{"id":456429,"date":"2017-04-21T23:46:49","date_gmt":"2017-04-21T22:46:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pressenza.com\/?p=456429\/"},"modified":"2017-04-21T23:46:49","modified_gmt":"2017-04-21T22:46:49","slug":"avons-rencontre-tisseuses-de-vie-de-putumayo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2017\/04\/avons-rencontre-tisseuses-de-vie-de-putumayo\/","title":{"rendered":"Nous avons rencontr\u00e9 Les Tisseuses de vie de Putumayo"},"content":{"rendered":"<p><em>Environ 250 mille familles survivent en Colombie gr\u00e2ce \u00e0 la culture et au commerce de la feuille sacr\u00e9e: la coca A Puerto As\u00eds, les femmes <\/em><em>cultivatrices de coca<\/em><em> s\u2019\u00e9taient r\u00e9unies le 17 et 18 mars. Mais pour ne pas m\u2019emm\u00ealer les p\u00e9dales, il vaut mieux que ce soient elles qui nous racontent en quoi consistait cette grande rencontre.<\/em><\/p>\n<p><em>Avec vous toutes, F\u00e1tima Muriel et Nancy S\u00e1nchez, pr\u00e9sidente et coordonnatrice pour la paix de l\u2019Alliance d\u00e9partementale des organisations sociales de femmes tisseuses de vie de Putumayo. Elles ont organis\u00e9 avec Blanca Diego, des productions Lola Mora, cette excellente rencontre.<\/em><\/p>\n<p><strong>Qu\u2019il est bon de pouvoir vous parler, vous les protagonistes de tout ce qui se passe en ce moment en Colombie, dans ce moment si d\u00e9licat et si riche \u00e0 la fois. La paix semble se concr\u00e9tiser malgr\u00e9 toutes les complications et les obstacles qui surgissent chaque jour. Quel \u00e9tait le motif principal de votre r\u00e9union \u00e0 Putumayo?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F\u00e1tima Muriel:<\/strong> Nous sommes en ce moment en train de faire des propositions pour les accords de paix. Et dans ces accords, il y a des points tr\u00e8s int\u00e9ressants: par exemple, le premier point qui parle des terres et le 4<sup>e<\/sup> point de la lutte contre les stup\u00e9fiants. Donc, nous les femmes, nous nous sommes r\u00e9unies car nombreux sont ceux qui ont fait des propositions mais tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rales. Nous aussi nous voulons pr\u00e9senter nos propositions, \u00e0 partir de notre v\u00e9cu, \u00e0 partir de nos vies de travailleuses car la plupart d\u2019entre nous sommes veuves, la plupart d\u2019entre nous sommes seules, et m\u00eame en couple, nous travaillons deux fois plus que les hommes.<\/p>\n<p><strong>Quels \u00e9taient les buts de votre Rencontre?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nancy S\u00e1nchez:<\/strong> L\u2019objectif principal de cette Rencontre \u00e9tait de r\u00e9unir les femmes cultivant la coca qui en plus d\u2019\u00eatre des cultivatrices de base, vivent jour apr\u00e8s jour dans la culture de la coca\u00efne et sont impliqu\u00e9es tout au long de la cha\u00eene du commerce ill\u00e9gal, dans ce d\u00e9partement et dans la moiti\u00e9 du pays depuis plus de 30 ans. La majorit\u00e9 des propositions qui sont en jeu aujourd\u2019hui pour le remplacement des cultures de coca ne tiennent aucun compte de la question de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes. Elles n\u2019ont aucune perception de ce que souffrent les femmes, de celles qu\u2019ont travers\u00e9 et comment elles l\u2019ont v\u00e9cu avec la culture de la coca. Et elles ont aussi beaucoup de propositions \u00e0 faire, y compris dans d\u2019autres dynamiques au jour le jour. Elles d\u00e9cident au final de ne pas c\u00e9der \u00e0 la culture de la coca, car elle apporte la violence, etc. L\u2019id\u00e9e du forum \u00e9tait d\u2019inclure cette perspective de genre, car le conflit a emport\u00e9 presque tous les hommes. Nous sommes celles qui avons continu\u00e9 et support\u00e9 le poids de la survie quotidienne, jour apr\u00e8s jour avec cette \u00e9conomie ill\u00e9gale de la coca dans laquelle vit ce d\u00e9partement. Elles sont celles qui soutiennent ce d\u00e9partement.<\/p>\n<p><strong>Il serait important de comprendre la politique de remplacement. En quoi consiste-t-elle?