{"id":2649115,"date":"2025-10-31T22:25:54","date_gmt":"2025-10-31T22:25:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pressenza.com\/?p=2649115"},"modified":"2025-10-31T22:25:54","modified_gmt":"2025-10-31T22:25:54","slug":"ebene-afrique-blessee-mais-vivante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2025\/10\/ebene-afrique-blessee-mais-vivante\/","title":{"rendered":"\u00c9b\u00e8ne, Afrique bless\u00e9e mais vivante"},"content":{"rendered":"<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>Kapu\u015bci\u0144ski l&rsquo;a \u00e9crit avec poussi\u00e8re et sang : l&rsquo;Afrique n&rsquo;est pas une carte, c&rsquo;est un cri qui r\u00e9sonne encore contre le pillage.<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique est le berceau de l&rsquo;humanit\u00e9 ; les premiers humains y ont march\u00e9, l&rsquo;\u00e9tincelle de vie qui s&rsquo;est r\u00e9pandue sur la plan\u00e8te s&rsquo;y est allum\u00e9e. Mais c&rsquo;est aussi le continent le plus pill\u00e9 de l&rsquo;histoire. Pendant cinq si\u00e8cles, le monde l&rsquo;a per\u00e7u non pas comme l\u2019origine, mais comme un butin. Ses montagnes d&rsquo;or, ses rivi\u00e8res de diamants, ses for\u00eats d&rsquo;\u00e9b\u00e8ne et ses corps transform\u00e9s en marchandise ont signifi\u00e9 la richesse des autres et sa propre ruine.<\/p>\n<p>Kapu\u015bci\u0144ski l&rsquo;a racont\u00e9 dans<i> \u00c9b\u00e8ne<\/i>. L&rsquo;Afrique n&rsquo;est pas une carte, c&rsquo;est un cri, un continent d\u00e9chir\u00e9 par les guerres, les dictatures, les famines, les migrations et un pillage sans fin. Son histoire n&rsquo;est pas une histoire lointaine ; c&rsquo;est la m\u00e9moire vivante d&rsquo;un continent devenu le terrain d&rsquo;essai du colonialisme le plus brutal. L&rsquo;Europe l&rsquo;a divis\u00e9e avec un compas et une r\u00e8gle \u00e0 Berlin. Les \u00c9tats-Unis et l&rsquo;Union sovi\u00e9tique l&rsquo;ont utilis\u00e9e comme plateforme pendant la Guerre froide. Aujourd&rsquo;hui, la Chine, la Russie et les multinationales l&rsquo;\u00e9touffent sous les contrats, la dette et les bases militaires.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique est le parfait paradoxe. Elle poss\u00e8de plus de 30 % des ressources naturelles de la plan\u00e8te, mais abrite les populations les plus pauvres du monde. C&rsquo;est un continent qui entretient une modernit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re avec sa propre mis\u00e8re.<\/p>\n<p>L&rsquo;accusation est d\u00e9masqu\u00e9e : l&rsquo;Afrique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte, elle a \u00e9t\u00e9 trahie. Elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e, elle a \u00e9t\u00e9 de nouveau encha\u00een\u00e9e par les dettes et les trait\u00e9s. Elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9e, elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite au silence par des discours qui appellent aide ce qui a toujours \u00e9t\u00e9 du pillage.<\/p>\n<p><i>\u00c9b\u00e8ne<\/i>. Kapu\u015bci\u0144ski disait que l&rsquo;Afrique n&rsquo;est pas un lieu que l&rsquo;on observe de loin ; c&rsquo;est un espace qui vous oblige \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rimenter avec tout votre corps. L\u00e0, le journaliste a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un t\u00e9moin pour entrer dans l&rsquo;histoire. Il n&rsquo;\u00e9tait pas seulement un \u00e9crivain ; il \u00e9tait un \u00eatre humain parmi des millions d&rsquo;\u00eatres humains luttant chaque jour pour survivre.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 conquise par le destin ; elle a \u00e9t\u00e9 pill\u00e9e par la cupidit\u00e9.