{"id":1663348,"date":"2022-09-22T21:08:46","date_gmt":"2022-09-22T20:08:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pressenza.com\/?p=1663348"},"modified":"2022-09-22T21:10:16","modified_gmt":"2022-09-22T20:10:16","slug":"chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-iii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-iii\/","title":{"rendered":"Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre \u2013 partie III"},"content":{"rendered":"<p><em>Dans ce troisi\u00e8me volet, Lourdes Zapata, revient sur l&rsquo;histoire de la disparition et de la recherche de son fils Ricardo. Elle a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 se pardonner l&rsquo;absence du \u00ab\u00a0maigre\u00a0\u00bb afin de pouvoir continuer \u00e0 vivre sa vie.<\/em><\/p>\n<p><strong>Ce n&rsquo;\u00e9tait pas ma faute, mais ton absence me fait mal<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J&rsquo;aurais aim\u00e9 le serrer dans mes bras encore une fois !\u00a0\u00bb dit Lourdes del Socorro Zapata en cousant l&rsquo;un des sacs qu&rsquo;elle fabrique avec les autres Madres de la Candelaria pour les vendre \u00e0 la foire artisanale du Parque Berrio le week-end.<\/p>\n<p>Elle prend un verre de soda et dit : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai apport\u00e9 des photos de mon fils Ricardo, disparu en 2007, emmen\u00e9 par des hommes cagoul\u00e9s. Attends, je vais te les montrer\u00a0\u00bb. Elle se l\u00e8ve de la table en plastique blanc entour\u00e9e d&rsquo;au moins 12 chaises plac\u00e9e au milieu du bureau de l&rsquo;Association qui sert pour l&rsquo;atelier de couture et se dirige vers le fond du bureau, prend son sac pos\u00e9 parmi les autres sur les chaises, l&rsquo;ouvre et sort les photos. Elle les apporte ensuite avec elle \u00e0 table.<\/p>\n<p>Nous sommes le lundi 16 mars 2020, il est 10h30 du matin et il fait plut\u00f4t chaud. Lourdes s&rsquo;assoit sur une autre chaise en plastique assortie \u00e0 la table, pose les photos sur la table et dit : \u00ab J&rsquo;ai cinq enfants, Ricardo de Jes\u00fas \u00e9tait mon troisi\u00e8me fils, il \u00e9tait tranquille et avait quelques amis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En 2006, Lourdes avait lanc\u00e9 une petite activit\u00e9 de ventes d&rsquo;arepas dans sa maison, une areper\u00eda, situ\u00e9e dans le quartier de Sucre, dans la partie sup\u00e9rieure de Boston, dans la ville de Medell\u00edn. Pendant leur temps libre, trois de ses cinq enfants, Ricardo, Viviana et Davinson, l&rsquo;aidaient. Viviana, 17 ans, allait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, Davinson, 19 ans, travaillait dans divers m\u00e9tiers et Ricardo, 21 ans, avait commenc\u00e9 \u00e0 se rendre \u00e0 l&rsquo;institution \u00e9ducative Ciudad Bosco, une \u00e9cole pour adultes. Ses deux filles, \u00c1ngela Mar\u00eda vivait pr\u00e8s de chez Lourdes et se consacrait aux travaux m\u00e9nagers et \u00e0 ses deux enfants, et Marisol vivait \u00e0 Putumayo avec son compagnon depuis plus de trois ans.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">Ricardo \u00e9tait un jeune homme maigre \u00e0 la peau fonc\u00e9e, aux yeux caf\u00e9, aux cheveux ch\u00e2tain clair boucl\u00e9s et aux sourcils clairsem\u00e9s, surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0le maigre\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0la panth\u00e8re\u00a0\u00bb par ses amis. Au cours de cette ann\u00e9e-l\u00e0, il se rendait r\u00e9guli\u00e8rement acheter du ma\u00efs \u00e0 la Placita de Fl\u00f3rez, dans le centre de la ville avec son ami Carlos. Un jour, Lourdes a demand\u00e9 \u00e0 son fils d&rsquo;aller acheter le ma\u00efs chez un d\u00e9taillant car le prix \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 celui qu&rsquo;ils payaient chaque semaine.\u00a0 \u00ab\u00a0Le maigre\u00a0\u00bb est donc parti avec Carlos acheter les ingr\u00e9dients pour les arepas. Ce jour-l\u00e0, alors qu&rsquo;ils quittaient la place du march\u00e9, situ\u00e9e sur la route au nord de Medell\u00edn et \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie du centre-ville, une camionnette noire emmenait de jeunes hommes. Le fils de Lourdes et son ami ont r\u00e9ussi \u00e0 s&rsquo;\u00e9chapper de cet endroit et \u00e0 rejoindre leur maison. Lorsque les deux jeunes hommes lui ont racont\u00e9 ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9, elle ne leur pr\u00eata aucune attention et continua \u00e0 pr\u00e9parer les arepas.