{"id":215567,"date":"2015-08-29T22:28:02","date_gmt":"2015-08-29T21:28:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pressenza.com\/fr\/?p=215567"},"modified":"2016-04-19T15:50:50","modified_gmt":"2016-04-19T14:50:50","slug":"analyse-de-la-situation-en-grece","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2015\/08\/analyse-de-la-situation-en-grece\/","title":{"rendered":"Analyse de la situation en Gr\u00e8ce"},"content":{"rendered":"<p><em>Pressenza publie l\u2019\u00e9tude compl\u00e8te de Guillermo Sullings sur la situation en Gr\u00e8ce. L\u2019\u00e9tude a aussi \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e en 5 articles :<\/em><\/p>\n<ol>\n<li><em><a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2015\/08\/analyse-de-la-situation-en-grece-15-contexte-de-lunion-europeenne\/\">Contexte de l&rsquo;Union europ\u00e9enne<\/a><\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2015\/08\/analyse-de-la-situation-en-grece-25-verites-et-mensonges-a-legard-de-la-dette\/\">V\u00e9rit\u00e9s et mensonges \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la dette<\/a><\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2015\/08\/analyse-de-la-situation-en-grece-35-la-situation-actuelle-de-la-grece\/\">La situation actuelle de la Gr\u00e8ce<\/a><\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2015\/08\/analyse-de-la-situation-en-grece-45-la-sortie-de-leuro-est-elle-la-seule-solution\/\">La sortie de l&rsquo;euro est-elle la seule solution ?<\/a><\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2015\/08\/analyse-de-la-situation-en-grece-55-quelles-consequences-aurait-le-grexit\/\">Quelles cons\u00e9quences aurait le Grexit ?<\/a><\/em><\/li>\n<\/ol>\n<ol>\n<li><strong><em>Contexte de l&rsquo;UE<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>L&rsquo;aspiration des Humanistes pour le futur est que tous les peuples du monde puissent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s dans la Nation Humaine Universelle. C&rsquo;est pourquoi nous diff\u00e9rencions ce processus d&rsquo;int\u00e9gration que nous appelons mondialisation de celui qui se fait appeler globalisation. Quand le premier correspond \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration des peuples dans leur diversit\u00e9 culturelle, le second correspond davantage \u00e0 l&rsquo;expansion et \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration du pouvoir \u00e9conomique et financier global qui cherche \u00e0 discipliner les pays sous sa logique de pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p>Les Humanistes encouragent toutes les avanc\u00e9es qui se produisent dans les int\u00e9grations r\u00e9gionales, tant qu\u2019elles signifient une avanc\u00e9e vers cette future Nation Humaine Universelle. Et bien s\u00fbr que l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique doit \u00eatre un aspect important de cette int\u00e9gration mais il ne devrait pas \u00eatre le plus important. Dans tous les cas il devait \u00eatre assujetti \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur d&rsquo;une v\u00e9ritable int\u00e9gration solidaire des populations, o\u00f9 les structures \u00e9conomiques seraient au service du d\u00e9veloppement humain sans fronti\u00e8res. Et si l&rsquo;usage d&rsquo;une monnaie commune dans une int\u00e9gration r\u00e9gionale contribue \u00e0 ce d\u00e9veloppement, il faudra l&rsquo;encourager.<\/p>\n<p>Mais quelque chose de tr\u00e8s diff\u00e9rent arrive dans certaines des int\u00e9grations r\u00e9gionales qui se produisent dans le monde. Elles ne semblent pas se constituer \u00e0 partir des n\u00e9cessit\u00e9s et des int\u00e9r\u00eats des populations mais plut\u00f4t depuis les int\u00e9r\u00eats des multinationales et du pouvoir financier global. C&rsquo;est le cas de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne, de plus en plus au service des banques et des entreprises plut\u00f4t qu\u2019au service des gens. C\u2019est le cas de l&rsquo;euro, qui renforce l&rsquo;expansion des \u00e9conomies les plus fortes et finit par d\u00e9manteler et endetter les \u00e9conomies les plus faibles. Pendant ce temps, les m\u00e9dias priv\u00e9s, toujours au service des m\u00eames pouvoirs \u00e9conomiques, manipulent l&rsquo;opinion publique pour la convaincre que les pays s\u00e9rieux sont ceux qui appliquent l&rsquo;\u00e9conomie n\u00e9olib\u00e9rale et que si un pays va mal, c\u2019est seulement parce que ses dirigeants sont corrompus et que son peuple est paresseux. Ainsi ils divisent les peuples, pour qu\u2019ensuite la solidarit\u00e9 ne s\u2019exprime pas quand l\u2019un tombe en disgr\u00e2ce, victime des politiques n\u00e9olib\u00e9rales, et qu\u2019ainsi leurs dirigeants aient des arguments pour \u00eatre cruels avec les peuples et g\u00e9n\u00e9reux avec les banques.<\/p>\n<p>Quand l&rsquo;Union Europ\u00e9enne puis la zone euro se sont form\u00e9es, il existait d\u00e9j\u00e0 des diff\u00e9rences importantes entre les \u00e9conomies des pays membres, des diff\u00e9rences au niveau de la productivit\u00e9 et du d\u00e9veloppement industriel. Historiquement, au niveau mondial, pour supporter ce type de diff\u00e9rences, les pays avec une productivit\u00e9 moindre jouaient sur la valeur de leur monnaie et g\u00e9raient leur commerce ext\u00e9rieur en cherchant un certain \u00e9quilibre qui leur permettait de maintenir un faible niveau de ch\u00f4mage. De cette fa\u00e7on, chacun essayait de maintenir son \u00e9quilibre pour se d\u00e9velopper \u00e0 partir de l\u00e0 et on consid\u00e9rait qu\u2019en moyenne, le niveau de vie de la population correspondait \u00e0 son niveau de d\u00e9veloppement. Mais quand on a progress\u00e9 dans la zone de libre commerce et dans l&rsquo;union mon\u00e9taire en Europe, ses membres ont renonc\u00e9 \u00e0 ces instruments de politique \u00e9conomique, en consid\u00e9rant s\u00fbrement que la nouvelle organisation supranationale envisagerait la r\u00e9solution des asym\u00e9tries entre les pays. Mais l\u2019Union europ\u00e9enne a organis\u00e9 son \u00e9conomie sous les paradigmes du