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Afrique avant le pillage<\/b><\/p>\n<p>Avant l&rsquo;arriv\u00e9e des navires europ\u00e9ens sur ses c\u00f4tes, l&rsquo;Afrique \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un continent impr\u00e9gn\u00e9 d&rsquo;histoire, de commerce et de puissance. L&rsquo;Empire du Mali a fait de Tombouctou un haut lieu du savoir, avec des biblioth\u00e8ques et des universit\u00e9s qui attiraient des \u00e9rudits du monde entier. Le Ghana et le Zimbabwe avaient b\u00e2ti des royaumes d&rsquo;or et de pierre, t\u00e9moignant d&rsquo;une organisation et d&rsquo;une richesse exceptionnelles. L&rsquo;\u00c9gypte et l&rsquo;\u00c9thiopie ont pr\u00e9serv\u00e9 des si\u00e8cles de civilisation qui ont influenc\u00e9 la M\u00e9diterran\u00e9e et l&rsquo;Asie.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique n&rsquo;a jamais attendu d&rsquo;\u00eatre d\u00e9couverte, car elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 connect\u00e9e \u00e0 la plan\u00e8te. Ses caravanes traversaient le Sahara et reliaient l&rsquo;int\u00e9rieur du continent au commerce arabe, et ses ports \u00e9taient reli\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Inde, \u00e0 la Chine et au Moyen-Orient. De l&rsquo;or au sel, de l&rsquo;ivoire aux \u00e9pices, les routes africaines transportaient des richesses bien avant que l&rsquo;Europe ne r\u00eave de traverser l&rsquo;Atlantique.<\/p>\n<p>Les chiffres le confirment : avant le XVe si\u00e8cle, le continent comptait plus de cent millions d\u2019habitants et des centres urbains qui surpassaient ceux de nombreuses villes europ\u00e9ennes. La vie y \u00e9tait florissante, avec une diversit\u00e9 de langues, de religions et de syst\u00e8mes de gouvernement.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique \u00e9tait synonyme d\u2019abondance et de cr\u00e9ativit\u00e9, mais aussi de cupidit\u00e9 aux yeux de ceux qui viendraient plus tard.<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait pas de terres vides ; il y avait des peuples entiers qui seraient r\u00e9duits en butin.<\/p>\n<p><i>\u00c9b\u00e8ne<\/i>. L\u2019Afrique n\u2019\u00e9tait pas un vide en attente de quelqu\u2019un ; c\u2019\u00e9tait un lieu plein de vie. Il y avait des march\u00e9s o\u00f9 le bruit des gens couvrait les tambours, et des voix en cent langues diff\u00e9rentes parlaient de commerce, d\u2019amour et de guerre. Le mythe du continent inhabit\u00e9 fut invent\u00e9 par les envahisseurs pour justifier leur pillage.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Arriv\u00e9e des Navires<\/b><\/p>\n<p>Le pillage commen\u00e7a en mer. \u00c0 la fin du XVe si\u00e8cle, des navires portugais atteignirent les c\u00f4tes d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest et ouvrirent la voie de la souffrance. D&rsquo;abord l&rsquo;ivoire et l&rsquo;or, puis les corps humains arrach\u00e9s \u00e0 leurs villages. La traite n\u00e9gri\u00e8re devint le plus grand bain de sang de l&rsquo;histoire ; plus de douze millions d&rsquo;Africains furent captur\u00e9s et d\u00e9port\u00e9s vers les Am\u00e9riques, des millions mourant au cours des travers\u00e9es. L&rsquo;Atlantique devint un cimeti\u00e8re sans tombes.<\/p>\n<p>Chaque port se transforma en cage ; les cha\u00eenes transform\u00e8rent le corps en marchandise et la douleur en monnaie. Des familles enti\u00e8res furent s\u00e9par\u00e9es, les enfants vendus comme b\u00eates de somme, les femmes transform\u00e9es en butin, les hommes marqu\u00e9s au fer rouge et vendus aux ench\u00e8res sur des march\u00e9s qui enrichirent l&rsquo;Europe. La traite n\u00e9gri\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait pas une erreur du pass\u00e9 ; c&rsquo;\u00e9tait un commerce organis\u00e9 par des bulles papales, par des rois signataires de contrats et par des marchands qui transformaient les \u00eatres humains en colonnes comptables.<\/p>\n<p>Les chiffres sont saisissants et sinistres : douze millions d\u2019esclaves ont travers\u00e9 l\u2019Atlantique en quatre si\u00e8cles. Chacun repr\u00e9sentait un foyer d\u00e9truit, une communaut\u00e9 d\u00e9membr\u00e9e, une langue perdue. L\u2019Afrique a \u00e9t\u00e9 mutil\u00e9e dans sa d\u00e9mographie et sa m\u00e9moire. L\u2019Atlantique n\u2019a pas uni des cultures ; il a enseveli des peuples. \u00c9b\u00e8ne et navires, m\u00e9moire bris\u00e9e.