{"id":1656447,"date":"2022-09-11T14:03:12","date_gmt":"2022-09-11T13:03:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pressenza.com\/?p=1656447"},"modified":"2022-09-22T21:10:59","modified_gmt":"2022-09-22T20:10:59","slug":"chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii\/","title":{"rendered":"Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre &#8211; partie II"},"content":{"rendered":"<p><i>Dans le deuxi\u00e8me volet de cette s\u00e9rie de quatre chroniques, Ruth de las Misericordias revient 22 ans en arri\u00e8re pour raconter l&rsquo;histoire de son fils Nodier Alberto, disparu dans le quartier de Santo Domingo Savio \u00e0 Medell\u00edn, Antioquia.\u00a0<\/i><\/p>\n<p><b>Sentinelle<\/b><\/p>\n<p>Ruth de las Misericordias Sosa de Sosa est arriv\u00e9e avant dix heures du matin, juste \u00e0 temps pour son rendez-vous au bureau de l&rsquo;Association Caminos de Esperanza Madres de la Candelaria le 9 mars 2020. Elle sirote une eau aromatique en attendant ses compagnes : elles\u00a0commencent un projet dans lequel elles vont apprendre \u00e0 planter un potager chez elles, avec des moyens durables.<\/p>\n<p>Ruth porte un chemisier rouge, un pantalon noir et une paire de tennis de la m\u00eame couleur que son pantalon. Ses cheveux blancs et les rides qui sillonnent son visage r\u00e9v\u00e8lent une partie de ce qu&rsquo;est sa vie depuis 19 ans, depuis que son fils, Nodier Alberto Sosa Sosa, a disparu.<\/p>\n<p><b>Le gardien<\/b><br \/>\nSa m\u00e8re d\u00e9crit le Nodier de l&rsquo;\u00e9poque comme\u00a0un jeune homme \u00e0 la carrure \u00e9paisse et large, aux cheveux bruns ondul\u00e9s, au teint mat, une cicatrice au-dessus du sourcil droit et aux yeux bruns. Trois ans auparavant, il avait perdu une incisive \u00e0 la m\u00e2choire sup\u00e9rieure \u00e0 la suite d&rsquo;une chute alors qu&rsquo;il exer\u00e7ait divers m\u00e9tiers. Il avait peu d&rsquo;amis et n&rsquo;avait ni conjointe ni enfant. Sa m\u00e8re se souvient de lui comme d&rsquo;un jeune homme joyeux et d&rsquo;un bon fils qui l&rsquo;a toujours aid\u00e9e financi\u00e8rement. Ses voisins le pr\u00e9nommaient \u00ab Pachito \u00bb. Nodier rendait service, et tr\u00e8s souvent, on le remerciait en lui offrant une assiette de nourriture.<\/p>\n<p>En 2000, Ruth avait re\u00e7u une menace des Forces Unies d&rsquo;Autod\u00e9fense de Colombie (AUC) pour ne pas avoir collabor\u00e9 avec le groupe. Cela l&rsquo;a oblig\u00e9e \u00e0 quitter la Comuna 1 de Medell\u00edn (Populaire), afin de pr\u00e9server sa vie et celle des autres membres de sa famille rest\u00e9s dans ce quartier de la capitale d&rsquo;Antioquia.<\/p>\n<p>Ruth se souvient que son fils a\u00een\u00e9 de 31 ans \u00e9tait rest\u00e9 pour s&rsquo;occuper de la maison de sa tante Martha Elena d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en ao\u00fbt 2000, dans le quartier de Santo Domingo Savio. A cette \u00e9poque, Nodier travaillait d\u00e9j\u00e0 dans la construction pour gagner sa vie.<\/p>\n<p>Le samedi, comme le rappelle sa s\u0153ur Mariana de Jes\u00fas, \u00ab Pachito et moi nous voyions l&rsquo;apr\u00e8s-midi et une partie du dimanche quand il rentrait du travail. Il maintenait la maison propre et pr\u00e9parait le repas. Je travaillais comme stagiaire dans une maison familiale au sud de Medell\u00edn et, chaque week-end, j&rsquo;allais le voir et je racontais \u00e0 ma m\u00e8re comment il allait \u00e0 mon retour \u00bb.