n\u00e9olib\u00e9ralisme, en supposant que le march\u00e9 r\u00e9glerait tout harmonieusement, en supposant que les capitaux productifs iraient implanter leurs usines l\u00e0 o\u00f9 seraient les ch\u00f4meurs, ou bien que les ch\u00f4meurs migreraient facilement vers les usines\u00a0; en supposant que les capitaux financiers se mobiliseraient pour couvrir les n\u00e9cessit\u00e9s des investissements productifs. Mais la libert\u00e9 de mouvement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la zone euro a donn\u00e9 diff\u00e9rents r\u00e9sultats pour chaque protagoniste, parce que si les capitaux financiers peuvent \u00eatre mobilis\u00e9s d&rsquo;un lieu \u00e0 un autre en quelques secondes, les capitaux productifs requi\u00e8rent plus de temps et bien que les personnes puissent passer librement les fronti\u00e8res, en pratique l&rsquo;enracinement et les barri\u00e8res culturelles limitent les migrations. Par ailleurs, dans le reste du monde on a d\u00e9j\u00e0 vu que les politiques n\u00e9olib\u00e9rales ont donn\u00e9 lieu \u00e0 la sp\u00e9culation des capitaux financiers, \u00e0 l&rsquo;endettement syst\u00e9matique et au d\u00e9mant\u00e8lement de l&rsquo;industrie dans de nombreux pays, ainsi qu\u2019\u00e0 la fuite des capitaux vers des paradis fiscaux et la fuite des usines vers des paradis du travail. Si le virus du n\u00e9olib\u00e9ralisme mondial a pu faire tout cela avec les nations qui maintiennent leur souverainet\u00e9 et leur monnaie, les effets furent bien pires dans la zone euro o\u00f9 les pays avaient d\u00e9j\u00e0 de faibles moyens de d\u00e9fenses.<\/p>\n<p>Alors si aujourd&rsquo;hui l\u2019Union europ\u00e9enne est en crise et la zone euro est dans le doute, ce n&rsquo;est pas parce que le monde n&rsquo;est pas pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale. C\u2019est parce qu&rsquo;on a voulu le faire sous le signe du n\u00e9olib\u00e9ralisme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li><strong><em> V\u00e9rit\u00e9s et mensonges \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la dette<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>La version que l&rsquo;on a privil\u00e9gi\u00e9e dans une bonne partie de l&rsquo;Europe et que les m\u00e9dias agitent pour accuser les Grecs de tout, attribue la responsabilit\u00e9 aux gouvernements corrompus, qui ont endett\u00e9 le pays de fa\u00e7on irresponsable, qui ont dilapid\u00e9 les ressources, qui ont surdimensionn\u00e9 le secteur public avec un d\u00e9ficit fiscal cons\u00e9quent et qui ont, de plus, fauss\u00e9 leur comptabilit\u00e9 pour cacher le d\u00e9ficit et l&rsquo;endettement. Cette responsabilit\u00e9 des gouvernements serait partag\u00e9e par la population qui, en d\u00e9finitive, les a \u00e9lus et a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des cadeaux, avec le syst\u00e8me laxiste des retraites, avec les cr\u00e9dits \u00e0 la consommation et avec la prosp\u00e9rit\u00e9 illusoire d&rsquo;une bulle sp\u00e9culative, en vivant au-dessus des moyens que son \u00e9conomie permettait. Certaines de ces versions sont illustr\u00e9es avec des donn\u00e9es r\u00e9elles et se r\u00e9pandent pour exalter l&rsquo;indignation des citoyens des autres pays, comme c&rsquo;est le cas des Allemands, \u00e0 qui on a dit que la pension de retraite maximale en Gr\u00e8ce est de 3\u00a0500 euros, tandis qu&rsquo;en Allemagne elle est de 3\u00a0100 ou que l\u2019\u00e2ge auquel beaucoup de travailleurs grecs prennent leur retraite est inf\u00e9rieur \u00e0 celui des autres pays pour une activit\u00e9 similaire. L&rsquo;Institut d&rsquo;Assurances Sociales (IKA), qui est d\u00e9ficitaire et consomme une partie importante du budget de l\u2019Etat, paie au moins une forme de retraite \u00e0 5,5 millions de personnes (pratiquement la moiti\u00e9 de la population). Il existe plus de 600 professions pour lesquelles il est possible de partir en retraite plus t\u00f4t et d&rsquo;avoir une pension anticip\u00e9e car consid\u00e9r\u00e9s comme cat\u00e9gorie \u00e0 risque, comprenant les coiffeurs, les gar\u00e7ons de caf\u00e9, les speakers, les musiciens et d&rsquo;autres secteurs d\u2019activit\u00e9 pour lesquels dans n&rsquo;importe quel pays, on prend la retraite \u00e0 l\u2019\u00e2ge normal.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des recettes de l\u2019\u00c9tat, il y a aussi beaucoup d&rsquo;inefficacit\u00e9, puisqu&rsquo;une grande \u00e9vasion existe, il y a beaucoup d\u2019ind\u00e9pendants et d\u2019entrepreneurs qui n&rsquo;apportent pas au syst\u00e8me, jusqu&rsquo;aux exemptions de TVA dans les \u00eeles, o\u00f9 il y a des recettes importantes par le tourisme, mais qui n&rsquo;engendrent pas de recette fiscale proportionnelle pour contribuer \u00e0 r\u00e9duire le d\u00e9ficit\u00a0; et m\u00eame ainsi la Gr\u00e8ce a augment\u00e9 la d\u00e9pense publique de 50 % entre 1999 et 2007 et cela a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 par l\u2019endettement.<\/p>\n<p>Avec toutes ces informations pr\u00e9sentes dans leurs documents de travail, les repr\u00e9sentants des autres pays de l\u2019Union europ\u00e9enne durcissent leur position avec la Gr\u00e8ce et ils exigent d\u2019elle toujours plus d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Publier de fa\u00e7on biais\u00e9e ces donn\u00e9es dans les m\u00e9dias vise \u00e0 ce que les populations de ces pays se durcissent \u00e9galement et avalisent les gouvernements dans leurs exigences envers les Grecs. Certainement que beaucoup de cette information est vraie, au-del\u00e0 du parti-pris et des pr\u00e9jug\u00e9s qu\u2019ajoutent les m\u00e9dias et les faucons de l\u2019Union europ\u00e9enne. Mais il y a une autre information dont personne ne parle et il y a d\u2019autres responsables dont personne ne parle non plus, que sont les banques, les multinationales et les dirigeants qui d\u00e9fendent leurs int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>Quand quelqu&rsquo;un s&rsquo;endette, c\u2019est parce qu&rsquo;il y a quelqu&rsquo;un qui lui pr\u00eate. Si quelqu&rsquo;un s&rsquo;endette de fa\u00e7on irresponsable, c\u2019est parce que quelqu&rsquo;un lui pr\u00eate de fa\u00e7on irresponsable. Comment peut-on croire que les banques qui ont pr\u00eat\u00e9 \u00e0 la Gr\u00e8ce \u00e9taient philanthropes, ing\u00e9nues, avaient confiance dans le pays et ensuite ont \u00e9t\u00e9 flou\u00e9es en toute bonne foi ?