<\/p>\n<p><i>\u00c9b\u00e8ne<\/i>. Les navires arrivaient comme des ombres et emportaient tout ce qu\u2019ils trouvaient ; il n\u2019y avait pas de temps pour les adieux. Parfois, des villages entiers \u00e9taient laiss\u00e9s vides, avec des feux \u00e9teints et des chiens hurlant seuls dans la nuit. La mer sentait la mort, car elle portait le poids de millions de corps encha\u00een\u00e9s.<\/p>\n<p><b>Le partage colonial<\/b><\/p>\n<p>En 1884, les puissances europ\u00e9ennes se r\u00e9unirent \u00e0 Berlin pour diviser l\u2019Afrique comme un g\u00e2teau servi sur une table. Aucun Africain ne fut invit\u00e9 \u00e0 cette conf\u00e9rence qui scella son destin. \u00c0 la r\u00e8gle et au compas, ils trac\u00e8rent des lignes sur des cartes qu\u2019ils n\u2019avaient jamais foul\u00e9es. Ainsi naquirent des fronti\u00e8res artificielles qui divis\u00e8rent les peuples et unirent les ennemis. L\u2019h\u00e9ritage de ces fronti\u00e8res br\u00fble encore dans les guerres et les conflits qui ravagent le continent.<\/p>\n<p>Le pillage s&rsquo;institutionnalisa. L&rsquo;Angleterre, la France, la Belgique, l&rsquo;Allemagne et le Portugal s&rsquo;attribu\u00e8rent des territoires sous forme de concessions priv\u00e9es. Le Congo fut remis \u00e0 L\u00e9opold II comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de son domaine personnel. Le caoutchouc, les diamants, le caf\u00e9, le cacao et le cuivre devinrent des cha\u00eenes invisibles qui aliment\u00e8rent les usines d&rsquo;Europe et la mis\u00e8re de l&rsquo;Afrique. La colonisation ne se contenta pas de voler les ressources, elle d\u00e9truisit aussi les \u00e9conomies locales, imposa des langues \u00e9trang\u00e8res et transforma le pouvoir politique en une caricature des vice-royaut\u00e9s europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Les chiffres sont irr\u00e9futables : en 1914, \u00e0 la veille de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, seuls deux pays n&rsquo;avaient toujours pas de drapeau \u00e9tranger : l&rsquo;\u00c9thiopie et le Lib\u00e9ria. Le reste du continent avait \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement colonis\u00e9. L&rsquo;Afrique fut r\u00e9duite \u00e0 un \u00e9chiquier o\u00f9 les puissances d\u00e9pla\u00e7aient des pi\u00e8ces humaines et mat\u00e9rielles pour pr\u00e9server leur richesse.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Afrique ne fut pas conquise par l&rsquo;\u00e9p\u00e9e ; elle fut vendue aux ench\u00e8res.<\/b><\/p>\n<p><i>\u00c9b\u00e8ne<\/i>. \u00c0 Berlin, point de coups de feu ni de marches militaires ; seuls des stylos tra\u00e7aient des lignes et effa\u00e7aient des peuples. Dans une salle \u00e9clair\u00e9e par des r\u00e9verb\u00e8res, le sort de millions de personnes se d\u00e9cidait, et ces personnes ignoraient que cette nuit-l\u00e0, elles avaient chang\u00e9 de ma\u00eetre.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;ind\u00e9pendance jamais venue<\/b><\/p>\n<p>Entre les ann\u00e9es 1950 et 1970, l&rsquo;Afrique connut une grande vague d&rsquo;ind\u00e9pendance. De nouveaux drapeaux furent hiss\u00e9s, des constitutions furent r\u00e9dig\u00e9es et des hymnes \u00e9voquant la libert\u00e9 furent chant\u00e9s, mais l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e9tait plus un symbole qu&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;Europe se retira officiellement de nombreuses colonies, laissant toutefois ses \u00e9conomies, ses arm\u00e9es et ses banques connect\u00e9es.