<\/p>\n<p>Mariana de Jes\u00fas se souvient encore du premier week-end de novembre 2001. Elle est arriv\u00e9e dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e0 la maison dont son fr\u00e8re s&rsquo;occupait et ne l&rsquo;a pas trouv\u00e9. \u00ab Je pensais qu&rsquo;il \u00e9tait parti travailler \u00e0 proximit\u00e9 \u00bb. Le samedi et le dimanche sont pass\u00e9s. Le lundi, lorsqu&rsquo;elle est revenue sur son lieu de travail, elle a appel\u00e9 sa m\u00e8re, qui vivait \u00e0 Santa Rosa de Osos, dans le nord d&rsquo;Antioquia, pour lui dire que \u00ab Pachito \u00bb n&rsquo;avait pas pass\u00e9 le weekend chez sa d\u00e9funte tante et que les voisins n&rsquo;avaient pas de nouvelles de lui non plus.<\/p>\n<h3>Pacte de silence<strong>\u00a0<\/strong><\/h3>\n<div id=\"attachment_1654245\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1654245\" class=\" wp-image-1654248\" src=\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/IMG-20200309-WA0009-168x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"302\" height=\"539\" srcset=\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/IMG-20200309-WA0009-168x300.jpeg 168w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/IMG-20200309-WA0009-575x1024.jpeg 575w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/IMG-20200309-WA0009.jpeg 1078w\" sizes=\"auto, (max-width: 302px) 100vw, 302px\" \/><p id=\"caption-attachment-1654245\" class=\"wp-caption-text\">Ruth de las Misericordias et son fils Nodier<\/p><\/div>\n<p>Une ann\u00e9e s&rsquo;\u00e9coule depuis ce week-end de novembre 2001, Ruth, angoiss\u00e9e de ne pas savoir o\u00f9 se trouvait son fils, ne pouvait plus dormir, se sentait impuissante et pleurait tous les jours. Elle esp\u00e9rait que son fils r\u00e9appara\u00eetrait \u00e0 tout moment, elle pensait que les gu\u00e9rilleros l&rsquo;avaient emmen\u00e9 et qu&rsquo;\u00e0 un moment donn\u00e9, il la chercherait. Lorsqu\u2019elle \u00e9tait d&rsquo;humeur pessimiste, elle pensait le trouver bless\u00e9 ou mort sur une route rocailleuse et d\u00e9sol\u00e9e dans le quartier de Santo Domingo.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s deux ans sans aucune nouvelle de son fils, Ruth est retourn\u00e9e \u00e0 Santo Domingo en 2003 pour chercher la trace de Nodier et pour remettre en \u00e9tat la maison qu&rsquo;elle avait d\u00fb laisser \u00e0 l&rsquo;abandon. Lorsqu&rsquo;elle est arriv\u00e9e, elle a constat\u00e9 que la maison n&rsquo;avait ni toit ni salle de bain, elle avait \u00e9t\u00e9 pill\u00e9e. Personne ne semblait se souvenir d&rsquo;avoir vu Pachito. C&rsquo;\u00e9tait comme si un pacte collectif de silence s&rsquo;\u00e9tait impos\u00e9 de force dans le quartier suite \u00e0 la disparition de plusieurs jeunes de la r\u00e9gion, comme l&rsquo;a racont\u00e9 une voisine.<\/p>\n<p>Juste avant de repartir pour Santa Rosa de Osos, Ruth se souvient que Socorro, une voisine de sa s\u0153ur, lui a dit : \u00ab on dit que ton fils ne voulait pas stocker des armes, alors des hommes sont venus \u00e0 la maison dont Pachito s&rsquo;occupait \u00e0 une heure du matin et l&rsquo;ont sorti les mains li\u00e9es \u00bb. Ruth a d\u00fb retourner \u00e0 Santa Rosa de Osos avec cette petite information.<\/p>\n<p>Les larmes coulent sur les joues rosies de Ruth lorsqu&rsquo;elle se rem\u00e9more ce moment. Elle fait une pause et respire profond\u00e9ment avant de pouvoir continuer \u00e0 parler de son fils : \u00ab ce n&rsquo;est pas facile de se r\u00e9veiller tous les jours sans savoir ce qu&rsquo;il est devenu \u00bb ; elle boit de l&rsquo;eau, reste silencieuse pendant quelques minutes et essuie les traces de larmes qui ont commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;\u00e9vaporer.