{"id":1093132,"date":"2020-04-27T02:05:50","date_gmt":"2020-04-27T01:05:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pressenza.com\/?p=1093132"},"modified":"2020-04-27T02:05:50","modified_gmt":"2020-04-27T01:05:50","slug":"histoires-de-confinement-13","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/","title":{"rendered":"Histoires de confinement \/ 13"},"content":{"rendered":"<p>Pressenza ouvre ses salles de r\u00e9daction \u00e0 tous ceux qui souhaitent partager leurs histoires et leurs r\u00e9flexions inspir\u00e9es de cette p\u00e9riode de confinement.<\/p>\n<p>Nous poursuivons cette s\u00e9rie d&rsquo;histoires avec ce magnifique texte envoy\u00e9 par Cristina \u00c1vila-Zesatti, journaliste mexicaine et directrice g\u00e9n\u00e9rale de <a href=\"https:\/\/www.corresponsaldepaz.org\/\">Corresponsal de Paz<\/a>, un m\u00e9dia qui, comme Pressenza, est ax\u00e9 sur le journalisme de paix.<\/p>\n<p><strong>Cristina \u00c1vila-Zesatti : Un confinement de silence, de paix, d&rsquo;animaux, d&rsquo;interconnexion et de bonnes nouvelles<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-1089529 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Frase-historia-13-720x205.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"205\" srcset=\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Frase-historia-13-720x205.jpg 720w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Frase-historia-13-300x86.jpg 300w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Frase-historia-13-768x219.jpg 768w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Frase-historia-13-1536x438.jpg 1536w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Frase-historia-13.jpg 1575w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0Toutes les proph\u00e9ties nous enseignent que l\u2019humain cr\u00e9era sa propre destruction.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Mais les si\u00e8cles et la vie, qui sans cesse se renouvelle, <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>engendreront aussi une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019amoureux et de r\u00eaveurs\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 des hommes et des femmes qui ne r\u00eavaient pas de d\u00e9truire le monde<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong> mais de construire le monde des papillons et des rossignols \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Gioconda Belli\u00a0:\u00a0\u00a0 Les porteurs de r\u00eaves<\/em><\/strong><\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9cris ce texte sous l&rsquo;influence de la \u00ab\u00a0lune rousse\u00a0\u00bb de ce mois d&rsquo;avril introverti que nous avons d\u00fb vivre en l&rsquo;an z\u00e9ro de la deuxi\u00e8me d\u00e9cennie du XXIe si\u00e8cle&#8230; \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, on ressent la peur d&rsquo;un virus et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ma maison on respire la libert\u00e9, plus de libert\u00e9 que jamais, c&rsquo;est dire.<\/p>\n<p>Ils disent que \u00ab\u00a0nous sommes confin\u00e9s\u00a0\u00bb, du moins c&rsquo;est ce que je lis, c&rsquo;est ce que j&rsquo;entends, c&rsquo;est ce que je vois partout&#8230; ils disent que le monde a \u00e9t\u00e9 mis en quarantaine et qu&rsquo;il faut avoir peur. Je me sens, je me suis toujours sentie, tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aise avec le silence et la solitude, mais j&rsquo;avoue qu&rsquo;il me faut beaucoup d&rsquo;efforts pour ressentir la peur, non pas maintenant, mais en g\u00e9n\u00e9ral, depuis toujours\u2026 Cependant, en ce moment d&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 mondiale, il semble que vous soyez irresponsable et m\u00eame \u00e9go\u00efste si vous ne ressentez pas la peur&#8230; quelque chose, ne serait-ce qu&rsquo;un peu de peur, si ce n&rsquo;est pour vous au moins pour quelque chose ou quelqu&rsquo;un&#8230; mais vous devez la ressentir, car l&rsquo;environnement ext\u00e9rieur vous y oblige presque.