<\/p>\n<p>La France a impos\u00e9 le franc CFA [NdT: Franc de la communaut\u00e9 financi\u00e8re africaine dans l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et franc de la coop\u00e9ration financi\u00e8re en Afrique dans l\u2019Afrique centrale ] dans quatorze pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest et d&rsquo;Afrique centrale. Une monnaie qui, \u00e0 ce jour, d\u00e9pend du Tr\u00e9sor fran\u00e7ais. L&rsquo;Angleterre et la Belgique ont conserv\u00e9 des contrats miniers et p\u00e9troliers qui assuraient la circulation des ressources. Le Portugal a quitt\u00e9 l&rsquo;Angola et le Mozambique, mais a laiss\u00e9 les guerres civiles se d\u00e9velopper. Le n\u00e9ocolonialisme a remplac\u00e9 le colonialisme en costume-cravate.<\/p>\n<p>Les dirigeants africains qui ont tent\u00e9 de briser les cha\u00eenes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits au silence. Patrice Lumumba au Congo a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 avec la complicit\u00e9 des Europ\u00e9ens et des Am\u00e9ricains. Kwame Nkrumah au Ghana a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9 apr\u00e8s avoir d\u00e9fi\u00e9 l&rsquo;Occident. La CIA et les anciennes m\u00e9tropoles ont manipul\u00e9 les gouvernements comme des pi\u00e8ces d&rsquo;\u00e9checs.<\/p>\n<p>Les chiffres le r\u00e9v\u00e8lent : en 1970, la dette ext\u00e9rieure de l\u2019Afrique s\u2019\u00e9levait \u00e0 onze milliards de dollars. Trois d\u00e9cennies plus tard, elle d\u00e9passait les deux cents milliards. L\u2019ind\u00e9pendance a apport\u00e9 hymnes et drapeaux, mais aussi de nouvelles cha\u00eenes sous forme de dettes impayables.<\/p>\n<p><b>L\u2019Afrique a chang\u00e9 de drapeau, mais pas de ma\u00eetre<\/b><\/p>\n<p><i>\u00c9b\u00e8ne<\/i>. J\u2019ai vu des foules c\u00e9l\u00e9brer la fin du r\u00e9gime colonial sous un soleil de plomb. Les larmes aux yeux et l\u2019espoir dans la voix, mais derri\u00e8re la jubilation se cachaient des contrats et des accords secr\u00e8tement sign\u00e9s qui garantissaient que les anciens propri\u00e9taires continueraient \u00e0 recouvrer ce qui leur \u00e9tait d\u00fb en silence.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Afrique de la faim et de la guerre<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;ind\u00e9pendance a apport\u00e9 des drapeaux, mais pas de pain. Depuis les ann\u00e9es 1970, l&rsquo;Afrique est prisonni\u00e8re d&rsquo;un cycle de faim, de guerres et de d\u00e9placements. L&rsquo;\u00c9thiopie est devenue le symbole de la famine mondiale, avec des images d&rsquo;enfants squelettiques diffus\u00e9es \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision mondiale. Le Rwanda a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre du g\u00e9nocide de 1994, o\u00f9 pr\u00e8s de 800 000 personnes ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9es en 100 jours, alors que le monde d\u00e9tournait les yeux. Le Congo traverse la guerre la plus longue et la plus sanglante depuis la Seconde Guerre mondiale, financ\u00e9e par le coltan qui alimente les t\u00e9l\u00e9phones portables et les ordinateurs du Nord.<\/p>\n<p>La faim est devenue une arme politique ; des gouvernements corrompus ont d\u00e9tourn\u00e9 l&rsquo;aide internationale tandis que des millions de personnes mouraient de malnutrition. Les puissances ont utilis\u00e9 la p\u00e9nurie comme un levier pour conserver leurs contrats et leurs alli\u00e9s. La M\u00e9diterran\u00e9e est devenue la nouvelle fosse commune o\u00f9 des milliers de migrants africains perdent la vie chaque ann\u00e9e en tentant de rejoindre l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>Les chiffres sont accablants : plus de 30 millions d&rsquo;Africains sont aujourd&rsquo;hui r\u00e9fugi\u00e9s ou d\u00e9plac\u00e9s internes, selon le HCR. 280 millions souffrent d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire chronique, selon la FAO. Le continent qui produit des min\u00e9raux et des aliments pour le monde ne peut nourrir ses propres enfants.