<\/p>\n<p>Lors du d\u00e9clenchement de la crise financi\u00e8re mondiale en 2008, le d\u00e9tonateur a \u00e9t\u00e9 les pr\u00eats hypoth\u00e9caires \u00e0 risques ou subprimes, sur lesquelles a \u00e9t\u00e9 mont\u00e9 tout un syst\u00e8me frauduleux de constitution d\u2019emprunts sur des emprunts, avec une assise tr\u00e8s faible comme l\u2019\u00e9taient les millions d&rsquo;hypoth\u00e8ques constitu\u00e9es durant la bulle financi\u00e8re, pour lesquelles beaucoup de d\u00e9biteurs \u00e9taient insolvables depuis le d\u00e9but et d\u2019autres sont devenus insolvables quand la bulle a explos\u00e9 et que les valeurs de leurs biens immobiliers ont chut\u00e9 au quart de leur dette hypoth\u00e9caire. Il ne viendrait \u00e0 l\u2019id\u00e9e de personne de penser que les coupables de cette fraude gigantesque ont \u00e9t\u00e9 les millions de personnes qui ont perdu leurs maisons et que les banques et les fonds de placement qui ont engendr\u00e9 la bulle et ont multipli\u00e9 l&rsquo;escroquerie \u00e9taient quelques pr\u00eateurs gentils et ing\u00e9nus qui avaient confiance innocemment en leurs d\u00e9biteurs et ont ensuite \u00e9t\u00e9 tromp\u00e9s. Cependant, les centaines de milliards de dollars qui ont \u00e9t\u00e9 destin\u00e9s \u00e0 pallier la crise n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 destin\u00e9s \u00e0 ceux qui ont perdu leurs maisons mais ils ont \u00e9t\u00e9 destin\u00e9s \u00e0 sauver les banques. Et les responsables qui ont organis\u00e9 cette arnaque ont ensuite \u00e9t\u00e9 honteusement r\u00e9compens\u00e9s par des gains obsc\u00e8nes.<\/p>\n<p>Il est utile de rappeler tout cela, parce que les banques ont fait de juteuses affaires en pr\u00eatant aux gouvernements corrompus qu\u2019a eu la Gr\u00e8ce. Ils savaient non seulement que la Gr\u00e8ce \u00e9tait insolvable mais en r\u00e9alit\u00e9 cela ne les pr\u00e9occupait pas parce qu&rsquo;ils savaient qu\u2019en dernier recours, on allait eux aussi les rep\u00eacher. De fait il en a \u00e9t\u00e9 ainsi, les banques fran\u00e7aises ont r\u00e9duit leurs cr\u00e9ances envers la Gr\u00e8ce de 79 milliards \u00e0 13 milliards, les banques allemandes de 45 milliards \u00e0 10 milliards et les banques italiennes de 12 milliards \u00e0 1 milliard. Maintenant la plus grande partie de la dette est pass\u00e9e aux mains des pays de l\u2019Union europ\u00e9enne sous une forme directe ou \u00e0 travers le M\u00e9canisme Europ\u00e9en de Stabilit\u00e9 (145 milliards d&rsquo;euros), ainsi qu\u2019aux mains du FMI et de la BCE. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu\u2019une nouvelle fois les gouvernements et les organismes internationaux ont d\u00e9cid\u00e9 de sauver les banques qui ont pr\u00eat\u00e9 imprudemment. Maintenant ils disent \u00e0 leurs citoyens qu&rsquo;il faut r\u00e9cup\u00e9rer ce que les Grecs doivent \u00e0 leurs pays. Et de mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e, ils laissent entendre que les citoyens allemands, fran\u00e7ais, italiens ou espagnols ont pay\u00e9 des imp\u00f4ts pour acquitter la dette des Grecs irresponsables qui ont gaspill\u00e9 l&rsquo;argent. Il s\u2019agit d\u2019une farce m\u00e9diatique pour monter les peuples les uns contre les autres, en dissimulant la soumission complice des gouvernements avec le pouvoir financier.<\/p>\n<p>Les banques connaissent leur pouvoir. Non seulement elles contr\u00f4lent beaucoup de dirigeants qui sont actionnaires mais de plus, gr\u00e2ce \u00e0 la toile complexe de la finance et \u00e0 la fa\u00e7on dont est organis\u00e9 le syst\u00e8me bancaire dans l&rsquo;\u00e9conomie n\u00e9olib\u00e9rale, elles font chanter toute la soci\u00e9t\u00e9, puisque quand une banque fait faillite, elle entra\u00eene dans la rupture de la cha\u00eene de paiements une partie importante de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle, provoquant un effet domino qu&rsquo;aucun gouvernement ne d\u00e9sire et cela engendre une situation de chantage dans laquelle les dirigeants, au-del\u00e0 de leurs convictions, finissent par c\u00e9der en faveur des banques. Comme si cela n&rsquo;\u00e9tait pas suffisant pour comprendre la perversit\u00e9 du syst\u00e8me, il faut aussi comprendre que quand une banque ou un fond d\u2019investissement ach\u00e8te la dette d&rsquo;un pays peu solvable, ceux qui prennent les d\u00e9cisions ne sont pas les propri\u00e9taires de cet argent. Les d\u00e9cideurs sont les administrateurs de ces fonds, qui savent qu\u2019en dernier recours celui qui perd, c\u2019est l\u2019\u00e9pargnant, apr\u00e8s qu\u2019ils aient retir\u00e9 leurs \u00e9normes profits. C\u2019est pour tout cela que la plus grande responsabilit\u00e9 dans le pi\u00e8ge de la dette, doit \u00eatre attribu\u00e9e aux pr\u00eateurs et non aux emprunteurs peu solvables. Bien s\u00fbr que pour qu&rsquo;un pays s&rsquo;endette au-del\u00e0 de ses possibilit\u00e9s, il a besoin de dirigeants irresponsables et corrompus. Mais c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;un des probl\u00e8mes de la d\u00e9mocratie formelle dans laquelle les gens, manipul\u00e9s par les m\u00e9dias, ont \u00e0 choisir entre de fausses solutions, qui laissent la table servie aux vautours de la finance ; et ceux-ci, apr\u00e8s avoir commis leurs d\u00e9g\u00e2ts, laissent les pays en crise, s\u2019\u00e9vaporent et rendent responsables leurs marionnettes des gouvernements. Bien s\u00fbr quand se forment ces bulles de prosp\u00e9rit\u00e9 illusoire financ\u00e9e par la dette, beaucoup de gens sentent que leur niveau de vie s\u2019am\u00e9liore, qu&rsquo;ils peuvent consommer davantage et qu&rsquo;ils re\u00e7oivent des b\u00e9n\u00e9fices qu&rsquo;avec le temps ils consid\u00e8rent comme des droits acquis. Ensuite ils se refusent \u00e0 les perdre quand on leur explique que la f\u00eate est termin\u00e9e. Mais on ne peut pas tenir les populations responsables de cela parce qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas de raisons de conna\u00eetre les man\u0153uvres financi\u00e8res douteuses qui existent derri\u00e8re chaque bulle.