<\/p>\n<p>Je pense m\u00eame que parfois j&rsquo;ai eu peur de ne pas avoir peur&#8230; Je m&rsquo;y suis efforc\u00e9e, vraiment, mais \u00e7a ne marche pas. Je suis d\u00e9sol\u00e9e. Ce n&rsquo;est pas de ma faute, c&rsquo;est comme si j&rsquo;\u00e9tais n\u00e9e avec ce d\u00e9faut d&rsquo;intr\u00e9pidit\u00e9 qui frise souvent la stupidit\u00e9, et c&rsquo;est pourquoi je r\u00e9siste g\u00e9n\u00e9ralement aux choses quand on me les impose\u2026 comme dirait mon p\u00e8re, je suis \u00ab\u00a0une contestataire\u00a0\u00bb&#8230; alors j&rsquo;ai plut\u00f4t commenc\u00e9 \u00e0 me parler tr\u00e8s s\u00e9rieusement, et je crois que j&rsquo;ai trouv\u00e9 un accord entre mon moi int\u00e9rieur et mon moi ext\u00e9rieur ; un accord qui consiste en quelque chose de tr\u00e8s simple : respecter la peur des autres m\u00eame si je ne la partage pas ou ne la comprends pas.<\/p>\n<p>En bonne solitaire que je suis, j&rsquo;ai d\u00e9couvert il y a longtemps que dans chaque t\u00eate humaine se livre une bataille monumentale, toujours et sans tr\u00eave, entre sa propre existence et la coexistence, il m&rsquo;est donc possible, ou du moins j&rsquo;essaie de respecter le raz-de-mar\u00e9e d&rsquo;\u00e9motions que cette \u00e9tape de quarantaine et de confinement social apporte \u00e0 chacun individuellement\u00a0; donc je respecte mon propre accord interne, et fais simplement ce que la peur des autres me demande de faire : je prends mes distances, je me lave, je m\u2019enduis, je m&rsquo;asperge, je me couvre&#8230; Apr\u00e8s tout, se pr\u00e9occuper des autres est une fa\u00e7on de les embrasser sans les toucher, et comprendre le malaise ou la peur des autres est aussi une fa\u00e7on d&rsquo;aimer, je pense.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;amour des animaux devient soudain un alibi social<\/strong><\/p>\n<p>Je pense parfois que la parcimonie avec laquelle je vis cet \u00e9trange \u00e9v\u00e9nement mondial, vient peut-\u00eatre de mon contact constant avec ma famille animale. Vari\u00e9e et nombreuse, soit dit en passant. Et c&rsquo;est quelque chose que je vis en moi-m\u00eame et que j&rsquo;observe chez les autres depuis longtemps, quelque chose que j&rsquo;ai pour habitude d&rsquo;appeler \u00ab\u00a0la paix des animaux\u00a0\u00bb ; un sentiment qui, jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9cemment, n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 et qui, aujourd&rsquo;hui est devenu, presque d&rsquo;un seul coup, une \u00e9vidence g\u00e9n\u00e9rale parce que la pr\u00e9sence et la compagnie d&rsquo;un animal (au moins) dans la maison, fait que des vies humaines peuvent sortir, au moins pour quelques pr\u00e9cieux moments par jour, de cet \u00e9gocentrisme \u00e9go\u00efste et fou qui caract\u00e9rise notre esp\u00e8ce presque d\u00e9vor\u00e9e par la modernit\u00e9. Et aujourd&rsquo;hui, avec presque rien \u00e0 faire, enferm\u00e9s par la peur de sortir, et confin\u00e9s par l&rsquo;angoisse entre quatre murs, les animaux de compagnie semblent nous sauver de notre propre ignominie.<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1089711 alignleft\" src=\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Violetta-L\u00f3pez-\u00c1vila-720x925.jpg\" alt=\"\" width=\"313\" height=\"403\" srcset=\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Violetta-L\u00f3pez-\u00c1vila-720x925.jpg 720w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Violetta-L\u00f3pez-\u00c1vila-234x300.jpg 234w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Violetta-L\u00f3pez-\u00c1vila-768x986.jpg 768w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Violetta-L\u00f3pez-\u00c1vila-1196x1536.jpg 1196w, https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Violetta-L\u00f3pez-\u00c1vila.jpg 1495w\" sizes=\"auto, (max-width: 313px) 100vw, 313px\" \/><\/span><\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, les animaux traversent la vie dans un \u00e9ternel pr\u00e9sent, et en particulier les animaux de compagnie qui nous am\u00e8nent, sans trop de gesticulations, \u00e0 ce que nous, les humains, ayons de petites fractales quotidiennes de ce \u00ab\u00a0savoir \u00eatre ici et maintenant\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Ce moment o\u00f9 votre chien vous force presque \u00e0 sortir au parc pour se promener, cette conversation et m\u00eame cette dispute avec votre chat sur un ton confidentiel, cette tranquillit\u00e9 qui vous envahit de douceur de corps et d&rsquo;\u00e2me lorsque vous les caressez, ces moments o\u00f9 