<\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<div>\n<p><strong>Les grains de ma\u00efs<\/strong><\/p>\n<p>Fin 2006, la petite affaire de Lourdes ne faisaient pas de ventes significatives, mais cela a chang\u00e9 au premier semestre 2007 lorsque les jumeaux du quartier, comme on appelait les deux fr\u00e8res de 19 ans qui travaillaient comme agents de s\u00e9curit\u00e9 et ma\u00e7ons, ont gagn\u00e9 la confiance de Lourdes. Ils ont commenc\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aider \u00e0 obtenir des contacts dans les magasins du quartier pour vendre ses arepas et l&rsquo;ont convaincue de contracter un pr\u00eat aupr\u00e8s d&rsquo;Actuar Famiempresas afin d&rsquo;acheter davantage d&rsquo;\u00e9quipement pour l&rsquo;areper\u00eda et de construire une pi\u00e8ce \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re de la maison.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir re\u00e7u le pr\u00eat, les jumeaux ont accus\u00e9 Ricardo d&rsquo;avoir vol\u00e9 un t\u00e9l\u00e9phone portable ; cependant, Ricardo travaillait avec Lourdes ce jour-l\u00e0, et celle-ci a dit aux jumeaux : \u00ab\u00a0le maigre n&rsquo;a pas arr\u00eat\u00e9 de faire des arepas aujourd&rsquo;hui. Pourquoi n&rsquo;appelez vous pas sur son t\u00e9l\u00e9phone portable pour v\u00e9rifier o\u00f9 il est et qui l&rsquo;a\u00a0\u00bb. Le t\u00e9l\u00e9phone portable a commenc\u00e9 \u00e0 sonner, l&rsquo;un des jumeaux l&rsquo;avait. A partir de ce moment, Lourdes s&rsquo;est m\u00e9fi\u00e9e d&rsquo;eux. Elle ne leur demandait plus d&rsquo;aller acheter le ma\u00efs, mais le faisait elle-m\u00eame. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle se rendit compte qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas pay\u00e9 le ma\u00efs depuis trois mois. Au lieu de cela, ils avaient d\u00e9pens\u00e9 l&rsquo;argent qu&rsquo;elle leur avait donn\u00e9, elle a d\u00fb payer une dette de plus de 200 000 pesos \u00e0 la Placita de Fl\u00f3rez. Lourdes s&rsquo;arr\u00eate, soupire et dit : \u00ab\u00a0Je pensais que ces gars-l\u00e0 \u00e9taient de bons gar\u00e7ons, et regardez comment ils m&rsquo;ont remerci\u00e9e\u00a0\u00bb. Mais ce n&rsquo;est pas tout et elle ajoute, \u00ab\u00a0c&rsquo;est l\u00e0 que mon calvaire a commenc\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D\u00e9but mars 2007, Ricardo est arriv\u00e9 un samedi vers six heures du soir avec des bleus sur le visage et le corps, et le nez en sang. Quand je l&rsquo;ai vu, j&rsquo;ai suppos\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait battu avec quelqu&rsquo;un du quartier ou qu&rsquo;on avait essay\u00e9 de le voler\u00a0\u00bb, se souvient-elle. J&rsquo;ai beaucoup insist\u00e9 ce soir-l\u00e0 pour qu&rsquo;il me raconte, il m&rsquo;a dit : \u00ab\u00a0Maman, je n&rsquo;aime pas jouer au crapaud. Je vais juste te dire que les jumeaux qui t&rsquo;ont tant aid\u00e9e ne sont pas qui tu penses.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Trois jours se sont \u00e9coul\u00e9s, pendant lesquels Lourdes del Socorro a essay\u00e9 de savoir ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 entre les jumeaux et Ricardo, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;\u00c1ngela Mar\u00eda Zapata, la deuxi\u00e8me fille de Lourdes, qui ne vivait plus chez elle, lui rende visite et lui dise que dans le quartier, on racontait que les jumeaux avaient battu Ricardo parce qu&rsquo;il avait refus\u00e9 de d\u00e9valiser un magasin et menac\u00e9 de les d\u00e9noncer pour avoir battu \u00e0 mort un gar\u00e7on dans un lieu appel\u00e9 El Hueco, dans le quartier de Sucre.<\/p>\n<p>Par la suite, Lourdes n&rsquo;a plus jamais re\u00e7u les jumeaux chez elle et a demand\u00e9 \u00e0 Ricardo de ne pas sortir pendant un certain temps. \u00ab\u00a0Il est rest\u00e9 \u00e0 la maison pendant une semaine, mais l&rsquo;enfermement a eu raison de lui\u00a0\u00bb, raconte Lourdes. Au bout d&rsquo;une semaine, \u00ab\u00a0le maigre\u00a0\u00bb sortait \u00e0 nouveau avec Carlos, son ami d&rsquo;enfance surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0gomelina\u00a0\u00bb. Tout semblait \u00eatre revenu \u00e0 la normale. Lourdes \u00e9tait toujours \u00e0 l&rsquo;areper\u00eda, Ricardo \u00e9tait retourn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;institut pour adultes et les jumeaux ne s&rsquo;\u00e9taient pas approch\u00e9s de sa maison.