\u00e9e par l\u2019exp\u00e9rience, peut se r\u00e9sumer en quelques mots : contr\u00f4ler la pr\u00e9dation humaine sur les ressources naturelles. Une formule g\u00e9n\u00e9rale permet d\u2019en d\u00e9terminer le sens concret. La voici : ne pas prendre \u00e0 la nature davantage que ce qu\u2019elle peut reconstituer. C\u2019est ce que nous avons appel\u00e9 \u00ab la r\u00e8gle verte \u00bb.<\/p>\n<p>Mais elle peut \u00eatre convoqu\u00e9e d\u2019une autre fa\u00e7on : ce serait en parlant de \u00ab mise en harmonie \u00bb avec la nature plut\u00f4t que de \u00ab domination \u00bb comme cela se pensa dans le pass\u00e9. Alors on prendra ce que signifie le mot harmonie au pied de la lettre mat\u00e9rialiste : une synchronie de rythme. Ici la synchronie entre le cycle de la pr\u00e9dation et celui de la reconstruction.<\/p>\n<p>Y parvenir tout en contentant les besoins des 7 milliards d\u2019individus qui composent la population humaine sur la plan\u00e8te implique de nombreux changements. Tous les domaines sont concern\u00e9s : mode de production, d\u2019\u00e9changes et de consommation, hi\u00e9rarchie des normes, ordre politique. C\u2019est ce \u00e0 quoi s\u2019efforce de r\u00e9pondre le programme \u00ab L\u2019Avenir en commun \u00bb. Je laisse donc la question du programme de c\u00f4t\u00e9 \u00e0 cet instant.<\/p>\n<p>Je reviens \u00e0 mon point de d\u00e9part : ce que veut dire la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un \u00ab nouvel humanisme \u00bb. J\u2019ai montr\u00e9 rapidement l\u2019histoire de ce courant. Il s\u2019agit de la reprendre \u00e0 notre compte pour en assimiler la le\u00e7on essentielle qui reste notre fil rouge dans l\u2019histoire. Il int\u00e8gre non seulement l\u2019histoire dans le temps long d\u2019une id\u00e9e mais aussi celle de toutes les luttes intellectuelles et sociales qui lui sont concomitante. La \u00ab nouveaut\u00e9 \u00bb est que nous centralisons l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral humain en relation avec une nouvelle relation \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me. Celle-ci ne signifie pas seulement \u00ab respect \u00bb ou \u00ab protection \u00bb de l\u2019environnement en vue de sa conservation. Il s\u2019agit de passer \u00e0 une attitude intellectuelle et pratique totalement refond\u00e9e. Elle bouleverse jusqu\u2019\u00e0 la perception de soi. Au moins autant qu\u2019a pu l\u2019\u00eatre en son temps l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00eatre humain \u00e9mancip\u00e9 se d\u00e9finissant par lui-m\u00eame. S\u2019\u00e9manciper de l\u2019obscurantisme consum\u00e9riste et de ses injonctions comme hier du plan divin et des ordonnances de sa cl\u00e9ricature.<\/p>\n<p>Une fois de plus, il s\u2019agit de passer d\u2019un paradigme \u00e0 un autre. Passer de celui de volont\u00e9 de domination \u00e0 celui de recherche d\u2019harmonie. Domination ou harmonie ? Harmonie, bien sur \u00e0 condition d\u2019entendre le mot dans le sens mat\u00e9rialiste que j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9. La po\u00e9sie vient par surcro\u00eet, c\u2019est entendu. Et sans doute est-ce par elle que nous vient le go\u00fbt de l\u2019harmonie des mots organisant celle des choses.<\/p>\n<p><strong>Le blog de Jean-Luc M\u00e9lenchon<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un mot qui en dit long Avez-vous remarqu\u00e9 ? Dor\u00e9navant on dit \u00ab l\u2019insoumis untel, la d\u00e9put\u00e9e insoumise une telle \u00bb. 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