{"id":2653753,"date":"2025-11-18T19:42:47","date_gmt":"2025-11-18T19:42:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pressenza.com\/?p=2653753"},"modified":"2026-01-03T15:51:44","modified_gmt":"2026-01-03T15:51:44","slug":"mauritanie-le-pays-africain-qui-na-pas-brise-ses-chaines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2025\/11\/mauritanie-le-pays-africain-qui-na-pas-brise-ses-chaines\/","title":{"rendered":"Mauritanie : le pays africain qui n&rsquo;a pas bris\u00e9 ses cha\u00eenes"},"content":{"rendered":"<div class=\"post-content\">\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00ab Il n\u2019y a pas d\u2019ind\u00e9pendance tant qu\u2019un \u00eatre humain appartient \u00e0 un autre. L\u2019esclavage n\u2019est pas une chose du pass\u00e9 en Mauritanie, mais plut\u00f4t un pr\u00e9sent d\u00e9guis\u00e9 en coutume. \u00bb<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">LE PAYS QUI N&rsquo;EST PAS ENCORE LIBRE<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\"><span class=\"\" dir=\"auto\">La Mauritanie \u00e9merge d&rsquo;une mer de sable et de silence.<\/span><\/span><\/strong><span dir=\"auto\"><span class=\"\" dir=\"auto\"> Sur la carte, elle appara\u00eet comme une nation souveraine du Sahel, comptant pr\u00e8s de 5 millions d&rsquo;habitants et de vastes ressources mini\u00e8res. <\/span><\/span><strong><span dir=\"auto\"><span class=\"\" dir=\"auto\">En r\u00e9alit\u00e9, il est le dernier pays au monde \u00e0 avoir officiellement aboli l&rsquo;esclavage, en 1981, et le seul \u00e0 ne l&rsquo;avoir criminalis\u00e9 qu&rsquo;en 2007, plus de deux si\u00e8cles apr\u00e8s la R\u00e9volution fran\u00e7aise et un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s son ind\u00e9pendance<\/span><\/span><\/strong><span dir=\"auto\"><span class=\"\" dir=\"auto\"> .<\/span><\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Mais les lois n&rsquo;ont pas bris\u00e9 les cha\u00eenes. Selon l&rsquo;ONU, Amnesty International et la Walk Free Foundation, entre 90 000 et 150 000 personnes vivent encore en servitude h\u00e9r\u00e9ditaire, soit 3 % de la population totale. <\/span><strong><span dir=\"auto\">Il ne s&rsquo;agit pas de m\u00e9taphores\u00a0; ce sont des hommes, des femmes et des enfants qui naissent, travaillent et meurent sous le joug de clans arabo-berb\u00e8res qui traitent les \u00eatres humains comme du b\u00e9tail. Dans les quartiers de Nouakchott, dans les villages agricoles de Kaedi ou dans les hameaux recul\u00e9s de Kiffa, des familles enti\u00e8res travaillent sans salaire, sans papiers et sans voix.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">L\u2019esclavage moderne en Mauritanie ne porte pas de cha\u00eenes de fer, mais plut\u00f4t celles de la coutume et d\u2019une religion mal interpr\u00e9t\u00e9e<\/span><\/strong><span dir=\"auto\">. Il prosp\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me f\u00e9odal entretenu par la peur et l\u2019indiff\u00e9rence internationale. C\u2019est un crime qui se r\u00e9p\u00e8te au grand jour, dissimul\u00e9 par l\u2019\u00c9tat sous couvert de tradition. L\u2019ind\u00e9pendance est impossible lorsqu\u2019une partie de la population appartient \u00e0 une autre.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00ab Cette chronique sur la Mauritanie rouvre la plaie et donne un nom au silence d\u2019un pays qui n\u2019est toujours pas libre. \u00bb<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00ab Leur d\u00e9fi n\u2019est pas d\u2019abolir l\u2019esclavage par la loi, mais par la conscience. \u00bb<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">1. LE PAYS DES SABLES ET DES OMBRES<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La Mauritanie est un pays o\u00f9 le d\u00e9sert semble s&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 l&rsquo;infini et o\u00f9 l&rsquo;histoire para\u00eet fig\u00e9e. S&rsquo;\u00e9tendant sur un million de kilom\u00e8tres carr\u00e9s, c&rsquo;est une vaste bande de terre entre le Maghreb arabe et l&rsquo;Afrique subsaharienne, entre les sables du Sahara et les eaux de l&rsquo;Atlantique. Officiellement, c&rsquo;est une r\u00e9publique, mais dans les faits, elle fonctionne comme une mosa\u00efque de tribus, de castes et de contrats miniers qui n&rsquo;ont jamais profit\u00e9 \u00e0 la population. Sa situation g\u00e9ographique en fait une enclave strat\u00e9gique, limitrophe de l&rsquo;Alg\u00e9rie, du Mali, du S\u00e9n\u00e9gal et du Sahara occidental, et constituant une fronti\u00e8re invisible entre deux mondes qui peinent \u00e0 se reconna\u00eetre.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Sous sa surface, le pays rec\u00e8le d&rsquo;immenses richesses min\u00e9rales : fer, cuivre, or et gaz naturel. La SNIM, entreprise publique et l&rsquo;une des plus importantes du continent, exporte chaque ann\u00e9e plus de 12 millions de tonnes de minerai de fer, d&rsquo;une valeur de 1,5 milliard de dollars, principalement vers la Chine, la France et l&rsquo;Espagne. Les r\u00e9serves d&rsquo;or d\u00e9passent 45 milliards de dollars, et les nouveaux gisements de gaz offshore, d\u00e9velopp\u00e9s en partenariat avec BP et Kosmos Energy, pourraient g\u00e9n\u00e9rer 1,2 milliard de dollars de recettes annuelles. Cependant, cette richesse est occult\u00e9e par les statistiques sociales du pays : 45 % de la population vit dans une pauvret\u00e9 multidimensionnelle, le taux d&rsquo;alphab\u00e9tisation atteint \u00e0 peine 55 % et le ch\u00f4mage des jeunes d\u00e9passe les 31 %.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Le PIB total de la Mauritanie avoisine les 11 milliards de dollars US, pour un revenu par habitant inf\u00e9rieur \u00e0 2 200 dollars. Les 10 % les plus riches contr\u00f4lent 60 % des ressources. Les mines, les routes et l\u2019\u00c9tat sont entre les mains d\u2019une \u00e9lite arabo-berb\u00e8re (les Beydanes) qui h\u00e9rite du pouvoir comme des esclaves. L\u2019\u00e9conomie est extractive, la politique h\u00e9r\u00e9ditaire et la justice illusoire. C\u2019est un pays partag\u00e9 entre la mer et le d\u00e9sert, entre la richesse export\u00e9e et la mis\u00e8re persistante. En Mauritanie, l\u2019or brille, mais les cha\u00eenes ne se sont jamais rouill\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">2. CHA\u00ceNES H\u00c9RIT\u00c9ES<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">En Mauritanie, l&rsquo;esclavage n&rsquo;est pas seulement un souvenir, il est une r\u00e9alit\u00e9 quotidienne. Il n&rsquo;est pas l&rsquo;ombre du pass\u00e9, mais une structure qui impr\u00e8gne encore chaque caste, chaque village, chaque nom de famille. \u00ab Les Haratin, descendants d&rsquo;esclaves africains, restent prisonniers d&rsquo;une servitude h\u00e9r\u00e9ditaire \u00bb, contrairement aux \u00ab Beydanes, tribus arabo-berb\u00e8res qui concentrent le pouvoir politique, militaire et religieux \u00bb. Na\u00eetre Haratin, c&rsquo;est na\u00eetre sans nom, sans propri\u00e9t\u00e9 et sans avenir.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Bien que l&rsquo;esclavage ait \u00e9t\u00e9 aboli en 1981 et criminalis\u00e9 en 2007, la loi n&rsquo;a pas p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 les zones rurales ni les mentalit\u00e9s de ceux qui les gouvernent. Les ma\u00eetres invoquent la \u00ab\u00a0protection spirituelle\u00a0\u00bb ou la \u00ab\u00a0tradition familiale\u00a0\u00bb pour maintenir leur emprise sur leurs esclaves. Certaines autorit\u00e9s religieuses locales citent le Coran hors de son contexte pour justifier la soumission, une interpr\u00e9tation d\u00e9form\u00e9e qui heurte la foi et la dignit\u00e9 humaine. L&rsquo;impunit\u00e9 est quasi totale\u00a0: sur plus de 600 plaintes officielles pour esclavage enregistr\u00e9es entre 2015 et 2024, moins de 5\u00a0% ont abouti \u00e0 une condamnation.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Les Haratin repr\u00e9sentent environ 30 % de la population, soit quelque 1,5 million de personnes vivant pour la plupart dans l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9, sans acc\u00e8s \u00e0 la terre ni \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation.<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> \u00c0 Nouakchott, Kaedi, Rosso et Kiffa, des familles enti\u00e8res travaillent comme domestiques ou agricoles en \u00e9change du g\u00eete et du couvert, sans papiers ni salaire. Dans les zones rurales, l&rsquo;esclavage se transmet de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, au m\u00eame titre que la couleur de peau ou le nom de famille.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La valeur \u00e9conomique du travail forc\u00e9 est estim\u00e9e \u00e0 200 millions de dollars par an, un chiffre qui alimente l&rsquo;\u00e9conomie informelle et les circuits d&rsquo;exportation agricole. <\/span><strong><span dir=\"auto\">L&rsquo;h\u00e9ritage colonial fran\u00e7ais a l\u00e9gu\u00e9 une bureaucratie moderne<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> , mais n&rsquo;a pas d\u00e9mantel\u00e9 la structure tribale qui soutient le pouvoir. En Mauritanie, le XXIe si\u00e8cle est arriv\u00e9 sans que le pays ne se soit affranchi du XIXe\u00a0; les cha\u00eenes, bien qu&rsquo;invisibles, se resserrent.