Le cinéaste canadien Alain Vézina, originaire du Québec, a reçu le prix du meilleur long métrage documentaire pour son nouveau film « The Atomic Screen » (L’Écran atomique) lors du 15e Festival international du film Uranium de Rio de Janeiro 2026. La cérémonie de remise des prix a eu lieu le samedi 30 mai 2026 à la Cinémathèque du prestigieux Musée d’art moderne (MAM Rio). Du 21 au 30 mai 2026, ce festival a présenté 31 films sur le thème de l’atome, provenant de 18 pays et abordant toutes les problématiques nucléaires.

DÉCLARATION DU JURY

« The Atomic Screen » est une excellente rétrospective de films, principalement hollywoodiens, sur le thème nucléaire. Comme toujours dans le cinéma américain, ces films visent à glorifier les actions des États-Unis, ou à masquer la vérité. Pendant des années, les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki ont été présentés comme n’ayant causé que d’énormes dégâts matériels ; les effets pervers sur la population japonaise ont été occultés et les documentaires à ce sujet censurés. Mais bientôt, l’Union soviétique a elle aussi maîtrisé l’atome. Avec la crise des missiles de Cuba, le cinéma se fait « éducatif », enseignant comment se protéger des attaques nucléaires. C’est la phase du « Duck and Cover ». Vient ensuite la vague « Atoms for Peace », vantant les effets positifs de la radioactivité sur la santé et la croissance économique grâce à la production d’énergie nucléaire. À Las Vegas, le tourisme atomique émerge, avec des programmes de séjours permettant aux visiteurs d’observer l’apparition des champignons atomiques résultant des essais nucléaires. Plus tard, pour soutenir le rapprochement américano-soviétique (Reagan-Gorbatchev), des fanatiques menacent de détruire les deux nations en faisant exploser des ogives nucléaires sur les deux puissances. La radioactivité est une fois de plus présentée comme un danger, menaçant même l’humanité de destruction. La Terre est dépeinte comme dominée par des singes. Le film conclut que le plus grand danger réside toujours dans le fait que peu de personnes ont le pouvoir de décider de l’utilisation ou non d’armes nucléaires de destruction totale. Ne vaudrait-il pas mieux confier cette tâche à des ordinateurs ? Mais les ordinateurs sont-ils toujours fiables ? Le travail de recherche documentaire de « L’Écran atomique » a été réalisé avec un grand soin. Un film divertissant et instructif, qui mérite amplement le prix du meilleur long métrage documentaire du 15e Festival international du film Uranium.

Alphonse Kelecom, professeur de radiobiologie et de radiométrie au laboratoire de l’Institut de biologie de l’Université fédérale Fluminense de Niterói, Rio de Janeiro, membre du jury du Festival du film Uranium.

DISCOURS D’ACCEPTATION DU PRIX

Pour moi, le Festival international du film Uranium est l’un des festivals de cinéma les plus importants au monde, car il sensibilise le public aux dangers de l’énergie nucléaire. C’est un festival qui s’efforce de faire évoluer les choses pour un monde plus sûr. C’est pourquoi je suis profondément touché et honoré par le prix qui m’a été décerné. Pour mon équipe et moi-même, il s’agit de la plus belle reconnaissance de notre travail. Je remercie du fond du cœur le jury et tous ceux qui ont contribué au Festival du film Uranium.

Alain Vézina, The Atomic Screen

L’écran atomique  

Canada, 2025, Réalisateur : Alain Vézina, Producteurs : Alain Vézina et Marc Plana, Documentaire, Anglais sous-titré en portugais, 52 min. Synopsis : Si les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki ont démontré qu’une seule bombe atomique pouvait causer des ravages considérables, l’invention des armes thermonucléaires quelques années plus tard a rendu plausible la possibilité d’une éradication totale de l’humanité. Du début des années 1950 à nos jours, de nombreux films ont exploré cette angoisse.

Alain Vézina

Alain Vézina est né en 1970 au Québec. Très jeune, il se passionne déjà pour les films fantastiques. Il entreprend des études de cinéma au cégep en 1987 et les poursuit à l’Université Concordia et à l’Université de Montréal. Il est critique de cinéma pour le magazine Séquences pendant près de dix ans. En 1999, il écrit et réalise son premier film, un long métrage documentaire à succès sur le naufrage de l’Empress of Ireland. Fort de ce succès, Vézina écrit et réalise « The Sinking of the Princess Sophia » en 2002. Il réalise également « The Final Mission: The Story of the U-190 » en 2006, « Dans le sillage du Titanic : l’histoire du CGS Montmagny » en 2011 et, en 2018, le documentaire  « The Sisters of Nagasaki »,  qui reçoit une mention spéciale au Festival international du film Uranium de Rio 2019.

À PROPOS DU FESTIVAL

Depuis 15 ans, le Festival international du film Uranium (IUFF) sensibilise le public aux risques liés à l’énergie atomique et promeut le désarmement nucléaire grâce à des films indépendants et des tables rondes d’experts du monde entier. En octobre 2024,  le magazine hollywoodien MovieMaker  l’a classé parmi les « 25 festivals de cinéma les plus intéressants au monde en 2024 ». En 2025, ses fondateurs, Márcia Gomes de Oliveira et Norbert Suchanek, ont reçu à New York le prestigieux « Prix pour un avenir sans nucléaire » dans la catégorie Éducation. Le Festival du film Uranium, et plus particulièrement celui de Rio, s’adresse tout particulièrement à la jeune génération.

« On n’a jamais vu deux personnes accomplir autant que Márcia Gomes de Oliveira et Norbert G. Suchanek, partenaires à la fois dans la vie et dans leurs projets, qui dirigent le Festival international du film Uranium en étroite collaboration avec des militants du monde entier. Le festival a lieu à Rio, mais effectue également une vaste tournée aux États-Unis, dans les régions touchées par l’industrie liée à l’uranium. Inévitablement, on se demande s’il existe suffisamment de films sur le sujet pour justifier un festival. La réponse est oui. Cela s’explique par l’ampleur du problème, qui touche les 50 États américains et bien plus de régions du monde qu’on ne le pense. De la nation Navajo à Las Vegas, en passant par Chicago et bien d’autres endroits, ce projet dynamique, à la fois artistique, militant et participatif, rassemble les gens dans un espace de soutien, d’éducation, d’indignation partagée et de convivialité. Le Festival du film Uranium est un exemple rafraîchissant de ce que peuvent être l’activisme et le plaidoyer : inclusifs, ambitieux et festifs. »   Hadley Austin, MovieMaker Magazine