{"id":1674085,"date":"2022-10-08T00:28:01","date_gmt":"2022-10-07T23:28:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pressenza.com\/?p=1674085"},"modified":"2022-10-08T00:28:01","modified_gmt":"2022-10-07T23:28:01","slug":"chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-iv","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/10\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-iv\/","title":{"rendered":"Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre \u2013 partie IV"},"content":{"rendered":"<p><i>Le dernier volet de cette s\u00e9rie de quatre chroniques sur les disparitions forc\u00e9es \u00e0 Antioquia, nous emm\u00e8ne sur les chemins qu&rsquo;a emprunt\u00e9s Geovany au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 2002, avant de laisser un vide dans le c\u0153ur de sa m\u00e8re, Ruth del Socorro.<\/i><\/p>\n<div dir=\"ltr\" data-setdir=\"false\">\n<div>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Ne pleure plus pour moi\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Geovany !\u00a0\u00bb, ai-je cri\u00e9 \u00e0 un jeune homme qui marchait dans une rue pr\u00e8s de la station San Antonio, dans le centre de Medell\u00edn. J&rsquo;ai travers\u00e9 aussi vite que je le pouvais, pour rejoindre l&rsquo;autre trottoir et pouvoir le voir en face \u00e0 face. J&rsquo;ai cru que mon coeur allait sortir de ma bouche. Quand je l&rsquo;ai atteint, je l&rsquo;ai attrap\u00e9 par le bras avec force. Le jeune homme s&rsquo;est retourn\u00e9 pour me regarder et, \u00e0 ce moment-l\u00e0, je me suis rendu compte que ce n&rsquo;\u00e9tait pas mon fils. Geovany a disparu le 4 janvier 2002 \u00e0 San Antonio de Prado, une commune de Medell\u00edn\u00a0\u00bb. Et ce n&rsquo;\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois que cela arrivait \u00e0 Ruth del Socorro Calle Rivera.<\/p>\n<p>Ruth confectionnait et reprenait des v\u00eatements pour hommes et femmes dans le centre de Medell\u00edn. Lorsque Ruth quittait son travail \u00e0 six heures du soir, il \u00e9tait fr\u00e9quent qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9loigne de la route qui devait la conduire \u00e0 son arr\u00eat de bus, parce qu&rsquo;elle croyait voir son fils a\u00een\u00e9 Geovany Montoya Calle, 23 ans, parmi plusieurs gar\u00e7ons qui marchaient sur la route.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas facile pour Ruth del Socorro de parler de ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 son fils. C&rsquo;est pourquoi le 3 mars 2020, \u00e0 9h30, elle s&rsquo;est assise, comme elle le fait depuis 17 ans, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du bureau o\u00f9 sont pris en charge les proches des victimes de disparition forc\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Association Madres de la Candelaria. Ce jour-l\u00e0, elle s&rsquo;assoit pour raconter ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 Geovany.<\/p>\n<p>Ruth est une femme de 62 ans qui est n\u00e9e \u00e0 Medell\u00edn et y a v\u00e9cu toute sa vie. Elle porte les cheveux courts et mesure environ 1,60 m\u00e8tre. Ses grosses lunettes masquent son regard triste ; elle parle lentement et ne quitte pas sa maison sans la photo de son fils Geovany. Elle date de l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 il faisait son service militaire. Pour elle, ce moment lui a appris \u00e0 devenir un homme responsable. Ruth a eu trois autres enfants : Lina Marcela, Eduardo et Michael, mais comme il est son tout premier, elle le d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0la prunelle de ses yeux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les larmes commencent \u00e0 couler sur ses joues. Elle se l\u00e8ve de sa