<\/p>\n<p>De retour \u00e0 Santa Rosa de Osos, l&rsquo;ombre des groupes arm\u00e9s \u00e9tait toujours derri\u00e8re la famille de Ruth. Cette fois-ci, ils en avaient apr\u00e8s son plus jeune fils, Jhon Fredy, que les paramilitaires avaient \u00e9t\u00e9 chercher chez lui le 3 mars 2003 pour le recruter en \u00e9change de trois cent mille pesos par mois. Au d\u00e9but, Jhon a refus\u00e9, mais au bout de cinq jours, il n&rsquo;a plus eu le choix.<\/p>\n<p>Il a travaill\u00e9 pour les paramilitaires dans le village de San Pablo, un hameau de Santa Rosa de Osos pendant environ trois mois. Un jour, alors que Jhon \u00e9tait cens\u00e9 aller chercher du bois de chauffage, l&rsquo;une de ses t\u00e2ches quotidiennes, il a d\u00e9cid\u00e9 de se faire exploser avec deux de ses compagnons. Il a couru pour se cacher dans la brousse, tandis que les deux autres jeunes hommes se sont rendus vers une rivi\u00e8re proche. Les paramilitaires les y ont trouv\u00e9s et les ont assassin\u00e9s.<\/p>\n<p>Quand Ruth a appris la nouvelle, elle eut le pressentiment que son fils \u00e9tait mort lui aussi. L&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et les insomnies nocturnes\u00a0s&#8217;emparent d&rsquo;elle \u00e0 nouveau. Le 11 juin 2003 aux alentours de 8 heures du matin, son t\u00e9l\u00e9phone portable sonne. Elle soupire et sourit avant de poursuivre son histoire. La voix de sa fille Mariana \u00e0 l&rsquo;autre bout du fil lui redonne espoir : \u00ab Ma ch\u00e8re petite maman, je sais que tu t&rsquo;inqui\u00e8tes pour Fredy, mais il est arriv\u00e9 aujourd&rsquo;hui \u00e0 une heure et demie du matin chez les grands-parents, ne t&rsquo;inqui\u00e8te pas \u00bb.<\/p>\n<p>Ruth sourit \u00e0 nouveau au souvenir de ce moment de soulagement et ajoute : \u00ab Je ne pouvais pas m&#8217;emp\u00eacher de penser que deux fils m&rsquo;avaient \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s et que je n&rsquo;aurais plus jamais de nouvelles d&rsquo;eux. Lorsque j&rsquo;ai su que Jhon\u00a0Fredy \u00e9tait vivant, j&rsquo;ai pu m&rsquo;endormir, sans pour autant oublier mon autre fils \u00bb.<\/p>\n<p>Huit jours apr\u00e8s que Fredy se soit \u00e9chapp\u00e9 des rangs des paramilitaires, Ruth a \u00e9t\u00e9 menac\u00e9e et d\u00e9plac\u00e9e pour la deuxi\u00e8me fois. Cette fois, elle n&rsquo;a pu emporter que les v\u00eatements qu&rsquo;elle portait : \u00ab Je n&rsquo;ai pas eu le temps d&#8217;emballer quoi que ce soit. Au d\u00e9but, mes autres enfants et moi sommes all\u00e9s vivre \u00e0 Moravia. Puis en 2017, nous sommes retourn\u00e9s \u00e0 Santo Domingo dans la maison que j&rsquo;y poss\u00e8de \u00bb.<\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<div>\n<div>\n<p><b>Une porte s&rsquo;ouvre<\/b><br \/>\nApr\u00e8s les lourdes pertes qu&rsquo;elle a subies \u00e0 cause de la guerre, Ruth a souffert de d\u00e9pression. Ses enfants l&rsquo;ont encourag\u00e9e \u00e0 continuer \u00e0 avancer, malgr\u00e9 la disparition de Nodier et les deux d\u00e9m\u00e9nagements forc\u00e9s. Ruth se souvient : \u00ab Je ne voulais pas quitter la maison, je ne voulais pas sortir du lit, je ne faisais que pleurer \u00bb. Socorro, la voisine de sa s\u0153ur \u00e0 Santo Domingo Savio, sachant Ruth tr\u00e8s triste, l&rsquo;a invit\u00e9e \u00e0 contacter le bureau de Madres de la Candelaria, situ\u00e9 dans le centre de Medell\u00edn. Elle avait entendu parler d&rsquo;eux par une de ses s\u0153urs qui recevait un soutien de l&rsquo;association apr\u00e8s la disparition de son fils.