<\/strong><\/p>\n<p><strong>NS:<\/strong> Pour comprendre cette proposition, il est n\u00e9cessaire de conna\u00eetre le contexte, ce \u00e0 quoi nous sommes en train de r\u00e9pondre. Nous avons v\u00e9cu 30 ans de la culture de la coca, mais pas parce que nous le souhaitions, pas parce que les gens voulaient cultiver la coca. C\u2019est une \u00e9conomie qui a vu le jour dans les ann\u00e9es 80, suite \u00e0 l\u2019interdiction lanc\u00e9e par les \u00c9tats-Unis contre les petits avions en provenance du P\u00e9rou. A cette \u00e9poque, la Colombie s\u2019occupait seulement du traitement de la coca\u00efne, des laboratoires. Nous \u00e9tions ceux qui exportaient la coca\u00efne avec les grands cartels. A ce moment, il y eut un tournant d\u00e9cisif dans la politique de r\u00e9pression contre les stup\u00e9fiants et les narcotrafiquants \u00e0 savoir qu\u2019ils ne pouvaient plus transporter la p\u00e2te de base depuis le P\u00e9rou et la Bolivie. Alors ils ont d\u00e9cid\u00e9 de la cultiver ici, dans ce d\u00e9partement. Qu\u2019est-ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans ce d\u00e9partement et dans de nombreux autres? La moiti\u00e9 de la Colombie, l\u2019Amazonie colombienne \u00e0 ce moment historique ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es par le pays, par les principaux d\u00e9cideurs. Dans ce pays, la guerre s\u2019est \u00e9tendue aux territoires. Les villes n\u2019ont pas connu la guerre, et r\u00e9ellement ici nous avons deux \u00e9tats extr\u00e9mistes. Et dans ce pays, nous avons v\u00e9cu de la culture de la coca \u00e0 cause de ces d\u00e9cisions \u00e9conomiques, \u00e0 cause de l\u2019abandon syst\u00e9matique par l\u2019Etat de ces populations. Ces populations n\u2019ont pas eu d\u2019autres opportunit\u00e9s, elles n\u2019ont pas connu le d\u00e9veloppement, elles ont v\u00e9cu dans un isolement total. L\u2019Etat a une dette historique envers la moiti\u00e9 de son pays. Et c\u2019est \u00e0 cause de cette \u00e9conomie, face \u00e0 la pauvret\u00e9 de la population, que les cultures de la coca ont envahi la r\u00e9gion. Les gens disent que c\u2019est une culture facile, et F\u00e1tima le confirmera. C\u2019est une culture qui peut se faire sans moyens, c\u2019est une culture qui conna\u00eet une demande importante. On va voir n\u2019importe quel narcotrafiquant, il ach\u00e8te, il n\u2019y pas besoin de se d\u00e9placer et c\u2019est de cela dont vivent les agriculteurs. Et ce ne sont pas eux qui gagnent de l\u2019argent. Avec un kilo de p\u00e2te de base, ils gagnent tous les quatre mois un million cinq cents mille pesos, ce qui fait 600 dollars tous les quatre mois. Mais avec \u00e7a, ils survivent.<\/p>\n<p><strong>De plus avec ces groupes de mafieux, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 est permanente. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 poursuivis par l\u2019Etat, en confrontation avec les bandes criminelles, c\u2019est un travail, qui en plus d\u2019\u00eatre dur, engendre une grande ins\u00e9curit\u00e9. F\u00e1tima peut r\u00e9sumer un peu la vie quotidienne des femmes. Durant la rencontre, nous avons beaucoup parl\u00e9 de la vie quotidienne, parce que c\u2019est ce qui marque notre relation \u00e0 la plante.<\/strong><\/p>\n<p><strong>FM:<\/strong> Les femmes ont parl\u00e9 de \u00e7a pendant la rencontre et on l\u2019observe aussi chaque jour dans ce d\u00e9partement, parce que nous faisons beaucoup de travail sur le terrain pour soutenir les femmes. Elles ont d\u00e9clar\u00e9 avoir des journ\u00e9es doubles, parce qu\u2019elles se l\u00e8vent \u00e0 quatre heures du matin pour cuisiner pour tous les ramasseurs, pour tout le monde. Elles ont des marmites \u00e9normes, pour nourrir tout un bataillon, ce sont ceux qui vont travailler la coca. Il y a les groupes de ramasseurs et ceux qui travaillent au laboratoire. Et quand il n\u2019y pas assez de monde, ces m\u00eames femmes y sont envoy\u00e9es pour assumer cette responsabilit\u00e9. Elles terminent leur journ\u00e9e \u00e0 une heure du matin, qu\u2019elles soient enceintes ou pas, qu\u2019elles soient malades ou pas.