<\/p>\n<p>Cependant, le vendredi 20 avril 2007, Ricardo n&rsquo;est pas rentr\u00e9 \u00e0 la maison l&rsquo;apr\u00e8s-midi pour aider Lourdes \u00e0 faire des arepas comme d&rsquo;habitude, ni le soir. Ce jour-l\u00e0, elle n&rsquo;a pas pu dormir. Ainsi, d\u00e8s quatre heures du matin le lendemain, Lourdes \u00e9tait assise sur une chaise dans la cuisine, impatiente et attendant l&rsquo;arriv\u00e9e du \u00ab\u00a0maigre\u00a0\u00bb. L&rsquo;horloge a sonn\u00e9 six, sept, huit heures du matin et \u00ab\u00a0le maigre\u00a0\u00bb n&rsquo;\u00e9tait toujours pas rentr\u00e9. \u00ab\u00a0J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, je n&rsquo;avais pas de nouvelles de lui depuis plusieurs heures. J&rsquo;ai pens\u00e9 au pire\u00a0\u00bb, se souvient-elle.Vers huit heures et demie du matin, on a frapp\u00e9 \u00e0 la porte. Lourdes s&rsquo;est rapidement lev\u00e9e de sa chaise et a ouvert la porte, c&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0le maigre\u00a0\u00bb. Il avait des blessures superficielles au couteau sur les bras, ses v\u00eatements \u00e9taient sales, son sourcil droit saignait et il avait un bleu au-dessus de son \u0153il droit. Elle \u00e9tait effray\u00e9e et lui a demand\u00e9 de s&rsquo;asseoir sur la chaise dans la cuisine, tandis qu&rsquo;elle lui donnait une demi-pomme de terre pour qu&rsquo;il l&rsquo;appuie sur son \u0153il. Elle a ensuite essuy\u00e9 le sang qui s&rsquo;\u00e9coulait de son sourcil.<\/p>\n<p>Lourdes del Socorro se souvient qu&rsquo;apr\u00e8s lui avoir demand\u00e9 ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9, il a r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0Maman, tu sais ce qui s&rsquo;est pass\u00e9, la m\u00eame chose que la derni\u00e8re fois. Ils ne me laisseront pas tranquille tant que je n&rsquo;aurai pas quitt\u00e9 le quartier\u00a0\u00bb. Elle lui a demand\u00e9 de rester, car il n&rsquo;avait nulle part o\u00f9 aller. Il a accept\u00e9 de rester, mais trois jours plus tard,\u00a0 les jumeaux sont entr\u00e9s dans le quartier, ils l&rsquo;ont attrap\u00e9 et battu \u00e0 nouveau. Ils les ont menac\u00e9, lui et ses fr\u00e8res Davinson et Viviana, ils les ont somm\u00e9 de quitter le quartier.<\/p>\n<p>Lourdes fut surprise cette nuit-l\u00e0, que ses enfants pensent \u00e0 quitter la maison pour sauver leur vie. Le lendemain, le 25 avril 2007, elle s&rsquo;est r\u00e9veill\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t et a d\u00e9cid\u00e9 de partir \u00e0 la recherche des jumeaux pour leur parler. Elle les a trouv\u00e9s devant un magasin en train de boire un soda, elle s&rsquo;est approch\u00e9e d&rsquo;eux et leur a dit : \u00ab\u00a0Ecoutez les gars, pourquoi menacez-vous mes enfants ? Je vous ai ouvert les portes de ma maison, je vous ai accord\u00e9 ma confiance et vous me remerciez en battant Ricardo, en mena\u00e7ant mes enfants et en prenant l&rsquo;argent que je vous ai donn\u00e9 pour acheter les sacs de ma\u00efs\u00a0\u00bb. Lourdes se souvient de sa r\u00e9ponse : \u00ab\u00a0Ecoutez, la vieille, ne soyez pas si curieuse, si vos enfants ne partent pas, nous les emm\u00e8nerons et vous aussi, si vous ne vous taisez pas\u00a0\u00bb. Lourdes est retourn\u00e9e \u00e0 la maison apeur\u00e9e, car les jumeaux avaient la r\u00e9putation de faire ce qu&rsquo;ils disaient.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;elle est rentr\u00e9e chez elle, ses enfants lui dirent qu&rsquo;ils partiraient la semaine suivante, et c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils ont fait quatre jours plus tard. Viviana et Ricardo se sont rendus chez leur grand-m\u00e8re maternelle, Mar\u00eda Ofelia Zapata Correa, une femme de 68 ans ayant la force d&rsquo;un ch\u00eane et vivant dans le quartier de Robledo. Les deux jeunes gens ont quitt\u00e9 leurs \u00e9tudes. De son c\u00f4t\u00e9, Davinson a lou\u00e9 une chambre dans le quartier de Prado Centro.