<\/p>\n<p>Ana de Dios Zapata, proche d&rsquo;une personne disparue et responsable de l&rsquo;accueil des personnes qui se pr\u00e9sentent \u00e0 l&rsquo;association, se souvient que Ruth est arriv\u00e9e le 26 ao\u00fbt 2008 au bureau de Madres de la Candelaria. Elle relate qu&rsquo;il \u00ab lui \u00e9tait difficile de parler de ce qui \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 son fils. Elle \u00e9tait tr\u00e8s calme et ne regardait personne dans les yeux \u00bb. Elle parle maintenant aux autres m\u00e8res et aux parents proches qui assistent aux discussions, ateliers et formations organis\u00e9s par Madres de la Candelaria.<\/p>\n<p>Ruth n&rsquo;avait parl\u00e9 \u00e0 personne des deux d\u00e9m\u00e9nagements forc\u00e9s, ni du recrutement forc\u00e9 de son fils Jhon Fredy, ni de la disparition de Nodier. Devant ses dires, Ana Zapata a ouvert un dossier \u00e0 son nom, a gard\u00e9 la photo de Nodier et se souvient qu&rsquo;elle l&rsquo;a accompagn\u00e9e pour d\u00e9poser une plainte aupr\u00e8s du Minist\u00e8re Public, du bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral, du bureau du m\u00e9diateur et de l&rsquo;unit\u00e9 du bureau du Minist\u00e8re Public appel\u00e9e unit\u00e9 de recherche des personnes, et pour faire un test ADN \u00bb.<\/p>\n<p>Lors des semaines qui ont suivi, Ruth Sosa a commenc\u00e9 \u00e0 participer aux sit-in qui, au d\u00e9but, avaient lieu le mercredi, mais qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s aux vendredis*. Elle a \u00e9galement suivi des s\u00e9ances avec les psychologues et les travailleurs sociaux qui travaillent \u00e0 Madres de la Candelaria. Elle a appris \u00e0 broder, elle a particip\u00e9 \u00e0 des ateliers pour devenir entrepreneur, a commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;informer sur la l\u00e9gislation existante sur le crime de disparition forc\u00e9e, ainsi que sur ses droits en tant que victime et, petit \u00e0 petit, elle s&rsquo;est int\u00e9gr\u00e9e aux autres m\u00e8res.<\/p>\n<p><b>Le charnier<\/b><br \/>\nRuth esp\u00e9rait que la disparition de son fils serait \u00e9lucid\u00e9e. Le temps a pass\u00e9 et le bureau du procureur et l&rsquo;unit\u00e9 de recherche n&rsquo;ont fait aucun progr\u00e8s dans son dossier. Cependant, en 2009, huit ans apr\u00e8s sa disparition, un indice d&rsquo;une possible fosse commune o\u00f9 se trouveraient les restes de Nodier Sosa Sosa est parvenu \u00e0 Madres de la Candelaria.<\/p>\n<p>Claudia**, qui a indiqu\u00e9 l&rsquo;endroit, a racont\u00e9 \u00e0 Ana de Dios Zapata que \u00ab Pachito \u00bb, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 contraint de quitter la maison de sa tante les mains li\u00e9es, a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 pr\u00e8s de l&rsquo;institution \u00e9ducative Gente Unida avec d&rsquo;autres jeunes. Ces d\u00e9tenteurs d&rsquo;armes ill\u00e9gales ont pouss\u00e9 le groupe \u00e0 creuser une fosse qui servira par la suite \u00e0 enterrer leurs corps.<\/p>\n<p>Avant de donner les coordonn\u00e9es au Minist\u00e8re Public, Teresita Gaviria, directrice et fondatrice de l&rsquo;association, se souvient : \u00ab Je me suis rendue \u00e0 Santo Domingo Savio avec l&rsquo;escorte qu&rsquo;on m&rsquo;avait octroy\u00e9e et la personne qui nous a donn\u00e9 les coordonn\u00e9es, l\u00e0 o\u00f9 la d\u00e9pouille de Nodier \u00e9tait cens\u00e9e se trouver \u00bb.<\/p>\n<p>De retour au si\u00e8ge de l&rsquo;association, Teresita a \u00e9crit une lettre \u00e0 Gustavo Duque, alors procureur de la Justice et de la Paix \u00e0 Medell\u00edn, l&rsquo;informant des coordonn\u00e9es et lui demandant de constituer une \u00e9quipe pour rechercher et exhumer les restes de \u00ab Pachito \u00bb.