la d\u00e9pression guette, mais ils ne la laissent pas venir car leur pr\u00e9sence vous rappelle que vous devez vous lever pour vous occuper d&rsquo;un autre qui n&rsquo;est pas vous : Les nourrir, leur donner de l&rsquo;eau, ou simplement se concentrer sur le nettoyage&#8230; ou quand sans raison aucune vous obtenez\u00a0 de leurs yeux\u00a0 un regard qui vous explique l&rsquo;amour inconditionnel, ce sont tous des cadeaux que la \u00ab\u00a0paix animale\u00a0\u00bb donne aux humains&#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Et moi, animali\u00e8re dans l&rsquo;\u00e2me depuis toujours et sauveteuse officielle depuis plusieurs ann\u00e9es, je vois avec un \u00e9tonnement positif comment maintenant, au milieu de cette cage humaine, eux, les animaux, prennent progressivement leur place dans nos vies : et je suis moins \u00e9tonn\u00e9e \u00e0 la nouvelle que des animaux sauvages envahissent les rues des villes vides, car je suis beaucoup plus fascin\u00e9e par la fa\u00e7on dont les animaux domestiques s&#8217;emparent d&rsquo;un endroit qui \u00e9tait jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent beaucoup plus inaccessible : les fluctuations et l&rsquo;angoisse des c\u0153urs humains.<\/p>\n<p>Et bien s\u00fbr, cela rend heureuse ma quarantaine personnelle, dans laquelle d&rsquo;ailleurs mes chiens et chats secourus sont aujourd&rsquo;hui devenus une sorte de \u00ab\u00a0sauf-conduit\u00a0\u00bb social\u00a0; car je continue \u00e0 faire mes deux promenades quotidiennes en compagnie de plusieurs chiens, alors que le confinement ne m&#8217;emp\u00eache pas de me promener toutes les nuits, et depuis 10 ans, d&rsquo;apporter de la nourriture \u00e0 plusieurs chats errants dans trois endroits du centre ville. Selon les nouvelles r\u00e8gles de l&rsquo;urgence sanitaire, je ne repr\u00e9sente pas un danger pour les humains, car je marche seule, je me lave constamment les mains et je nettoie les pattes de mes chiens avant d&rsquo;entrer dans la maison&#8230; de sorte que, en quarantaine ou pas ma part personnelle de \u00ab\u00a0paix animale\u00a0\u00bb reste, heureusement, intacte.<\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9fi de sentir le monde pendant que je reste \u00e0 la maison<\/strong><\/p>\n<p>Et cette paix animale dont je b\u00e9n\u00e9ficie, dont je profite et dont je suis responsable, est peut-\u00eatre ce qui me donne un certain calme et une certaine profondeur, et aussi une certaine \u00ab\u00a0saine distance\u00a0\u00bb pour penser et habiter et cultiver mes autres facettes avec lesquelles je per\u00e7ois et traduis mon humanit\u00e9. En tant que lectrice, \u00e9crivaine et journaliste, j&rsquo;essaie de contourner, du mieux que je peux, cette autre prison mentale dans laquelle le confinement nous a plong\u00e9s : notre quotidien bombard\u00e9 d&rsquo;informations et de d\u00e9sinformation m\u00eal\u00e9e de divertissement.<\/p>\n<p>Et chaque jour je suis, (comme je suppose des milliers de citoyens), bless\u00e9e dans mon \u00e9motivit\u00e9 par toute cette artillerie pseudo-intellectuelle qui nous envahit&#8230; par ce bombardement constant et infatigable d&rsquo;articles, de vid\u00e9os, d&rsquo;images, de messages personnels ou de groupe en proie \u00e0 la fatalit\u00e9, de blagues bon march\u00e9, \u00e0 la po\u00e9sie de pacotille ou aux th\u00e9ories pr\u00e9monitoires du cosmos, de la religion et de la spiritualit\u00e9.<\/p>\n<p>N&rsquo;est-ce pas d\u00e9j\u00e0 suffisant ce qui arrive \u00e0 chacun d&rsquo;entre nous internement ? J&rsquo;ai appris de nombreux amis partout dans le monde qu&rsquo;ils commencent \u00e0 en avoir assez des technologies qui offrent de \u00ab\u00a0fausses promesses de connexion\u00a0\u00bb. Et je pense que cela a \u00e9t\u00e9 une partie difficile mais belle de ce processus de quarantaine : le discernement entre ce qui est distance, et ce qui est \u00e9loignement.