La décision du procureur général de la Nation, Tomás Galvez Villegas, de nommer Patricia Benavides au poste de coordinatrice nationale des parquets spécialisés dans les délits commis en flagrant délit est un signe inquiétant pour le pays : elle indique que la continuité sera la marque de fabrique du nouveau gouvernement de Keiko Fujimori et que, avec ce « nouvel ordre », la mainmise sur le dernier pouvoir de l’État qui conservait encore une certaine autonomie sera effective.

La nouvelle fonction de Patricia Benavides (ancienne procureure générale) est tout à fait controversée, dans la mesure où elle fait l’objet de diverses enquêtes pour des délits graves tels que la direction d’une organisation criminelle au sein de la haute hiérarchie du ministère public, le trafic d’influence, la corruption et le plagiat présumé de sa thèse, ainsi que des ingérences dans des enquêtes judiciaires, notamment celle concernant sa sœur, entre autres.

Une garantie de justice ?

Bien que les accusations pesant sur Mme Benavides aient été classées sans suite, la population se demande comment une personnalité présentant un tel passé peut-elle revenir et occuper à nouveau des fonctions publiques d’une grande influence ? N’y a-t-il donc pas de procureurs intègres, capables de garantir une justice efficace et d’exercer ces fonctions avec compétence ? La nomination de personnalités controversées va-t-elle se poursuivre, accaparant encore davantage les pouvoirs de l’État ?

Selon la résolution 1967-2026-MP-FN publiée ce 22 juillet au Journal officiel El Peruano, Mme Benavides aura pour mission de diriger et de superviser les parquets spécialisés dans les délits commis en flagrant délit. Elle sera également chargée d’harmoniser les critères d’intervention et d’assurer la coordination entre ces parquets.

Il convient de souligner que la résolution nommant Patricia Benavides à ce poste a été émise après que le Conseil des procureurs suprêmes eut ordonné la création, à l’échelle nationale, de parquets provinciaux pénaux chargés des flagrants délits, par la résolution n° 045-2025-MP-FN-JFS, datée du 7 août 2025.

La nouvelle de la nomination de la future coordinatrice nationale des parquets spécialisés dans les flagrants délits a été accueillie avec surprise dans le secteur judiciaire ; de même, la population organisée reste vigilante face aux changements mis en œuvre par le gouvernement de José María Balcázar, à quelques jours du changement de président. L’expérience nous l’enseigne et, au vu des résultats des récentes élections, s’il y a une leçon à retenir, c’est bien celle-ci : les résultats d’aujourd’hui ont été « truqués » à l’avance et sans consultation; d’où l’importance de la vigilance citoyenne.