<\/p>\n<p>Le procureur Duque a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la demande de Teresita Gaviria deux semaines plus tard, il a constitu\u00e9 une \u00e9quipe. Ainsi, le 20 juillet 2009, Teresita et l&rsquo;ancienne vice-pr\u00e9sidente de l&rsquo;association, Dolores Rengifo, ainsi que l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;exhumation et le procureur Duque, se sont rendus pr\u00e8s de la fosse o\u00f9 ils esp\u00e9raient trouver les restes de Nodier Sosa Sosa. Pendant ce temps, Ruth Sosa est rest\u00e9e \u00e0 la maison \u00e0 attendre des nouvelles de Teresita Gaviria.<\/p>\n<p>La matin\u00e9e se d\u00e9roula,\u00a0 les professionnels du bureau du procureur proc\u00e9daient \u00e0 l&rsquo;exhumation, qui, dans les souvenirs de Teresita Gaviria, a dur\u00e9 environ quatre heures. Les restes de trois personnes ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s et emmen\u00e9s \u00e0 des m\u00e9decins l\u00e9gistes pour effectuer des tests ADN.<\/p>\n<p>Au cours des deux mois suivants, les m\u00e9decins l\u00e9gistes n&rsquo;ont donn\u00e9 aucune conclusion sur les pr\u00e9l\u00e8vements r\u00e9alis\u00e9s sur les restes du squelette, Teresita s&rsquo;est adress\u00e9e au bureau du procureur de Medell\u00edn, charg\u00e9 des cas de disparition forc\u00e9e, et \u00e0 la m\u00e9decine l\u00e9gale, pour savoir dans quel \u00e9tat se trouvaient les preuves. \u00ab Je me rendais une fois par semaine au bureau du procureur Duque et j&rsquo;y suis rest\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il contacte les m\u00e9decins l\u00e9gistes et qu&rsquo;ils lui donnent une r\u00e9ponse. Ruth \u00e9tait tomb\u00e9e malade en raison du manque de r\u00e9ponse apport\u00e9e suite aux pr\u00e9l\u00e8vements faits \u00bb.<\/p>\n<p>A partir du moment o\u00f9 le Minist\u00e8re Public a annonc\u00e9 \u00e0 Teresita Gaviria que l&rsquo;\u00e9quipe de recherche avait finalis\u00e9 l&rsquo;analyse des restes de son fils Nodier Sosa, Ruth a commenc\u00e9 \u00e0 recevoir le soutien du service psychologique de l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Antioquia. Cependant, elle \u00ab ne parvenait pas \u00e0 dormir, pensant qu&rsquo;elle devait organiser un bel enterrement pour Pachito \u00bb.<\/p>\n<p>Six mois se sont \u00e9coul\u00e9s avant que Teresita re\u00e7oive le rapport des tests effectu\u00e9s par l&rsquo;Institut national de m\u00e9decine l\u00e9gale en raison des constants allers \/ retours au bureau du procureur Duque. \u00ab Quand j&rsquo;ai re\u00e7u la lettre, je suis rest\u00e9e sans voix, j&rsquo;ai d\u00fb la lire \u00e0 deux reprises parce que je pensais avoir fait une erreur, mais non \u00bb. Les r\u00e9sultats \u00e9taient n\u00e9gatifs. \u00ab Les restes retrouv\u00e9s ne portait aucune trace ADN de Pachito \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Teresita.<\/p>\n<p>Trois jours apr\u00e8s avoir re\u00e7u les r\u00e9sultats des tests, Teresita Gaviria a re\u00e7u des conseils de la psychologue qui accompagnait Ruth sur la fa\u00e7on de lui annoncer la nouvelle. Le lendemain, <span dir=\"ltr\">d\u00e8s 9 heures<\/span>, elle convoque Ruth au bureau de l&rsquo;association et, apr\u00e8s avoir bu de l&rsquo;eau aromatis\u00e9e, Teresita et la psychologue lui annoncent que son fils ne se trouve pas parmi les restes retrouv\u00e9s. \u00c0 ce moment-l\u00e0, Ruth s&rsquo;est mise \u00e0 pleurer et se souvient : \u00ab Je ne pouvais pas croire que tout cela n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une illusion. J&rsquo;\u00e9tais de retour \u00e0 la case d\u00e9part, je ne savais rien de ce qu&rsquo;il lui \u00e9tait arriv\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette recherche infructueuse, en 2010, Ruth et Teresita Gaviria se sont rendues \u00e0 la prison de Bellavista, dans la municipalit\u00e9 de Bello (Antioquia), dans le but de parler aux paramilitaires d\u00e9tenus l\u00e0-bas. Elles voulaient savoir s&rsquo;ils avaient des informations sur la disparition forc\u00e9e de son fils. De ce face-\u00e0-face, elle se souvient qu&rsquo;ils lui ont r\u00e9pondu : \u00ab Non, madame Ruth, nous n&rsquo;avons pas pris votre fils, nous ne l&rsquo;avons pas tu\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Depuis lors, l&rsquo;enqu\u00eate sur la disparition forc\u00e9e de Nodier Sosa n&rsquo;a pas progress\u00e9 au Minist\u00e8re Public. Ruth de las Misericordias attend toujours de savoir o\u00f9 se trouve son fils afin de pouvoir lui offrir une s\u00e9pulture digne. Elle continue \u00e0 assister aux ateliers des Madres de Candelaria qui ont \u00e9t\u00e9 son seul soutien dans ces moments difficiles. En attendant, elle garde pr\u00e9cieusement un sac ayant appartenu \u00e0 Nodier \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son lit.<\/p>\n<p>Teresita Gaviria, en tant que repr\u00e9sentante de l&rsquo;Association Madres de la Candelaria, et d&rsquo;autres experts en la mati\u00e8re, comme Adriana Arboleda, avocate et directrice de la Corporation Jur\u00eddica Libertad, s&rsquo;accordent \u00e0 dire que \u00ab les r\u00e9sultats des tests effectu\u00e9s par les m\u00e9decins l\u00e9gistes sur les corps des victimes de disparition forc\u00e9e prennent plus de temps que pr\u00e9vu et, que la plupart du temps, il n&rsquo;y a aucune volont\u00e9 de la part de certains fonctionnaires du Minist\u00e8re Public de rechercher les victimes de disparition forc\u00e9e \u00bb. Arboleda ajoute que \u00ab depuis le d\u00e9but du mandat du gouvernement Duque, le nombre de d\u00e9p\u00f4t de plaintes pour disparitions forc\u00e9es a augment\u00e9, et 90 % de celles qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es au bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral ont \u00e9t\u00e9 archiv\u00e9es \u00bb.<\/p>\n<p>A dix heures cinq du <span dir=\"ltr\">matin le 9 mars<\/span>, un ing\u00e9nieur agronome est arriv\u00e9 au si\u00e8ge de l&rsquo;association Caminos de Esperanza Madres de la Candelaria. Il a r\u00e9uni les participantes des ateliers et a commenc\u00e9 \u00e0 expliquer comment semer de la laitue dans des sacs tubulaires biod\u00e9gradables, dont les ouvertures lat\u00e9rales permettent de semer jusqu&rsquo;\u00e0 18 graines, afin d&rsquo;avoir une subsistance quotidienne. Ruth Sosa Sosa observe attentivement chaque \u00e9tape de la pr\u00e9paration du compost. Puis elle fait une pause avec les autres et sourit au milieu des plaisanteries de ses compagnes de lutte et de survie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>* Les sit-in de l&rsquo;Association Caminos de Esperanza Madres de la Candelaria avaient lieu le mercredi, mais depuis 2010, ils ont lieu le vendredi de 14h devant l&rsquo;\u00e9glise de La Candelaria. Ce changement est d\u00fb au fait que les mercredis, ils organisent des activit\u00e9s ou des conf\u00e9rences.<\/p>\n<p>** Le nom de la personne source de l&rsquo;information a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 \u00e0 sa demande.