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">3. LES GRAVES FIGURES DE L&rsquo;ESCLAVAGE MODERNE<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">L\u2019esclavage en Mauritanie a un nom, un visage et un chiffre. Selon l\u2019Indice mondial de l\u2019esclavage 2024, plus de 150\u00a0000 personnes vivent aujourd\u2019hui en situation de servitude h\u00e9r\u00e9ditaire ou de travail forc\u00e9, soit 3\u00a0% de la population nationale. C\u2019est le taux le plus \u00e9lev\u00e9 au monde par rapport \u00e0 sa population. L\u2019esclavage ne se cache pas dans des d\u00e9serts lointains, mais est profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans les quartiers de Nouakchott, les zones agricoles de Kaedi et de Rosso, les ateliers de Kiffa et les domaines de Tidjikja, o\u00f9 la pauvret\u00e9 se confond avec la captivit\u00e9. <\/span><strong><span dir=\"auto\">L\u00e0, des familles enti\u00e8res travaillent sans salaire ni papiers, soumises \u00e0 des employeurs qui les \u00ab\u00a0h\u00e9ritent\u00a0\u00bb comme faisant partie de leur patrimoine familial.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Soixante-dix pour cent des personnes r\u00e9duites en esclavage sont des femmes et des enfants<\/span><\/strong><span dir=\"auto\">. Les femmes sont employ\u00e9es comme domestiques dans les foyers de l&rsquo;\u00e9lite urbaine ou comme ouvri\u00e8res agricoles dans les zones rurales du sud. Les enfants, parfois \u00e2g\u00e9s de sept ans seulement, gardent le b\u00e9tail, font le m\u00e9nage ou cueillent des dattes pour se nourrir. Selon Amnesty International, plus de 40 000 enfants sont pris au pi\u00e8ge de ce syst\u00e8me invisible. En 2024, l&rsquo;Organisation internationale du travail OIT estimait que la valeur \u00e9conomique de leur travail non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 d\u00e9passait 200 millions de dollars am\u00e9ricains par an, une somme qui contribue au confort des puissants et \u00e0 l&rsquo;indiff\u00e9rence des autorit\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Entre 2019 et 2024, plus de 600 affaires judiciaires li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;esclavage et au travail forc\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es, mais moins de 5 % ont abouti \u00e0 un verdict. Les proc\u00e8s s&rsquo;\u00e9ternisent, les juges sont nomm\u00e9s par des clans et les accus\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;une protection politique. Aucun haut responsable n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour complicit\u00e9 ou dissimulation.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Parall\u00e8lement, le trafic ill\u00e9gal de personnes vers le Mali et le S\u00e9n\u00e9gal g\u00e9n\u00e8re environ 25 millions de dollars par an, selon l&rsquo;ONUDC, les r\u00e9seaux de trafiquants traversant le fleuve S\u00e9n\u00e9gal et transportant des jeunes \u00e0 des fins d&rsquo;exploitation agricole, domestique ou sexuelle.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">En Mauritanie, les esclaves n&rsquo;ont pas disparu\u00a0; leur nom a simplement chang\u00e9 et on les appelle d\u00e9sormais serviteurs, aides ou personnes \u00e0 charge, mais leur condition demeure inchang\u00e9e. Ce pays, qui se targue de lois modernes, coexiste avec un crime qui se transmet de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, et dans les sables mauritaniens, la libert\u00e9 reste un privil\u00e8ge, non un droit.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">4. QUI LE PRATIQUE ET QUI EN B\u00c9N\u00c9FICIE<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">En Mauritanie, l&rsquo;esclavage n&rsquo;est pas un vestige du pass\u00e9\u00a0; c&rsquo;est un syst\u00e8me structur\u00e9 et lucratif. Les castes beydan, descendantes de populations arabo-berb\u00e8res qui repr\u00e9sentent moins de 20\u00a0% de la population, concentrent 80\u00a0% du pouvoir politique, militaire et judiciaire. <\/span><strong><span dir=\"auto\">Depuis 1960, neuf des dix pr\u00e9sidents ont appartenu \u00e0 cette \u00e9lite.<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> Elle contr\u00f4le le budget national (plus de 4,2\u00a0milliards de dollars par an) et distribue les march\u00e9s publics entre familles et clans.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Les Beydane (ou Bidhan) constituent la caste dominante en Mauritanie, issus du m\u00e9tissage entre Arabes et Berb\u00e8res du Sahara occidental. Leurs origines remontent aux XIe-XIIIe si\u00e8cles, lorsque des tribus arabes migr\u00e8rent vers le sud depuis le Maghreb, imposant leur langue et leur culture aux populations berb\u00e8res Sanhaja. <\/span><\/strong> <strong><span dir=\"auto\">Ce syst\u00e8me arabo-berb\u00e8re, forg\u00e9 par la guerre et le commerce transsaharien, a fa\u00e7onn\u00e9 l&rsquo;identit\u00e9 mauritanienne moderne, o\u00f9 l&rsquo;h\u00e9ritage beydane influence encore aujourd&rsquo;hui le pouvoir, la langue et les tensions ethno-sociales du pays.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Les recettes issues des exportations mini\u00e8res et de p\u00eache d\u00e9passent 2,5 milliards de dollars US par an, mais moins de 10 % sont allou\u00e9es aux programmes sociaux. Dans les banlieues de Nouakchott ou de Kiffa, la plupart des Haratin vivent avec moins de 1,90 dollar US par jour, tandis que les familles dirigeantes accumulent des fortunes d\u00e9passant 300 millions de dollars US dans des banques \u00e9trang\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La puissance \u00e9conomique des Beydanes repose sur la terre et la mer. Ils poss\u00e8dent plus de 70 % des terres fertiles du sud et les licences de p\u00eache industrielle de l&rsquo;Atlantique, qui g\u00e9n\u00e8rent chaque ann\u00e9e 500 millions de dollars d&rsquo;exportations de poulpe, de thon et de merlu. Dans les camps miniers du nord, le travail forc\u00e9 et les contrats pr\u00e9caires font partie int\u00e9grante du syst\u00e8me.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">L&rsquo;entreprise publique SNIM, qui produit 12 millions de tonnes de minerai de fer par an, g\u00e9n\u00e8re un chiffre d&rsquo;affaires d&rsquo;environ 1,5 milliard de dollars, dont une part importante repose sur le recours \u00e0 une main-d&rsquo;\u0153uvre sous-pay\u00e9e ou non d\u00e9clar\u00e9e. Environ 200 millions de dollars sont perdus chaque ann\u00e9e en raison de la corruption, de la fraude fiscale et de la surfacturation des mati\u00e8res premi\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">L&rsquo;opacit\u00e9 des circuits d&rsquo;approvisionnement en mati\u00e8res premi\u00e8res constitue un terreau fertile pour l&rsquo;esclavage moderne. On estime que plus de 800 millions de dollars de produits (fer, or, cuivre et poisson) sont export\u00e9s chaque ann\u00e9e sans certification de leur origine li\u00e9e au travail.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Les principaux pays destinataires sont la Chine, les \u00c9mirats arabes unis, la Turquie et la France, dont les acheteurs v\u00e9rifient rarement les conditions de production.<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> Chaque tonne de fer ou chaque conteneur de poisson est le fruit du travail invisible de centaines d&rsquo;esclaves. \u00c0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, la valeur \u00e9conomique du travail forc\u00e9 et de l&rsquo;esclavage en Mauritanie s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 400 millions de dollars am\u00e9ricains par an, soit 4 % du PIB national.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">D\u00e9noncer ce syst\u00e8me est aussi dangereux que de le combattre. Selon le R\u00e9seau Ira-Mauritanie, plus de 120 militants ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es et au moins 15 ont disparu. Les repr\u00e9sailles incluent confiscations, torture et exil<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> .<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Le co\u00fbt \u00e9conomique du silence se mesure aussi en chiffres\u00a0: les pertes dues \u00e0 la r\u00e9pression, \u00e0 la corruption et aux sanctions potentielles d\u00e9passent le milliard de dollars par an en investissements internationaux perdus. En Mauritanie, parler de libert\u00e9 peut co\u00fbter la vie, et la dignit\u00e9 de tout un peuple est bafou\u00e9e. Le pouvoir se nourrit d\u2019or, de peur et des milliards g\u00e9n\u00e9r\u00e9s chaque ann\u00e9e par un pays encore sous le joug de l\u2019oppression.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">5. LA R\u00c9SISTANCE DES HARATIN<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Au c\u0153ur de la Mauritanie, o\u00f9 le sable semble effacer toute trace de tentative de changement, un mouvement persiste et refuse de capituler. Les Haratin, descendants d&rsquo;esclaves, constituent le groupe opprim\u00e9 le plus important du pays (environ 1,5 million de personnes) et sont l&rsquo;\u00e2me de la r\u00e9sistance civile.