chaise, angoiss\u00e9e, et va \u00e0 la cuisine chercher un verre d&rsquo;eau. \u00c0 son retour, elle apporte une bo\u00eete de mouchoirs et dit entre deux sanglots : \u00ab\u00a0Depuis que Geovany est parti, je suis devenue tr\u00e8s sensible, je pleure chaque fois que je vois aux informations qu&rsquo;une fosse commune a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte. Parfois je pense que mon fils pourrait s&rsquo;y trouver\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b> <\/b><strong>Caf\u00e9, cigarettes et solitude<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\" data-setdir=\"false\">\n<div>\n<p>En 2002, Ruth a non seulement perdu son fils,\u00a0 \u00e0 qui elle avait donn\u00e9 la vie \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de vingt ans, mais elle a \u00e9galement perdu son emploi. L&rsquo;entreprise dans laquelle elle travaillait lui avait donn\u00e9 quinze jours pour tenter de faire face \u00e0 la disparition de son fils, mais le stress et la d\u00e9pression ne lui ont pas permit de revenir.<\/p>\n<p>Ruth est devenue ch\u00f4meuse, et a accompagn\u00e9 ses journ\u00e9es de caf\u00e9 et de cigarettes. Elle ne mangeait pas, pleurait toute la journ\u00e9e et ne quittait pas sa maison du quartier de Santa Monica, avec l&rsquo;espoir que Geovany frappe \u00e0 la porte. La nuit venue, elle demandait \u00e0 sa fille Lina Mar\u00eda Vargas Calle de la pr\u00e9venir si quelqu&rsquo;un frappait \u00e0 la porte,\u00a0 pour qu&rsquo;elle puisse ouvrir et accueillir son fils a\u00een\u00e9. Malheureusement, cela fait 18 ans et il n&rsquo;a jamais frapp\u00e9 \u00e0 la porte de chez Ruth.<\/p>\n<p>Pendant les deux mois qui ont suivi, Ruth est rest\u00e9e seule \u00e0 la maison, tandis que ses trois autres enfants et son mari travaillaient, c&rsquo;est devenu une r\u00e9elle souffrance pour elle. Cette solitude l&rsquo;effrayait car elle lui rappelait que son fils n&rsquo;est plus l\u00e0 et elle se rem\u00e9morait ce r\u00e9veillon 2001, le dernier que Geovany a partag\u00e9 avec elle. Ruth se souvient que ce jour-l\u00e0, il portait des v\u00eatements qu&rsquo;elle lui avait offert : des bottines noires, un pantalon beige, une chemise bleu fonc\u00e9e boutonn\u00e9e sur un T-shirt blanc.<\/p>\n<p>Geovany \u00e9tait un jeune homme \u00e0 la carrure mince, au teint blanc et aux yeux marron, selon la photographie que sa m\u00e8re garde avec elle. Il avait termin\u00e9 son service militaire dans le quatri\u00e8me r\u00e9giment d&rsquo;artillerie de l&rsquo;arm\u00e9e, situ\u00e9 dans la Comuna 9 (Buenos Aires), \u00e0 Medell\u00edn. \u00c0 son retour, il a exerc\u00e9 divers m\u00e9tiers, principalement dans la construction. Sa m\u00e8re se souvient qu&rsquo;il \u00e9tait passionn\u00e9 par les femmes et aimait sortir faire la f\u00eate avec Diana, sa petite amie, et ses amis, qui le surnommaient \u00ab\u00a0le Noir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Le dernier petit-d\u00e9jeuner<\/strong><\/p>\n<p>Le 3 janvier 2002 , lors de la derni\u00e8re conversation entre Ruth et Geovany avant qu&rsquo;il ne parte chez sa grand-m\u00e8re \u00e0 San Antonio de Prado, vereda La Verde, au lieu-dit \u00ab\u00a0las escalas\u00a0\u00bb, elle lui a dit, apr\u00e8s avoir senti son fils a\u00een\u00e9 pensif pendant le r\u00e9veillon du Nouvel An : \u00ab\u00a0Ecoute-moi, si tu as des probl\u00e8mes, tu peux m&rsquo;en parler. Je suis ta m\u00e8re, ton amie et je peux te donner des conseils\u00a0\u00bb. Ce \u00e0 quoi Geovany a r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0Non maman, en tant qu&rsquo;homme, je dois faire face aux choses que je fais. Je n&rsquo;ai pas \u00e0 vous apporter de honte ou de souffrances. Si je fais quelque