<\/p>\n<p>\u00c0 vrai dire, je pense que cette attitude signifie que nous commen\u00e7ons &#8211; enfin &#8211; \u00e0 \u00eatre sinc\u00e8res, car cette sati\u00e9t\u00e9 ne date pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Il y a longtemps que nous nous sentions satur\u00e9s, surexcit\u00e9s et ali\u00e9n\u00e9s. Il y a longtemps que nous \u00e9tions impatients de cesser d&rsquo;\u00eatre confront\u00e9s \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 qui nous emp\u00eachait \u00e9galement &#8211; bien que d&rsquo;une mani\u00e8re diff\u00e9rente- d&#8217;embrasser notre propre vie, d&#8217;embrasser les n\u00f4tres avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, et de savoir quels \u00e9taient les d\u00e9sirs et les r\u00eaves \u00e0 r\u00e9aliser, et quels \u00e9taient ceux qu&rsquo;il \u00e9tait temps de laisser tomber.<\/p>\n<p>La bonne nouvelle est qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, avec plus ou moins de r\u00e9sistance, nous commen\u00e7ons tous \u00e0 ressentir et \u00e0 remarquer cette diff\u00e9rence subtile. Forc\u00e9s par la quarantaine, certes, mais je pense que nous arrivons enfin \u00e0 nous d\u00e9brancher des exigences de l&rsquo;ext\u00e9rieur pour nous reconnecter, plus ou moins maladroitement, aux exigences de l&rsquo;int\u00e9rieur, qui sont, en fin de compte, les seules qui comptent vraiment.<\/p>\n<p><strong>Racontez-moi une histoire et vous verrez comme je suis heureuse<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 part ma visite au caf\u00e9 de la place o\u00f9 je me r\u00e9fugiais de temps en temps, la v\u00e9rit\u00e9 est que dans ma vie ext\u00e9rieure, presque rien n&rsquo;a chang\u00e9 pendant ce confinement. La version \u00ab\u00a0Cristina-la-Sorci\u00e8re-en-quarantaine\u00a0\u00bb est quelque chose de tr\u00e8s similaire \u00e0 ce qu&rsquo;elle \u00e9tait avant que ce virus ne nous enferme : je suis toujours une solitaire, une b\u00eate rare qui se prom\u00e8ne la nuit en laissant de la nourriture aux chats errants, et qui d\u00e9ambule dans le parc avec 8 ou 10 chiens \u00e0 la fois ; mais j&rsquo;avoue que dans ma vie int\u00e9rieure, j&rsquo;ai trouv\u00e9 ces jours-ci des tr\u00e9sors que j&rsquo;avais mis de c\u00f4t\u00e9 ou perdus dans les profondeurs de ma vie tr\u00e9pidante.<\/p>\n<p>Cette pand\u00e9mie qu&rsquo;on nous a envoy\u00e9e pour nous prot\u00e9ger, je pense qu&rsquo;elle nous fait nous retrouver. Ces jours-ci, j&rsquo;ai recommenc\u00e9 \u00e0 pleurer de pure \u00e9motion et presque sans raison, car ce silence m&rsquo;aide \u00e0 penser et \u00e0 ressentir plus clairement ; j&rsquo;ai repris mes exercices quotidiens de qi-gong et les m\u00e9ditations apr\u00e8s les heures de travail\u2026 Mais de plus, je me construis aussi des espaces physiques et intellectuels qui me font oublier les \u00e9crans pendant de longues dur\u00e9es : je colorie des mandalas, je lis des livres qui avaient \u00e9t\u00e9 mis de c\u00f4t\u00e9 et j&rsquo;\u00e9cris (\u00e0 la main) des r\u00e9flexions sur tout et sur rien, autrement dit : cette enceinte me vide, me nettoie&#8230; et je crains de ne pas \u00eatre la seule&#8230; et j&rsquo;aime cette sensation de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 suspendue dans le temps.<\/p>\n<p>Mais la Sorci\u00e8re est n\u00e9e et je suis devenue journaliste&#8230; et on dit par ici \u00ab\u00a0g\u00e9nie et personnalit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la tombe\u00a0\u00bb, parce que c&rsquo;est un fait : il est impossible d&rsquo;\u00e9chapper aux dons et aux vocations, et la meilleure chose que l&rsquo;on puisse faire avec cela, c&rsquo;est de laisser courir. C&rsquo;est ainsi que je suis maintenant, jonglant et \u00e9quilibrant ma quarantaine avec cette \u00ab\u00a0adr\u00e9naline\u00a0\u00bb typique qui, dans les moments d&rsquo;urgence, nous fait bouillir, nous les journalistes : nous voulons participer, raconter \u00eatre l\u00e0&#8230; mais je suis coinc\u00e9e \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>Et pourtant, m\u00eame de chez moi, je suis toujours la Sorci\u00e8re-journaliste qui croit fermement, et depuis longtemps, aux possibilit\u00e9s de la paix, et en l&rsquo;\u00e9norme pouvoir de transformation des histoires que nous allons raconter sur le monde et la r\u00e9alit\u00e9 concernant cet \u00e9trange moment. Ainsi, profitant de ma \u00ab\u00a0non-peur personnelle\u00a0\u00bb et de mon d\u00e9sir de r\u00e9duire ou d&rsquo;att\u00e9nuer un peu ce halo de peur et de densit\u00e9 sociale, je me suis mise au travail pour lancer la dynamique de mon projet num\u00e9rique \u00ab\u00a0Journalisme de paix\u00a0\u00bb, ax\u00e9 sur un \u00ab\u00a0autre regard\u00a0\u00bb qui nous \u00e9loignera de la peur et nous donnera de l&rsquo;espoir.