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Depuis vingt ans, des organisations comme IRA-Mauritanie (Initiative pour la renaissance du mouvement abolitionniste) et SOS-Esclaves contestent le pouvoir tribal, militaire et religieux qui perp\u00e9tue l&rsquo;esclavage. Leurs campagnes de d\u00e9nonciation, d&rsquo;\u00e9ducation et d&rsquo;\u00e9mancipation communautaire sont men\u00e9es avec des ressources limit\u00e9es \u2013 pas plus de 300\u00a0000 dollars am\u00e9ricains par an \u2013 provenant de dons et d&rsquo;organisations internationales.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La figure la plus embl\u00e9matique de ce combat <\/span><strong><span dir=\"auto\">est Biram Dah Abeid, militant de Haratin et candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence \u00e0 deux reprises. Laur\u00e9at du Prix des droits humains des Nations Unies en 2013 et du Prix des d\u00e9fenseurs de la premi\u00e8re ligne en 2016, il a pass\u00e9 plus de 30 mois en prison pour \u00ab incitation \u00e0 la haine \u00bb et \u00ab trouble \u00e0 l&rsquo;ordre public \u00bb, des crimes qui, en Mauritanie, sont assimil\u00e9s \u00e0 dire la v\u00e9rit\u00e9.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Malgr\u00e9 les tentatives du gouvernement pour le faire taire, Biram dirige un r\u00e9seau de plus de 15\u00a0000 volontaires qui documentent les abus, sauvent les familles r\u00e9duites en esclavage et promeuvent l\u2019alphab\u00e9tisation dans les communaut\u00e9s rurales. Son mouvement estime que le co\u00fbt annuel du maintien de cette structure assimilable \u00e0 l\u2019esclavage (subventions cach\u00e9es, pertes de productivit\u00e9 et fraude fiscale) d\u00e9passe 500 millions de dollars, une blessure \u00e9conomique aussi douloureuse que morale.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">\u00c0 ce jour, plus de 400 communaut\u00e9s d&rsquo;anciens esclaves tentent de reconstruire leur identit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des coop\u00e9ratives agricoles, des radios communautaires et des \u00e9coles de fortune. Cependant, seul un ancien esclave sur dix parvient \u00e0 trouver un emploi formel, et moins de 20 % ont acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation de base.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La situation sanitaire est \u00e9galement catastrophique\u00a0: 70\u00a0% de la population n\u2019a pas acc\u00e8s \u00e0 des soins m\u00e9dicaux r\u00e9guliers et la mortalit\u00e9 infantile dans les camps de Haratin est le double de la moyenne nationale. L\u2019aide internationale ne d\u00e9passe pas 10\u00a0millions de dollars par an, une somme d\u00e9risoire compar\u00e9e aux 2,5\u00a0milliards de dollars g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les exportations mini\u00e8res et halieutiques du pays.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Malgr\u00e9 tout, la r\u00e9sistance s&rsquo;organise. Dans la banlieue de Nouakchott, des femmes haratines cr\u00e9ent des coop\u00e9ratives de tissage et octroient des microcr\u00e9dits de seulement 200 dollars par personne. Dans les zones rurales, des jeunes apprennent aux adultes \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire sous les arbres et les toits de chaume.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Chaque radio communautaire allum\u00e9e, chaque \u00e9cole ouverte, chaque jardin reconquis est un acte d&rsquo;\u00e9mancipation et un d\u00e9fi au syst\u00e8me. Les Haratin savent que la libert\u00e9 ne se demande pas, elle se construit, et dans une nation qui n&rsquo;a pas encore appris \u00e0 \u00eatre libre, ils sont la voix qui refuse d&rsquo;\u00eatre \u00e9touff\u00e9e.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">6. L&rsquo;AUTRE ESCLAVAGE. FEMMES ET MIGRANTS<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La Mauritanie exporte bien plus que des min\u00e9raux\u00a0; elle exporte sa pauvret\u00e9, sa population et ses souffrances. Des milliers de femmes haratines travaillent comme domestiques chez l\u2019\u00e9lite mauritanienne, o\u00f9 le salaire moyen ne d\u00e9passe pas 40\u00a0dollars am\u00e9ricains par mois et o\u00f9 la journ\u00e9e de travail peut exc\u00e9der 14\u00a0heures. Les plus jeunes sont envoy\u00e9es en Arabie saoudite, au Kowe\u00eft et au Qatar dans le cadre de contrats sign\u00e9s par des agences priv\u00e9es agissant avec l\u2019aval de l\u2019\u00c9tat.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Selon l\u2019OIM (2024), plus de 12\u00a0000 Mauritaniennes ont \u00e9t\u00e9 victimes de traite vers le Golfe persique, o\u00f9 nombre d\u2019entre elles se retrouvent r\u00e9duites en esclavage par la dette ou soumises \u00e0 l\u2019exploitation sexuelle. Le b\u00e9n\u00e9fice \u00e9conomique de ces r\u00e9seaux de traite est estim\u00e9 \u00e0 60 millions de dollars am\u00e9ricains par an, un chiffre comparable aux revenus l\u00e9gitimes tir\u00e9s de l\u2019exportation de b\u00e9tail ou de produits agricoles.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Le drame ne s&rsquo;arr\u00eate pas au d\u00e9sert. La c\u00f4te atlantique, entre Nouadhibou et les \u00eeles Canaries, est le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;une trag\u00e9die permanente. Chaque ann\u00e9e, plus de 8\u00a0000 personnes meurent ou disparaissent en tentant de rejoindre l&rsquo;Europe \u00e0 bord d&#8217;embarcations de fortune appel\u00e9es pirogues.<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> Chaque travers\u00e9e co\u00fbte entre 1\u00a0000 et 1\u00a0500 dollars am\u00e9ricains par personne, et ce trafic g\u00e9n\u00e8re environ 120 millions de dollars am\u00e9ricains par an.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La Mauritanie est devenue un corridor migratoire pour des milliers d&rsquo;Africains de l&rsquo;Ouest (S\u00e9n\u00e9galais, Maliens, Guin\u00e9ens) qui cherchent la mer en dernier recours et y trouvent la mort.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Le pays est prisonnier de ses fronti\u00e8res. Il re\u00e7oit 200 millions de dollars par an d&rsquo;aide de l&rsquo;Union europ\u00e9enne pour contenir l&rsquo;immigration, mais ces fonds se traduisent par la r\u00e9pression, la construction de prisons et des accords avec des milices c\u00f4ti\u00e8res. La faim et le manque d&rsquo;opportunit\u00e9s poussent des milliers de personnes \u00e0 se tourner vers le trafic d&rsquo;\u00eatres humains et \u00e0 entreprendre ce p\u00e9riple \u00e9prouvant. Le trafic de femmes et de migrants g\u00e9n\u00e8re plus de 180 millions de dollars par an, un commerce florissant qui prosp\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 la mis\u00e8re et \u00e0 la corruption.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La Mauritanie conna\u00eet une nouvelle forme d&rsquo;esclavage, non plus marqu\u00e9 au fer rouge, mais par des tampons et des passeports. Chaque personne qui traverse le d\u00e9sert ou l&rsquo;oc\u00e9an est une nouvelle facture dans cette \u00e9conomie de la souffrance. Le pays qui a refus\u00e9 de briser ses cha\u00eenes est devenu exportateur de ses propres \u00e2mes.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">7. LE PAYS DES MIN\u00c9RAUX ET DES FANT\u00d4MES<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La Mauritanie est un pays o\u00f9 la richesse naturelle c\u00f4toie l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9. Elle poss\u00e8de les deuxi\u00e8mes plus importantes r\u00e9serves de minerai de fer d&rsquo;Afrique, avec plus de 1,5 milliard de tonnes, et des gisements d&rsquo;or \u00e9valu\u00e9s \u00e0 45 milliards de dollars am\u00e9ricains, en plus de r\u00e9serves de gaz naturel offshore estim\u00e9es \u00e0 60 milliards de dollars am\u00e9ricains.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Cependant, le pays se classe 160e sur 193 \u00e0 l&rsquo;Indice de d\u00e9veloppement humain (PNUD 2024), un constat alarmant de la coexistence possible de l&rsquo;abondance et de la pauvret\u00e9. Le PIB total avoisine les 11 milliards de dollars am\u00e9ricains, et le revenu moyen par habitant ne d\u00e9passe pas 2\u00a0200 dollars am\u00e9ricains par an. La richesse n&rsquo;est pas r\u00e9partie \u00e9quitablement, mais concentr\u00e9e entre les mains d&rsquo;une minorit\u00e9 et dans les bilans des entreprises \u00e9trang\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La SNIM (Soci\u00e9t\u00e9 Nationale Industrielle et Mini\u00e8re), entreprise publique, exporte chaque ann\u00e9e plus de 12 millions de tonnes de minerai de fer, g\u00e9n\u00e9rant des recettes d&rsquo;environ 1,5 milliard de dollars am\u00e9ricains, tandis que les soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res multinationales telles que Kinross Gold (Canada) et Kosmos Energy (\u00c9tats-Unis) r\u00e9alisent des b\u00e9n\u00e9fices annuels d\u00e9passant 700 millions de dollars am\u00e9ricains.