<\/p>\n<p><strong>Le voyage<\/strong><\/p>\n<p>Lourdes resta seule \u00e0 la maison, g\u00e9rant l&rsquo;activit\u00e9 de son areper\u00eda, mais les jumeaux commenc\u00e8rent \u00e0 revenir la voir pour lui demander de l&rsquo;argent en \u00e9change de chacun des contrats qu&rsquo;ils l&rsquo;avaient aid\u00e9e \u00e0 obtenir. Elle a commenc\u00e9 par accepter, mais comme cette somme augmentait chaque semaine et qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas les moyens suffisants pour la leur donner, elle a d\u00e9cid\u00e9 de rassembler ses affaires apr\u00e8s avoir ferm\u00e9 l&rsquo;areper\u00eda le 20 mai 2007 \u00e0 vingt heures. Elle s&rsquo;est dirig\u00e9e vers le terminal des bus \u00e0 quatre heures du matin pour partir en direction de Putumayo, o\u00f9 vivait sa fille a\u00een\u00e9e Marisol Zapata.<\/p>\n<p>Lourdes a verrouill\u00e9 les portes de sa maison en partant, esp\u00e9rant qu&rsquo;\u00e0 son retour, tout se serait calm\u00e9 pour qu&rsquo;elle puisse poursuivre son activit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;areper\u00eda et que ses enfants puissent de nouveau vivre avec elle. Cependant, elle \u00e9tait loin d&rsquo;imaginer ce qui allait se passer au cours des mois suivants.<\/p>\n<p>\u00c0 Putumayo, apr\u00e8s plusieurs disputes avec Marisol, elle pensait rentrer \u00e0 Medell\u00edn. Pas encore totalement d\u00e9cid\u00e9e, la nouvelle du d\u00e9c\u00e8s de son fr\u00e8re Alberto l&rsquo;incita \u00e0 retourner en ville le 25 juin 2007 pour assister aux fun\u00e9railles.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;elle revint chez elle, il y avait un panneau sur le terrain indiquant qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 vendre, sa maison avait \u00e9t\u00e9 saccag\u00e9e, ses v\u00eatements avaient disparu, les ustensiles qu&rsquo;elle utilisait pour travailler dans l&rsquo;areper\u00eda avaient \u00e9t\u00e9 vol\u00e9s et les mat\u00e9riaux de construction qu&rsquo;elle avait achet\u00e9s pour r\u00e9nover sa maison avaient \u00e9t\u00e9 vendus. \u00ab\u00a0Une dame pr\u00e8s de chez elle avait la porte, une autre avait la fen\u00eatre et un sac de ciment, et il n&rsquo;y avait pratiquement plus rien dans la maison\u00a0\u00bb, raconte Lourdes. Ses voisins lui ont appris ce qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 dans sa maison pendant son absence : les jumeaux \u00e9taient entr\u00e9s par effraction, avaient pris ses affaires et les avaient vendues. \u00ab\u00a0Ils ne m&rsquo;ont rien laiss\u00e9 pour pouvoir travailler\u00a0\u00bb, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p><strong>Un effort vain<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir r\u00e9organis\u00e9 sa maison et rang\u00e9 les quelques v\u00eatements qu&rsquo;elle avait amen\u00e9s avec elle de Putumayo, Lourdes a pris un bus pour Robledo, pour se rendre chez sa m\u00e8re. Lorsqu&rsquo;elle est arriv\u00e9e, elle l&rsquo;a salu\u00e9e et lui a demand\u00e9 des nouvelles de ses enfants Viviana et Ricardo, ce \u00e0 quoi elle a r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0Viviana est parti \u00e0 Bogot\u00e1 il y a dix jours pour chercher du travail et Ricardo a essay\u00e9 de trouver un emploi, en vain. C&rsquo;est pourquoi il s&rsquo;est mis \u00e0 vendre des bonbons dans les bus et dans la rue, m\u00eame si cela ne lui plaisait pas. Et comme il ne voulait pas chercher du travail dans la construction, il a commenc\u00e9 \u00e0 vendre du vice dans la rue et a fini par quitter la maison\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Lourdes interrompt son r\u00e9cit, dit au revoir \u00e0 ses coll\u00e8gues d&rsquo;atelier de l&rsquo;Association. Puis elle r\u00e9pond \u00e0 un appel t\u00e9l\u00e9phonique. Lorsqu&rsquo;elle raccroche, elle demande \u00e0 continuer son histoire sur la terrasse du bureau qui donne sur le Passage de la Bastille. Elle apporte avec elle les photos, un document, un verre d&rsquo;eau, un mouchoir en papier et la chaise sur laquelle elle \u00e9tait assise.<\/p>\n<p>Elle s&rsquo;assied et dit : \u00ab\u00a0Cette nouvelle m&rsquo;a coup\u00e9e le souffle. Je m&rsquo;\u00e9tais beaucoup battue pour mes enfants, je ne pouvais pas leur donner grand-chose, mais j&rsquo;esp\u00e9rais que Ricardo finirait ses \u00e9tudes pour pouvoir chercher un bon emploi. Je pouvais les nourrir avec les arepas et nous avions une maison.\u00a0\u00bb Les yeux noirs de Lourdes se brouillent et les larmes commencent \u00e0 couler sur ses joues.