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique saigne du p\u00e9trole et du coltan, mais ses enfants meurent de faim.<\/p>\n<p><i>\u00c9b\u00e8ne. <\/i>Dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s, l&rsquo;air sentait la poussi\u00e8re et le d\u00e9sespoir. Il y avait des enfants qui n&rsquo;avaient connu que les tentes et des m\u00e8res qui faisaient bouillir de l&rsquo;eau avec des pierres pour apaiser les estomacs vides. La faim n&rsquo;\u00e9tait pas un accident de la nature, c&rsquo;\u00e9tait une d\u00e9cision humaine.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Afrique de la Dignit\u00e9<\/b><\/p>\n<p>Kapu\u015bci\u0144ski \u00e9crivait qu&rsquo;en Afrique, la dignit\u00e9 survivait m\u00eame dans les endroits les plus d\u00e9vast\u00e9s. Au milieu des ruines et des camps de r\u00e9fugi\u00e9s, un sourire, un geste d&rsquo;hospitalit\u00e9, une r\u00e9sistance silencieuse surgissaient toujours. Cette dignit\u00e9 devint la force qui permit au continent de tenir bon malgr\u00e9 tout.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, cette dignit\u00e9 s&rsquo;exprime dans les mouvements de jeunesse qui manifestent contre le franc CFA et revendiquent la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire; dans des pays en qu\u00eate de leur propre voie, comme l&rsquo;\u00c9thiopie, qui a construit son Grand Barrage de la Renaissance face aux pressions de l&rsquo;\u00c9gypte et de l&rsquo;Occident; en Afrique du Sud, qui, malgr\u00e9 ses fractures, demeure le plus grand p\u00f4le industriel du continent; en Tanzanie, qui a nationalis\u00e9 une partie de ses ressources naturelles.<\/p>\n<p>L&rsquo;Union africaine tente de faire entendre la voix du continent. La CEDEAO [Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique occidentale ] en Afrique de l&rsquo;Ouest et la SADC [Communaut\u00e9 de d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique australe ] au Sud repr\u00e9sentent les premiers pas vers une int\u00e9gration qui rompt avec la fragmentation h\u00e9rit\u00e9e de Berlin. Ce n&rsquo;est pas une voie facile, mais c&rsquo;est un chemin pour lequel les jeunes Africains militent avec acharnement.<\/p>\n<p>Les chiffres t\u00e9moignent de cette vitalit\u00e9 : plus de 60 % de la population africaine a moins de 25 ans. Cette jeunesse est \u00e0 la fois le plus grand d\u00e9fi et le plus grand espoir du continent.<\/p>\n<p><b>L\u2019Afrique ne veut pas de charit\u00e9, elle veut de la dignit\u00e9<\/b><\/p>\n<p><i>\u00c9b\u00e8ne<\/i>. Dans les villages o\u00f9 tout manquait, il y avait toujours un rituel d\u2019accueil, un verre d\u2019eau partag\u00e9, un morceau de pain rompu en silence. Le message \u00e9tait clair : ils peuvent voler notre or, notre p\u00e9trole et nos terres, mais ils ne pourront jamais voler notre dignit\u00e9.<\/p>\n<p><b>Les enjeux entre 2030 et 2050<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique sera le c\u0153ur du monde dans les d\u00e9cennies \u00e0 venir. L&rsquo;ONU pr\u00e9voit qu&rsquo;en 2050, le continent comptera 2,5 milliards d&rsquo;habitants, soit un \u00eatre humain sur quatre sur la plan\u00e8te. Plus de la moiti\u00e9 de cette population aura moins de 25 ans. Cette force d\u00e9mographique peut \u00eatre un moteur de d\u00e9veloppement ou un champ d&rsquo;esclavage moderne, selon la mani\u00e8re dont l&rsquo;histoire est \u00e9crite.