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">En revanche, plus de 60 % des Mauritaniens vivent avec moins de 2 dollars US par jour, et seulement 35 % ont un acc\u00e8s fiable \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Le secteur minier repr\u00e9sente 25 % du PIB, mais ne contribue qu&rsquo;\u00e0 hauteur de 6 % aux recettes fiscales effectives en raison des exemptions et des contrats d&rsquo;exploitation sign\u00e9s sous les r\u00e9gimes militaires. Entre corruption, surfacturation et fraude fiscale, environ 400 millions de dollars am\u00e9ricains sont perdus chaque ann\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Le gaz naturel de l&rsquo;Atlantique, pr\u00e9sent\u00e9 comme une solution miracle, pourrait g\u00e9n\u00e9rer jusqu&rsquo;\u00e0 1,2 milliard de dollars par an d\u00e8s 2025, mais les accords de production favorisent les entreprises \u00e9trang\u00e8res \u00e0 hauteur de 70 %. Les redevances per\u00e7ues par l&rsquo;\u00c9tat sont inf\u00e9rieures \u00e0 ses d\u00e9penses en armements et en subventions aux carburants. Le paradoxe est cruel\u00a0: un pays dont la richesse \u00e9quivaut \u00e0 100 milliards de dollars maintient sa population parmi les plus pauvres de la plan\u00e8te.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La richesse ne lib\u00e8re pas ; elle concentre le pouvoir. Les mines de fer de Zou\u00e9rate et les puits de gaz de l&rsquo;Atlantique Nord sont des bastions \u00e9conomiques cern\u00e9s de bidonvilles. Chaque tonne de minerai extraite creuse un foss\u00e9 plus profond dans la dignit\u00e9 collective. En Mauritanie, l&rsquo;or ne brille pas ; il aveugle. Dans le d\u00e9sert, l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 resplendit plus fort que le m\u00e9tal, et le spectre de la faim continue de hanter les travailleurs invisibles qui ne poss\u00e9deront jamais la terre qu&rsquo;ils cultivent.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">8. COMMENT VAINCRE L&rsquo;ESCLAVAGE<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">L&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage en Mauritanie n&rsquo;est pas un r\u00eave, c&rsquo;est un imp\u00e9ratif moral. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une simple r\u00e9forme juridique, mais d&rsquo;une v\u00e9ritable transformation nationale. Chaque jour qui passe, 400 millions de dollars g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le travail forc\u00e9 ou la pauvret\u00e9 structurelle alimentent une \u00e9conomie fond\u00e9e sur l&rsquo;humiliation. Le pays a d\u00e9sormais besoin d&rsquo;une r\u00e9volution \u00e9ducative, judiciaire et \u00e9thique.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La libert\u00e9 ne se d\u00e9cr\u00e8te pas, elle s&rsquo;apprend. L&rsquo;int\u00e9gration des enfants Haratin dans le syst\u00e8me scolaire est un premier pas essentiel pour briser un cycle s\u00e9culaire. Aujourd&rsquo;hui, moins de 40 % d&rsquo;entre eux sont scolaris\u00e9s, et le co\u00fbt de leur pleine int\u00e9gration ne d\u00e9passerait pas 60 millions de dollars par an \u2013 une somme d\u00e9risoire compar\u00e9e aux 500 millions de dollars que l&rsquo;\u00c9tat consacre chaque ann\u00e9e aux d\u00e9penses militaires.<\/span><strong><span dir=\"auto\">\u00a0L&rsquo;\u00e9ducation n&rsquo;est pas une d\u00e9pense ; c&rsquo;est l&rsquo;arme la plus puissante contre le fl\u00e9au social de l&rsquo;esclavage.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Le second front est celui de la justice<\/span><\/strong><span dir=\"auto\">. Des tribunaux ind\u00e9pendants, des juges form\u00e9s et une v\u00e9ritable protection des victimes sont indispensables. La mise en place de tribunaux sp\u00e9cialis\u00e9s dans les droits humains n\u00e9cessiterait un investissement initial de seulement 25 millions de dollars, mais pourrait lib\u00e9rer plus de 150 000 personnes de l&rsquo;esclavage h\u00e9r\u00e9ditaire.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Aujourd&rsquo;hui, les tribunaux sont sous l&#8217;emprise de groupes tribaux, et l&rsquo;impunit\u00e9 co\u00fbte une fortune\u00a0; les pertes \u00e9conomiques dues \u00e0 la corruption judiciaire d\u00e9passent 200 millions de dollars par an. L&rsquo;esclavage persiste car d\u00e9noncer est dangereux et punir est impossible. Rompre ce cercle vicieux exige de v\u00e9ritables sanctions internationales et une vigilance constante.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La communaut\u00e9 internationale a \u00e9galement une dette envers la Mauritanie. Les pays et les entreprises qui ach\u00e8tent son fer, son gaz et son poisson sans exiger de tra\u00e7abilit\u00e9 sont des complices tacites. La mise en place d&rsquo;audits obligatoires et de certifications \u00e9thiques d&rsquo;origine pourrait impacter 2,5 milliards de dollars d&rsquo;exportations, mais pr\u00e9serverait la dignit\u00e9 de millions de personnes. Le commerce ne peut plus continuer \u00e0 enrichir ceux qui asservissent. <\/span><strong><span dir=\"auto\">L&rsquo;Europe et la Chine absorbent 80 % des ressources du pays et doivent donc assumer la responsabilit\u00e9 morale de leur consommation.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Le renforcement de la soci\u00e9t\u00e9 civile est un autre pilier essentiel. Les m\u00e9dias ind\u00e9pendants, les radios communautaires et les ONG abolitionnistes survivent avec des budgets inf\u00e9rieurs \u00e0 un million de dollars par an. D\u00e9cupler ce soutien (une somme d\u00e9risoire compar\u00e9e au PIB de 11 milliards de dollars) permettrait de donner la parole \u00e0 ceux qui, actuellement, s&rsquo;expriment dans l&rsquo;ombre. Sans libert\u00e9 de la presse, il n&rsquo;y a pas de libert\u00e9 pour le peuple.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">La l\u00e8pre de l&rsquo;esclavage ne se gu\u00e9rit pas par des discours, mais par des actions d\u00e9cisives. La Mauritanie doit choisir entre demeurer une r\u00e9publique de l&rsquo;ombre ou devenir une nation de citoyens. Aucune religion, aucune tradition, aucune fronti\u00e8re ne justifie la servitude. Il n&rsquo;y a pas de modernit\u00e9 sans \u00e9galit\u00e9, ni d&rsquo;ind\u00e9pendance tant qu&rsquo;une personne appartient \u00e0 une autre.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Le cri doit d\u00e9sormais \u00eatre : libert\u00e9 pour les Haratin, justice pour les r\u00e9duits au silence et \u00e9ducation pour les enfants n\u00e9s en captivit\u00e9. Que le monde regarde la Mauritanie et la force \u00e0 se regarder en face. Il ne s&rsquo;agit pas de piti\u00e9, mais d&rsquo;humanit\u00e9. <\/span><strong><span dir=\"auto\">L&rsquo;esclavage n&rsquo;est pas un pass\u00e9 lointain ; c&rsquo;est une plaie ouverte. Et une nation qui ne la gu\u00e9rit pas se videra de son sang au milieu de son or et de sa honte.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">9. MATI\u00c8RES PREMI\u00c8RES ET PILLAGE HISTORIQUE<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La Mauritanie illustre parfaitement le pillage des mati\u00e8res premi\u00e8res. Aujourd&rsquo;hui, ses exportations se concentrent sur cinq secteurs principaux\u00a0: le fer, l&rsquo;or, le cuivre, la p\u00eache industrielle et les coquillages. Rien qu&rsquo;en 2024, le pays a export\u00e9 pour environ 4,15 milliards de dollars de marchandises, dont 76\u00a0% provenaient du secteur extractif\u00a0: fer, or, gaz, cuivre et produits de la p\u00eache.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">En 2023, SNIM a vendu plus de 14 millions de tonnes de minerai de fer pour environ 1,367 milliard de dollars am\u00e9ricains, tandis que la valeur des exportations de produits de la p\u00eache et des fruits de mer a d\u00e9pass\u00e9 800 millions de dollars am\u00e9ricains.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Cependant, l&rsquo;indice de d\u00e9veloppement humain place la Mauritanie en bas du classement mondial, et plus de 60 % de sa population vit avec moins de 2 dollars am\u00e9ricains par jour. Les richesses proviennent des exportations de min\u00e9raux et de poisson, et sont transf\u00e9r\u00e9es vers des comptes bancaires \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Les donn\u00e9es ant\u00e9rieures \u00e0 l&rsquo;\u00e8re coloniale sont fragmentaires. L&rsquo;exploitation mini\u00e8re industrielle n&rsquo;existait pas et la \u00ab\u00a0ressource\u00a0\u00bb la plus pill\u00e9e \u00e9tait l&rsquo;esclavage, ainsi que la gomme arabique, le b\u00e9tail et le sel. <\/span><strong><span dir=\"auto\">\u00c0 partir du XXe si\u00e8cle, avec l&rsquo;exploitation du minerai de fer par les Fran\u00e7ais, puis par le SNIM (Service national des mines), le pillage est devenu quantifiable.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Malgr\u00e9 tout, la plupart des \u00e9tudes s&rsquo;accordent sur une tendance stable\u00a0: depuis 1960, une minorit\u00e9 des revenus reste dans le pays, tandis que la plus grande partie s&rsquo;enfuit sous forme de b\u00e9n\u00e9fices provenant d&rsquo;entreprises \u00e9trang\u00e8res ou de capitaux locaux expatri\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Les donn\u00e9es qui suivent r\u00e9sument succinctement cette histoire d&rsquo;extraction s\u00e9culaire. Il s&rsquo;agit d&rsquo;ordres de grandeur raisonnables, et non de chiffres exacts, car les pillages ont effac\u00e9 les archives.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">XVIIe si\u00e8cle 1600\u20131699<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">L&rsquo;or et les esclaves, l&rsquo;exploitation mini\u00e8re artisanale et les caravanes transsahariennes repr\u00e9sentaient une valeur totale estim\u00e9e entre 2 et 3 milliards de dollars am\u00e9ricains aux prix actuels. La quasi-totalit\u00e9 de ces richesses a profit\u00e9 aux empires nord-africains et au commerce atlantique\u00a0; presque rien n&rsquo;est revenu en Mauritanie, que ce soit sous forme d&rsquo;investissements ou d&rsquo;infrastructures.