<\/p>\n<p>Je ne suis pas seule dans cette entreprise : ma merveilleuse \u00e9quipe, r\u00e9partie dans plusieurs endroits du Mexique et dans le monde, a rejoint le \u00ab\u00a0D\u00e9fi de la R\u00a0\u00bb que nous nous sommes fix\u00e9 en ce moment dans Correspondance pour la Paix : sauver, rassembler, \u00e9crire et rapporter (tout cela de mani\u00e8re tr\u00e8s responsable) les nombreuses, innombrables histoires de collaboration et de solidarit\u00e9 qui \u00e9mergent \u00e0 travers la plan\u00e8te.<\/p>\n<p>En tant que journaliste, je suis amoureuse de la rigueur et de la v\u00e9racit\u00e9, et en tant que sorci\u00e8re, je sais que nous sommes tous faits d&rsquo;\u00e9nergie. Je crois beaucoup, \u00e9norm\u00e9ment en la puissance des \u00e9nergies primaires qui font bouger le monde social et naturel.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi, maintenant, pr\u00e9cis\u00e9ment maintenant, il me semble qu&rsquo;il est extr\u00eamement important de collaborer, avec des informations positives et porteuses d&rsquo;espoir, qui peuvent \u00ab\u00a0\u00e9lever notre vibration\u00a0\u00bb individuelle et sociale en ce moment o\u00f9 la plan\u00e8te enti\u00e8re semble s&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9e dans une attente et une impasse rarissimes.<\/p>\n<p>Ce coup de frein mondial a certainement de nombreuses facettes : Pour le domaine de la nature un v\u00e9ritable r\u00e9pit, pour le monde animal une certaine reconnaissance, et pour l\u2019humanit\u00e9 un balancement d&rsquo;\u00e9motions qui ont \u00e9t\u00e9 longtemps r\u00e9prim\u00e9es ; nous sommes tous d\u00e9sormais soumis \u00e0 ce va et vient\u00a0 d&rsquo;un \u00ab\u00a0r\u00e9veil difficile\u00a0\u00bb, qui nous fait passer de la tristesse \u00e0 la peur, de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 au d\u00e9sir de calme et de tranquillit\u00e9, de l&rsquo;insomnie au d\u00e9sir de ne dormir que d&rsquo;un long sommeil pour que tout revienne, comme par magie, \u00e0 notre \u00ab\u00a0normalit\u00e9\u00a0\u00bb bien connue\u2026 Et tout cela nous arrive parce que, peut-\u00eatre pour la premi\u00e8re fois depuis longtemps, nous osons nous poser de grandes questions sur la vie, la mort et le sens profond de ces deux in\u00e9vitables extr\u00eames de l&rsquo;existence. Nous sommes comme qui dirait en train de prendre conscience que nos vies, les n\u00f4tres et celles des autres, sont en plein milieu, et qu&rsquo;il faut en faire quelque chose maintenant.<\/p>\n<p><strong>A l&rsquo;interconnexion la distance importe peu<\/strong><\/p>\n<p>Nous croyions, na\u00efvement ou \u00e0 tort, qu&rsquo;habiter \u00ab\u00a0un monde connect\u00e9\u00a0\u00bb \u00e9tait la fausse imm\u00e9diatet\u00e9 des messages, des nouvelles, des r\u00e9seaux, des plateformes et des vols intercontinentaux&#8230; Aujourd&rsquo;hui, nous savons que \u00ab\u00a0l&rsquo;interconnexion mondiale\u00a0\u00bb est autre chose&#8230;<\/p>\n<p>Nous commen\u00e7ons \u00e0 comprendre que tout est interconnect\u00e9, que nous sommes tous connect\u00e9s. Parfois, maintenant, cette compr\u00e9hension nous frappe avec une certaine col\u00e8re, lorsque nous voyons que les autres ne prennent pas les pr\u00e9cautions que nos propres peurs exigent pour nous faire sentir en s\u00e9curit\u00e9 ; d&rsquo;autres fois, cette compr\u00e9hension de l&rsquo;interconnexion nous arrive avec des niveaux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;incertitude et de malaise, lorsque nous pensons \u00e0 l&rsquo;avenir que jusqu&rsquo;\u00e0 hier, nous prenions si joyeusement pour acquis\u2026<\/p>\n<p>Les extr\u00eames se touchent et nous voyons aujourd&rsquo;hui comment tout ce que font les autres et ce qui leur arrive nous affecte, nous importe et nous concerne : d&rsquo;un marcheur anonyme et insouciant ou d&rsquo;un enfant jouant innocemment sur une rampe qui pourraient, peut-\u00eatre, nous infecter involontairement, \u00e0 l&rsquo;effondrement d&rsquo;une grande entreprise qui, hier ne nous aurait peut-\u00eatre pas import\u00e9, et que nous comprenons maintenant que ce sera t\u00f4t ou tard un effondrement qui finira par envenimer notre vie et notre foyer\u2026 parce qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, tout ce qui nous semblait autrefois \u00e9loign\u00e9 se r\u00e9v\u00e8le plus proche de notre destin personnel que nous ne le pensions, que ce soit un pays, une r\u00e9gion du monde, un secteur de l&rsquo;\u00e9conomie ou de la population, ou m\u00eame un quartier de notre propre ville dont nous n&rsquo;avions jamais entendu parler auparavant.