<\/p>\n<p>Le continent concentre des ressources cl\u00e9s pour la transition \u00e9nerg\u00e9tique. Le Niger poss\u00e8de de l&rsquo;uranium qui alimente les centrales nucl\u00e9aires fran\u00e7aises. Le Congo poss\u00e8de 70 % du cobalt mondial, essentiel aux batteries. Le Zimbabwe et le Malawi d\u00e9tiennent du lithium, l&rsquo;Afrique du Sud du platine, la Guin\u00e9e de la bauxite. L&rsquo;Afrique du Nord abrite des m\u00e9gaprojets d&rsquo;hydrog\u00e8ne vert financ\u00e9s par l&rsquo;Europe. Les ressources qui ont permis la r\u00e9volution industrielle alimenteront d\u00e9sormais la r\u00e9volution num\u00e9rique et \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>Mais cette richesse pr\u00e9sente aussi de nouvelles cha\u00eenes. Les \u00c9tats-Unis d\u00e9ploient des bases militaires au Sahel, la Chine signe des contrats d&rsquo;infrastructures en \u00e9change de minerais, la Russie envoie des mercenaires du groupe Wagner. L&rsquo;Europe continue de d\u00e9pendre de l&rsquo;extraction mini\u00e8re africaine. L&rsquo;\u00e9chiquier g\u00e9opolitique est peupl\u00e9 d&rsquo;acteurs qui consid\u00e8rent l&rsquo;Afrique comme un butin, et non comme un alli\u00e9.<\/p>\n<p>Les chiffres sont clairs : l&rsquo;Afrique repr\u00e9sente plus de 30 % des ressources naturelles mondiales et \u00e0 peine 3 % de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale. Si cet \u00e9cart ne diminue pas, le colonialisme de demain sera encore plus invisible et cruel.<\/p>\n<p>Le colonialisme de demain n&rsquo;apportera ni canons ni voiles ; il infiltrera les clauses et les algorithmes qui cherchent \u00e0 gouverner la vie.<\/p>\n<p><i>\u00c9b\u00e8ne<\/i>. J&rsquo;ai regard\u00e9 les jeunes sur les march\u00e9s et j&rsquo;ai pens\u00e9 qu&rsquo;ils \u00e9taient le v\u00e9ritable tr\u00e9sor du continent. Non pas des diamants ou du p\u00e9trole, mais ces visages impatients qui savaient que l&rsquo;histoire leur devait trop et qui ne voulaient plus attendre.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Afrique est un continent<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique n&rsquo;est ni un d\u00e9cor exotique ni une carte des ressources. C&rsquo;est un continent o\u00f9 chaque jour est une \u00e9preuve de r\u00e9silience et de dignit\u00e9. Kapu\u015bci\u0144ski le savait et l&rsquo;\u00e9crivit dans <i>\u00c9b\u00e8ne<\/i>. Il ne se pr\u00e9senta pas comme un observateur neutre, mais comme quelqu&rsquo;un qui souffrit lui aussi de la soif, qui passa des nuits enti\u00e8res \u00e0 entendre des coups de feu, qui tomba\u00a0 malade dans des villages sans m\u00e9decins et qui s&rsquo;\u00e9merveilla de l&rsquo;hospitalit\u00e9 de ceux qui n&rsquo;avaient rien et partageaient tout.<\/p>\n<p>Dans ces pages subsiste le t\u00e9moignage d&rsquo;un homme qui n&rsquo;a jamais s\u00e9par\u00e9 sa plume de son c\u0153ur. Qui ne s&rsquo;est pas cach\u00e9 dans la distance du journaliste, mais s&rsquo;est enfonc\u00e9 dans la boue, le sable et la douleur partag\u00e9e. Qui consid\u00e9rait les Africains non comme des objets d&rsquo;\u00e9tude, mais comme des fr\u00e8res de destin.<\/p>\n<p>Au terme de son voyage, il \u00e9crivit qu&rsquo;il aurait pu \u00eatre chroniqueur, correspondant ou t\u00e9moin, mais qu&rsquo;il \u00e9tait avant tout un \u00eatre humain. Et c&rsquo;est l\u00e0 son h\u00e9ritage le plus profond.<\/p>\n<p><i>\u00c9b\u00e8ne<\/i>. L&rsquo;Afrique pill\u00e9e mais debout, et quiconque \u00e9crit sur elle, quiconque \u00e9voque son histoire de pillage et d&rsquo;espoir, ne peut oublier qu&rsquo;il le fait \u00e0 partir de la m\u00eame condition humaine qui l&rsquo;unit \u00e0 ceux qui l&rsquo;habitent.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique nous rappelle qu&rsquo;avant d&rsquo;\u00eatre journalistes, nous sommes des \u00eatres humains, et que la dignit\u00e9 partag\u00e9e est la seule richesse qui ne puisse \u00eatre vol\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique nous enseigne qu&rsquo;avant tout mot, nous sommes des hommes et des femmes, et que la dignit\u00e9 partag\u00e9e est un tr\u00e9sor inviolable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Traduction, Evelyn Tischer<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kapu\u015bci\u0144ski l&rsquo;a \u00e9crit avec poussi\u00e8re et sang : l&rsquo;Afrique n&rsquo;est pas une carte, c&rsquo;est un cri qui r\u00e9sonne encore contre le pillage. 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