chose, j&rsquo;assume les cons\u00e9quences. Depuis ce jour, Ruth comprend qu&rsquo;elle peut dire qui sont ses enfants \u00e0 la maison, mais pas \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;au 3 janvier 2002, Geovany l&rsquo;appelait tous les jours et prenait de ses nouvelles. Mais <span dir=\"ltr\">\u00e0 partir du 4 janvier<\/span>, elle n&rsquo;a plus eu de nouvelles de lui jusqu&rsquo;\u00e0 ce soir o\u00f9 Diana l&rsquo;a appel\u00e9e pour lui dire : \u00ab\u00a0Do\u00f1a Ruth, Geovany a disparu\u00a0\u00bb. Elle a essay\u00e9 de ne pas s&rsquo;\u00e9nerver et a demand\u00e9 \u00e0 Diana d&rsquo;attendre le lendemain.<\/p>\n<p>Cette nuit-l\u00e0, Ruth n&rsquo;a pas pu dormir et, \u00e0 7 heures du matin le 5 janvier 2002, elle appela Diana :\u00a0 Geovany n&rsquo;\u00e9tait pas venu chez elle ni chez sa grand-m\u00e8re. Alors Ruth Calle se pr\u00e9para et se rendit \u00e0 San Antonio de Prado chez sa m\u00e8re, Luz Elena. A son arriv\u00e9e, elle demanda \u00e0 sa m\u00e8re des nouvelles de son fils a\u00een\u00e9, mais elle ne put la renseigner davantage.<\/p>\n<p>Luz Elena, la grand-m\u00e8re de Geovany, est une femme de 82 ans aux cheveux courts blancs, et ayant des difficult\u00e9s \u00e0 marcher. Elle se souvient que son petit-fils s&rsquo;est lev\u00e9 plus t\u00f4t que d&rsquo;habitude <span dir=\"ltr\">le 4 janvier<\/span>, avant sept heures du matin, pour se rendre chez sa petite amie. Avant de quitter la maison, il lui a dit : \u00ab\u00a0Au revoir Grand-M\u00e8re\u00a0\u00bb, et elle lui a r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0Attends, prenons notre petit d\u00e9jeuner ensemble, ensuite tu pourras partir. Le petit-d\u00e9jeuner n&rsquo;attend pas\u00a0\u00bb. Mais il a r\u00e9pondu qu&rsquo;il allait chez Diana et qu&rsquo;il reviendrait prendre son petit d\u00e9jeuner apr\u00e8s. De son c\u00f4t\u00e9, Diana a racont\u00e9 \u00e0 Ruth que ce matin-l\u00e0, lorsque Geovany est arriv\u00e9 chez elle, elle l&rsquo;a invit\u00e9 \u00e0 prendre un petit-d\u00e9jeuner, mais il lui a r\u00e9pondu qu&rsquo;il prendrait quelque chose de tr\u00e8s l\u00e9ger car il avait convenu avec sa grand-m\u00e8re de prendre le petit-d\u00e9jeuner avec elle.<\/p>\n<p>Avant que Diana ne pr\u00e9pare le caf\u00e9, un gar\u00e7on qu&rsquo;elle n&rsquo;avait vu que deux fois a frapp\u00e9 \u00e0 la porte et a demand\u00e9 \u00e0 voir Geovany. Il est sorti pour voir qui voulait lui parler. Le jeune homme lui a demand\u00e9 s&rsquo;il avait une paire de tennis \u00e0 lui pr\u00eater. Il lui a dit oui, et qu&rsquo;il passerait dans un petit moment pour les lui apporter. Malgr\u00e9 \u00e7a, le gar\u00e7on a invit\u00e9 \u00ab\u00a0le N\u00e8gre\u00a0\u00bb \u00e0 prendre un soda et \u00e0 discuter dans la rue. Diana a racont\u00e9 \u00e0 Ruth qu&rsquo;\u00e0 ce moment-l\u00e0, elle a expliqu\u00e9 au jeune homme que Geovany allait d&rsquo;abord prendre son petit-d\u00e9jeuner et qu&rsquo;ensuite il lui apporterait. Cependant, Geovany accepta l&rsquo;invitation du jeune homme et, malgr\u00e9 l&rsquo;insistance de Diana pour qu&rsquo;il n&rsquo;y aille pas, il dit simplement : \u00ab\u00a0Pr\u00e9parez le petit d\u00e9jeuner, j&rsquo;y vais maintenant, je ne serai pas long. Je vais voir ce que veut ce gars\u00a0\u00bb. C&rsquo;est la derni\u00e8re fois qu&rsquo;elle a entendu parler de son petit ami.