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir s\u00e9ch\u00e9 ses larmes et pris une profonde inspiration, elle d\u00e9cide de poursuivre son r\u00e9cit. Avant de dire au revoir \u00e0 sa m\u00e8re ce jour-l\u00e0, elle lui a demand\u00e9 quelque chose : \u00ab\u00a0Si Ricardo t&rsquo;appelle, dis-lui que je le cherche\u00a0\u00bb, car elle n&rsquo;avait ni t\u00e9l\u00e9phone fixe ni t\u00e9l\u00e9phone portable. Lourdes est rentr\u00e9e chez elle et a recommenc\u00e9 \u00e0 vendre des arepas. Un des jumeaux avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, apparemment en raison de disputes avec certains des membres r\u00e9int\u00e9gr\u00e9s des forces d&rsquo;autod\u00e9fense.<\/p>\n<p>Les mois de juillet et d&rsquo;ao\u00fbt passent sans que Ricardo appelle sa grand-m\u00e8re Mar\u00eda Ofelia. D\u00e9but septembre 2007, Lourdes r\u00eava que Ricardo marchait dans la rue, qu&rsquo;une voiture s&rsquo;arr\u00eatait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui, que des hommes en sortaient et le poussaient dans la voiture, tandis que son fils criait \u00e0 l&rsquo;aide. Cette nuit-l\u00e0, elle s&rsquo;est r\u00e9veill\u00e9e en panique et, le lendemain matin, avant de commencer \u00e0 vendre des arepas, elle s&rsquo;est rendue chez sa m\u00e8re et lui a demand\u00e9 si elle savait quelque chose sur Ricardo. Elle lui a r\u00e9pondu qu&rsquo;elle ne savait rien.<\/p>\n<p>Lourdes a pris son travail ce jour-l\u00e0, a commenc\u00e9 \u00e0 moudre le ma\u00efs pour les arepas lorsqu&rsquo;elle entendit frapper \u00e0 la porte. C&rsquo;\u00e9tait Mariana, une de ses ni\u00e8ces, qui venait lui communiquer un message : \u00ab Ricardo a appel\u00e9 grand-m\u00e8re, il est en d\u00e9tention dans l&rsquo;Alpujarra pour avoir vendu de la marijuana. Il demande qu&rsquo;on lui apporte un peu de nourriture, car il n&rsquo;a rien mang\u00e9 depuis hier.\u00a0\u00bb Lourdes n&rsquo;avait rien pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 manger, elle a donc demand\u00e9 \u00e0 Mariana de voir si sa grand-m\u00e8re pouvait apporter quelque chose \u00e0 Ricardo.<\/p>\n<p>Mar\u00eda Ofelia a pr\u00e9par\u00e9 ses bagages et a emport\u00e9 de la nourriture pour Ricardo dans l&rsquo;Alpujarra. A son arriv\u00e9e, elle a vu que les charges contre Ricardo avaient \u00e9t\u00e9 lev\u00e9es et qu&rsquo;il tirait sur son sweat-shirt gris clair. Ofelia se souvient \u00e9galement que son petit-fils portait des tennis de marque Nike gris clair, un sweat-shirt gris clair et un T-shirt bleu fonc\u00e9. \u00ab\u00a0Lorsque Ricardo m&rsquo;a vue, il \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9mu, il m&rsquo;a embrass\u00e9e sur la joue et m&rsquo;a serr\u00e9e dans ses bras\u00a0\u00bb, se souvient Mar\u00eda Ofelia. Elle lui a dit de manger ce qu&rsquo;elle lui avait apport\u00e9, mais Ricardo a r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0non, je ferais mieux de prendre le sac de nourriture pour la manger plus tard, des gens m&rsquo;attendent\u00a0\u00bb. Il a donc dit au revoir \u00e0 sa grand-m\u00e8re avec un baiser sur la joue.<\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, Mar\u00eda Ofelia n&rsquo;aurait jamais imagin\u00e9 qu&rsquo;elle serait la derni\u00e8re personne de la famille \u00e0 le voir. Elle est rentr\u00e9e chez elle. D\u00e8s qu&rsquo;elle a pu, sa petite-fille Mariana s&rsquo;est rendue chez Lourdes et lui a racont\u00e9 ce qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 ce jour-l\u00e0.<\/p>\n<p>La semaine suivante Lourdes travailla dans l&rsquo;areper\u00eda, faisant de moins en moins de ventes, mais elle refusa de fermer, car elle pensait qu&rsquo;elle pourrait \u00e0 tout moment reprendre \u00e0 gagner de l&rsquo;argent. Les jours suivants, elle rencontra Carlos, l&rsquo;ami de Ricardo dans le quartier. C&rsquo;\u00e9tait un jeune homme travailleur et ambitieux qui aimait l&rsquo;argent. Carlos a demand\u00e9 \u00e0 Lourdes si elle savait o\u00f9 se trouvait Ricardo, ce \u00e0 quoi elle a r\u00e9pondu qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas de nouvelles et elle lui a demand\u00e9 si il avait des informations sur le \u00ab\u00a0maigre\u00a0\u00bb ; Carlos lui a racont\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait rendu dans le centre de Medell\u00edn et qu&rsquo;il avait rencontr\u00e9, dans un