<\/p>\n<p>Car leur sant\u00e9 rien ni personne n\u2019en tient compte. Nous, nous sommes pr\u00e9occup\u00e9es par la vie men\u00e9e par ces femmes, ces journ\u00e9es triples. Nous sommes vraiment soucieuses de cette situation et pour cela, nous voulons que les accords de paix fassent participer les femmes, qu\u2019elles racontent leurs vies et comment elles travaillent la coca, et pour parler du probl\u00e8me de celles qui se sont retrouv\u00e9es en prison pour avoir transport\u00e9 de la coca. Ici, au Putumayo nous avons 50 femmes et 100 en \u00c9quateur, car nous sommes tr\u00e8s proches de l\u2019Equateur. Ces femmes font passer deux ou, trois grammes et sont emprisonn\u00e9es. Elles n\u2019ont droit ni \u00e0 des avocats, ni \u00e0 quoi que ce soit. Et leurs familles, leurs enfants se retrouvent compl\u00e8tement abandonn\u00e9s. Nous pensons que ces femmes ne sont pas des narcotrafiquantes. Et nous poursuivons notre plaidoyer et notre lutte car ce ne sont pas elles que poursuit la politique antistup\u00e9fiants. Nous d\u00e9fendons les femmes parce qu\u2019elles sont des paysannes et celles qui travaillent, qui s\u00e8ment parfois du manioc, parfois du ma\u00efs et parfois du plantain.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui a chang\u00e9 pour les femmes apr\u00e8s la signature de l\u2019accord de paix? D\u2019autant plus que nous sommes toujours dans le processus de mise en place. Qu\u2019est-ce qui a chang\u00e9 dans votre vie quotidienne? Est-ce que ce processus est arriv\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 Putumayo?<\/strong><\/p>\n<p><strong>NS:<\/strong> Ici, F\u00e1tima et moi nous observons et pour le moment il n\u2019y pas de changement. Qui plus est, ils ont augment\u00e9 un peu les menaces envers les dirigeants des organisations de production, celles qui doivent remplacer la culture de la coca. Ces espaces lib\u00e9r\u00e9s par les FARC sont toujours occup\u00e9s par de nombreux groupes de narcotrafiquants. Ce que nous pr\u00e9disons, c\u2019est que cela va conduire \u00e0 une mexicanisation si nous restons dans cette dynamique et si le gouvernement ne fait rien imm\u00e9diatement pour contr\u00f4ler cette d\u00e9linquance et ces acteurs arm\u00e9s qui vont, comme nous le disons en Colombie, vaccinant, faisant de l\u2019extorsion, mena\u00e7ant principalement les dirigeants. Les femmes doivent \u00eatre impliqu\u00e9es car nous avons d\u00e9montr\u00e9 une grande force, dans le d\u00e9partement, de mobilisation et de revendication des droits. \u00c7a, c\u2019est que nous vivons avec les accords de paix. Nous cherchons des espaces par toutes ces portes qui ne d\u00e9bouchent pas sur les accords mais c&rsquo;est difficile, vraiment Au sujet du remplacement de la culture de la coca, ils ont tenu compte seulement des propositions venant de la gauche ou de mouvements masculins, mais rien venant des femmes. Nous n\u2019avons vu aucune initiative faisant participer des organisations de femmes.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les demandes, les propositions qui ont \u00e9merg\u00e9 de cette rencontre et dont le gouvernement devrait tenir compte?<\/strong><\/p>\n<p><strong>FM:<\/strong> La premi\u00e8re chose que demandent les femmes est de ne pas \u00eatre trait\u00e9es comme des narcotrafiquantes, comme la majorit\u00e9 de cette population qui, parce qu\u2019elle vit dans ces territoires et vit de la culture de la coca, est stigmatis\u00e9e, consid\u00e9r\u00e9e comme narcotrafiquante. Une porte importante s\u2019est ouverte pour trouver une solution \u00e0 tout ceci, pour arriver au remplacement de la culture de la coca, pour trouver une solution pour ces femmes emprisonn\u00e9es parce qu\u2019elles ont transport\u00e9 un gramme, ou deux g. Et en \u00c9quateur c\u2019est puni de plus de quinze ans d\u2019emprisonnement. Je crois que c\u2019est un des points les plus importants \u00e0 consid\u00e9rer. Une autre mesure que r\u00e9clament les femmes, c\u2019est la participation. Les femmes veulent prendre part \u00e0 tous les espaces et \u00e0 toutes les prises de d\u00e9cisions municipales, d\u00e9partementales, avec s\u00e9curit\u00e9, formation et ressources \u00e9conomiques. Et aussi, elles veulent que se renforcent toutes les organisations de la base et qu\u2019on puisse soutenir les organisations de femmes des autres d\u00e9partements par l\u2019\u00e9change d\u2019outils, l\u2019impact sur la politique en accord avec ce que pr\u00e9voit le point 2 de l\u2019accord.