<\/p>\n<\/div>\n<p>Cette chronique fait partie de la th\u00e8se de doctorat d\u2019Aldana, S. (2020). <em>Mes yeux te cherchent toujours dans l\u2019ombre<\/em>. Histoires de disparition forc\u00e9e de l\u2019Association Madres de la Candelaria (th\u00e8se de doctorat. Universit\u00e9 de Antioquia) <a style=\"font-family: arial, sans-serif;\" href=\"http:\/\/bibliotecadigital.udea.edu.co\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Bibliotecadigital.udea.edu.co<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Voir aussi :<\/strong><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<p>Premi\u00e8re partie &gt;&gt; <a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-1\/\">Chronique : mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre &#8211; partie I<\/a><\/p>\n<\/div>\n<p dir=\"ltr\">Deuxi\u00e8me partie &gt;&gt; <a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii\/\">Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre &#8211; partie II<\/a><\/p>\n<p>Troisi\u00e8me partie &gt;&gt; <a href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-iii\/\">Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre &#8211; partie III<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Traduction de l&rsquo;espagnol, Fr\u00e9d\u00e9rique Drouet<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le deuxi\u00e8me volet de cette s\u00e9rie de quatre chroniques, Ruth de las Misericordias revient 22 ans en arri\u00e8re pour raconter l&rsquo;histoire de son fils Nodier Alberto, disparu dans le quartier de Santo Domingo Savio \u00e0 Medell\u00edn, Antioquia.\u00a0 Sentinelle Ruth&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2031,"featured_media":1654236,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[86,11386,98,1248,1250],"tags":[105256,1016,298],"class_list":["post-1656447","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-amerique-du-sud","category-contenu-original","category-droits-de-lhomme","category-nonviolence-sujet","category-paix-desarmement","tag-desaparicionforzada-fr","tag-colombie","tag-paix"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.1.1 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre - partie II<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Dans le deuxi\u00e8me volet de cette s\u00e9rie de quatre chroniques, Ruth de las Misericordias revient 22 ans en arri\u00e8re pour raconter l&#039;histoire de son fils\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre - partie II\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Dans le deuxi\u00e8me volet de cette s\u00e9rie de quatre chroniques, Ruth de las Misericordias revient 22 ans en arri\u00e8re pour raconter l&#039;histoire de son fils\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Pressenza\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/PressenzaItalia\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2022-09-11T13:03:12+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-09-22T20:10:59+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Ruth-de-las-Misericordias.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"587\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"453\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Stephan\u00eda Aldana Cabas\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@PressenzaIPA\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@PressenzaIPA\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Stephan\u00eda Aldana Cabas\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"15 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2022\/09\/chronique-mes-yeux-te-cherchent-toujours-dans-la-penombre-partie-ii\/\"},\"author\":{\"name\":\"Stephan\u00eda Aldana Cabas\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#\/schema\/person\/eb159549e8a5f721cd229d7e20d51235\"},\"headline\":\"Chronique : Mes yeux te cherchent toujours dans la p\u00e9nombre &#8211; 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