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">XVIIIe si\u00e8cle 1700\u20131799<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La gomme arabique, le b\u00e9tail, le sel, les esclaves et l&rsquo;intensification des \u00e9changes avec les comptoirs fran\u00e7ais sur la c\u00f4te repr\u00e9sentaient une valeur cumul\u00e9e d&rsquo;environ 4 \u00e0 6 milliards de dollars am\u00e9ricains. Moins de 5 % de ces fonds \u00e9taient r\u00e9inject\u00e9s dans le commerce sous forme de biens de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9, tels que des textiles et des armes bon march\u00e9. Le reste a aliment\u00e9 les \u00e9conomies de la France, du Portugal et les r\u00e9seaux commerciaux du Maghreb.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">XIXe si\u00e8cle 1800\u20131899<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La gomme arabique, les produits du Sahel, l&rsquo;esclavage interne et la consolidation du pouvoir colonial fran\u00e7ais dans la r\u00e9gion, pour une valeur estim\u00e9e entre 8 et 10 milliards de dollars am\u00e9ricains en ressources et en travail forc\u00e9, ont contribu\u00e9 \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne. La Mauritanie est rest\u00e9e d\u00e9pourvue de routes et de services essentiels\u00a0; les investissements coloniaux sur le territoire ont \u00e9t\u00e9 minimes, inf\u00e9rieurs \u00e0 10\u00a0% de la valeur extraite\u00a0; les v\u00e9ritables profits sont all\u00e9s \u00e0 la France et \u00e0 ses compagnies commerciales.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">XXe si\u00e8cle 1900\u20131999<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Fer, cuivre, or et p\u00eache industrielle. Depuis 1963, la ligne de chemin de fer Zouerate-Nouadhibou marque le d\u00e9but de l&rsquo;exploitation mini\u00e8re moderne dans les ann\u00e9es 1930, avec une forte expansion \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960. Il en r\u00e9sulte une production cumul\u00e9e de fer et d&rsquo;autres min\u00e9raux se chiffrant en centaines de millions de tonnes, d&rsquo;une valeur estim\u00e9e entre 80 et 100 milliards de dollars am\u00e9ricains \u00e0 prix constants. On estime qu&rsquo;entre 60 et 70 % de ce revenu net ont \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9s, utilis\u00e9s pour le remboursement de la dette et la fuite des capitaux. La majeure partie de ces fonds a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e vers la France, l&rsquo;Europe occidentale et des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res au Canada et aux \u00c9tats-Unis.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">XXIe si\u00e8cle 2000\u20132025<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Fer, or, cuivre, gaz, produits de la p\u00eache industrielle, mollusques et farine de poisson. En 2024, les exportations totales ont atteint environ 4,15 milliards de dollars (dont 1,73 milliard pour l&rsquo;or, 1,66 milliard pour le fer, 448 millions pour les mollusques, 382 millions pour le poisson congel\u00e9 et 159 millions pour le cuivre, sur la seule ann\u00e9e 2024). Depuis 2000, la valeur cumul\u00e9e des exportations de mati\u00e8res premi\u00e8res d\u00e9passe les 60 \u00e0 80 milliards de dollars.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Diverses analyses de l&rsquo;ITIE et de la Banque africaine de d\u00e9veloppement indiquent que la collecte effective des imp\u00f4ts et l&rsquo;investissement social repr\u00e9sentent environ 25 \u00e0 35 % des revenus, tandis que le reste est dispers\u00e9 sous forme d&rsquo;exemptions, de contrats opaques, de co\u00fbts financiers et de b\u00e9n\u00e9fices qui quittent le pays pour l&rsquo;Europe, la Chine, les pays du Golfe et les actionnaires multinationaux.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Cinq si\u00e8cles de pillage<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Si l&rsquo;on consid\u00e8re l&rsquo;ensemble de ces cinq si\u00e8cles, le tableau est celui d&rsquo;un pillage. En ressources tangibles telles que l&rsquo;or, le fer, le cuivre, le gaz et les ressources halieutiques, sans oublier le travail forc\u00e9 des esclaves, la Mauritanie a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une valeur \u00e9quivalente \u00e0 des dizaines de milliards de dollars par si\u00e8cle ces derni\u00e8res ann\u00e9es et \u00e0 des milliards par si\u00e8cle auparavant.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Selon une estimation prudente, plus de 150 milliards de dollars ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9s depuis 1900, dont une infime partie seulement a servi \u00e0 financer les \u00e9coles, les h\u00f4pitaux, les routes ou l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau potable. Le reste a \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9 par les profits des entreprises, les comptes des \u00e9lites et le d\u00e9veloppement d&rsquo;autres populations.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La Mauritanie est un pays riche en ressources et pauvre en vie. Chaque tonne de minerai, chaque navire charg\u00e9 de poisson, chaque gramme d&rsquo;or qui quitte ses ports est une ligne de plus sur le bilan du pillage. Analyser ces chiffres n&rsquo;est pas un exercice th\u00e9orique. C&rsquo;est la preuve que l&rsquo;esclavage n&rsquo;a pas seulement encha\u00een\u00e9 des corps, mais aussi des si\u00e8cles entiers d&rsquo;avenir vol\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">10. LE PRIX DE LA LIBERT\u00c9 ET DE L&rsquo;\u00c9CHAPPE \u00c0 LA PAUVRET\u00c9<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Lib\u00e9rer la Mauritanie de l&rsquo;esclavage et de l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9 n&rsquo;est pas une utopie \u00e9conomique, mais un choix politique. Aujourd&rsquo;hui, le pays affiche un PIB d&rsquo;environ 11 milliards de dollars am\u00e9ricains, et plus de 58 % de sa population vit dans une pauvret\u00e9 multidimensionnelle\u00a0; l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9 avoisine les 6,5 %, avec des centaines de milliers de personnes vivant avec moins de 2 dollars am\u00e9ricains par jour.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9currente<\/span><\/strong><span dir=\"auto\">, les ressources n\u00e9cessaires pour changer de cap sont \u00e9normes, mais elles restent faibles compar\u00e9es \u00e0 ce que le pays produit d\u00e9j\u00e0 en fer, en or, en gaz et en p\u00eache.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Pour \u00e9radiquer l&rsquo;esclavage h\u00e9r\u00e9ditaire \u00e0 la racine, l&rsquo;\u00e9ducation, la justice et le pouvoir de la communaut\u00e9 sont essentiels. L&rsquo;int\u00e9gration v\u00e9ritable de tous les enfants Haratin dans le syst\u00e8me scolaire n\u00e9cessiterait le financement des frais de scolarit\u00e9, de l&rsquo;alimentation de base et du mat\u00e9riel scolaire.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Dans les r\u00e9gions les plus pauvres d&rsquo;Afrique, le co\u00fbt annuel de l&rsquo;\u00e9ducation d&rsquo;un enfant varie de 50 \u00e0 150 dollars am\u00e9ricains, selon les donn\u00e9es r\u00e9gionales. Si l&rsquo;on prend un co\u00fbt moyen de 120 dollars am\u00e9ricains par \u00e9l\u00e8ve et que l&rsquo;on consid\u00e8re un groupe prioritaire de 500\u00a0000 enfants et jeunes Haratin, le budget annuel s&rsquo;\u00e9l\u00e8verait \u00e0 environ 60 millions de dollars am\u00e9ricains.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Aujourd&rsquo;hui, la Mauritanie consacre \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation publique un budget inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne mondiale, soit environ 2,5 % \u00e0 3 % de son PIB, contre une moyenne mondiale d&rsquo;environ 4,4 %. Porter les d\u00e9penses d&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 5 % du PIB permettrait d&rsquo;injecter 250 millions de dollars suppl\u00e9mentaires par an. Cette somme pourrait financer des \u00e9coles rurales, la formation des enseignants et des programmes d&rsquo;alphab\u00e9tisation de masse dans les communaut\u00e9s d&rsquo;esclaves et d&rsquo;anciens esclaves.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Dans le domaine judiciaire et des droits humains,<strong> la cr\u00e9ation de tribunaux sp\u00e9cialis\u00e9s<\/strong>, d&rsquo;unit\u00e9s de poursuites contre l&rsquo;esclavage et de syst\u00e8mes de protection des t\u00e9moins co\u00fbterait bien moins cher que l&rsquo;appareil r\u00e9pressif. Un dispositif efficace de justice et de protection pourrait co\u00fbter entre 25 et 40 millions de dollars par an, incluant les salaires, la formation, les infrastructures de base et les programmes d&rsquo;aide juridique gratuite.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Aujourd&rsquo;hui, le pays d\u00e9pense des centaines de millions en d\u00e9fense et en s\u00e9curit\u00e9 pour contr\u00f4ler les fronti\u00e8res et r\u00e9primer les manifestations, tandis que les investissements directs dans la justice restent insuffisants. R\u00e9affecter ne serait-ce qu&rsquo;une partie de ce budget permettrait de traduire en justice ceux qui continuent de poss\u00e9der des \u00eatres humains.