La doyenne du Barreau de Lima (CAL), Delia Espinoza, a analysé la demande de pouvoirs législatifs formulée par l’Exécutif et a averti que « si les pouvoirs sont approuvés, il existe un risque de porter atteinte aux droits humains. Le plus sain, Madame la Présidente, est de leur rendre leur projet de loi », a-t-elle déclaré lors de la table technique de la Commission de la Justice et des Droits humains du Congrès.
La doyenne du CAL a indiqué, lors de la table technique dirigée par la députée Catherin Palomino, que la demande de pouvoirs législatifs pour une période de 120 jours, dans huit domaines, manque de « clarté ». Ainsi, au point 17, concernant « l’usage de la force par les Forces armées », il est indiqué : « modifie l’emploi de la force par les Forces armées lorsqu’elles interviennent en soutien de la Police nationale ». « Dans quelle mesure ? La rendre plus dure ? Qu’ils tirent d’abord et posent des questions ensuite ? Dans les pays dictatoriaux, oui, les militaires et les policiers eux-mêmes jugent les militaires et les policiers qui ont tué, qui ont blessé » – s’est-elle interrogée.
Concernant la réglementation du secteur de la justice et des droits humains, Espinoza Valenzuela a également averti que « nous sommes toujours dans le système international des Droits humains et j’espère qu’il ne sera pas non plus question de proposer la sortie de ce système, car aucun d’entre nous ne serait à l’abri. Nous prétendons que l’exécutif, par le biais d’un pouvoir délégué, alors que ce n’est pas son rôle, veuille soudainement faire obstacle et porter atteinte aux droits ».
En ce sens, elle a exhorté le Congrès bicaméral à « accélérer le pas et prendre les rênes sur ces questions si sensibles, si nécessaires, si urgentes. Car, chaque jour, il y a six morts, c’est la statistique dont nous disposons, tandis que nous sommes assis ici, des gens sont déjà victimes d’extorsion ». Elle a également indiqué qu’il n’est pas non plus question de l’abrogation de la loi qui a transféré la compétence civile au militaire, « cela ne le dit pas et c’est préoccupant », a-t-elle indiqué, concluant par un appel à un dialogue spécifique entre les deux pouvoirs de l’État.
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