A l’occasion de la journée internationale de la paix, célébrée le 21 Septembre de chaque année, plusieurs organisations féminines œuvrant dans la région des Grands Lacs ont multiplié des espaces de dialogue et de réflexion sur leur participation aux processus de paix.

Dans une région où les conflits continuent de bouleverser les communautés, les femmes refusent de rester réduites au rôle de victimes.

Deux grands événements ont fait parler les femmes dans la ville de Goma. D’abord le colloque pour renforcer la participation des femmes au processus de paix.

A l’initiative du Collectif Associations Féminines pour le Développement CAFED, cette rencontre a réuni plusieurs organisations de défense des droits des femmes venues des pays des Grands ainsi que de différentes provinces de la RDC. Les participantes à ces échanges ont constaté que les femmes sont les premières à subir les conséquences des conflits, alors que leur participation au processus de paix reste méconnue et très peu valorisée. Pour elles, il ne suffit pas de parler de la participation des femmes mais il est nécessaire de créer des conditions permettant leur implication effective dans les mécanismes de prévention et de résolution des conflits. Ce colloque a ainsi constitué un espace de partage d’expériences, d’inspiration mutuelle et de réflexion sur les moyens de renforcer cette participation. « La responsabilité collective consiste à faire en sorte que les voix des femmes soient entendues » a déclaré Isabelle PENDEZA, coordonnatrice du CAFED.

La paix se construit aussi au niveau communautaire…

A Goma toujours, le 25 Septembre, une autre mobilisation a réuni des acteurs dans le cadre des activités liées à la journée de la paix. L’activité organisée par la Synergie Femme, Paix et Sécurité a également placé la participation de la femme dans la prévention des conflits en tant que priorité. Sous le thème « Investir dans la paix pour tous, partout et chaque jour », la rencontre a ouvert un espace de dialogue sur le rôle de la femme dans les mécanismes de paix. Dans les communautés affectées par les violences et les déplacements, les femmes sont souvent au contact direct des conséquences des crises. Cette rencontre a ainsi permis de rappeler que la paix ne se construit pas uniquement autour des grandes tables de négociation. Elle se construit aussi dans la communauté, à travers le dialogue, la prévention et la capacité des populations à résoudre pacifiquement leurs différends.

Ces deux activités bien que distinctes, témoignent d’une même dynamique, celle des organisations féminines qui cherchent à transformer la place de la femme dans les réponses aux crises. De la mobilisation communautaire à la réflexion régionale, le message est clair : les femmes ne doivent pas être seulement considérées comme victimes ou simples bénéficiaires des initiatives de paix. Elles sont également actrices capables de contribuer à la prévention des conflits, à la médiation et à la reconstruction des communautés.

Que leurs voix soient entendues, reconnues et effectivement prises en compte dans la construction de la paix durable !

Joyce KASSAY