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Le troisi\u00e8me pilier est la tra\u00e7abilit\u00e9 \u00e9conomique.<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> La mise en \u0153uvre de syst\u00e8mes de certification sociale et environnementale dans les secteurs minier et de la p\u00eache, le suivi num\u00e9rique des cha\u00eenes d&rsquo;approvisionnement, les audits externes et les contr\u00f4les \u00e0 l&rsquo;exportation ne d\u00e9passeraient pas 30 millions de dollars par an, soit moins de 1,5 % de la valeur combin\u00e9e des exportations de fer et d&rsquo;or, qui d\u00e9passent d\u00e9j\u00e0 3 milliards de dollars par an.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Sans tra\u00e7abilit\u00e9, les march\u00e9s chinois, europ\u00e9ens et du Golfe continueront d&rsquo;acheter des produits issus du travail forc\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, toute tonne de minerai ou de poisson non certifi\u00e9e pourrait \u00eatre bloqu\u00e9e dans les ports et march\u00e9s internationaux.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Si l&rsquo;on combine ces trois axes d&rsquo;action (\u00e9ducation, justice et tra\u00e7abilit\u00e9), le plan minimal n\u00e9cessaire pour amorcer un d\u00e9mant\u00e8lement s\u00e9rieux de l&rsquo;esclavage co\u00fbterait entre 300 et 350 millions de dollars par an pendant au moins dix ans. Cela repr\u00e9sente environ 3 % du PIB annuel. C&rsquo;est moins que ce que le pays perd chaque ann\u00e9e \u00e0 cause de la corruption, des avantages fiscaux mal con\u00e7us et des contrats opaques dans le secteur extractif.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Pour sortir la Mauritanie de l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9 et des difficult\u00e9s structurelles, un effort accru est n\u00e9cessaire. Avec 1,4 million de personnes vivant sous le seuil de pauvret\u00e9 de 3,65 dollars par jour et des centaines de milliers d&rsquo;autres en situation d&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9, les besoins minimaux sont clairs\u00a0: il faut investir massivement dans l&rsquo;eau potable, l&rsquo;\u00e9nergie de base, les routes rurales, les soins de sant\u00e9 primaires et l&rsquo;\u00e9ducation.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Des programmes d&rsquo;infrastructures simples mais \u00e0 fort impact, tels que les puits et les r\u00e9seaux d&rsquo;eau potable, les petites centrales solaires communautaires, les routes et ponts ruraux, les centres de sant\u00e9 et les \u00e9coles, pourraient n\u00e9cessiter un investissement annuel d&rsquo;environ 1 \u00e0 1,5 milliard de dollars am\u00e9ricains pendant 10 \u00e0 15 ans. Ce montant repr\u00e9sente 10 \u00e0 14 % du PIB, mais il est possible de le financer en combinant des recettes mini\u00e8res bien collect\u00e9es, en r\u00e9duisant la fraude fiscale et en fournissant un soutien international conditionn\u00e9 aux r\u00e9sultats obtenus.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Avec 500 millions de dollars allou\u00e9s chaque ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eau et \u00e0 l&rsquo;assainissement, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 une eau potable et s\u00fbre pourrait \u00eatre garanti \u00e0 des millions de personnes dans les zones rurales et p\u00e9riurbaines. Un investissement suppl\u00e9mentaire de 400 millions de dollars par an dans l&rsquo;\u00e9lectrification d\u00e9centralis\u00e9e \u00e0 base d&rsquo;\u00e9nergie solaire permettrait de fournir une \u00e9lectricit\u00e9 fiable \u00e0 la quasi-totalit\u00e9 du pays en une d\u00e9cennie \u2013 un \u00e9l\u00e9ment essentiel pour les \u00e9coles, les centres de sant\u00e9 et les petites industries.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Avec un investissement annuel de 300 \u00e0 600 millions de dollars am\u00e9ricains consacr\u00e9s aux routes rurales, aux centres de sant\u00e9 et aux h\u00f4pitaux de district, une partie du d\u00e9ficit qui cause aujourd&rsquo;hui la mort de milliers de Mauritaniens chaque ann\u00e9e, victimes de maladies \u00e9vitables, serait combl\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Au total, l&rsquo;investissement combin\u00e9 n\u00e9cessaire pour \u00e9radiquer l&rsquo;esclavage et r\u00e9duire drastiquement l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9 se situerait entre 1,3 et 1,8 milliard de dollars par an pendant au moins une d\u00e9cennie.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">C&rsquo;est une somme \u00e9norme pour un pays pauvre, mais pas impossible pour une nation qui exporte d\u00e9j\u00e0 plus de 4 milliards de dollars par an de mati\u00e8res premi\u00e8res et qui s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 percevoir des centaines de millions de dollars suppl\u00e9mentaires chaque ann\u00e9e gr\u00e2ce aux recettes gazi\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Le message est simple et cruel. Avec moins de 20 % des revenus annuels de la Mauritanie provenant du fer, de l&rsquo;or, du gaz et de la p\u00eache, le pays pourrait financer la libert\u00e9 de ses esclaves et la dignit\u00e9 de ses pauvres. Le probl\u00e8me n&rsquo;est pas le manque d&rsquo;argent, mais le refus de cesser de traiter les gens comme des marchandises et le pays comme une mine d&rsquo;or.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">11. LES 15 \u00c9TAPES \u00c0 ENTENDRE POUR SORTIR LA MAURITANIE DU CHAOS \u00c9CONOMIQUE, DE LA CORRUPTION, DE L&rsquo;ESCLAVAGE ET DE LA PAUVRET\u00c9<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9TAPE I \u2013 R\u00e9forme et renforcement du syst\u00e8me judiciaire et policier (lutte contre la corruption et droits humains)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> cr\u00e9er des tribunaux sp\u00e9cialis\u00e9s anticorruption, former les procureurs et les juges, prot\u00e9ger les t\u00e9moins, r\u00e9former la police et les unit\u00e9s de lutte contre la traite des \u00eatres humains et l\u2019esclavage.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> : 40 \u00e0 90 millions de dollars am\u00e9ricains (infrastructure, formation, assistance technique et \u00e9quipement pour 5 ans).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> : sans un syst\u00e8me judiciaire cr\u00e9dible, l&rsquo;\u00e9tat de droit et la poursuite des propri\u00e9taires d&rsquo;esclaves et des individus corrompus ne peuvent fonctionner (R\u00e9f\u00e9rences sur des affaires de haut niveau et les besoins institutionnels).<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape II \u2013 Programme national pour l\u2019\u00e9radication de l\u2019esclavage moderne et la restitution (identification, lib\u00e9ration, r\u00e9int\u00e9gration)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> campagnes d\u2019identification, centres de protection, services d\u2019indemnisation\/d\u2019emploi, programmes psychosociaux et r\u00e9gularisation du statut.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 80 \u00e0 200 millions de dollars am\u00e9ricains (pour identifier environ 150 000 personnes, l&rsquo;aide initiale et la r\u00e9insertion professionnelle pendant plusieurs ann\u00e9es).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> Walk Free estime \u00e0 environ 149\u00a0000 le nombre de personnes vivant en situation d\u2019esclavage\u00a0; les ressources humaines et sociales n\u00e9cessaires sont consid\u00e9rables.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape III \u2013 Enregistrement et titrage fonciers + r\u00e9forme agraire et inclusion rurale<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> registre foncier national, attribution officielle de titres de propri\u00e9t\u00e9 aux communaut\u00e9s et aux haratines, programmes de titres collectifs, formation agricole et microcr\u00e9dit rural.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 50 \u00e0 120 millions de dollars am\u00e9ricains (modernisation cadastrale, campagnes communautaires, financement agricole)<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re alimente la pauvret\u00e9 et la servitude\u00a0; la r\u00e9gularisation fonci\u00e8re est essentielle \u00e0 l\u2019inclusion.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape IV \u2013 Programme massif d\u2019enseignement primaire et secondaire universel et de bourses d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures pour les groupes vuln\u00e9rables<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> construire\/d\u00e9velopper des \u00e9coles rurales, former les enseignants, assurer l\u2019alimentation scolaire et octroyer des bourses aux filles et aux populations autochtones\/harati.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 120 \u00e0 250 millions USD (5 ans, infrastructure + co\u00fbts r\u00e9currents).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> l\u2019\u00e9ducation est le moteur \u00e0 long terme de la lutte contre la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et l\u2019exploitation (taux \u00e9lev\u00e9s de pauvret\u00e9 et d\u2019exclusion).