<\/p>\n<p>Mais nous commen\u00e7ons \u00e9galement \u00e0 comprendre l&rsquo;interconnexion sous la forme d&rsquo;une \u00ab\u00a0\u00e9nergie sociale\u00a0\u00bb. Cela nous arrive comme un coup de foudre dans la conscience qui nous \u00e9meut ; ou lorsque nous commen\u00e7ons \u00e0 nous demander ce qui va arriver au caf\u00e9 du coin, \u00e0 la boulangerie du quartier, \u00e0 notre vendeur ambulant en service, ou au magasin, petit ou grand, o\u00f9 avec insouciance nous faisions nos provisions de v\u00eatements, de nourriture ou de simples caprices\u2026 Nous commen\u00e7ons \u00e0 regarder autour de nous, et \u00e0 voir, vraiment et avec d&rsquo;autres yeux, ceux que nous n&rsquo;avions jamais remarqu\u00e9s auparavant&#8230; et ainsi nous commen\u00e7ons \u00e0 comprendre, peu \u00e0 peu, que la vuln\u00e9rabilit\u00e9 est le lot de tous.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cause de tout ce qui nous arrive simultan\u00e9ment alors que nous ne pouvons m\u00eame pas nous toucher que j&rsquo;ai estim\u00e9 que le Correspondant pour la Paix avait une mission fondamentale en ce moment.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, plus que jamais, il me semble urgent et n\u00e9cessaire de faire du <a href=\"https:\/\/www.corresponsaldepaz.org\/covid19\/\">Corresponsal de Paz<\/a> [Journalisme pour la paix] avec attention et responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Parce qu&rsquo;il y a des \u00ab\u00a0\u00e9nergies sociales\u00a0\u00bb qui bougent et qui sont tr\u00e8s semblables partout dans le monde, et ce n&rsquo;est pas du tout une simple co\u00efncidence : c&rsquo;est la preuve irr\u00e9futable que nous sommes, que nous avons toujours \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0interconnect\u00e9s\u00a0\u00bb, et que, m\u00eame si nous commen\u00e7ons seulement \u00e0 le remarquer clairement, nos destins ont toujours \u00e9t\u00e9 li\u00e9s.<\/p>\n<p>Je ne pense pas me tromper quand, depuis mon coin personnel, je regarde par la fen\u00eatre pour voir \u00ab\u00a0la lune rousse\u00a0\u00bb, et que je peux percevoir dans l&rsquo;atmosph\u00e8re une soif g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;\u00e9toiles&#8230; Nous n&rsquo;avons jamais \u00e9t\u00e9 seuls sous le ciel, et je pense que nous avons peu \u00e0 peu commenc\u00e9, tous ensemble, \u00e0 sentir que nous avions toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0 les uns pour les autres. Beaucoup le prouvent d\u00e9j\u00e0. Ils le vivent&#8230; Nous sommes en train de nous d\u00e9couvrir et de nous unir, m\u00eame de loin et m\u00eame en plein confinement&#8230;<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi, depuis mon silence personnel, entour\u00e9e de la paix que me donnent mes animaux, je me suis donn\u00e9 pour t\u00e2che de le raconter, afin que, lorsque nous en sortirons, nous ne tombions pas dans la tentation d&rsquo;oublier tout ce dont nous sommes capables lorsque la peur de la mort aiguillonne notre d\u00e9sir de vivre&#8230; et d&rsquo;aider.<\/p>\n<p>___________________________________________________________________<\/p>\n<p><strong>Vous souhaitez partager votre histoire de confinement ?<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Comment votre vie a-t-elle chang\u00e9 depuis le d\u00e9but du confinement ?<\/li>\n<li>Quelles ont \u00e9t\u00e9 vos principales activit\u00e9s ?<\/li>\n<li>Avez-vous identifi\u00e9 de nouvelles opportunit\u00e9s ?<\/li>\n<li>Comment imaginez-vous l\u2019avenir du monde apr\u00e8s le confinement ?