La caravane de la PeaceWalk, Marche pour la Paix vers Jérusalem a fait étape à Trieste début septembre. Ce périple, parti de Finisterre (Espagne) et ayant traversé d’autres villes européennes, passe par 24 pays et vise à atteindre Jérusalem au printemps 2027.
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Le Comité pour la paix Danilo Dolci a accueilli en ville les personnes participant à la marche, certains venus des Pays-Bas et d’Allemagne, d’autres de différentes régions d’Italie.
Le Comité a proposé un itinéraire pour commémorer les victimes du nazisme-fascisme dans la ville. La caravane s’est ensuite dirigée vers la Piazza Libertà, également connue sous le nom de Piazza del Mondo par les militants de l’association Linea d’Ombra. Là, les personnes participant à la marche ont exprimé leur proximité et leur solidarité envers Lorena Fornasir et Gian Andrea Franchi, qui, depuis des années, avec leur association, accueillent et prennent soin des migrants arrivant par la route des Balkans, les pieds meurtris par la longue marche, l’attente et les épreuves souvent douloureuses qu’ils traversent.

Trieste, Italie. Des personnes bénévoles soignent les blessures de migrants qui viennent de franchir la frontière sur la route des Balkans occidentaux. Crédits photo : MLBARIONA
La Marche pour la Paix vers Jérusalem se poursuivra jusqu’à Koper, puis traversera la Croatie, la Serbie et la Bosnie, dans l’espoir d’atteindre Sarajevo en octobre, le long de ces frontières où tant de sang innocent a été versé sur l’autel des nationalismes. Ces tragédies sont ravivées par le décès récent et les funérailles honorifiques du général Ratko Mladić, criminel de guerre à Srebrenica et ailleurs.
La caravane de la paix se poursuivra ensuite vers la Grèce, la Turquie, la Syrie, le Liban et enfin, nous l’espérons, Al Quds (Jérusalem).
Je n’ai parcouru qu’une courte distance entre Venise et Caorle avec les autres personnes participant à la marche, une soixantaine, qui arrivaient de Vicence et continuaient ensuite vers Trieste.
À chaque étape, des personnes peuvent s’ajouter et d’autres peuvent partir.
Certains personnes ont voyagé pendant de nombreux jours, d’autres pendant moins longtemps, mais l’important est que la caravane dans son ensemble et par étapes poursuive son long voyage global.
Dans divers lieux, des groupes, associations et institutions accueillent les personnes participant à la marche, tous et toutes assistent à des rencontres thématiques et écoutent des témoignages. À Venise, par exemple, nous avons écouté sur une place le récit poignant d’une femme âgée de Gaza qui a vu 47 membres de sa famille tués. Nous avons assisté à une réunion avec l’association Emergency et l’Association nationale des partisans de Venise (ANPI) près de la sculpture du partisan mourant dans la lagune. À Cavallino Treporti, nous avons rencontré l’administration municipale et la population locale, notamment cinq jeunes de Gaza en vacances, venus de Bologne, la ville qui les avait accueillis pour leurs études.
C’est bien plus qu’une simple Marche pour la Paix vers Jérusalem : de nombreux pas, des rencontres, des échanges avec la population locale, la présence des équipes bénévoles qui préparent des repas, donnent des informations et offrent des services ; des paroisses et parfois des mairies mettent leurs salles à disposition des personnes participant à la marche pour se reposer. La marche est aussi un temps de silence, car certains tronçons se déroulent dans le silence ; c’est aussi l’occasion de s’adresser aux passants au micro pour parler de paix, de justice et du sens de cette marche pour la paix. C’est chanter ou écouter ceux qui viennent nous témoigner leur soutien ou leur respect.
C’est une sorte de pèlerinage collectif d’une quinzaine de mois. Nous marchons, en mobilisant nos corps, comme une forme de résistance non violente, pour sensibiliser les autres et comme acte de responsabilité personnelle et collective.
Les guerres, le réarmement, le génocide et le nettoyage ethnique actuellement en cours en Palestine, ainsi que les nombreuses guerres et situations d’oppression qui sévissent actuellement dans le monde – Soudan, Congo, Iran, Liban, Afghanistan – exigent un changement personnel et collectif pour rétablir le droit international, souvent bafoué aujourd’hui, pour respecter la dignité humaine partout et pour valoriser la voix de celles et ceux qui œuvrent chaque jour pour la réconciliation, l’égalité et le droit des peuples à vivre en paix.
« L’avenir, c’est la paix », je cite le dépliant de la Marche pour la Paix. Ce sont les mots de Maoz Inon et Aziz Abu Sarah, un militant Israélien et un militant Palestinien qui ont perdu des proches, mais qui refusent de devenir ennemis. Nous suivons leur exemple.
Je conclus avec David Le Breton, qui, dans son livre Éloge de la marche, nous rappelle que « l’expérience de la marche se décentre et restitue le monde, replaçant l’être humain dans les limites qui lui rappellent sa fragilité et sa force. C’est une activité anthropologique par excellence, car elle stimule sans cesse le désir de comprendre, de trouver sa place dans le tissu du monde, de questionner ce qui établit son lien avec les autres. »
Et donc, bonne continuation du voyage, vers la PeaceWalk vers Jérusalem et vers nous tous, dans les différents contextes où nous vivons.