parc, un ferrailleur \u00e0 qui il avait pos\u00e9 des questions sur Ricardo. Il lui avait dit que, quelques jours auparavant, une camionnette noire s&rsquo;\u00e9tait arr\u00eat\u00e9e l\u00e0 o\u00f9 il se trouvait et l&rsquo;avait emmen\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis rest\u00e9e sans voix quand il m&rsquo;a dit \u00e7a. Je ne l&rsquo;ai pas cru parce que c&rsquo;\u00e9tait une histoire tir\u00e9e par les cheveux\u00a0\u00bb, raconte Lourdes. Ensuite, elle lui a demand\u00e9 dans quel parc du centre de Medell\u00edn et \u00e0 quoi ressemblait la casse. Elle voulait aller le trouver et lui parler ; cependant, Carlos n&rsquo;a pas pu lui donner de r\u00e9ponse et lui a seulement dit qu&rsquo;il ne se souvenait pas.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, Lourdes s&rsquo;est souvenue qu&rsquo;elle avait r\u00eav\u00e9 de quelque chose de semblable \u00e0 ce que Carlos lui avait racont\u00e9. Elle a donc d\u00e9cid\u00e9 de partir \u00e0 sa recherche, mais celui-ci avait trouv\u00e9 un emploi \u00e0 Pereira et \u00e9tait parti depuis deux jours.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;attente<\/strong><\/p>\n<p>Deux ann\u00e9es passent, Lourdes attend des nouvelles de Ricardo, en vain. Au cours de ces deux ann\u00e9es, elle parcourt le centre de Medell\u00edn et les quartiers voisins, se rend dans les h\u00f4pitaux, croit le voir \u00e0 plusieurs reprises dans une personne sans-abri. Elle se rend chez des m\u00e9decins l\u00e9gistes, dans les cantines et les centres d&rsquo;accueil pour sans-abri de Medell\u00edn, et, malgr\u00e9 tout cela, elle ne le retrouve pas.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 2009, Lourdes signale la disparition de son fils Ricardo de Jes\u00fas Zapata. Le 13 f\u00e9vrier de la m\u00eame ann\u00e9e, elle pousse les portes de Madres de la Candelaria \u00e0 l&rsquo;invitation d&rsquo;Ana Ligia, une voisine qui vivait un peu plus haut dans la montagne. Ana Ligia est une femme dont le fils unique avait disparu, elle venait rendre visite \u00e0 Lourdes une fois par semaine depuis qu&rsquo;elle \u00e9tait seule. \u00ab\u00a0M\u00eame si elle semblait forte, Lourdes avait une faiblesse : la disparition de Ricardo\u00a0\u00bb, dit Ana Ligia.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;elle la voyait pleurer, Ana Ligia lui disait : \u00ab\u00a0Arr\u00eate de pleurer ! Viens, allons chez Madres de la Candelaria, l\u00e0 bas, on y cherche ton fils\u00a0\u00bb et elle r\u00e9pondait : \u00ab\u00a0On cherche mon fils ? Si je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 capable de le trouver, qui d&rsquo;autre pourrait le trouver en ne sachant rien de lui ? \u00bb Sa voisine lui a r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0Gardez espoir, gardez la foi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le 13 f\u00e9vrier 2009, Lourdes s&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9e et a accompagn\u00e9 Ana Ligia au bureau de Madres de la Candelaria. Elle a apport\u00e9 des photos, la r\u00e9clamation au parquet pour la disparition de Ricardo, une photocopie de sa carte d&rsquo;identit\u00e9 et du registre d&rsquo;\u00e9tat civil, comme Ana Ligia le lui avait dit. \u00c0 son arriv\u00e9e, elle a \u00e9t\u00e9 accueillie par Teresita Gaviria, la directrice. \u00ab\u00a0\u00c0 ce moment-l\u00e0, je ne pouvais m\u00eame pas parler et j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 pleurer. Teresita m&rsquo;a prise dans ses bras, a pris les papiers que j&rsquo;avais apport\u00e9s et s&rsquo;est mise \u00e0 pleurer avec moi\u00a0\u00bb, se souvient Lourdes.<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment-l\u00e0, des larmes ont \u00e0 nouveau coul\u00e9 sur ses joues, elle a souri et a dit : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai senti qu&rsquo;apr\u00e8s deux ans, je pouvais me l\u00e2cher et j&rsquo;ai pleur\u00e9 toutes les larmes de mon corps\u00a0\u00bb. Puis Teresita lui a offert de l&rsquo;eau aromatique et l&rsquo;a re\u00e7ue dans son bureau. L\u00e0, elle lui a demand\u00e9 comment Ricardo de Jes\u00fas avait disparu, a ouvert une chemise avec son dossier et lui a dit que la semaine suivante, Anita de Dios Zapata l&rsquo;accompagnerait pour d\u00e9poser une plainte aupr\u00e8s du bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral et du bureau du m\u00e9diateur, et qu&rsquo;ils lui feraient \u00e9galement un pr\u00e9l\u00e8vement d&rsquo;ADN.