<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape V \u2013 Couverture sanitaire universelle de base et programmes de sant\u00e9 publique dans les zones rurales<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> centres de sant\u00e9 communautaires, campagnes de vaccination, sant\u00e9 maternelle et infantile, sant\u00e9 mentale pour les victimes de violence.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 80 \u00e0 180 millions USD (investissement + 5 premi\u00e8res ann\u00e9es d&rsquo;exploitation).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi faire cela\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> les mauvaises conditions sanitaires perp\u00e9tuent l\u2019exclusion et limitent la productivit\u00e9.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape VI \u2013 Programme national pour l\u2019emploi des jeunes et la reconversion professionnelle (y compris l\u2019emploi temporaire garanti)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> formation technique, incitations pour les PME, subventions \u00e0 l\u2019embauche, travaux publics visant \u00e0 cr\u00e9er de l\u2019emploi local.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 150 \u00e0 300 millions USD (programmes int\u00e9gr\u00e9s de 3 \u00e0 5 ans).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> L\u2019immigration importante et la pauvret\u00e9 des jeunes n\u00e9cessitent des alternatives \u00e9conomiques locales.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape VII \u2013 Transparence fiscale et r\u00e9forme de la gestion des ressources extractives (contrats ouverts, audits des recettes)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> mettre en \u0153uvre les normes EITI\/contrats ouverts, cr\u00e9er une autorit\u00e9 d\u2019audit ind\u00e9pendante, des syst\u00e8mes de suivi des redevances et un d\u00e9veloppement territorial.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 20 \u00e0 50 millions de dollars am\u00e9ricains (syst\u00e8mes, formation, assistance technique).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi faire cela\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> La Mauritanie d\u00e9pend de ses ressources naturelles\u00a0; la transparence permet d\u2019\u00e9viter le vol de loyers et d\u2019orienter les revenus vers les services publics.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape VIII \u2013 Fonds d\u2019investissement social financ\u00e9 par les revenus des ressources (fonds souverain social \/ revenu de base cibl\u00e9)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> consacrer un pourcentage des recettes mini\u00e8res et gazi\u00e8res \u00e0 un fonds pour la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation et les infrastructures dans les r\u00e9gions pauvres.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 (politique initiale) :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 300 \u00e0 800 millions USD (capitalisation initiale variable ; puis autofinancement par redevances).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> Cela transforme les ressources naturelles en d\u00e9veloppement durable et r\u00e9duit la fragilit\u00e9 fiscale.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape IX \u2013 Formalisation et financement des PME et des cha\u00eenes de valeur locales (p\u00eache, agriculture durable, \u00e9levage)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> acc\u00e8s au cr\u00e9dit, coop\u00e9ratives, certification durable (p\u00eache), am\u00e9lioration des cha\u00eenes de production.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 100 \u00e0 250 millions de dollars am\u00e9ricains (pr\u00eats, garanties, formation et certification).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> Cela diversifie l\u2019\u00e9conomie et cr\u00e9e des emplois formels.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape X \u2013 Infrastructures critiques\u00a0: eau, assainissement, \u00e9nergies renouvelables d\u00e9centralis\u00e9es et connectivit\u00e9<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> usines de traitement d\u2019eau potable, \u00e9lectrification rurale par \u00e9nergie solaire, routes principales, acc\u00e8s internet haut d\u00e9bit pour les communaut\u00e9s.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 400 \u00e0 1 000 millions USD (projets de grande envergure ; modularisables par r\u00e9gion).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> pour b\u00e2tir des fondements pour la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, les entreprises et la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\"><span class=\"\" dir=\"auto\">\u00c9tape XI \u2013 R\u00e9forme du syst\u00e8me de gouvernance locale et d\u00e9centralisation fiscale<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> transf\u00e9rer les ressources et les pouvoirs aux municipalit\u00e9s, renforcer les capacit\u00e9s locales, instaurer une transparence participative.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 25 \u00e0 60 millions de dollars am\u00e9ricains (formation, syst\u00e8mes de gestion et transferts initiaux).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi faire cela\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> les d\u00e9cisions prises au plus pr\u00e8s des citoyens renforcent la l\u00e9gitimit\u00e9 et r\u00e9duisent la mainmise des instances d\u00e9cisionnelles centralis\u00e9es.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape XII \u2013 Campagne nationale pour le changement culturel et les droits humains (m\u00e9dias, \u00e9coles, chefs religieux)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> programmes de lutte contre la stigmatisation (racisme, esclavage), campagnes sur les radios communautaires, formation des imams\/leaders sociaux.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 10 \u00e0 30 millions de dollars (5 ans).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> l\u2019abolition l\u00e9gale ne suffit pas\u00a0; changer les pratiques n\u00e9cessite une \u00e9ducation sociale continue.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape XIII \u2013 Protection sociale universelle minimale et filets de s\u00e9curit\u00e9 (transferts conditionnels et inconditionnels)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> transferts cibl\u00e9s aux m\u00e9nages vuln\u00e9rables, assurance ch\u00f4mage partielle, programmes alimentaires.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 120 \u00e0 300 millions de dollars am\u00e9ricains par an (selon l&rsquo;\u00e9tendue du projet).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> cela amortit les chocs et \u00e9vite de se retrouver par n\u00e9cessit\u00e9 dans des situations de servitude.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape XIV \u2013 Partenariats internationaux et gouvernance de l\u2019aide (conditionnalit\u00e9 + contr\u00f4le citoyen)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> conclure des accords avec la Banque mondiale, le FMI, les bailleurs de fonds bilat\u00e9raux et la soci\u00e9t\u00e9 civile pour obtenir des financements assortis d\u2019une supervision ind\u00e9pendante et d\u2019objectifs clairs.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 (gestion\/d\u00e9marrage) :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 15 \u00e0 40 millions USD (coordination, audit, plateformes de surveillance).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> La transparence de l\u2019aide r\u00e9duit la corruption et accro\u00eet son efficacit\u00e9.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9tape XV \u2013 Plan national pour la r\u00e9conciliation et la justice transitionnelle (commissions locales, r\u00e9paration symbolique et \u00e9conomique)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Que faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> proc\u00e9dures de reconnaissance des victimes d\u2019esclavage et de discrimination, r\u00e9parations, programmes de m\u00e9moire et \u00e9ducation civique.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt estim\u00e9 :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> 30 \u00e0 70 millions de dollars am\u00e9ricains (commission, recherche, programmes de r\u00e9paration).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Pourquoi le faire\u00a0:<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> essentiel pour panser les fractures sociales et garantir la coexistence.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Totaux et \u00e9chelles<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt minimum estim\u00e9 (prudent, premier bloc de 3 \u00e0 5 ans) :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> \u2248 1,4 \u00e0 2,5 milliards de dollars am\u00e9ricains.<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Co\u00fbt ambitieux\/transformationnel (infrastructure, fonds souverain, capitalisation initiale) :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> \u2248 2,5 \u00e0 4,0 milliards de dollars am\u00e9ricains.