<\/p>\n<p>Le surendettement des pays a d\u00e9j\u00e0 plusieurs d\u00e9cennies. Dans les ann\u00e9es quatre-vingts c&rsquo;\u00e9tait la crise des dettes latino-am\u00e9ricaines. Alors le Plan Brady est arriv\u00e9 pour sauver les banques et pour changer les dettes de mains. Ensuite dans les ann\u00e9es quatre-vingt-dix, le n\u00e9olib\u00e9ralisme a de nouveau d\u00e9velopp\u00e9 l&rsquo;endettement et les bulles, en engendrant quelques crises parmi lesquelles se distingue le d\u00e9faut de paiement de l&rsquo;Argentine, avec une situation tr\u00e8s semblable \u00e0 celle de la Gr\u00e8ce. Au d\u00e9but de ce nouveau si\u00e8cle, de nouvelles bulles ont incub\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la plus grosse \u00e9clate avec son \u00e9picentre aux \u00c9tats-Unis. Avec cet \u00e9clatement, la crise de la dette s&rsquo;est produite dans plusieurs pays d&rsquo;Europe. Les gouvernements changent, les pays changent mais il y a un acteur qui est dans toutes les crises \u00e0 chaque fois\u00a0: le pouvoir financier mondial, commettant des d\u00e9g\u00e2ts, cr\u00e9ant la dette et mangeant la charogne de ce qui reste de ses victimes \u00e0 travers les privatisations.<\/p>\n<p>Il semble donc que les Grecs devront faire leur part, en am\u00e9liorant leur syst\u00e8me fiscal, en supprimant des privil\u00e8ges insoutenables, en luttant contre la corruption. Ils devront probablement s\u2019adapter pour vivre avec ce qu&rsquo;ils g\u00e9n\u00e8rent r\u00e9ellement, alors qu&rsquo;ils s&rsquo;efforceront \u00e0 obtenir de la croissance et \u00e0 se d\u00e9velopper. Mais ils ne doivent en aucun cas souffrir de la faim et de privations, privatiser tout leur patrimoine pour essayer, durant des d\u00e9cennies, d&rsquo;annuler une dette impayable. Les autres peuples ne devraient pas non plus payer cette dette avec leurs imp\u00f4ts, les investisseurs de bonne foi ne devraient pas non plus perdre leur \u00e9pargne. La dette devrait \u00eatre pay\u00e9e par ceux qui manient le pouvoir financier dans le monde et pour qu&rsquo;ils ne continuent pas \u00e0 commettre des d\u00e9g\u00e2ts, il faudrait d\u00e9manteler leur pouvoir. Alors que les dirigeants des puissances n&rsquo;osent pas d\u00e9manteler la puissance financi\u00e8re mondiale, ils auront \u00e0 expliquer \u00e0 leurs contribuables et \u00e0 leurs \u00e9pargnants, qu\u2019ils doivent payer le prix de la complicit\u00e9 de leur gouvernement avec ce pouvoir.<\/p>\n<p>Il y a un autre aspect de la dette \u00e9galement li\u00e9 \u00e0 la m\u00e9canique n\u00e9olib\u00e9rale, qui fait que ceci est soutenu en nourrissant la surconsommation. Dans un monde o\u00f9 la richesse est de plus en plus concentr\u00e9e, o\u00f9 les profits des entreprises croissent chaque fois plus face aux revenus des salari\u00e9s, et tandis que les b\u00e9n\u00e9fices de la sp\u00e9culation financi\u00e8re absorbent de plus en plus les ressources qui devraient aller \u00e0 la production et au travail, dans ce monde o\u00f9 les salari\u00e9s re\u00e7oivent une part chaque fois plus petite du g\u00e2teau, les niveaux de consommation peuvent se maintenir seulement par l\u2019emprunt. Alors, comme un \u00e9tau, la puissance financi\u00e8re se manifeste d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 en endettant les pays et les personnes pour qu&rsquo;elles consomment et d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, les multinationales arrivent en offrant les produits qui doivent \u00eatre achet\u00e9s par ces emprunts. Cela s\u2019est pass\u00e9 ainsi dans le cas de la Gr\u00e8ce, avec des banques allemandes et fran\u00e7aises qui ont financ\u00e9 la consommation des Grecs alors que cette consommation correspond en grande partie \u00e0 des produits allemands et fran\u00e7ais (incluant des armes).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li><strong><em> La situation actuelle de la Gr\u00e8ce<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Aujourd&rsquo;hui la Gr\u00e8ce a une dette de 340 milliards d&rsquo;euros, \u00e9quivalent \u00e0 175 % de son PIB. Apr\u00e8s tous les ajustements r\u00e9alis\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es par les exigences de la Troika, en \u00e9change du refinancement de la dette, le PIB a chut\u00e9 de 25 % et le ch\u00f4mage a atteint 26 % en moyenne et 60 % pour les jeunes. Cela a conduit \u00e0 l\u2019appauvrissement d&rsquo;une grande partie de la population, avec de nombreuses expulsions et le taux de suicides le plus \u00e9lev\u00e9 en Europe. Tout ce sacrifice inhumain a \u00e9t\u00e9 consenti seulement pour approcher l&rsquo;\u00e9quilibre budg\u00e9taire et maintenant on devrait multiplier cette aust\u00e9rit\u00e9 et ces sacrifices pour arriver dans quelques ann\u00e9es \u00e0 3 % d&rsquo;exc\u00e9dent primaire qui permettrait d&rsquo;amortir au compte-gouttes la dette qui, \u00e0 ce rythme, mettra au mieux environ 50 ans pour s&rsquo;amortir. Cette dette est impayable et tous le savent mais avant que l\u2019in\u00e9vitable d\u00e9faut de paiement ne soit d\u00e9clar\u00e9, ils essaient de laisser la dette dans le patrimoine grec, obligeant en \u00e9change \u00e0 privatiser environ 50 milliards d&rsquo;euros qui iront annuler directement une partie de la dette. Autrement dit, le chemin qui reste \u00e0 accomplir, conform\u00e9ment aux exigences de la Troika, est de torturer le peuple avec plus d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, de liquider tous les biens de l&rsquo;\u00c9tat et ensuite, de toutes mani\u00e8res il y aura d\u00e9faut de paiement et dans ce cas, une sortie in\u00e9vitable de l&rsquo;euro.