<\/p>\n<p>Le lundi suivant, le 16 f\u00e9vrier, Lourdes del Socorro Zapata est arriv\u00e9e \u00e0 8 heures du matin \u00e0 l&rsquo;Association Madres de la Candelaria pour rencontrer Anita et aller d\u00e9poser les plaintes.\u00a0 A partir de ce moment-l\u00e0, Lourdes devient membre de l&rsquo;association et participe \u00e0 des ateliers couture, jardins potagers durables, r\u00e9conciliation et pardon. Elle fait \u00e9galement partie des m\u00e8res qui ne manquent jamais les sit-in, les conf\u00e9rences ou les s\u00e9minaires donn\u00e9s par d&rsquo;autres organisations. Pour elle, \u00eatre membre de Madres de la Candelaria \u00ab\u00a0c&rsquo;est comme \u00eatre \u00e0 la maison, j&rsquo;y ai trouv\u00e9 la paix de l&rsquo;esprit et une famille attentionn\u00e9e envers moi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>C&rsquo;est mon fils<\/strong><\/p>\n<p>En mars 2013, deux jeunes enqu\u00eateurs du Minist\u00e8re Public contactent Lourdes par l&rsquo;interm\u00e9diaire de Madres de la Candelaria. Ils viennent \u00e0 Medell\u00edn pour l&rsquo;interroger, car ils ont apparemment une piste sur son fils. Elle se souvient : \u00ab\u00a0Ils m&rsquo;ont pos\u00e9 tout un tas de questions. Ils avaient en leur possession le dossier m\u00e9dical de Ricardo, qui se trouvait \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Pablo Tob\u00f3n Uribe. Nous avons pass\u00e9 environ deux heures \u00e0 discuter\u00a0\u00bb. Ils ont fini par comparer les caract\u00e9ristiques physiques que Lourdes leur avait donn\u00e9es sur son fils avec des restes qu&rsquo;ils avaient trouv\u00e9s \u00e0 La Uni\u00f3n, Antioquia. Ils firent \u00e9galement un croquis tr\u00e8s similaire au \u00ab\u00a0maigre\u00a0\u00bb, se souvient Lourdes.<\/p>\n<p>Elle prend le document dans ses mains, celui que les enqu\u00eateurs lui ont donn\u00e9, fond\u00e9 sur les restes qu&rsquo;ils ont trouv\u00e9s, et le lit \u00e0 haute voix :<\/p>\n<p>La d\u00e9pouille est celle d&rsquo;un jeune homme portant un T-shirt bleu fonc\u00e9 avec la mention Nike \u00e9crite en rouge, un pantalon de surv\u00eatement gris avec des rayures noires sur le c\u00f4t\u00e9 et des chaussures de tennis Nike grises. Caract\u00e9ristiques physiques : \u00e2ge approximatif entre 17 et 22 ans, m\u00e9tis, cheveux noirs ondul\u00e9s, sourcils broussailleux clairsem\u00e9s, yeux couleur caf\u00e9, nez plat \u00e0 base large, l\u00e8vres \u00e9paisses, pr\u00e9sentant une cicatrice de laparotomie abdominale sur le c\u00f4t\u00e9 gauche.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p>Lorsqu&rsquo;elle eut termin\u00e9 sa lecture, elle ne put retenir ses larmes pendant quelques minutes et d\u00e9clara : \u00ab\u00a0ce n&rsquo;est pas facile, cela fait de nombreuses ann\u00e9es, mais on ne s&rsquo;en remet jamais, on essaie juste d&rsquo;apprendre \u00e0 vivre avec la douleur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En entendant le r\u00e9cit que Carlos a fait \u00e0 Lourdes de la disparition de son fils et de l&rsquo;endroit o\u00f9 la d\u00e9pouille a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e, d\u00e9pouille qui ressemblait \u00e0 la description physique faite de Ricardo, les enqu\u00eateurs ont dit \u00e0 Lourdes del Socorro que son fils \u00e9tait probablement un faux positif, \u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque, de jeunes gens disparaissaient massivement et on les signalait comme des gu\u00e9rilleros tu\u00e9s au combat. C&rsquo;est pourquoi les deux fonctionnaires du Minist\u00e8re Public se sont rendus \u00e0 Pereira voir Carlos, pour recueillir sa d\u00e9claration sur ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 Ricardo. Ils l&rsquo;ont ensuite appel\u00e9e pour lui dire que le mercredi de cette semaine-l\u00e0, ils la contacteraient pour lui indiquer la suite de la proc\u00e9dure, puisqu&rsquo;ils avaient obtenu l&rsquo;autorisation de l&rsquo;instance judiciaire de transf\u00e9rer la d\u00e9pouille de Ricardo \u00e0 Medell\u00edn et de proc\u00e9der aux tests ADN.