<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il y a des exp\u00e9riences qui nous marquent et qui peuvent certainement en inspirer beaucoup d\u2019autres. Nous vous invitons donc \u00e0 envoyer vos histoires \u00e0 l\u2019adresse suivante : ricardo.arias@pressenza.com<\/p>\n<p>N\u2019oubliez pas d\u2019envoyer une photo illustrant cette p\u00e9riode de confinement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Traduction de l&rsquo;espagnol, Ginette Baudelet<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pressenza ouvre ses salles de r\u00e9daction \u00e0 tous ceux qui souhaitent partager leurs histoires et leurs r\u00e9flexions inspir\u00e9es de cette p\u00e9riode de confinement. Nous poursuivons cette s\u00e9rie d&rsquo;histoires avec ce magnifique texte envoy\u00e9 par Cristina \u00c1vila-Zesatti, journaliste mexicaine et directrice&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1053,"featured_media":1089519,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[86,11386,94],"tags":[72530,70280,72182,687,72611],"class_list":["post-1093132","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-amerique-du-sud","category-contenu-original","category-culture-fr","tag-confinement","tag-coronavirus-fr","tag-covid-19-fr","tag-mexique","tag-pandemie-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.1.1 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Histoires de confinement \/ 13<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Pressenza ouvre ses salles de r\u00e9daction \u00e0 tous ceux qui souhaitent partager leurs histoires et leurs r\u00e9flexions inspir\u00e9es de cette p\u00e9riode de confinement.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Histoires de confinement \/ 13\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Pressenza ouvre ses salles de r\u00e9daction \u00e0 tous ceux qui souhaitent partager leurs histoires et leurs r\u00e9flexions inspir\u00e9es de cette p\u00e9riode de confinement.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Pressenza\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/PressenzaItalia\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2020-04-27T01:05:50+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1920\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1146\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Redacci\u00f3n Colombia\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@PressenzaIPA\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@PressenzaIPA\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Redacci\u00f3n Colombia\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"16 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/\"},\"author\":{\"name\":\"Redacci\u00f3n Colombia\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#\/schema\/person\/7c8ee170a4502d638436c91e385315f2\"},\"headline\":\"Histoires de confinement \/ 13\",\"datePublished\":\"2020-04-27T01:05:50+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/\"},\"wordCount\":3314,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg\",\"keywords\":[\"confinement\",\"coronavirus\",\"COVID-19\",\"Mexique\",\"pand\u00e9mie\"],\"articleSection\":[\"Am\u00e9rique du Sud\",\"Contenu Original\",\"Culture et M\u00e9dias\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/\",\"url\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/\",\"name\":\"Histoires de confinement \/ 13\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg\",\"datePublished\":\"2020-04-27T01:05:50+00:00\",\"description\":\"Pressenza ouvre ses salles de r\u00e9daction \u00e0 tous ceux qui souhaitent partager leurs histoires et leurs r\u00e9flexions inspir\u00e9es de cette p\u00e9riode de confinement.\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg\",\"width\":1920,\"height\":1146,\"caption\":\"Histoires de confinement \/ 13\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Histoires de confinement \/ 13\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/\",\"name\":\"Pressenza\",\"description\":\"International Press Agency\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#organization\",\"name\":\"Pressenza\",\"url\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/pressenza_logo_200x200.