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir entendu l&rsquo;histoire de Diana, Ruth lui a demand\u00e9 d&rsquo;appeler le gar\u00e7on avec lequel Geovany \u00e9tait parti ou de lui dire o\u00f9 il vivait. Mais la petite amie de son fils lui r\u00e9pondit qu&rsquo;elle ne connaissait pas le gar\u00e7on, qu&rsquo;elle l&rsquo;avait seulement vu saluer \u00ab\u00a0le N\u00e8gre\u00a0\u00bb quelques fois. Tout ce qu&rsquo;elle savait, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;appelait \u00ab\u00a0El Zarco\u00a0\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait un jeune homme blond \u00e0 la peau claire, mesurant entre 1,65 et 1,70 m, qui vivait \u00e0 Manrique, mais passait la plupart de son temps \u00e0 San Antonio de Prado. Compte tenu du peu d&rsquo;informations que Ruth put obtenir des voisins sur l&rsquo;endroit o\u00f9 se trouvait son fils a\u00een\u00e9, elle se rendit t\u00f4t le matin du 6 janvier 2002 \u00e0 l&rsquo;inspection de la police pour d\u00e9poser une plainte. On l&rsquo;informa alors qu&rsquo;elle devait d\u00e9poser sa plainte aupr\u00e8s du bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral situ\u00e9 \u00e0 La Alpujarra, dans le centre de Medell\u00edn.<\/p>\n<p><strong>Un cri pour Geovany<\/strong><\/p>\n<p>La plainte d\u00e9pos\u00e9e, son dossier a \u00e9t\u00e9 mis dans la pile des nombreux cas de disparition forc\u00e9e, et dix ann\u00e9es se sont ainsi \u00e9coul\u00e9es sans que l&rsquo;enqu\u00eate sur la disparition de Geovany n&rsquo;avance. Un an et cinq mois apr\u00e8s le d\u00e9p\u00f4t de plainte, Martha, une amie de Ruth rencontr\u00e9e lorsqu&rsquo;elle \u00e9tait all\u00e9e rendre visite \u00e0 son fils au r\u00e9giment pendant que Geovany faisait son service militaire, l&rsquo;a appel\u00e9e pour lui dire que son fils Miguel avait \u00e9galement disparu et qu&rsquo;elle \u00e9tait aid\u00e9e par une association.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que le 20 juin 2003, Ruth et Martha se sont jointes \u00e0 l&rsquo;un des sit-in de l&rsquo;association Caminos de Esperanza Madres de la Candelaria, qui ont lieu chaque mercredi devant l&rsquo;\u00e9glise de la Candelaria, en face du parc Berr\u00edo, dans le centre de Medell\u00edn. Ce jour-l\u00e0, \u00e0 quatre heures de l&rsquo;apr\u00e8s-midi, Ana de Dios Zapata s&rsquo;est occup\u00e9e du cas de Ruth et a re\u00e7u une copie de la plainte d\u00e9pos\u00e9e au bureau du procureur.<\/p>\n<p>Le lundi 23 juin 2003, Ana Zapata a accompagn\u00e9 Ruth Calle au Bureau du Procureur et du Personnel de Medell\u00edn pour d\u00e9poser la plainte de la disparition forc\u00e9e de Geovany aupr\u00e8s de ces entit\u00e9s. La premi\u00e8re semaine de juillet 2003, elles sont toutes deux aller faire le test ADN de Ruth.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir lanc\u00e9 ces proc\u00e9dures, Ruth a commenc\u00e9 \u00e0 participer aux ateliers de pardon et de r\u00e9conciliation propos\u00e9s par Madres de la Candelaria. Elle y a rencontr\u00e9 d&rsquo;autres m\u00e8res qui, comme elle, vivent leurs journ\u00e9es sans savoir ce que leurs proches disparus sont devenus. Elle a trouv\u00e9 quelqu&rsquo;un \u00e0 qui parler de son d\u00e9sespoir, de sa peur de ne jamais retrouver son fils, de son impuissance \u00e0 faire plus et de son sentiment d&rsquo;avoir laiss\u00e9 tomber Geovany parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas pu lui donner une s\u00e9pulture digne. \u00ab\u00a0Je ne veux pas mourir sans savoir ce qui lui est arriv\u00e9\u00a0\u00bb, dit Ruth Calle entre deux sanglots. L&rsquo;Association et ses compagnes sont devenues un refuge pour lutter contre sa douleur.