<\/p>\n<p><strong>NS:<\/strong> Un autre point important est le droit \u00e0 la terre et au territoire. Faire d\u00e9tenir le titre de propri\u00e9t\u00e9 par les femmes est une strat\u00e9gie pour aider le territoire. Mais avant tout, il faut nous d\u00e9fendre, en plus de la coca, contre les menaces des multinationales. Les compagnies p\u00e9troli\u00e8res d\u00e9tiennent 80 % de ces territoires et la d\u00e9tention de la propri\u00e9t\u00e9 par les compagnies p\u00e9troli\u00e8res est gravissime. C\u2019est une des complications qui reste ici. Tu ne peux pas avoir un programme de remplacement de la culture de la coca l\u00e9gale si tu n\u2019es pas propri\u00e9taire. Tu n\u2019as pas acc\u00e8s au cr\u00e9dit.<\/p>\n<p><strong>FM:<\/strong> Elles disent aussi qu\u2019ils doivent tenir compte de toutes les femmes associ\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de la feuille de coca, par exemples, les cueilleuses, les transformatrices les cultivatrices, les porteuses et les vendeuses, avec des projets agricoles productifs. Pour remplacer la coca, il faut un processus bien d\u00e9fini, plut\u00f4t que de venir d\u2019un coup tout leur enlever et les chasser des fermes, les laisser dans la mis\u00e8re, sans leur proposer aucune solution. Aussi, nous demandons ceci pour les cultivatrices de coca, qu\u2019elles soient aid\u00e9es par des projets de production.<\/p>\n<p><strong>NS:<\/strong> Et quelque chose de structurel, que les fum\u00e9es toxiques ne reviennent pas. Putumayo a \u00e9t\u00e9 le centre du Plan Colombie, c\u2019est \u00e0 dire de la guerre contre les drogues lanc\u00e9e par les \u00c9tats-Unis ici. La cause en \u00e9tait les enfumages sans distinction. Enfumages des cultures de la coca apparemment, mais qui ont affect\u00e9 les cultures l\u00e9gales, l\u2019environnement, et caus\u00e9 de nombreuses maladies aux femmes, enfants et personnes \u00e2g\u00e9es. Et \u00e7a, c\u2019est une exigence Plus de fum\u00e9es toxiques. C\u2019est le seul pays au monde qui a accept\u00e9 les enfumages \u00e0 l\u2019encontre de sa population avec des produits chimiques vraiment nocifs. Et l\u2019\u00e9radication manuelle qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e, en parall\u00e8le avec les projets de production.<\/p>\n<p><strong>FM<\/strong>: Finalement, les femmes ont d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elles acceptaient le remplacement des cultures, \u00e0 chaque fois et quand elles y auront particip\u00e9 de fa\u00e7on effective et que leurs demandes auront \u00e9t\u00e9 aussi incluses. L\u2019Etat a rendu efficace les compromis acquis avec la signature des accords.<\/p>\n<p><strong>NS:<\/strong> Et que ces projets de productions se fassent de fa\u00e7on graduelle, dans tous les sens du terme. Parce que ce sont 30 ans, 40 ans de vie avec cette culture et cette \u00e9conomie. Le gouvernement ne peut essayer de mettre en place un projet en deux mois ou changer en un mois une \u00e9conomie qui avait tant de liens avec des acteurs arm\u00e9s et des narcotrafiquants. Ce doit \u00eatre graduel. Pour pouvoir remplacer la culture de la coca, il faut qu\u2019elles aient une culture parall\u00e8le qui les soutienne et graduellement constitue un remplacement. C\u2019est une id\u00e9e que le gouvernement n\u2019a pas comprise, il n\u2019a pas examin\u00e9 la proposition des femmes et des paysans.