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/pressenza_logo_200x200.jpg\",\"width\":200,\"height\":200,\"caption\":\"Pressenza\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/\"},\"sameAs\":[\"https:\/\/www.facebook.com\/PressenzaItalia\",\"https:\/\/x.com\/PressenzaIPA\"]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#\/schema\/person\/7c8ee170a4502d638436c91e385315f2\",\"name\":\"Redacci\u00f3n Colombia\",\"description\":\"News published by the Pressenza bureau in Colombia\",\"url\":\"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/author\/redaccion-colombia\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Histoires de confinement \/ 13","description":"Pressenza ouvre ses salles de r\u00e9daction \u00e0 tous ceux qui souhaitent partager leurs histoires et leurs r\u00e9flexions inspir\u00e9es de cette p\u00e9riode de confinement.","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Histoires de confinement \/ 13","og_description":"Pressenza ouvre ses salles de r\u00e9daction \u00e0 tous ceux qui souhaitent partager leurs histoires et leurs r\u00e9flexions inspir\u00e9es de cette p\u00e9riode de confinement.","og_url":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/","og_site_name":"Pressenza","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/PressenzaItalia","article_published_time":"2020-04-27T01:05:50+00:00","og_image":[{"width":1920,"height":1146,"url":"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Redacci\u00f3n Colombia","twitter_card":"summary_large_image","twitter_creator":"@PressenzaIPA","twitter_site":"@PressenzaIPA","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Redacci\u00f3n Colombia","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"16 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/"},"author":{"name":"Redacci\u00f3n Colombia","@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#\/schema\/person\/7c8ee170a4502d638436c91e385315f2"},"headline":"Histoires de confinement \/ 13","datePublished":"2020-04-27T01:05:50+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/"},"wordCount":3314,"publisher":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg","keywords":["confinement","coronavirus","COVID-19","Mexique","pand\u00e9mie"],"articleSection":["Am\u00e9rique du Sud","Contenu Original","Culture et M\u00e9dias"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/","url":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/","name":"Histoires de confinement \/ 13","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg","datePublished":"2020-04-27T01:05:50+00:00","description":"Pressenza ouvre ses salles de r\u00e9daction \u00e0 tous ceux qui souhaitent partager leurs histoires et leurs r\u00e9flexions inspir\u00e9es de cette p\u00e9riode de confinement.","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Historias-de-confinamiento-13-1.jpg","width":1920,"height":1146,"caption":"Histoires de confinement \/ 13"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/2020\/04\/histoires-de-confinement-13\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Histoires de confinement \/ 13"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/","name":"Pressenza","description":"International Press Agency","publisher":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#organization","name":"Pressenza","url":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/pressenza_logo_200x200.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.pressenza.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/pressenza_logo_200x200.jpg","width":200,"height":200,"caption":"Pressenza"},"image":{"@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/PressenzaItalia","https:\/\/x.com\/PressenzaIPA"]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/#\/schema\/person\/7c8ee170a4502d638436c91e385315f2","name":"Redacci\u00f3n Colombia","description":"News published by the Pressenza bureau in Colombia","url":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/author\/redaccion-colombia\/"}]}},"place":"","original_article_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1093132","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1053"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1093132"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1093132\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1089519"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1093132"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1093132"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pressenza.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1093132"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}