<\/p>\n<p>La Gr\u00e8ce a des \u00e9ch\u00e9ances constantes \u00e0 solder du fait des divers refinancements de l&rsquo;\u00e9norme dette et comme elle ne peut pas les payer avec son budget, elle doit les refinancer de fa\u00e7on permanente avec des paquets d&rsquo;aide de la Troika et cette aide se fait en \u00e9change de plus d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de coupes. Si la Gr\u00e8ce n&rsquo;acceptait pas les ajustements, la Troika ne refinancerait pas la dette et \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9ch\u00e9ance non pay\u00e9e, elle tomberait en d\u00e9faut de paiement. Si elle tombait en d\u00e9faut de paiement, elle ne recevrait plus de fonds d&rsquo;aucun type, auquel cas ses banques n&rsquo;auraient plus de liquidit\u00e9, puisque ce n\u2019est pas la Gr\u00e8ce mais la BCE qui imprime les euros et face \u00e0 cette possibilit\u00e9 il y aurait une course aux retraits bancaires et aux mesures \u00e9conomiques et tr\u00e8s vite le gouvernement devrait commencer \u00e0 payer les retraites et les salaires publics en \u00e9mettant une sorte de bon, qui en pratique serait comme une nouvelle monnaie. C&rsquo;est-\u00e0-dire que ce serait une sortie de l&rsquo;euro de fait, bien qu&rsquo;elle ne soit pas pr\u00e9vue dans l\u2019Union europ\u00e9enne. Cette situation est celle qui est arriv\u00e9e ces derniers jours, quand s\u2019est install\u00e9 les queues et les restrictions pour retirer des fonds des banques, de fa\u00e7on \u00e0 ce que Tsipras a d\u00fb aller n\u00e9gocier le nouvel accord sous la menace et malgr\u00e9 le r\u00e9sultat du r\u00e9f\u00e9rendum a fini par capituler par crainte de cons\u00e9quences pires. Tsipras a probablement cru qu&rsquo;avec l&rsquo;appui du r\u00e9f\u00e9rendum par lequel le peuple grec a vot\u00e9 non \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, il pourrait n\u00e9gocier avec plus de force face \u00e0 la Troika et infl\u00e9chir sa posture mais c\u2019est le contraire qui s\u2019est produit.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9 le gouvernement grec d\u00e9clarait d\u00e9j\u00e0 avant le r\u00e9f\u00e9rendum que son intention n\u2019\u00e9tait pas de sortir de l&rsquo;euro mais d\u2019infl\u00e9chir les ajustements du nouvel accord. Mais la faiblesse de cette posture a consist\u00e9 en ce que pr\u00e9cis\u00e9ment, s&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas dispos\u00e9s \u00e0 sortir de l&rsquo;euro, ils n&rsquo;avaient pas de plan B au cas o\u00f9 la Troika ne mod\u00e9rerait pas ses exigences, parce que l\u2019unique mani\u00e8re de rester dans l&rsquo;euro est de le faire avec l&rsquo;aide financi\u00e8re de la Troika qui pour cela a mis ses conditions.<\/p>\n<p>Il est clair que la situation est tr\u00e8s d\u00e9licate et il n\u2019existe pas de solution facile. N&rsquo;importe quelle solution aura son co\u00fbt, et il sera \u00e9lev\u00e9. Beaucoup comparent la situation de la Gr\u00e8ce \u00e0 celle qu\u2019a subie l&rsquo;Argentine entre fin 2001 et 2002 et effectivement il y a beaucoup de points communs. L&rsquo;Argentine avait \u00e0 cette \u00e9poque et depuis d\u00e9j\u00e0 quelques ann\u00e9es, un r\u00e9gime de convertibilit\u00e9 dans lequel un peso \u00e9quivalait \u00e0 un dollar. Cela avait provoqu\u00e9 une sur\u00e9valuation du peso qui faisait \u00e9norm\u00e9ment monter le prix des exportations et baisser le prix des importations, ce qui produisait une balance commerciale d\u00e9ficitaire, soutenue par l\u2019endettement, ainsi que par le d\u00e9ficit budg\u00e9taire. Le moment est arriv\u00e9 o\u00f9 la dette est devenue impayable, plus aucun financement n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 obtenu pour refinancer la dette, cela a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une course aux retraits bancaires et de changes qui a conduit \u00e0 un gel global des avoirs connus comme le corralito. Le pays est alors tomb\u00e9 en d\u00e9faut de paiement et ensuite il a fallu abroger la convertibilit\u00e9 et d\u00e9valuer la monnaie de 300 %. La crise sociale a \u00e9t\u00e9 \u00e9norme, il y a eu un appauvrissement de grande ampleur de la population, le ch\u00f4mage a augment\u00e9 et il y a eu de nombreuses actions en justice quand les d\u00e9p\u00f4ts, les dettes et les cr\u00e9dits qui \u00e9taient d\u00e9finis en dollars ont \u00e9t\u00e9 transform\u00e9s en pesos. Mais au bout d\u2019un an, l&rsquo;Argentine a commenc\u00e9 \u00e0 se relever. Gr\u00e2ce \u00e0 cette d\u00e9valuation l&rsquo;industrie a \u00e9t\u00e9 reconstitu\u00e9e et s\u2019est substitu\u00e9e aux importations. Le march\u00e9 interne a \u00e9t\u00e9 relanc\u00e9 et il y a eu une croissance des exportations qui ont apport\u00e9es des devises. Ensuite en 2005, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre relev\u00e9 et quand l&rsquo;\u00e9conomie a connu des forts taux de croissance, le gouvernement a ren\u00e9goci\u00e9 la dette qui \u00e9tait en d\u00e9faut de paiement, avec une remise des presque deux tiers de la dette initiale.<\/p>\n<p>Tsipras conna\u00eet certainement cet exemple que citent \u00e9galement les prix Nobel d\u2019\u00e9conomie, Krugman et Stiglitz, alors qu\u2019ils critiquent l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u00e0 laquelle on soumet la Gr\u00e8ce et sugg\u00e8rent, dans le cas de Krugman, que la sortie de l&rsquo;euro serait une solution. Mais il faut aussi rappeler quelque chose pour comprendre les doutes de Tsipras : le pr\u00e9sident Kirchner, qui a \u00e9t\u00e9 celui qui a gouvern\u00e9 pendant la p\u00e9riode de la remont\u00e9e de la croissance en Argentine d\u00e8s 2003, a d\u2019une certaine mani\u00e8re trouv\u00e9 le chemin balis\u00e9 par rapport aux d\u00e9cisions \u00e9conomiques drastiques, parce que pr\u00e9c\u00e9demment \u00e0 son arriv\u00e9e, il y a eu un autre pr\u00e9sident qui s&rsquo;est trouv\u00e9 forc\u00e9 d\u2019imposer les restrictions aux d\u00e9p\u00f4ts bancaires, et a fini par d\u00e9missionner au milieu du chaos social. Un second pr\u00e9sident a d\u00fb d\u00e9clarer le d\u00e9faut de paiement et a d\u00e9missionn\u00e9 quelques jours apr\u00e8s et le troisi\u00e8me pr\u00e9sident est celui qui a d\u00e9cid\u00e9 la sortie de la convertibilit\u00e9 et bien qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 au pouvoir seulement un an et demi jusqu&rsquo;\u00e0 le remettre \u00e0 Kirchner, il a pris sa retraite avec une tr\u00e8s mauvaise image publique. Autrement-dit la crise a d\u00e9vor\u00e9 trois pr\u00e9sidents malgr\u00e9 le fait qu\u2019ils n\u2019ont pas eu le choix sur les mesures qu&rsquo;ils ont prises parce que le pays n\u2019avait plus de devises pour payer la dette et pour soutenir la convertibilit\u00e9. Pour Tsipras il est difficile de discerner si en repoussant les exigences de la Troika et en sortant de l&rsquo;euro, il finirait par \u00eatre le dirigeant qui aura conduit la Gr\u00e8ce \u00e0 son redressement ou si le chaos initial le d\u00e9vorera et quand la Gr\u00e8ce verra la lumi\u00e8re \u00e0 la fin du tunnel, lui sera d\u00e9j\u00e0 un cadavre politique et celui qui gouvernera sera peut-\u00eatre du parti politique d\u2019opposition.<\/p>\n<p>Par ailleurs, nous pouvons dire que la situation \u00e9conomique de la Gr\u00e8ce, est encore pire que celle de l&rsquo;Argentine de ces ann\u00e9es-l\u00e0. Non seulement parce que la dette est plus grande, tant nominalement que par rapport au PIB, mais surtout parce que la Gr\u00e8ce n&rsquo;a pas le potentiel productif qu\u2019avait l&rsquo;Argentine, avec une industrie qui fonctionnait \u00e0 30 % de sa capacit\u00e9, cons\u00e9quence de l&rsquo;essor des importations sous le r\u00e9gime de convertibilit\u00e9 et qui s\u2019est retendu comme un ressort d\u00e8s la sortie de ce r\u00e9gime\u00a0; de plus parce que l&rsquo;Argentine a une grande capacit\u00e9 exportatrice de produits alimentaires.<\/p>\n<p>Donc, \u00e9conomiquement parlant, la reprise en Gr\u00e8ce apr\u00e8s une sortie hypoth\u00e9tique de l&rsquo;euro serait s\u00fbrement un peu plus lente que celle de l&rsquo;Argentine, mais impliquera toujours une am\u00e9lioration substantielle par rapport \u00e0 la situation actuelle, en particulier avec un avenir plein de possibles.<\/p>\n<p>Par ailleurs, il faut \u00e9galement dire, en continuant avec les comparaisons, que la situation g\u00e9opolitique de la Gr\u00e8ce, est plus avantageuse que celle de l&rsquo;Argentine quand sa crise a \u00e9clat\u00e9. \u00c0 ce moment-l\u00e0, le pays sud-am\u00e9ricain \u00e9tait extr\u00eamement isol\u00e9, surtout de la part des grandes puissances\u00a0; il a pu disposer seulement de l&rsquo;appui de quelques pays d&rsquo;Am\u00e9rique latine et fut oblig\u00e9 de subsister et de g\u00e9n\u00e9rer de la croissance en comptant exclusivement sur ses propres ressources. En revanche la Gr\u00e8ce pourrait avoir recours \u00e0 d&rsquo;autres strat\u00e9gies de politique internationale pour obtenir une sortie de l&rsquo;euro plus contr\u00f4l\u00e9e. Bien que l\u2019Union europ\u00e9enne a fini par approuver l\u2019augmentation des exigences d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, il y a des postures diff\u00e9rentes entre ses membres et \u00e0 m\u00eame \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la Troika. Le FMI, lui-m\u00eame argue qu\u2019il faudrait r\u00e9organiser la dette qui est impayable. Outre la zone euro, la Russie a d\u00e9j\u00e0 manifest\u00e9 son offre d&rsquo;appui \u00e0 la Gr\u00e8ce, et cela pourrait aussi se propager \u00e0 la Chine. Les \u00c9tats-Unis sont extr\u00eamement vigilants parce qu&rsquo;ils consid\u00e8rent aussi que les exigences en Gr\u00e8ce sont non viables et sont surtout pr\u00e9occup\u00e9s parce que ce pays occupe une position strat\u00e9gique pour l&rsquo;OTAN et ils ne verraient pas d\u2019un bon \u0153il son rapprochement avec la Russie. Nous entendons par l\u00e0 que la sortie de l&rsquo;euro ne serait pas n\u00e9cessairement si traumatique que s\u2019il s\u2019agissait d&rsquo;un d\u00e9nouement forc\u00e9 dans un contexte de d\u00e9bandade financi\u00e8re. Dans le cas de l&rsquo;Argentine, d\u00e9j\u00e0 en 1998 il y avait des indicateurs de ce qui pouvait se passer dans le futur et le Parti Humaniste a \u00e9t\u00e9 le seul \u00e0 proposer une sortie contr\u00f4l\u00e9e du r\u00e9gime de convertibilit\u00e9. S&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 de cette fa\u00e7on, peut-\u00eatre que le chaos social de 2001 et 2002 aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9. Cependant, on a insist\u00e9 jusqu&rsquo;au dernier moment avec ce r\u00e9gime non viable et la sortie a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e et compliqu\u00e9e. Nous consid\u00e9rons que la Gr\u00e8ce dispose des conditions pour \u00e9laborer une strat\u00e9gie politique en cherchant des alli\u00e9s qui l&rsquo;appuient financi\u00e8rement pour former un niveau de r\u00e9serves dans des devises fortes qui lui permettent de revenir au drachme sans tomber dans une hyperinflation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li><strong><em> La sortie de l&rsquo;euro est-elle la seule solution ? <\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Comme nous l\u2019avons dit, le probl\u00e8me de fond r\u00e9side dans le fait que l&rsquo;int\u00e9gration europ\u00e9enne n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue \u00e0 la mesure des peuples mais \u00e0 la mesure du capital financier et des multinationales. Par cons\u00e9quent il est tr\u00e8s difficile que depuis l\u2019Union europ\u00e9enne, d&rsquo;autres types de solutions surgissent. Mais bien s\u00fbr que s&rsquo;ils r\u00e9fl\u00e9chissaient et s\u2019ils d\u00e9cidaient de reformuler les paradigmes de la r\u00e9gion, il y a d&rsquo;autres solutions possibles, non seulement pour la Gr\u00e8ce mais pour d\u2019autres pays en crise. Il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 d\u2019\u00e9mettre des euro-obligations pour restructurer et refinancer les dettes des pays en situation d\u2019urgence, mais cela a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9. L&rsquo;Allemagne et ses faucons alli\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l\u2019Union europ\u00e9enne refusent que la BCE engendre une expansion mon\u00e9taire pour financer le rachat des dettes, en arguant