<\/p>\n<p><strong>Le gouvernement a pass\u00e9 des ann\u00e9es sans \u00e9couter les voix de la base sociale, mais aujourd\u2019hui en plus du gouvernement, il y a un nouvel interlocuteur que sont les FARC, les Voix de la Paix qui sont au parlement. Il y a un nouvel acteur politique. Quelle relation avez-vous avec ce groupe politique et peuvent\u2011ils \u00eatre les bons d\u00e9fenseurs des besoins de la population f\u00e9minine de Putumayo\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>NS:<\/strong> Les femmes ont lutt\u00e9 de toutes leurs forces de fa\u00e7on incroyable pour les accords de paix. Nous croyons en la paix, mais aussi nous sommes dans une situation o\u00f9 les FARC ont commis beaucoup de crimes ici contre les femmes, comme le font l\u2019\u00e9tat et les militaires. Ici les femmes sont dans une situation tr\u00e8s critique, mais la paix est la bienvenue ainsi que des processus de r\u00e9conciliation avec eux, tant avec les FARC qu\u2019avec les militaires et paramilitaires. Face aux cultures de la coca et \u00e0 ces propositions, ils vont jouer un r\u00f4le important dans l\u2019\u00e9radication des cultures de la coca, un r\u00f4le fondamental. Nous pensons qu\u2019ils pourraient faciliter l\u2019\u00e9radication dans ce d\u00e9partement, parce qu\u2019ils d\u00e9tenaient un r\u00f4le important non seulement dans la promotion de la culture, mais aussi dans le soin donn\u00e9 aux cultures et la vente et l\u2019achat de la p\u00e2te de base. Alors, ils seront un acteur fondamental pour que cette \u00e9conomie soit chang\u00e9e.<\/p>\n<p>Nous, sans doute, nous nous sentons isol\u00e9es parce qu\u2019il n\u2019y aucune perspective paritaire dans ces propositions. On fait seulement mention de nous de fa\u00e7on formelle. Alors, nous voulons transformer ces propositions en politiques et qu\u2019elles deviennent des strat\u00e9gies d\u2019action qui favorisent les paysannes, qui en plus d\u2019\u00eatre victimes, ont support\u00e9 les fum\u00e9es toxiques, la violence sexuelle des protagonistes arm\u00e9s, et devaient survivre de petits projets, de poulets, de piments, de ce qu\u2019elles pouvaient pour donner \u00e0 manger \u00e0 leurs enfants. Et ici, ce d\u00e9partement a \u00e9t\u00e9 construit par les femmes et a surv\u00e9cu gr\u00e2ce aux femmes, et c\u2019est le combat pour lequel nous nous sommes engag\u00e9es.<\/p>\n<p>Ces t\u00e9moignages me semblent pr\u00e9cieux et ainsi que le fait d\u2019aborder le th\u00e8me de la paix en Colombie, bien diff\u00e9rent de Santos a dit ceci ou cela. Blanca Diego: Depuis des semaines, il y a eu des r\u00e9unions dans diff\u00e9rents d\u00e9partements\u00a0de cultivateurs de coca du pays auxquelles ont particip\u00e9 le gouvernement central, les FARC et les mouvements respectifs ou associations qui regroupent les hommes et femmes qui s\u2019occupent de la coca. Les positions sont contradictoires, il y a des difficult\u00e9s pour avancer, entre autres choses, parce qu\u2019au sein du gouvernement, on se regroupe autour des tables d\u00e9partementales. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, on recrute y compris des civils pour s\u2019occuper de l\u2019\u00e9radication manuelle. Santos a d\u00e9j\u00e0 dit qu\u2019il aimerait continuer cette \u00e9radication en parall\u00e8le avec les projets offerts aux communaut\u00e9s, mais les communaut\u00e9s ne sont peut-\u00eatre pas pr\u00eates \u00e0 ce que cette \u00e9radication se fasse sans leur consentement. S\u2019ils n\u2019incluent pas les femmes \u00e0 tous les accords d\u00e9partementaux, ils vont \u00e9chouer et je crois que c\u2019est une des conclusions de la rencontre de la semaine pass\u00e9e \u00e0 Puerto As\u00eds.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Traduction de l\u2019espagnol par Anojaa Karunananthan \u2013 Trommons.org<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Environ 250 mille familles survivent en Colombie gr\u00e2ce \u00e0 la culture et au commerce de la feuille sacr\u00e9e: la coca A Puerto As\u00eds, les femmes cultivatrices de coca s\u2019\u00e9taient r\u00e9unies le 17 et 18 mars. 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