<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e 2003 s&rsquo;est achev\u00e9e, et d\u00e9but 2004, Ruth n&rsquo;avait toujours pas d&rsquo;information sur la disparition du \u00ab\u00a0n\u00e8gre\u00a0\u00bb. Chaque fois qu&rsquo;elle allait rendre visite \u00e0 sa m\u00e8re Luz Elena, elle se rendait chez Diana pour lui demander si elle avait eu des nouvelles de Geovany, mais sa r\u00e9ponse \u00e9tait toujours n\u00e9gative. La derni\u00e8re fois que Ruth a parl\u00e9 \u00e0 Diana de ce qui \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 Geovany, la jeune femme lui a dit : \u00ab\u00a0Je ne m&rsquo;attire pas d&rsquo;ennuis et je ne demande rien, tu sais que j&rsquo;ai toute ma famille ici et que la plupart des gens me connaissent, ils savent o\u00f9 je travaille et ce que je fais. Tu sais \u00e9galement qu&rsquo;ici on ne sait jamais vraiment qui sont les gens. Si je commence \u00e0 poser des questions ou \u00e0 dire qui est venu le chercher ce jour-l\u00e0, j&rsquo;aurais des probl\u00e8mes et je pourrai finir par mourir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une piste douloureuse<\/strong><\/p>\n<p>Quatorze ans apr\u00e8s la disparition de Geovany, le 8 d\u00e9cembre 2016, Ruth part t\u00f4t pour se rendre \u00e0 la f\u00eate de la premi\u00e8re communion d&rsquo;un petit-neveu. Vers onze heures du matin, elle quitte la f\u00eate pour acheter un soda dans un magasin situ\u00e9 pr\u00e8s de la maison de sa ni\u00e8ce Diana Estrada Calle, et pr\u00e8s de l&rsquo;endroit o\u00f9 vit la grand-m\u00e8re Luz Elena \u00e0 San Antonio de Prado. Elle voit un jeune homme boire de la bi\u00e8re et fumer une cigarette. \u00ab\u00a0Trois minutes se sont \u00e9coul\u00e9es et je me suis sentie g\u00ean\u00e9e\u00a0\u00bb, se souvient Ruth. Le jeune homme lui adresse alors la parole : \u00ab\u00a0Alors, vous savez pour votre fils ?\u00a0\u00bb, me demande-t-il, et je lui r\u00e9pond : \u00ab\u00a0Vous connaissez mon fils ?\u00a0\u00bb. Il me r\u00e9pond \u00e0 son tour : \u00ab\u00a0Je le connais parce qu&rsquo;il passait beaucoup de temps ici \u00e0 San Antonio de Prado, chez sa grand-m\u00e8re\u00a0\u00bb et il ajoute : \u00ab\u00a0Je connais sa grand-m\u00e8re\u00a0\u00bb. Il y a eu un silence \u00e0 ce moment-l\u00e0, Ruth fut absorb\u00e9e dans ses pens\u00e9es pendant quelques secondes de plus. Elle a ensuite continu\u00e9 \u00e0 d\u00e9crire les \u00e9v\u00e9nements, mais cette fois, elle semblait essayer de comprendre pourquoi le jeune homme lui avait adress\u00e9 la parole.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tranger a demand\u00e9 \u00e0 Ruth si elle voulait savoir o\u00f9 \u00e9tait son fils, elle a hoch\u00e9 la t\u00eate et lui a dit que ce serait sa plus grande joie. Le jeune homme a ajout\u00e9 : \u00ab\u00a0il y a des rumeurs selon lesquelles il y a une entreprise de poulets dans les environs de San Antonio de Prado, derri\u00e8re laquelle se trouvent trois corps, votre fils pourrait \u00eatre parmi eux\u00a0\u00bb. Quand il eut termin\u00e9, elle lui demanda son nom, mais il refusa de le donner. Ruth le remercia pour l&rsquo;information. Effray\u00e9e, elle paya le soda et repartit chez sa ni\u00e8ce.<\/p>\n<p>A son retour, Diana l&rsquo;a trouv\u00e9e p\u00e2le et lui a demand\u00e9 ce qui lui \u00e9tait arriv\u00e9. Ruth, abasourdie par ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9, se mit \u00e0 pleurer et lui raconta ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9. Diana a imm\u00e9diatement dit \u00e0 sa tante d&rsquo;aller \u00e0 la boutique. Elle connaissait probablement ce gar\u00e7on et pourrait lui poser plus de questions sur la disparition de Geovany. Le jeune homme ne se trouvait plus dans la boutique et le commer\u00e7ant leur a dit qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais vu le gar\u00e7on auparavant, mais qu&rsquo;il \u00e9tait rest\u00e9 assis \u00e0 la table pr\u00e8s de la porte pendant plus de deux heures. Le commer\u00e7ant pensait qu&rsquo;il attendait quelqu&rsquo;un, mais apr\u00e8s le d\u00e9part de Ruth, le gar\u00e7on l&rsquo;a pay\u00e9 avec un billet de dix mille