que dans ce cas on n\u2019atteindrait pas les objectifs de 2 % maximum d&rsquo;inflation \u00e0 laquelle ils pr\u00e9tendent pour la zone euro. Certains affirment que l&rsquo;Allemagne craint le d\u00e9veloppement de l&rsquo;inflation suite \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience hyper-inflationniste traumatisante dont elle a souffert apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale et qui a favoris\u00e9 le surgissement du nazisme. Mais cet argument semble peu cr\u00e9dible parce qu&rsquo;on parle de quelque chose qui est arriv\u00e9 il y a presque un si\u00e8cle, dans une conjoncture totalement diff\u00e9rente. L\u2019unique raison qui explique tant de r\u00e9serves pour utiliser une politique mon\u00e9taire plus expansionniste, qui pourrait encore temporairement faire augmenter l&rsquo;inflation tout au plus de 2 ou 3 points dans la zone euro, est la protection qui veut \u00eatre offerte aux secteurs ayant des actifs financiers importants, qui seraient d\u00e9valoris\u00e9s.<\/p>\n<p>On ne sort pas des r\u00e9cessions avec davantage d&rsquo;ajustements et d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, on en sort avec des politiques actives. La BCE doit accomplir son r\u00f4le, en absorbant une partie importante des dettes des pays et en finan\u00e7ant l\u2019investissement et la consommation pour stimuler la reprise \u00e9conomique. Cela aurait pour co\u00fbt une d\u00e9valuation de l&rsquo;euro, pour laquelle les pertes seraient partag\u00e9es entre des pays d\u00e9biteurs et non d\u00e9biteurs, parce que l\u2019accent devrait \u00eatre mis sur la solidarit\u00e9 entre les membres de l\u2019Union europ\u00e9enne et non sur le calcul mesquin. Mais il semble que le paradigme de la solidarit\u00e9 ne soit pas le fleuron de cette conformation r\u00e9gionale, dans laquelle les pays ayant des probl\u00e8mes doivent les r\u00e9soudre par leurs propres moyens. Pour le moment c&rsquo;est sous ce conditionnement que la Gr\u00e8ce doit choisir ses solutions, et elles ne sont pas autres que : ou l&rsquo;agonie de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, pour finir de toute fa\u00e7on t\u00f4t ou tard par une sortie in\u00e9vitable ou une sortie volontaire de la mani\u00e8re la plus contr\u00f4l\u00e9e possible.<\/p>\n<p>Paul Krugman (prix Nobel d&rsquo;\u00e9conomie) qui doutait auparavant qu\u2019il convienne que la Gr\u00e8ce sorte de l&rsquo;euro, a r\u00e9cemment d\u00e9clar\u00e9 que c\u2019\u00e9tait la solution et a dit qu\u2019en tenant en compte des difficult\u00e9s par lesquelles passent les Grecs, il vaut mieux sortir de l&rsquo;euro pour au moins avoir les avantages d\u2019une telle sortie, plut\u00f4t que l&rsquo;enfer dans lequel ils sont d\u00e9j\u00e0 maintenant.<\/p>\n<p>Mais en r\u00e9alit\u00e9 il ne s&rsquo;agit pas seulement du fait que face \u00e0 l&rsquo;impossibilit\u00e9 de payer la dette, la Gr\u00e8ce tombe en d\u00e9faut de paiement et soit pouss\u00e9e vers la sortie de la zone euro puisqu&rsquo;elle ne pourrait plus recevoir d&rsquo;euros de la BCE. Il ne s&rsquo;agit pas non plus uniquement que la Gr\u00e8ce renonce \u00e0 payer sa dette \u00e0 cause de la faim de son peuple et que cette d\u00e9cision l\u2019oblige \u00e0 abandonner la zone euro. Il s&rsquo;agit plus pr\u00e9cis\u00e9ment que l&rsquo;un des facteurs principaux pour lesquels la Gr\u00e8ce s&rsquo;est endett\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 d\u2019avoir une monnaie commune avec d&rsquo;autres nations avec lesquelles elle ne peut pas concourir. La sortie de l&rsquo;euro, ind\u00e9pendamment de la situation de la dette, permettra \u00e0 la Gr\u00e8ce d\u2019am\u00e9liorer sa balance commerciale, d\u2019augmenter ses exportations et de renforcer encore plus le tourisme, en engendrant de plus grandes recettes et plus d\u2019emplois.<\/p>\n<p>Nous pourrions aussi nous demander si pour am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres solutions que la sortie de l&rsquo;euro. Nous revenons \u00e0 la m\u00eame chose\u00a0: si la zone euro \u00e9tait construite sur la base de la solidarit\u00e9, le r\u00f4le de la BCE devrait \u00eatre de mettre en avant des politiques expansionnistes, non seulement pour diminuer l&rsquo;endettement de certains pays, mais aussi pour inciter le d\u00e9veloppement, et ce d\u00e9veloppement devrait \u00eatre planifi\u00e9 dans l&rsquo;enceinte de l\u2019Union europ\u00e9enne en mettant la priorit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration des pays les moins d\u00e9velopp\u00e9s. Cela devrait \u00eatre dans ce cadre et dans cette dynamique que pourraient \u00eatre faites les corrections budg\u00e9taires qui aideraient la Gr\u00e8ce \u00e0 diminuer le poids de l\u2019\u00c9tat sur son \u00e9conomie. Parce que dans une \u00e9conomie en d\u00e9veloppement, il est possible de diminuer l&#8217;emploi public et de le d\u00e9placer vers l&rsquo;\u00e9conomie priv\u00e9e, sans affecter le niveau d&#8217;emploi. Alors, on attaquerait le probl\u00e8me par plusieurs flancs et on pourrait am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9 sans sortir de l&rsquo;euro. Mais ce serait une aspiration qui ne correspond pas aux priorit\u00e9s actuelles de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>En fin de compte, bien s\u00fbr qu\u2019il serait possible de r\u00e9soudre le sujet de l&rsquo;endettement de la Gr\u00e8ce sans sortir de la zone euro. Bien s\u00fbr qu\u2019on pourrait compenser les asym\u00e9tries par le d\u00e9veloppement, pour que la monnaie commune ne d\u00e9s\u00e9quilibre pas la balance commerciale de certains pays. Mais cette possibilit\u00e9 est maintenant tr\u00e8s loin des intentions de la plupart des membres de l\u2019Union europ\u00e9enne, de sorte que la meilleure solution laiss\u00e9e \u00e0 la Gr\u00e8ce est la sortie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"5\">\n<li><strong><em> Quelles cons\u00e9quences aurait le Grexit ?