Vendredi 3 juillet nous avons participé en représentation de Monde Sans Guerres et sans Violence France à une rencontre de solidarité avec le peuple palestinien et plus particulièrement dédiée à la libération de Marwan Barghouti, figure majeure du mouvement national palestinien arrêté à Ramallah le 15 avril 2002 et emprisonné en Israël depuis cette date.

Invités par Jean-Marc Coppola Maire des 15 et 16 arrondissements de Marseille, lequel, alors adjoint à la culture, avait collaboré à deux reprises avec la 3 Marche Mondiale pour la Paix et la non-violence[1], cette rencontre comptait sur la présence de son épouse Fadwa Barghouti, une femme extraordinaire de résilience qui depuis déjà 24 ans se bouge et tente de faire le plus de diffusion possible pour la libération de son époux.

Face à conseillères municipales et conseillers municipaux de la Ville de Marseille, militantes et militants politiques et associatifs, Jean-Marc Coppola prit la parole en premier lieu pour réaffirmer son soutien à la libération de Marwan Barghouti, qu’il considère comme une personnalité incontournable pour construire une paix juste et durable, fondée sur la justice, le droit et la reconnaissance mutuelle des peuples palestinien et israélien. :

« … 24 années d’emprisonnement très politique, une détention injuste et injustifiée dans les geôles d’Israël pour des crimes que, l’homme de l’espoir pour une Palestine démocratique, Marwan Barghouti, a toujours niés…

Marwan représente la continuité du combat laïc du mouvement national palestinien. Il porte une voix légitime, représentée par son long passé, de combat en faveur des droits nationaux du peuple palestinien et d’une solution politique au conflit israélo-palestinien sur la base de deux États vivant côte à côte, réclamant un État souverain et indépendant, fondé sur les droits humains et le respect de la pluralité des confessions et des opinions.

Il est aujourd’hui l’une des principales voix reconnues par le peuple palestinien. C’est à cela que s’attaque le gouvernement israélien qui mène une politique d’épuration ethnique des territoires palestiniens en toute impunité, en même temps que la colonisation s’intensifie en Cisjordanie, en violation de toutes les résolutions des Nations unies. »

Jean-Marc Coppola invita à intensifier la mobilisation citoyenne pour que la France pose des actes forts tels que :

  • Condamner sans équivoque les violations du droit international. La France doit porter à l’ONU une résolution condamnant fermement et sans réserve les crimes commis par le gouvernement israélien
  • Œuvrer pour que l’UE suspende l’accord d’association avec Israël
  • Exiger du gouvernement israélien le respect du droit international et des droits des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes…
  • Décider d’appliquer les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale à l’encontre de Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant, dont les crimes innommables ne peuvent rester impunis
  • Soutenir la reconnaissance par la Communauté internationale de l’État de Palestine, membre à part entière des Nations unies, en reconnaissant publiquement la bande de Gaza comme une partie indissociable de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, partie intégrante du futur État de Palestine

Madame Fadwa Barghouti à son tour témoigna de la situation dramatique que traverse aujourd’hui le peuple palestinien et de l’engagement de son époux, Marwan Barghouti, ainsi que les épreuves qu’il traverse en prison.

Elle a bien expliqué les raisons pour lesquelles Israël ne veut pas libérer Marwan :

« Marwan ne représente aucun danger sécuritaire pour la population mais oui pour le projet de l’état d’Israël, celui d’anéantissement de la Palestine ; c’est pourquoi lors du dernier échange de prisonniers ils ont refusé de le libérer parce qu’il représente un légitime espoir. Il est précisément en mesure de répondre sans violence à la cohésion de différentes factions sur le terrain vers la création d’un état palestinien ; »

Vu par beaucoup comme un « Nelson Mandela palestinien », l’homme pourrait en effet galvaniser un mouvement national divisé et à la dérive s’il était remis en liberté par Israël.

Dans le jardin de la villa Laplane, avec une température des plus chaudes mais en compagnie du chant des cigales, s’ensuivit un moment particulièrement symbolique, avec l’inauguration d’un olivier dans le parc de la mairie. Symbole universel de paix, cet arbre incarne l’espérance d’un avenir où le dialogue, la justice et le respect des droits humains l’emportent sur la violence.

Nous avons ainsi partagé un très bon moment de convivialité et d’échanges entre tous et toutes avec des représentants d’autres collectifs comme le Mouvement pour la paix, BDS, Collectif  Palestine 13 et pu ensuite  exprimer  personnellement notre soutien à Madame Fadwa Barghouti ;  les jours précédents c’était son fils Arab Barghouti qui effectuait  une tournée semblable en Espagne où beaucoup de médias et sur les réseaux sociaux  ont relayé ses activités dont certaines avec le premier ministre Pedro Sanchez.  Dans le cas de la France malheureusement il y eut peu d’écho ; Fadwa Barghouti avait néanmoins été reçue par le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko lui-même qui a déclaré citoyen d’honneur Marwan Barghouti.

Continuant sa tournée marathon à Marseille pour la libération de son époux, Fadwa Barghouti rencontrait l’après-midi les syndicalistes CGT.

La journée se termina à la Belle de Mai avec la projection du film Tomorrow’s freedom documentaire de Georgia et Sophia Scott (https://www.tomorrowsfreedom.com/) suivie d’un débat en sa présence.

Le lendemain samedi 4 juillet, le Festival Palestine United, rassemblait plus de 40 organisations et associations qui œuvrent pour la Palestine en France, et au-delà, et pour l’autodétermination du peuple palestinien.

Il est apparu clairement que c’est non seulement l’engagement des villes et de leurs élus mais aussi celui des citoyens qui demeurait essentiel partout dans le monde pour faire entendre la voix de toutes celles et tous ceux qui souhaitons vivre en paix et sur la base de la solidarité entre les peuples.