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><span dir=\"auto\">Avec un PIB d&rsquo;environ 12 milliards de dollars US, l&rsquo;investissement total propos\u00e9 \u00e9quivaut \u00e0 environ 10 \u00e0 33 % du PIB annuel s&rsquo;il est r\u00e9alis\u00e9 en une seule ann\u00e9e. Il est donc raisonnable de l&rsquo;\u00e9chelonner et de le financer avec un m\u00e9lange de ressources, \u00e0 savoir : les revenus propres (redevances), la dette concessionnelle, l&rsquo;aide internationale, les investissements priv\u00e9s li\u00e9s \u00e0 des garanties et la coop\u00e9ration technique.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Priorit\u00e9s de mise en \u0153uvre (recommandation pratique)<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><span dir=\"auto\">D\u00e9marrage imm\u00e9diat (0\u201312 mois) :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> cr\u00e9ation d\u2019unit\u00e9s anti-corruption et anti-esclavage (\u00e9tapes I\u2013II), campagnes culturelles (XII) et planification des titres (III).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Moyen terme (1 \u00e0 3 ans) :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> \u00e9ducation, sant\u00e9, filets de s\u00e9curit\u00e9 (IV \u00e0 VI, XIII), transparence extractive (VII).<\/span><\/li>\n<li><strong><span dir=\"auto\">Long terme (3 \u00e0 10 ans) :<\/span><\/strong><span dir=\"auto\"> infrastructures, fonds souverain, diversification \u00e9conomique et r\u00e9conciliation (VIII-XI, XIV-XV).<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><span dir=\"auto\">Risques et conditions n\u00e9cessaires<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><span dir=\"auto\">Une volont\u00e9 politique soutenue est indispensable ; sans dirigeants engag\u00e9s, les r\u00e9formes s&rsquo;essoufflent.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Surveillance citoyenne et ind\u00e9pendante : la soci\u00e9t\u00e9 civile et une presse libre doivent participer.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Mesures de protection contre la captation : veiller \u00e0 ce que les b\u00e9n\u00e9fices de la r\u00e9forme ne profitent pas aux m\u00eames \u00e9lites.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Contexte r\u00e9gional : la stabilit\u00e9 au Sahel et la coop\u00e9ration avec les pays voisins sont essentielles.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>ANNEXES<\/strong><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9PISODE 1. LE D\u00c9SERT ET LES CHA\u00ceNES<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La Mauritanie est le reflet le plus brutal de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Un pays o\u00f9 le temps semble s&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9 entre le Coran et la mine, entre l&rsquo;esclave et le ma\u00eetre, o\u00f9 les lois existent mais pas la justice.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\"><span class=\"\" dir=\"auto\">Le peuple Haratin continue d&rsquo;attendre sa libert\u00e9 sous le soleil du d\u00e9sert, o\u00f9 le sable recouvre ses corps et o\u00f9 le silence masque sa culpabilit\u00e9. Rien n&rsquo;est plus douloureux qu&rsquo;une ind\u00e9pendance sans \u00e2me. Car une ind\u00e9pendance qui ne lib\u00e8re pas les \u00eatres humains n&rsquo;est qu&rsquo;un drapeau sans vent. Et bien que les mines de fer et d&rsquo;or restent ouvertes, les blessures du peuple ne se referment pas.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Dans les cours de Nouakchott, les enfants haratin grandissent sans papiers, sans \u00e9cole, sans nom, tandis que des cargaisons de minerai partent pour l&rsquo;Europe et l&rsquo;Asie comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait. La Mauritanie n&rsquo;est pas un pays pauvre\u00a0; c&rsquo;est un pays appauvri par des si\u00e8cles de pillage, par une \u00e9lite qui a h\u00e9rit\u00e9 du pouvoir et par un monde qui pr\u00e9f\u00e8re d\u00e9tourner le regard.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Aucune religion ne justifie l&rsquo;esclavage, pas plus que le progr\u00e8s n&rsquo;excuse l&rsquo;humiliation. Chaque tonne de fer vendue injustement est une trahison de l&rsquo;avenir. La libert\u00e9 ne se n\u00e9gocie pas\u00a0; elle se conquiert.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Et bien que les cha\u00eenes restent enfouies sous le sable, le vent du d\u00e9sert finira par les d\u00e9terrer.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Ce jour-l\u00e0, lorsque le soleil de la Mauritanie cessera de briller sur les esclaves et commencera \u00e0 illuminer les citoyens libres, alors seulement pourra-t-on la qualifier de nation.<\/span><\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">\u00c9PISODE 2. LA LIBERT\u00c9 A UN VISAGE NOIR<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"auto\"><span class=\"\" dir=\"auto\">La Mauritanie n&rsquo;est pas condamn\u00e9e. Aucun peuple n&rsquo;est condamn\u00e9 lorsqu&rsquo;il d\u00e9cide de se soulever. Des sables o\u00f9 r\u00e9gnait jadis le silence, des voix s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent d\u00e9sormais, refusant la peur.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\"><span class=\"\" dir=\"auto\">Chaque communaut\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e, chaque \u00e9cole ouverte, chaque femme Haratin qui apprend \u00e0 lire \u00e0 ses enfants est une br\u00e8che dans le mur de l&rsquo;ancien pouvoir. Le d\u00e9sert n&rsquo;est pas seulement d\u00e9solation, il est aussi m\u00e9moire, et la m\u00e9moire revient toujours r\u00e9clamer justice.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Ce pays poss\u00e8de tous les atouts pour rena\u00eetre : min\u00e9raux, soleil, mer et jeunesse. Ce n&rsquo;est pas la richesse qui lui manque, mais la volont\u00e9 collective. Avec une fraction seulement de ses revenus miniers, il pourrait abolir l&rsquo;esclavage, forger son destin et, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation, briser le cycle de l&rsquo;asservissement.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Avec justice, je pourrais enterrer \u00e0 jamais la l\u00e8pre du ma\u00eetre et du serviteur, et avec dignit\u00e9, je pourrais enseigner au monde qu&rsquo;aucun pass\u00e9 n&rsquo;est irr\u00e9versible.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">La libert\u00e9, lorsqu&rsquo;elle arrive, ne s&rsquo;acquiert pas par des discours, mais par des gestes\u00a0: une femme qui signe son nom pour la premi\u00e8re fois, un enfant qui entre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole sans crainte, un agriculteur qui travaille sa terre.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Ce seront l\u00e0 les v\u00e9ritables monuments de la Mauritanie : non pas de pierre ou d&rsquo;or, mais d&rsquo;humanit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Le jour o\u00f9 les Haratin parcourront librement leur propre pays, le d\u00e9sert cessera d&rsquo;\u00eatre une fronti\u00e8re et deviendra un horizon.<\/span><\/p>\n<p><span dir=\"auto\">Alors oui, l&rsquo;ind\u00e9pendance aura une \u00e2me\u2026<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span dir=\"auto\">R\u00e9f\u00e9rences<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><span dir=\"auto\">Indice mondial de l&rsquo;esclavage 2024, Fondation Walk Free, Australie.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">UNODC (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime), Rapport sur la traite des personnes 2023-2024.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Amnesty International, Mauritanie : L\u2019ombre de l\u2019esclavage, Rapport 2023.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Organisation internationale du travail (OIT), Estimations mondiales de l&rsquo;esclavage moderne, 2023.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Banque mondiale, Suivi \u00e9conomique de la Mauritanie, 2024.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">NDP (PNUD), Rapport sur le d\u00e9veloppement humain 2024.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">EITI Mauritanie, Rapport de pays de l&rsquo;Initiative pour la transparence des industries extractives, 2023.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">SNIM (Soci\u00e9t\u00e9 Nationale Industrielle et Mini\u00e8re), Rapport Annuel 2023.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Kosmos Energy &amp; BP, Aper\u00e7u du projet gazier Greater Tortue Ahmeyim, 2024.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Biram Dah Abeid \u2013 IRA-Mauritanie, d\u00e9clarations et documents publics 2023-2024.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Navarrete, F. &amp; Diop, C., Esclavage moderne et r\u00e9silience africaine, Universit\u00e9 de Dakar, 2022.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><span dir=\"auto\">Profil de pays du FMI, donn\u00e9es macro\u00e9conomiques de la Mauritanie.<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Indice mondial de l&rsquo;esclavage (Walk Free), aper\u00e7u du pays Mauritanie (2023).<\/span><\/li>\n<li><span dir=\"auto\">Transparency International, IPC 2024 (score de la Mauritanie\u00a0: 30\/100).<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/tag\/campagne-anti-esclavage\/\">Voir tous les articles de la Campagne anti-esclavage<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Il n\u2019y a pas d\u2019ind\u00e9pendance tant qu\u2019un \u00eatre humain appartient \u00e0 un autre. 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