pesos, l&rsquo;a remerci\u00e9 et est parti sans prendre sa monnaie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir parl\u00e9 au commer\u00e7ant, les deux femmes sont retourn\u00e9es au domicile de Diana Estrada. Ruth, exasp\u00e9r\u00e9e, d\u00e9cida de partir avant que le repas ne soit servi. C&rsquo;\u00e9tait la derni\u00e8re fois qu&rsquo;elle s&rsquo;est rendue \u00e0 San Antonio de Prado. Sa m\u00e8re, Luz Elena, apr\u00e8s cet \u00e9v\u00e9nement et parce qu&rsquo;elle croyait parfois entendre Geovany l&rsquo;appeler pour prendre son petit-d\u00e9jeuner pendant ces longues ann\u00e9es d&rsquo;attente, a d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;emm\u00e9nager dans un autre quartier.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette rencontre, Ruth a r\u00eav\u00e9 pendant un mois de Geovany quand il \u00e9tait un petit gar\u00e7on et qu&rsquo;elle l&#8217;emmenait au parc. Mais une nuit, tout a chang\u00e9, elle l&rsquo;a vu mort dans ses r\u00eaves ; elle lui disait : \u00ab\u00a0Geovany, dis-moi o\u00f9 tu es, pourquoi tu es parti comme \u00e7a, sans rien me dire et sans m&rsquo;appeler ce jour-l\u00e0\u00a0\u00bb ; il lui r\u00e9pondait : \u00ab\u00a0Ne t&rsquo;inqui\u00e8te pas pour moi, je vais bien. Je ne suis pas venu pour ne pas te faire souffrir, car je sais que tu souffres par ma faute. Je t&rsquo;aime beaucoup et l\u00e0 o\u00f9 je suis, je suis bien. Arr\u00eate de pleurer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Depuis cette nuit-l\u00e0, Ruth ne r\u00e9pond plus \u00e0 son t\u00e9l\u00e9phone portable la nuit, de peur que quelqu&rsquo;un ne l&rsquo;appelle pour lui annoncer la mort de son fils. Elle veut savoir ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 Geovany. Elle dit avoir pardonn\u00e9 \u00e0 la personne qui a enlev\u00e9 son fils et, s&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9, \u00e0 ceux qui ont commis ce crime. Aujourd&rsquo;hui, 10 mars 2020, cela fait quatre ans que l&rsquo;association des M\u00e8res de Candelaria a communiqu\u00e9 au bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral une piste sur l&rsquo;endroit o\u00f9 l&rsquo;on pourrait trouver la d\u00e9pouille de son fils. Cependant, \u00e0 ce jour, aucune recherche ou exhumation n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e \u00e0 cet endroit.<\/p>\n<p>Le bureau du procureur a dit \u00e0 Ruth que c&rsquo;est le Bloc Cacique Nutibara qui a fait dispara\u00eetre son fils, mais elle ne sait toujours pas pourquoi il a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9, ni o\u00f9 il se trouve. Pour l&rsquo;instant, elle attend de le retrouver ou de recevoir sa d\u00e9pouille. En attendant que ce jour arrive, elle se consacre au travail dans les maisons familiales quelques jours par semaine, elle assiste aux sit-in que les M\u00e8res de Candelaria organisent dans l&rsquo;atrium de l&rsquo;\u00e9glise, qui ont d\u00e9sormais lieu le vendredi afin de ne pas se m\u00e9langer avec les proches qui font partie de l&rsquo;<em>Association Madres \u2013 L\u00ednea Fundadora.<\/em><\/p>\n<div>\n<p>Elle a nou\u00e9 une relation \u00e9troite avec Martha ; elle dit \u00ab\u00a0c&rsquo;est comme une s\u0153ur pour moi dans la douleur\u00a0\u00bb. Nous nous soutenons mutuellement pour continuer \u00e0 avancer, en attendant des nouvelles de nos fils\u00a0\u00bb. Toutes deux participent r\u00e9guli\u00e8rement aux ateliers psychosociaux, d&rsquo;artisanat et de couture de l&rsquo;association, qui leur permettent de partager leur douleur avec d&rsquo;autres m\u00e8res. Elles font diff\u00e9rentes activit\u00e9s telles qu&rsquo;\u00e9crire \u00e0 leur parent disparu et raconter leur histoire aux autres membres de <em>Madres de la Candelaria.