<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Bien s\u00fbr, rien ne sera facile, et n&rsquo;importe quelle d\u00e9cision sera difficile et apportera des probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9soudre. Mais avec la sortie de l&rsquo;euro il y aura une lumi\u00e8re \u00e0 la fin du tunnel alors que dans le chemin de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 croissante, seul se visualise l&rsquo;ab\u00eeme.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des premiers probl\u00e8mes du grexit est la pression de la fuite de capitaux, vu que 42 milliards sont d\u00e9j\u00e0 partis durant les 9 derniers mois et on suppose que si la Gr\u00e8ce retourne \u00e0 la drachme, il y aurait une d\u00e9bandade, puisque tout le monde irait dans les banques retirer ses euros. C&rsquo;est certain mais pour cela, il existe les m\u00e9canismes de contr\u00f4le d&rsquo;entr\u00e9e et de sortie des devises qui, comme mesure d\u2019exception, peuvent \u00eatre mis en \u0153uvre, comme cela s\u2019est fait dans d&rsquo;autres pays. Bien s\u00fbr qu\u2019il existera de toute fa\u00e7on une fuite et bien s\u00fbr qu\u2019il existera des plaintes et des protestations de milliers d\u2019\u00e9pargnants du fait des restrictions. Il y aura de fortes turbulences les premiers temps.<\/p>\n<p>Un autre probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre est le th\u00e8me logistique, puisqu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas seulement de la d\u00e9valuation d&rsquo;une monnaie d\u00e9j\u00e0 existante, mais de frapper la nouvelle monnaie, de la faire parvenir partout, d\u2019adapter les syst\u00e8mes d\u2019informations et les guichets automatiques ; une complexit\u00e9 logistique qui arrivera durant les premiers mois et obligera \u00e0 une transition difficile.<\/p>\n<p>Les dettes des Grecs entre eux et les dettes des Grecs avec l&rsquo;ext\u00e9rieur repr\u00e9senteront un autre conflit. \u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur ce sont les cr\u00e9anciers qui protesteront\u00a0: ceux qui leur devaient des euros les paieront maintenant en drachmes et ainsi leurs cr\u00e9dits fondraient. Ceux qui ont des dettes \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, soit auront beaucoup \u00e0 \u00e9conomiser pour pouvoir les payer, puisque leurs recettes seront en drachmes et leurs dettes resteront en euros, soit ils entreront en cessation de paiement jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu\u2019on retrouve des prix relatifs.<\/p>\n<p>La Gr\u00e8ce importe beaucoup de produits, en incluant les aliments et les m\u00e9dicaments, et sa balance commerciale est d\u00e9ficitaire, ainsi avec la sortie de l&rsquo;euro il existera une hausse des produits import\u00e9s et par cons\u00e9quent une baisse du pouvoir d\u2019achat de la population par rapport au reste de la zone euro. Bien s\u00fbr que cette paup\u00e9risation pourra \u00eatre r\u00e9partie dans les diff\u00e9rents secteurs, suivant comment le gouvernement g\u00e8rera son budget en drachmes, en assistant les plus d\u00e9munis. Contrairement \u00e0 la situation actuelle, dans laquelle ceux qui restent sans emploi assument la partie la pire, la d\u00e9valuation redistribuera mieux les charges et cette paup\u00e9risation sera \u00e0 assumer entre tous jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;\u00e9conomie commence \u00e0 se redresser et \u00e0 aller mieux et alors il sera possible de se refaire une situation.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences positives de la sortie de l&rsquo;euro seront importantes, bien que cela ne portera ses fruits que plus tard. La Gr\u00e8ce est un pays avec des co\u00fbts relativement faibles, de sorte que renforcer encore plus son tourisme et l&rsquo;exportation de quelques produits, impliquera une entr\u00e9e importante de devises qui aidera \u00e0 \u00e9quilibrer la balance commerciale et stabilisera le taux de change. Il y aura plus d&#8217;emplois dans les secteurs li\u00e9s au tourisme et \u00e0 l&rsquo;exportation et il y aura des opportunit\u00e9s de substituer quelques importations.<\/p>\n<p>Comme on pr\u00e9tend que si la Gr\u00e8ce sort de l&rsquo;euro c\u2019est aussi parce qu&rsquo;elle est entr\u00e9e en d\u00e9faut de paiement, alors pendant une longue p\u00e9riode on ne s&rsquo;occupera pas non plus de sa dette ext\u00e9rieure, ce qui lui apportera des probl\u00e8mes de financement ext\u00e9rieur et quelques conflits politiques mais au moins l&rsquo;actuelle saign\u00e9e se sera arr\u00eat\u00e9e. Ils devront vivre avec leurs propres ressources, mais ils n&rsquo;auront pas \u00e0 s&rsquo;adapter encore plus pour rembourser des dettes impayables. De plus, la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire et la propre gestion de sa politique \u00e9conomique, permettront au gouvernement de mettre en ad\u00e9quation le budget public en fonction du d\u00e9veloppement. Pour cela ils auront in\u00e9vitablement \u00e0 am\u00e9liorer le syst\u00e8me fiscal et \u00e0 assainir l&rsquo;administration publique.<\/p>\n<p>Nous pourrions r\u00e9sumer en disant qu&rsquo;actuellement les Grecs se sont appauvris lentement et progressivement et si la tendance continue ainsi, cela ne fera qu\u2019empirer et de toute fa\u00e7on ils ne r\u00e9ussiront pas \u00e0 payer la dette, pour laquelle ils auront privatis\u00e9 tout leur patrimoine, et quand ils n&rsquo;auront plus rien ils tomberont en d\u00e9faut de paiement et sortiront de l&rsquo;euro de force mais dans un \u00e9tat bien pire que maintenant. Alors que s&rsquo;ils sortent de l&rsquo;euro maintenant, ils passeront par une p\u00e9riode difficile mais peu \u00e0 peu ils se redresseront et ensuite conna\u00eetront \u00e0 nouveau la croissance, en augmentant le nombre d&#8217;emplois et le niveau de vie\u00a0; peut-\u00eatre pas le niveau de vie dont certains ont profit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la dette mais un niveau meilleur que celui qu&rsquo;ils ont maintenant avec l\u2019aust\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pressenza publie l\u2019\u00e9tude compl\u00e8te de Guillermo Sullings sur la situation en Gr\u00e8ce. 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