<\/p>\n<p>Le mercredi est pass\u00e9 et personne n&rsquo;a recontact\u00e9 Lourdes, elle s&rsquo;est donc rendue au bureau du procureur \u00e0 de multiples reprises pour se renseigner sur le cas de son fils et, en ao\u00fbt 2014, on lui indique que le procureur 32 s&rsquo;occupait bien du dossier de son fils, mais que l&rsquo;ADN des restes ne correspondait pas au sien. Le Procureur en charge lui a alors demand\u00e9 s&rsquo;il \u00e9tait possible que le b\u00e9b\u00e9 ait \u00e9t\u00e9 \u00e9chang\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital apr\u00e8s sa naissance et elle a r\u00e9pondu que ce n&rsquo;\u00e9tait pas possible car Ricardo de Jes\u00fas Zapata \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;en 2018, il ne se passa plus rien sur ce dossier. Mais lors de l&rsquo;une de ses nombreuses visites au bureau du procureur, le nouveau procureur en charge de l&rsquo;affaire l&rsquo;informa que ses documents mentionnaient que les restes de Ricardo avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 la famille.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 cette information, elle se rappelle lui avoir dit : \u00ab\u00a0ils ne m&rsquo;ont pas rendu mon fils Ricardo. Vous ne pouvez pas me dire cela, ce n&rsquo;est pas vrai. Vous devez avoir ses restes quelque part \u00bb. Lourdes interrompt son r\u00e9cit et ajoute, en sanglotant : \u00ab\u00a0C&rsquo;est mon fils, ce n&rsquo;est pas le leur, c&rsquo;est pourquoi ils ne comprennent pas la douleur que je ressens. Je veux juste qu&rsquo;ils me rendent mon fils et me disent ce qui lui est arriv\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, Lourdes n&rsquo;a plus son areper\u00eda, mais elle \u00e9l\u00e8ve des poulets et vend des \u0153ufs. Elle a \u00e9galement appris \u00e0 cr\u00e9er un potager durable et \u00e0 coudre dans les ateliers propos\u00e9s par Madres de la Candelaria. L&rsquo;affaire de son fils n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9solue, mais elle esp\u00e8re qu&rsquo;elle le sera bient\u00f4t. Elle pense que Carlos, l&rsquo;ami de Ricardo, a pu le vendre comme faux positif, car \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque ils offraient 200 000 pesos pour chaque jeune identifi\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, apr\u00e8s plus de dix ans, elle commence \u00e0 ne plus se reprocher la disparition de Ricardo, car la psychologue de Madres de la Candelaria lui a montr\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait impossible de pr\u00e9voir la disparition du \u00ab\u00a0maigre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cette chronique fait partie de la th\u00e8se de doctorat d\u2019Aldana, S. (2020). Mes yeux te cherchent toujours dans l\u2019ombre. Histoires de disparition forc\u00e9e de l\u2019Association Madres de la Candelaria (th\u00e8se de doctorat. Universit\u00e9 de Antioquia) Bibliotecadigital.udea.edu.co<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Voir aussi :<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<div dir=\"ltr\">\n<p>Premi\u00e8re partie &gt;&gt;\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-1\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Chronique : mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre \u2013 partie I<\/a><\/p>\n<\/div>\n<p dir=\"ltr\">Deuxi\u00e8me partie &gt;&gt;\u00a0<a class=\"yiv4178824569enhancr_card_4791793066\" href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre \u2013 partie II<\/a><\/p>\n<p>Troisi\u00e8me partie &gt;&gt; <a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-iii\/\">Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre &#8211; partie III<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<div id=\"yiv4178824569ydp5930f4b7enhancr_card_4791793066\" class=\"yiv4178824569ydp5930f4b7yahoo-link-enhancr-card yiv4178824569ydp5930f4b7ymail-preserve-class yiv4178824569ydp5930f4b7ymail-preserve-style\" data-url=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii\/\" data-type=\"YENHANCER\" data-size=\"MEDIUM\"><em>Traduction de l&rsquo;espagnol, Fr\u00e9d\u00e9rique Drouet<\/em><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans ce troisi\u00e8me volet, Lourdes Zapata, revient sur l&rsquo;histoire de la disparition et de la recherche de son fils Ricardo. Elle a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 se pardonner l&rsquo;absence du \u00ab\u00a0maigre\u00a0\u00bb afin de pouvoir continuer \u00e0 vivre sa vie. 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