A la Rédaction Pressenza francophone, nous avons reçu avec plaisir le courrier d’une auteure, Simone Saint-Ange. Voici son courrier, suivi d’une courte présentation de son livre. Merci à elle !
« Je viens de lire dans Pressenza l’article de Rodrigo Díaz Bermúdez, « Du Petit Prince à l’intelligence artificielle ».
Ce qui m’a arrêtée n’est pas tant l’opposition entre intelligence artificielle et humanité que le déplacement proposé par votre article : après des siècles consacrés à transformer le monde qui nous entoure, que savons-nous réellement de cet être humain qui le transforme ?
« De l’autre côté du miroir est né sans que j’aie vraiment décidé d’écrire un livre. Des textes étaient là, des images, des œuvres, des rêves, des rencontres, des expériences vécues.
Longtemps, je n’ai pas su qu’ils appartenaient à une même histoire.
Puis un fil est apparu.
Le livre s’est construit comme une traversée, en six mouvements. J’y avance avec ce qui m’a constituée et parfois déconcertée : la mémoire, l’enfance, les voix de femmes, les langues qui m’habitent, la création, le rapport à la terre et au vivant, mais aussi ces expériences intérieures que je ne cherche ni à expliquer ni à transformer en vérités.
Un jaguar, un baobab, un aigle peuvent y côtoyer une chanson adressée au père, une petite fille face à une plante, une femme enceinte d’elle-même ou une grenouille qui demande à renaître entre mes mains. L’écriture rencontre la photographie, la sculpture, la chanson. Les frontières se déplacent.
Ce livre ne raconte donc pas une histoire au sens classique. Il suit plutôt ce qui apparaît lorsque quelque chose, en soi, accepte enfin d’être regardé.
Le miroir, lui, ne renvoie plus seulement une image. Il se fissure.
Et c’est peut-être par là que commence le passage. »
Observation
Certains textes du livre ont déjà connu une autre vie. La Chanson du père a donné lieu, pendant la période du Covid, à un spectacle intergénérationnel, aux côtés des Échos et des Voix de femmes. Aujourd’hui, cet univers continue de se déployer : plusieurs textes sont en cours de mise en musique et un petit film autour de La Lumière du dedans est à l’étude. Non comme des illustrations du livre, mais comme d’autres façons de faire circuler ce qui le traverse.
Le teaser :
Et si le miroir n’était pas fait pour nous renvoyer notre image ?
Il arrive qu’il se fissure, et que par cette fissure, quelque chose apparaisse : une mémoire, une voix, un animal, un rêve, une part de nous restée longtemps hors champ.
De l’autre côté du miroir est né de ces surgissements.
À l’heure où l’intelligence artificielle apprend à produire des mots, des images et des réponses, une question demeure : qu’y a-t-il en nous qui ne demande pas de réponse ?
Simone Saint-Ange