<\/em><\/p>\n<p>Claudia Marcela Restrepo Posada, \u00e9tudiante en psychologie \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 <em>Minuto de Dios<\/em> et stagiaire \u00e0 l&rsquo;association <em>Caminos de Esperanza Madres de la Candelaria<\/em>, est arriv\u00e9e en 2018 pour soutenir les familles qui font partie de l&rsquo;association. Elle se souvient que l&rsquo;une des probl\u00e9matiques qu&rsquo;elle a rencontr\u00e9e avant de planifier les ateliers avec les m\u00e8res \u00e9tait l&rsquo;irr\u00e9gularit\u00e9 de fr\u00e9quentation de certaines d&rsquo;entre elles. Voici le souvenir de Claudia sur l&rsquo;accompagnement qu&rsquo;elle a fourni aux m\u00e8res qui fr\u00e9quentent l&rsquo;association : \u00ab\u00a0Je me suis assise avec chacune d&rsquo;entre elles pour conna\u00eetre leur cas, ce qui m&rsquo;a pris plusieurs semaines, et apr\u00e8s cela je leur ai propos\u00e9 une s\u00e9rie d&rsquo;activit\u00e9s diff\u00e9rentes de celles qu&rsquo;elles faisaient jusque-l\u00e0. Par exemple, nous avons fabriqu\u00e9 des anges avec des mat\u00e9riaux recyclables, qui portaient sur eux un mot pour leur parent disparu. Ainsi, elles ont pu leur dire qu&rsquo;ils leur ont manqu\u00e9 ou qu&rsquo;ils les ont aim\u00e9s, leur demander o\u00f9 ils sont, ou leur dire ce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais pu leur dire.<\/p>\n<p>Claudia Marcela, qui a maintenant termin\u00e9 son stage avec <em>Madres de la Candelaria<\/em>, continue de participer en tant que b\u00e9n\u00e9vole et psychologue. Elle d\u00e9crit Ruth Calle comme une femme \u00ab\u00a0attentive, affectueuse, faisant preuve d&rsquo;une grande capacit\u00e9 d&rsquo;interaction avec les autres m\u00e8res et tr\u00e8s collaborative, car elle aidait toujours ses compagnes lors des ateliers\u00a0\u00bb. \u00c0 la fin de chaque session, Ruth et Martha se retrouvaient sur l&rsquo;avenue La Playa pour prendre un caf\u00e9 et un beignet, tout en se rem\u00e9morant les moments pass\u00e9s avec leurs enfants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Cette chronique fait partie de la th\u00e8se de doctorat d\u2019Aldana, S. (2020). Mes yeux te cherchent toujours dans l\u2019ombre. Histoires de disparition forc\u00e9e de l\u2019Association Madres de la Candelaria (th\u00e8se de doctorat. Universit\u00e9 de Antioquia) Bibliotecadigital.udea.edu.co<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Voir aussi :<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Premi\u00e8re partie &gt;&gt;\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-1\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Chronique : mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre \u2013 partie I<\/a><\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me partie &gt;&gt;\u00a0<a class=\"yiv4178824569enhancr_card_4791793066\" href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre \u2013 partie II<\/a><\/p>\n<p>Troisi\u00e8me partie &gt;&gt; <a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-iii\/\">Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre \u2013 partie III<\/a><\/p>\n<p>Quatri\u00e8me partie &gt;&gt; Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre \u2013 partie IV<\/p>\n<p>.<\/p>\n<p><em>Traduction de l\u2019espagnol, Fr\u00e9d\u00e9rique Drouet<br \/>\n<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dernier volet de cette s\u00e9rie de quatre chroniques sur les disparitions forc\u00e9es \u00e0 Antioquia, nous emm\u00e8ne sur les chemins qu&rsquo;a emprunt\u00e9s Geovany au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 2002, avant de laisser un vide dans le c\u0153ur de sa m\u00e8re, 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